Dillard & Clark.

BIOGRAPHIE.

 

DILLARD & CLARK/Los Angeles (Californie – USA)

 

Dillard clark intro

 

Actif en 1968/1969.

Label:A&M Records.

Genre:country-rock,bluegrass progressif,Americana.

 

Des précurseurs de la country moderne.

Pionnier par excellence du country-rock et du bluegrass progressif de la fin des 60's, le duo Dillard & Clark se constitue quand Doug Dillard, alors célèbre pour son expertise dans la pratique du banjo, quitte les Dillards sur un désaccord artistique avec le label Elektra, alors que le groupe fondé avec son frère Rodney est sur la voie d'évoluer vers un son plus moderne et dans une démarche plus progressive.

Frustré de voir le label freiner ses ambitions, il met à profit cette vacance dans sa carrière pour se rapprocher des Byrds et les accompagne dans la tournée européenne 68, alors que ceux-ci viennent tout juste de virer David Crosby et de prendre également un virage country-rock, soutenu notamment par Gram Parsons et Chris Hillman. C'est la fin de la période psychédélique des angelins et l'époque de leur Sweetheart Of The Rodeo.

Gene Clark, parti des Byrds en 1966, revient dans le jeu, deux ans plus tard, à la faveur de l'éviction de Crosby. Il en repart au bout de 3 semaines. Toujours cette satanée peur de prendre l'avion...

Dillard clark 1Doug Dillard et Gene Clark.

Dillard clark donnaUn groupe précurseur de la country moderne.

Dillard clark donna washburnLa 2ème mouture avec Donna Washburn (1969).

Dillard clark the fantastic expedition ofLe séminal Fantastic Expedition Of Dillard & Clark. 

Dillard clark doug dillardDoug Dillard, virtuose du banjo.

Dillard clark gene clarkGene Clark, l'atout maître de l'écriture.

Une scène country-rock explosive.

Dillard et Clark décident alors de fonder un groupe avec Bernie Leadon (Eagles), Don Beck et Dave Jackson. Dillard & Clark est né.

Nous sommes en 1968 et le prestigieux duo vient alors se mêler à la fantastique scène country-rock du moment de la fin des 60's, forte de ses Poco, Flying Burrito Brothers, Linda Ronstadt, Michael Nesmith, First National Band, Gram Parsons, Ricky Nelson, Stone Canyon Band et… Byrds.

Il agrémentera cette époque glorieuse de deux albums dont le premier, The Fantastic Expedition Of Dillard & Clark, vu comme un chef d’œuvre à la croisée du country-rock et de l'Americana.

Doug Dillard, un virtuose du banjo.

Doug Flint Dillard est né dans le Missouri en mars 1937 et décédé en mai 2012. Ses premiers pas dans la musique passent par la guitare et le violon qu'il apprend dès 5 ans, ses parents et son frère aîné étant également musiciens.

L'enseignement du banjo vient à l'adolescence (15 ans). Il en devient vite un véritable virtuose et un pionnier de l'instrument au début des 60's, influencé par ses idoles (Earl Scruggs, Don Reno et Ralph Stanley).

Il a 19 ans quand il se produit régulièrement dans une émission radiophonique hebdomadaire sur KSMO, station radio de Salem.

Durant les 50's, Doug pointe dans de nombreuses formations : Ozark Mountain Boys (1956/59), où il côtoie déjà son frère cadet Rodney, avant que la fratrie ne rejoigne les Dixie Ramblers (1958), puis, après avoir évolué seule, qu'elle ne fonde les Dillards en 1962, dont la première apparition publique se fait à Saint-Louis sur le campus de l'Université de Washington.

Cette sortie fait l'objet d'un disque publié en 1999 pour Varese Vintage : The Dillards : A Long Time Ago (The First Time Live !).

Les frères Dillard quittent alors le Missouri pour la côte ouest américaine et Los Angeles où il se murmure que l'Ash Grove de l'Avenue Melrose est l'épicentre de la musique folk et roots comme le blues et le bluegrass.

C'est là que se réunissent, tous les soirs, les artistes à la recherche d'un public sur la côte Ouest.

C'est le rendez-vous des musiciens : Linda Ronstadt, les Byrds, Chris Hillman, Clarence White, les Stone Poneys, June Carter, Johnny Cash, Phil Ochs, Joan Baez, Kris Kristofferson s'y croisent régulièrement et échangent avec les bluesmen et les jazzmen du crû.

C'est aussi le point de chute des directeurs artistiques, des managers, des imprésarios, des producteurs et des directeurs de maison de disques.

Lors d'une jam en fin de soirée, les Dillards tapent dans l’œil d'Elektra Records et de Jim Dickson avec lequel ils s'engagent, dès le lendemain, sur trois albums (Back Porch Bluegrass/1963, Wheatstraw Suite/1968 et Copperfields/1970).

TV (Andy Griffith Show), festivals populaires (Newport), tournées avec Bob Dylan, puis Joan Baez notamment, les Dillards élargissent le bluegrass à nouveau un public, deviennent des vedettes internationales et, comme le Zim le fait de sa guitare acoustique, ils se convertissent également à l'électricité. Les frangins créent en parallèle les Folkswingers (2 albums).

