Clarence White.

BIOGRAPHIE.

 

CLARENCE WHITE/Lewiston (Maine – USA)

 

Clarence white intro

 

Né Clarence Joseph LeBlanc, le 7 juin 1944 à Lewiston, décédé le 15 juillet 1973 à Palmdale (Californie).

Actif entre 1954 et 1973.

Labels:Sundown,Republic,Briar International,World Pacific,Bakersfield International,Columbia,Warner Bros.

Genre:bluegrass,country,rock,country-rock.

 

Un CV d'enfer.

Parmi les premiers à avoir popularisé la guitare acoustique dans le bluegrass, à s'être montré influent dans la pratique de celle électrique (dans le top 50 des meilleurs à ce poste pour le magazine Rolling Stone), musicien de session très sollicité par ses contemporains du milieu, Clarence White, quand il intègre les Byrds en 1968, affiche un CV à faire baver d'envie tout musicien de sa génération.

En effet, l'artiste, pour avoir débuté très tôt dans le cercle familial (The Country Boys), bourlingue sur les routes depuis déjà une dizaine d'années et compte autant de temps d'expérience dans le travail de studio. A 24 ans.

Clarence white the country boysLe Country Boys familial.

Clarence white the white brothersLes White Brothers.

Clarence white et rolandClarence et Roland White.

Clarence white byrdsLes Byrds de l'ère country.

Clarence white the white brothers live in sweden 73L'excellent Live In Sweden 1973.

Le plus profond des respects, la plus sincère des admirations.

Quand il est recruté comme membre à temps plein des Byrds par Roger McGuinn, alors seul survivant du line-up d'origine, Clarence a préalablement mis un pied dans ce mythique combo en participant aux trois derniers LP du groupe (Younger Than Yesterday, The Notorious Byrds Brother et Sweetheart of The Rodeo).

Son entrée sous une bannière précédemment infusée dans le folk-rock puis rock psychédélique, stabilise une formation californienne alors minée par les problèmes d’ego, avant de la faire basculer dans l'ère de la country et du bluegrass.

Le piano d'origine s'efface désormais au profit de la guitare acoustique, de la mandoline et de la pedal steel. La musique des Byrds porte alors sa signature et celle de Gram Parsons.

Alors que Roger McGuinn traverse une mauvaise passe créative, le discret Clarence assure la cohésion artistique et relationnelle des Byrds.

C'est sur lui que le patron des Byrds, de moins en moins inspiré et de plus en plus décrié comme leader, se repose le plus souvent, jusqu'à sa rupture en février 1973, quelques mois avant la mort de Clarence. Il voue à son guitariste le plus profond des respects et la plus sincère des admirations. Il y avait de quoi, en effet...

Mort à 29 ans.

Malheureusement, dans la nuit du 14 au 15 juillet 1973, vers deux heures, Clarence et Eric White viennent tout juste de terminer un concert donné dans une taverne de Palmdale et s'apprêtent à regagner leurs pénates.

A quelques encablures du BJ's où ils se sont produit, les deux frères rangent leur matériel dans le coffre de la voiture, comme ils le font invariablement à chaque fin de spectacle depuis des années, quand déboule d'une rue voisine un véhicule conduit par une femme ivre.

Yoko Ito, américaine d'origine japonaise, perd le contrôle de son automobile qui après avoir zigzagué sur l'asphalte, monte sur le trottoir et percute violemment l'arrière de celle stationnée le long de la route et près de laquelle s'affairent Clarence et son frère. Clarence est violemment heurté et projeté à plusieurs mètres.

Il décède quasiment sur le coup. Malgré son jeune âge, il laisse un souvenir impérissable dans le cœur et l'esprit des jeunes artistes des 60's, comme dans celui de ses nombreux fans.

Inventeur (avec son complice Gram Parsons) du système StringBender adopté par les country-rockeurs, Clarence White avait seulement 29 ans...

Clarence white herb pedersen portrait

« C'était toujours bien de travailler avec lui. Clarence était un gars solide, avec l'esprit de groupe. Il avait une manière merveilleuse et subtile de jouer. » (Herb Pedersen)

Les White, pointure du bluegrass.

