Cochise.

BIOGRAPHIE.

 

COCHISE/Angleterre

 

Cochise

 

Actif entre 1969 et 1972.

Labels:Liberty,United Artists.

Genre:country-rock,country-folk.

 

La west coast en mode anglais.

Le Cochise dont il est question ici n'a rien à voir avec la formation pop/folk de Dortmund qui a sévi entre la fin des 70's et jusqu'en 1988. Le présent Cochise n'est pas non plus ricain comme le célèbre Appache qui a inspiré l'identité du groupe ; il est tout ce qu'il y a d'anglais, formé en 1969 et dont l'existence a cessé d'être en 1972. Pourtant, en étant un des rares britanniques à pratiquer un country-rock à la Creedence Clearwater Revival, le psychédélisme en sus, la connexion avec la musique de l'Oncle Sam est là. D'où la confusion à son endroit.

Cochise est né dans l'effervescence musicale de la fin des 60's autour de 5 musiciens venus d'horizons divers, mais partageant un intérêt musical en commun et une grande motivation pour le développer et le faire vivre. La majorité d'entre eux peut se prévaloir aujourd'hui d'une carrière réussie, de collaborations huppées et d'une belle réputation dans le milieu.

Cochise mick grabham

« Lorsque Stu Brown nous a quittés, nous avons eu aussitôt en remplacement un autre excellent chanteur, John Gilbert. Idem au niveau des batteurs. Le départ de l'excellent Willie Wilson a été compensé par l'arrivée du très bon Roy O'Temro, lequel, hélas s'est suicidé peu de temps après l'arrêt de Cochise. » (Mick Grabham)

Une belle brochette de zikos.

A tout seigneur, tout honneur : Mick Grabham, dont le fait d'armes principal est d'avoir tenu la guitare de Procol Harum entre 1973 et 1977, juste après que Cochise ait splitté. Ce guitariste originaire de Sunderland est en quelque sorte à l'initiative de Cochise dont il définit les grandes lignes une fois qu'il en a fini avec Plastic Penny (1968) et s'entoure de musiciens parmi lesquels le guitariste Stuart Brown, un proche de Reg Dwight (Elton John), le bassiste Rick Wills, le batteur John « Willie » Wilson et le joueur de steel guitare BJ Cole.

Stuart « Stu » Brown, banlieusard londonien (Pinner/Middlesex) est un ancien du premier Bluesology que Long John Baldry a fait sien dans sa deuxième version. Stu y évolue jusque fin décembre 1967. Chanteur initial de Cochise, il est remplacé par John Gilbert après l'enregistrement du premier LP éponyme en 1970.

Cochise 2Le Cochise anglais, actif entre 69 et 72.

Cochise bjcoleBJ Cole, quand la country peut être anglaise.

Cochise lp

L'audaceux visuel mammaire de son LP éponyme de 70.

Originaire de Cambridge, le bassiste Ricky Wills, qui rejoindra plus tard Foreigner, a, comme le batteur John Willie Wilson, côtoyé David Gilmour dans Bullitt et Joker's Wild et collaboré avec des formations comme les Small Faces, Bad Company, Roxy Music ou Peter Frampton.

John Willie Wilson, après avoir évolué sans succès en France avec Gilmour, revient en Angleterre et se retrouve dans le coup des deux albums de Syd Barrett (à la basse sur The Madcap Laughs/70, aux percus sur Barrett/70), alors écarté de Pink Floyd (et remplacé par David Gilmour) ; après son implication dans Cochise, il collabore un temps avec Al Stewart avant de prendre part (avec Wills), à la fin de la décennie des 70's au premier LP solo de David Gilmour.

BJ Cole, le dernier larron, est un éminent spécialiste britannique de pedal steel guitare. Fan des Shadows, c'est par la voie des frères Farina (Santo et Johnny), new-yorkais de Brooklyn découverts lors du spectacle télévisé le Perry Como Show (1963) qu'il privilégie le lap-steel au détriment de la guitare. Après avoir collaboré essentiellement comme musicien de sessions (Humble Pie, Roger Daltrey, T.Rex, Uriah heep ou Cat Stevens), notamment avec le sublime guitariste Albert Lee, il est invité, par Stu Brown, à rejoindre le projet Cochise en 1969.

Pas au bon endroit, ni au bon moment.

Estampillé groupe de country-rock, Cochise est très largement sous-estimé des férus du genre, au motif, vraisemblablement, qu'il est anglais et que le genre est surtout l'apanage des yankees. Erreur, il suffit d'en référer aux trois albums (l'éponyme Cochise/1970, Swallow Tales/1971 et So Far/1972) et aux quelques singles rattachés à sa discographie partagée entre United Artists et Liberty : en 1970, Watch This Space/59th Street Bridge Song ainsi que Love's Made A Fool Of You/Words Of A Dying Man ; en 1971, Why I Sing The Blues/Jed Collder. Après avoir arpenté le circuit underground anglais, Cochise a le bonheur de se voir financièrement soutenu par un bailleur de fonds de Notting Hill. Cette opportunité vaut au groupe de réaliser quelques démos, lesquelles tapent dans l'oeil d'Andrew Lauder, A & R manager chez Liberty Records Londres.

Ce dernier lui permet de décrocher un contrat avec United Artists, puis dans le mouvement de prendre part au Pilton Festival 70, première édition balbutiante et très désorganisée du devenu célèbre Glastonbury Festival. Le public est alors confronté à l'une des rares formations de la Perfide Albion évoluant dans un registre country/folk, country-rock plutôt bien léché et plutôt cool.