1968 voit toutefois Doug quitter les Dillards pour les raisons évoquées ci-dessus. Il rebondit auprès des Byrds, embarqués dans un tour d'Europe, puis se rapproche alors de Gene Clark.

Gene Clark, acteur incontournable du succès des Byrds.

Gene Clark, à ce niveau de son parcours, n'a pas réussi à exister par lui-même, ni à faire vraiment décoller sa carrière personnelle. Par contre, au sein du collectif des Byrds (et du Jet Set sur l'assise duquel les Byrds sont créés), dont il fut membre-fondateur, Gene a un statut d'auteur-compositeur principal (1964/mars 1966), signant la grande majorité des originaux les plus populaires du groupe à cette époque (I'll Feel A Whole Lot Better, She Don't Care About Time, Eight Miles High et Set You Free This Time). Il est un acteur incontournable du succès des Byrds, tant pop que folk-rock que psychédélique, tant par son écriture que par son chant.

Gene, c'est le grand au col roulé et au tambourin que l'on voit sur les photos et vidéos de l'époque. Celui-ci contribue de manière très significative aux deux premiers LP des angelins, Mr Tambourine Man et Turn Turn Turn, lesquels marquent l’envolée des californiens.

Popularité oblige, les Byrds sont réclamés aux quatre coins de la planète. Hélas, Gene Clark a la phobie de l’avion et freine des quatre fers dès lors qu’il s'agit de voyager.

Cette peur des transports aériens, doublée de concerts qui l'angoissent, n’est évidemment pas compatible avec le statut de rock star que les Byrds arborent alors. Son songwriter est donc progressivement mis au placard et quitte le groupe en 1966, en raison de tensions en interne de plus en plus vives, avec Roger McGuinn notamment.

Gene Clark pense rebondir en solo. Son premier LP, Gene Clark With The Gosdin Brothers (1967) est un échec dans les bacs, mais ce disque de country-rock/folk-rock ne laisse pas indifférents ceux qui suivent Clark. Il y chante, écrit paroles et musique, mène le projet à sa guise. Libéré de l’étreinte étouffante de McGuinn, Clark s’y éclate avec Vern et Rex Gosdin.

Il rabat ainsi le caquet à ceux qui ne le voient exister qu’au travers des Byrds. Cependant, Gene ne capitalise pas sur son travail et met alors sa carrière en danger. D’autant qu’en tournant la page avec son passé doré, Gene fait un peu ce que bon lui semble. Sans contraintes, à son rythme...

Dès lors, après l’expérience Gosdin, c’est avec Doug Dillard qu’il fricote pour asseoir un peu plus un country-rock dans lequel il se sent désormais à l’aise.

Dillard clark bernie leadon 2

« Nous avons commencé, avec Doug, par écrire chacune des parties instrumentales de The Fantastic Expedition. Puis, une fois soumises à Gene, celui-ci revenait chaque matin avec des paroles posées dessus. Ensuite, on les retravaillait collectivement avec le groupe au complet. Après quelques semaines, Gene, qui était sous contrat avec A & M Records, a convaincu le label d'enregistrer les bandes comme si c'était pour son prochain LP. Le disque a du cœur et de la cohésion. Toutes les chansons sonnent comme si elles avaient été écrites en même temps ; ce qui fut le cas. » (Bernie Leadon)

Le séminal The Fantastic Expedition Of Dillard & Clark.

Deux LP en découlent, l’extraordinaire The Fantastic Expedition Of Dillard & Clark (1968) et le décevant Through The Morning, Through The Night (1969).

Le premier d'entre eux (A&M Records) est une œuvre séminale en matière de country-rock. Fusion moderne de banjo, de violon, de guitare électrique, de mandoline, de dobro, de steel guitare et de claviers, The Fantastic Expedition Of Dillard & Clark joue un rôle déterminant dans la popularisation du genre.

Entre juin 68 et l'automne de la même année, Leadon et Dillard usent de toute leurs connaissances instrumentales et de leur expertise technique pour tisser le canevas musical de l'album sur lequel Gene vient apposer sa mélodieuse signature scripturale à l'image du sublime Out On The Side, de l'excellent Don't Come Rollin', du merveilleux With Care From Someone ou encore de She Darkened The Sun, de The Radio Song.

Dillard & Clark, et cet album notamment, préparent la voie aux Eagles qui, dès 1972 et l'éponyme The Eagles, toucheront les bénéfices de ce country-rock en phase de mutation et qui donnera ses lettres de noblesse au West Coast Sound.

A l'appel du deuxième opus, au son plus roots, Bernie Leadon a tourné les talons pour précipiter le projet Eagles, tandis que Donna Washburn, petite amie de Doug, intègre le groupe dans lequel on retrouve aussi le violoniste Byron Berline (ex-Dillards) et le batteur John Corneal alors que le bassiste David Jackson est lui reconduit.