Né le 7 juin 1944 à Lewiston (Maine), Clarence Joseph LeBlanc est issu d'une famille canado-française dont la musique constitue l'élément central.

Entre le père, multi-instrumentiste, la mère, passionnée de folk et de country, la radio, le chant en famille autour des instruments que chacun des membres pratique, la musique tient une part prépondérante dans l'environnement des LeBlanc et, plus particulièrement, dans l'épanouissement du jeune Clarence.

Dès l'âge de 5 ans, ce dernier apprend la guitare et 3 années plus tard, prend part à son premier spectacle au Grange Hall de Chinalake (Maine), avant que la famille ne déménage à Burbank (Californie), en 1954, pour des raisons professionnelles du père.

C'est là qu'elle anglicise son nom en White et que les frères Roland, Eric Jr et Clarence, sortis vainqueurs d'un concours de jeunes talents sur la radio angeline KXLA, se constituent en un groupe, les Three Little Country Boys.

Le bluegrass élabore leur répertoire d'alors quand, dans le même temps, leur nom est écourté en The Country Boys, ils s’affirment très vite comme des pointures du genre, en prenant part à une grande partie de ce que la scène folk et country compte de festivals.

Les Kentucky Colonels.

Centre de la musique populaire et roots d’alors, théâtre également de plus de 3000 heures d’enregistrements live, l’Ashgrove de l’avenue Melrose, place importante de Los Angeles pour son interaction entre blues, folk, bluegrass et country, leur permet de se constituer un public fidèle sur la côté ouest.

Quand Eric White abandonne ses frères pour se marier, il est suppléé par le bassiste Roger Bush ; avec l’apport parallèle de Bobby Sloane (violoniste), le groupe prend alors le nom de Kentucky Colonels (1961).

Le Andy Griffith Show, emblématique série TV américaine parmi les plus populaires de tous les temps, leur permet de se faire connaître un peu plus.

Ceux qui évoluent désormais sous l'identité des Kentucky Colonels prennent part, en effet, à deux épisodes en jouant quelques titres mais sans apparaître à l’écran.

L’année 1964 des Kentucky Colonels fait état de deux faits majeurs : la sortie d’un premier LP, Appalachian Swing (World Pacific) et une participation au festival folk de Newport, l’événement musical alors en vogue.

Les Kentucky Colonels passent alors régulièrement au prestigieux Ashgrove angelin, alors que l’Amérique est, dans le même temps, submergée par la vague anglaise initiée par les Beatles.

Influent pour le rock.

C’en est trop pour une formation de bluegrass, genre encore très marginalisé ; elle rend l’âme à l’automne 1965. Son membre le plus éminent, Clarence White, poursuit sa route en rejoignant un groupe de musiciens uniques, le Nashville West, orienté country-rock.

Il y côtoie Gene Parsons, Gib Guilbeau et Wayne Moore avant de s’engager avec les Byrds en 1968, puis avec le supergroupe de bluegrass progressif, The Muleskinner Band (1973), avec Peter Rowan, David Grisman, Bill Keith et Richard Greene.

La fatalité a cependant voulu qu’au moment où Clarence White remonte les Kentucky Colonnels avec ses frangins, pour quelques concerts (album The White Brothers Live in Sweden/1973) et alors qu'il est au sommet de son art, il ne soit victime du terrible accident évoqué en préambule.

New Sound Of Bluegrass (1963), Appalachian Swing (1964), Long Journey Home (1964), The White Brothers In Sweden (1979), New Dimensions In Banjo And Bluegrass (1963) et sa période Byrds (1968/1972) rappellent combien fut énorme le talent de ce jeune guitariste, très influent auprès de nombreux artistes rock du moment (RAZOR©2021).

DISCOGRAPHIE KENTUCKY COLONELS 60'S.

LP Studio 2 - 1964

 

Clarence white kentucky appalacjian swing 1964

 

THE KENTUCKY COLONELS

APPALACHIAN SWING ! – 1964  5/5

 

Publié en 1964.