La pedal steel de BJ Cole n'est pas étrangère à cette identité sonore spécifique et originale pour le Royaume-Uni. Elle conserve cependant un cachet typiquement anglais grâce à l'interaction plus rock et plus lourde de la guitare de Grabham.

Une belle discographie.

Influencé par la west coast, l'éponyme Cochise, produit par Dick Taylor alors libéré du lien avec les Pretty Things, est publié en 1970. S'il vient compléter une scène ambiante rock britannique déjà chichement achalandée, il ne franchit pas le seuil qui lui permet de pouvoir briller chez les amerloques.

Premier d'une belle tierce vinylique, il brille sans toutefois générer un seul morceau qui sorte des rangs. Ce problème sera récurrent sur les 3 pièces greffées à son catalogue et à son existence.

Stuart Brown n'est pas du deuxième jet, Swallow Tales (1971). Il quitte Cochise juste avant son enregistrement. Un changement majeur s'opère alors au sein du groupe car Brown, outre le fait qu'il en soit l'excellent chanteur, en est également le songwriter principal.

John Gilbert le supplée au chant tandis que Grabham et Cole reprennent à leur compte l'écriture. La perte de Brown n'influe toutefois pas sur la musique et le son de Cochise qui prolonge un peu plus le plaisir de reproduire son mélange de rock british coloré d'intonations folk et country. Des membres de Hookfoot et de Quiver que rejoint le batteur John Wilson au terme de l'album, ainsi que Steve Marriott (Small Faces, Humble Pie) figurent ici en qualité d'invités.

Wilson parti, c'est le batteur funky Roy O'Temro qui s'installe derrière les fûts pour l'agréable troisième LP, So Far (1972), plus blues-rock, sur lequel on retrouve quelques belles pièces de Cochise comme Diamonds, Thunder In The Crib (BJ Cole), Cajun Girl ou Midnight Moonshine. Hélas, toujours privé du moindre hit, Cochise, la même année, doit se résoudre à passer la main.

De son passage dans le rock, on retiendra du Cochise anglais son gros potentiel, une originalité marquée dans le concert rock de la place et du moment et l'audacieux (pour l'époque) visuel mammaire de son album éponyme. Seulement voilà, il n'a jamais vraiment saisi la chance qui se proposait à lui. Ce qui n'altère en rien le plaisir de les découvrir ou de les retrouver (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1970

 

Cochise lp

 

COCHISE

COCHISE – 1970  4/5

 

Publié en 1970.

Produit par Cochise.

Durée:37:39.

Label:United Artists.

Genre:country-rock,country-folk.

 

Plus country-folk que country-rock.

 

Cochise affiche une existence musicale remarquée entre 1969 et 1972, période pendant laquelle le groupe de country-rock (il faut relativiser ce terme ici) anglais accouche de trois LP de très bonne facture : Cochise (en écoute intégrale ici), publié en 1970, Swallow Tales (1971) et So Far (1972).

J’ai toujours défendu becs et ongles cette formation trop souvent absente des débats dans le rock et qui mérite largement mieux que les rares et fades échos qu’elle suscite.

Derrière la mise sur pied de Cochise, il y a un élément prépondérant, le virtuose londonien de steel guitare, Brian John « B.J » Cole, autour duquel se cimente le projet. Mick Grabham, guitariste de rock d’excellente qualité (futur Procol Harum), venu de Sunderland, est l’autre sujet essentiel de Cochise. Les deux sont très interactifs et contribuent à l’identité sonore particulière du groupe.

Stuart Brown, chanteur et guitariste (ex-Bluesology de Long John Baldry avec celui qui deviendra Elton John), Ricky Wills (futur Foreigner), bassiste et John Willie Wilson, batteur, tous deux présents sur le premier LP solo de David Gilmour en 1978, forment le reste du line-up du premier Cochise.

Cet album initial, Cochise de 1970, à la couverture mammaire osée pour l’époque (cachez ce sein que je ne saurais voir…) affiche ce côté rock teinté de country/folk, articulé autour de titres cousus sur mesure pour cette approche.

Il révèle l’excellent usage que Cole fait de son instrument et précise ce son si particulier qui s’y rattache. Et comme derrière, tout s’enchaîne collectivement grâce à un line-up très compétent…

Cet approche musicale si spécifique et tellement inaccoutumée de Cochise constitue quasiment une première pour une Old Albion médusée par la performance et par ce son à l’anglaise dans des débats country-rock, country-folk, même s’il convient de prendre ici le terme de country-rock avec des pincettes.

Tous les acteurs ont mis la main à la pâte pour accoucher de compositions qui, au final, s’avèrent consistantes et bien ciblées pour le genre pratiqué : Watch This Space, Painted Lady, Past Loves se dégagent du lot mais des titres comme 59th Street Bridge Song de Paul Simon, Moment And The End ou Velvet Mountain tiennent également très bien la route, permettant de placer cet album surprenant à un excellent niveau (RAZOR©).

 

1. Velvet Mountain.

2. China.

3. Trafalgar Day.

4. Moment and the End.

5. Watch This Space.

6. 59th Street Bridge Song (Feelin' Groovy).

7. Past Loves.

8. Painted Lady.

9. Black Is the Colour.

 

Stuart Brown:guitare,chant.

B.J. Cole:dobro,guitare,pedal steel,cello,steel guitare.

Mick Grabham:orgue,guitare,piano,claviers,chant.

Rick Wills:basse,chant.

John "Sly" Wilson:percussions,batterie,chant.

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