Dillard s'y 'implique encore un peu plus, Clark un peu moins. Faut-il y voir, pour Doug, la présence de sa girlfriend du moment ? Toujours est-il que l'entrée de Donna (chant) amène Leadon à renoncer et le duo fondateur à pondre un disque moins original que son prédécesseur, plus traditionnel et alimenté essentiellement par des reprises. Seuls 4 titres (sur 11) sont l'apanage de Clark : la chanson-titre, Corner Street Bar, Kansas City Southern et Polly.

Through The Morning Through The Night ne surprend pas, ce qui laisse à penser que l'atout maître de Dillard & Clark était Gene Clark. Il reste néanmoins très décent à écouter.

Les deux albums n'ont pas reçu un accueil très favorable auprès du public mais sont depuis considérés comme des incontournables du country-rock et du bluegrass progressif.

1969 : clap de fin.

Dans la foulée de Through The Morning Through The Night, le groupe se délite (fin 1969).Gene Clark claque la porte et reprend sa carrière solo (White Light/70, Roadmaster/1973, le sublime No Other/1974 et Two Sides To Every Story/1977) et Doug Dillard tente un temps de faire du rab autour du projet initié avec l'ex-Byrds, renommé pour la circonstance Doug Dillard & The Expedition. Finalement, le banjoïste missourien opte pour la même destinée personnelle que son alter ego (RAZOR©2020).

DISCOGRAPHIE DILLARD & CLARK 60'S.

LP Studio 1 - 1968

 

Dillard clark the fantastic expedition of

 

DILLARD & CLARK

THE FANTASTIC EXPEDITION OF DILLARD & CLARK  5/5

 

Publié en octobre 1968.

Produit par Larry Marks.

Durée:28:49.

Label:A & M Records.

Genre:coutry rock,bluegrass progressif,Americana.

 

Disque de visionnaire.

 

C'est Bernie Leadon, lequel a piqué au truc à l'époque, qui l'affirme. Toutes les chansons consignées pour les besoins du séminal The Fantastic Expedition Of Dillard & Clark ont été élaborées dans le même espace temps, entre juin 68 date de l'entrée en studio et octobre de la même année pour ce qui concerne sa sortie sur le marché.

Doug Dillard et lui-même ont d'abord travaillé les parties instrumentales avant de refiler le bébé à Gene Clark qui, en songwriter avisé, s'est, au coup par coup, occupé de poser son écriture sur chacune des pièces. Il récupère l'épure le soir et revient le lendemain matin avec un projet déjà bien avancé de chanson.

Reste à traiter collectivement les morceaux. Un coup de sifflet pour réunir les autres acteurs du disque et c'est un quintet qui se met aussitôt à l'isolement dans une pièce pour donner la structure destinée à partir en studio.

Outre Clark, Dillard et Leadon, sont également présents le bassiste David Jackson et Donald Beck, joueur de mandoline et de dobro, tandis que des pigistes-amis comme Andy Belling, Chris Hillman et Joel Larson viennent faire l'appoint plus ponctuellement.

Une fois le lot mis sur bande, Gene Clark fait alors appel à son label auquel il demande de faire passer ces enregistrements comme étant son prochain album. Ce à quoi A & M Records répond favorablement. Il est finalement crédité à Dillard & Clark (1968) mais ce que retient Leadon de ce travail, c'est tout le cœur qui a été mis à l'ouvrage et toute la cohésion qui en émane.

Disque de visionnaires, The Fantastic Expedition Of Dillard & Clark est surtout un chef d’œuvre séminal à la croisée du country-rock et de l'Americana. Il n'y alors pas beaucoup de LP et d'artistes à pouvoir prétendre concurrencer cet objet vinylique de tant de convoitises.

Les Byrds, peut-être avec leur Sweetheart Of The Rodeo, sorti un peu plus tôt durant l'été (juillet 1968)... Et encore. Bien que très grand disque, le 6ème album des angelins s'appuie sur des reprises quand le premier opus du duo Clark/Dillard ne compte que le seul Git It On Brother de Lester Flatt comme intrus parmi le lot d'originaux (8 sur 9). The Fantastic Expedition Of Dillard & Clark est donc unique.

En plus, bien que ne connaissant son heure de gloire que longtemps après coup, ce dernier a pour lui d'être brillant, intelligent, spontané, raffiné, moderne, frais, inspiré, novateur, mais il est surtout incontournable et prépare aux Eagles, les premiers à en tirer les substantielles retombées financières. Bernie Leadon, membre-fondateur des Aigles, avait tout compris avant tout le monde. L'avenir se situait bien là (RAZOR©).

 

1. Out On The Side.

2. She Darked The Sun.

3. Don't Come Rollin'.

4. Train Leave Here This Mornin'.

5. With Care From Someone.

6. The Radio Song.

7. Git It On Brother.

8. In The Plan.

9. Something's Wrong.

 

Gene Clark:guitare,harmonica,chant.

Douglas Dillard:banjo,guitare,violon,chant.

Bernie Leadon:banjo,guitare.

Don Beck:dobro,mandoline.

David Jackson:basse.

Andy Belling:clavecin électrique sur 5/6/8.

Chris Hillman:mandoline sur 7/9.

Joel Larson:batterie sur 1.

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