Produit par Richard Bock.

Durée:27:00.

Label:World Pacific.

Genre:bluegrass.

 

Le haut du panier du bluegrass.

 

La musique des Appalaches recoupe tout un panel de musiques populaires américaines. Musique de détente par excellence, elle s’est construite au fil de l’immigration américaine : les premiers esclaves africains ont introduit les percussions, le banjo ; les irlandais et les écossais y ont associé l’ancestral fiddle (violon), instrument à danser, et ce, bien avant que la guitare n’y fasse son entrée vers la fin du dix neuvième siècle.

Naissent alors les square-dances qui, progressivement, intensifient et  dynamisent leur rythme calqué sur cette musique old-time des Appalaches et qui débouche sur le bluegrass.

Le bluegrass, c’est la tasse de thé de Clarence White que l’on retrouve aux manettes de cet album avec son frangin Roland, sous la bannière des Kentucky Colonels (1963). Ne riez pas les djeunes et surtout ne vous fiez pas aux apparences d’une pochette un tantinet ringarde.

Derrière les Kentucky Colonels et leur disque s’engage gloutonnement le rock et plus particulièrement le country-rock. S’il est un disque influent, c’est celui-ci. Dans le sillage de ce monstre de bluegrass, peut-être le meilleur de tous les temps, il y a les Byrds, les enfants. Le grand, l’énorme, le mythique Byrds.

Tout ça, par la grâce de Clarence White, alias Mister Flatpicking qui y officia de 1968 à 1973. Si les Byrds ont accouché de l’énormissime Sweetheart Of The Rodeo (1968), c’est surtout au trio White/Parsons/Hillman qu’ils le doivent.

Jamais groupe majeur n’avait été aussi loin et creusé aussi profond. Alors on se ressaisit les puceaux et on cesse de s’esclaffer comme des benêts.

Appalachian Swing (World Pacific - 1964), entièrement instrumental pour des questions de coût, est un monument de bluegrass qui n’a pas laissé insensibles, ni les non-initiés qui découvraient le genre à l’époque, ni les artistes aguerris et qui s’en sont inspirés pour les besoins de leur carrière comme Jerry Garcia des Dead ou Tony Rice du David Greasman Quintet.

Il contribue pour beaucoup à la reconnaissance de la virtuosité et du jeu maîtrisé de Clarence White, considéré encore aujourd’hui comme un des meilleurs guitaristes de tous les temps.

En 12 pistes et moins d’une demi-heure, les Kentucky Colonels gagnent leurs galons de maître du genre et accèdent à la popularité avec ce qui est devenu leur référence principale. Hormis White, les autres acteurs de ce disque, membres ou invités, figurent parmi les CV les plus en vue du genre.

Citons, mais pour la forme seulement, les sublimes I Am A Pilgrim, Clinch Mountain Backstep, Nine Pound Hammer, Billy In The Low Ground, John Henry ou encore Listen To The Mockingbird. Je dis bien pour la forme, car un album du haut du panier comme The Appalachian Swing n’a aucune faiblesse.

Pour l’anecdote, Clarence White a 20 ans au moment de la sortie de ce disque ; ça vous donne une idée du talent précoce et du potentiel de cet artiste, hélas fauché en pleine gloire par un chauffard ivre alors qu’il n’avait pas 30 ans (RAZOR©2021).

 

1. Clinch Mountain Back-Step.

2. Nine Pound Hammer.

3. Listen To The Mocking Bird.

4. Will Bill Jones.

5. Billy In The Low Ground.

6. Lee Highway.

7. I Am A Pilgrim.

8. Prisoner's Song.

9. Sally Goodin.

10. Faded Love.

11. John Henry.

12. Flat Fork.

 

Roland White:mandoline,guitare sur 10.

Clarence White:guitare.

Billy Ray Latham:banjo.

Roger Bush:basse,banjo.

Bobby Sloane:violon,basse.

Leroy Mack McNees:dobro.

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