Firefall.

BIOGRAPHIE.

 

FIREFALL/Boulder (Colorado)

 

Firefall 1

 

Actif de 1975 à 1981,2001 à 2003,2011 à aujourd’hui.

Label:Atlantic Records.

Genre:country-rock,pop-rock,soft rock.

Site officiel: www.firefall.net

Au bon endroit, au bon moment.

Rick Roberts et Jock Bartley sont les initiateurs de Firefall, délicieuse formation américaine ancrée dans le country-rock, créée en 1974 et toujours d’actualité aujourd’hui.

Le premier, guitariste-chanteur-auteur-compositeur floridien est surtout connu pour son implication dans les Flying Burrito Brothers de 1976 à 1981, notamment sur le LP éponyme de 1971, et pour y avoir remplacé Gram Parsons ; revenu dans Firefall entre 1989 et 1992, la maladie l’en a éloigné à nouveau jusqu’en  2010 date à laquelle il est revenu aux affaires de la musique en publiant 2 EP.

Le second, Jock Bartley, natif du Kansas (Hutchinson), guitariste plus impétueux et également chanteur, a suppléé Tommy Bolin dans Zephyr, avant de rejoindre le groupe de tournée du même Parsons, les Fallen Angels. Bartley est le seul membre du Firefall d’origine à encore y évoluer en 2015.

Des musiciens huppés.

Larry Burnett (Washington D.C) et Mark Andes, respectivement bassiste et guitariste rythmique, dans un premier temps, puis Michael Clarke, pour finir, entrent à leur tour dans l’affaire qui prend alors le nom de Firefall.

Larry Burnett chante, gratte et compose. Sa première chanson, il l’écrit à 16 ans. Cet ancien chauffeur de taxi rejoint le groupe en août 1974 à la demande de Roberts. Larry Burnett est le pourvoyeur principal des compositions du groupe avec Rick Roberts. Il le quitte en 1981 conscient que soigner ses  problèmes de drogue récurrents est devenu l’urgence du moment sans quoi… Il rentre dans le rang mais depuis une dizaine d’années a repiqué au truc. .. la chanson, pas la drogue !

Firefall logo

Mark Andes (Pennsylvanie) fait valoir un chouette CV: Canned Heat, dont il fut un des premiers membres, Spirit, Jo Jo Gunne et plus tard, Heart, Whitesnake, Joe Walsh… Fils de l’acteur Keith Andes, il contribue fortement au succès du groupe jusqu’en 1981 avant de prendre le chemin de Heart. Andes reprend du service auprès de Firefall en 2014 auprès du flûtiste, saxophoniste, claviériste David Muse, ami de Roberts et que le groupe a toujours considéré comme un membre d’origine (il a été de toutes les réunions de Firefall), et de Jock Bartley.

Le regretté new yorkais Michael Clarke, dit Mike Clarke, a été le premier batteur des Byrds, apparaissant sur leurs 5 premiers LP et jusqu’en 1967. Ce sosie de Brian Jones des Stones a également battu pour le Flying Burrito Brothers.

Du West-costaud !

Cette première incarnation de Firefall n’a donc rien d’une équipe de bras cassés ; c’est du west-costaud, de l’expérimenté, du talentueux et leur première réunion discographique, l’éponyme Firefall de 1976, se passe de commentaires sur leurs aptitudes. Il est certainement ce que nos gaillards ont fait de mieux ensemble.

Les libérations ultérieures des 70’s telles que Luna Sea (1977) et Elan (1978) sont également des étapes de leur catalogue à considérer de très près. Le seul bémol de cette fin de décennie porte sur le décevant Undertow de 1979, passé à côté de son sujet. Au regard du pédigrée de ces mecs, on était cependant en droit d’exiger plus. C’est un avis personnel qui n’engage que moi.

Firefall 2

Le groupe de Boulder (Colorado) a ses racines musicales profondément enfouies dans le folk-rock/country-rock U.S, terres sur lesquelles il jouit d’une belle popularité auprès d’une base élargie de fans, surfant avec succès sur les ondes FM, partageant les scènes avec les formations stars du moment, les Fleetwood Mac, les Band, les Doobie Brothers, le Marshall Tucker Band, Lynyrd Skynyrd, écoulant des millions d’albums. Il reprend en quelque sorte l’étendard country-rock brandi par d’illustres pionniers : Byrds et Buffalo Springfield.

Des hits à la pelle.

En matière de notoriété, Firefall a connu son heure de gloire en dégageant quelques singles qui ont enflammé les hits, comme You Are The Woman, pointé au 9ème rang du Billboard 100 en 1976 ainsi que le controversé Cinderella (N° 34 en 1977) qui a suscité le soulèvement de féministes du moment, ou Mexico. Songez qu’en 82, Firefall avait déjà enquillé 11 titres à succès. Outre les deux titres majeurs précités, citons aussi Just Remember I Love You (11 en 1977), Strange Way (11 en 1978), Headed For A Fall (35 en 1980), et Staying with It (37 en 1981). Ses trois premiers albums ont récolté l’or ; sa discographie recense une douzaine de LP, toutes catégories confondues, Messenger (1994) étant le dernier disque studio.

Firefall jock bartley

« J’ai appris une chose dans ma carrière. On peut être grand chanteur, grand musicien, grand songwriter, grand groupe et rester sur le quai. Les opportunités de briller sont rares et ne durent jamais bien longtemps.

Certains artistes n’ont jamais pu saisir l’occasion de sortir de leur trou, faute de ce petit coup de pouce du destin. Alors quand elle se présente, il faut être là, être prêt à sauter sur l’opportunité. Nous avons été là au bon moment, au bon endroit. Et aujourd’hui, Firefall est toujours là. » (Jock Bartley)

Firefall est un produit Atlantic. La collaboration avec le label d’Ahmet Ertegün, séduit par la formation de Roberts s’est engagée sur la base de plusieurs albums, signe de la confiance qu’Atlantic avait placée en ce groupe. Elle est effective durant l’été 1975.

Une très belle discographie.

L’éponyme Firefall, produit par Jim Mason un temps aux manettes de Poco, ouvre le compteur discographique. Sorti en avril/mai 1976, il se situe plus dans une veine soft rock californienne que purement country-rock. Il est leur meilleur disque ; la production est soignée, les compositions de qualité, les voix belles, les acteurs convaincants. Parmi ces acteurs figure également le dénommé Muse, cité auparavant qui, sous contrat ailleurs, ne peut être officiellement crédité. Côté qualité, rien à dire ; ça vole du côté des Aigles, de Poco. C’est bien foutu et cela se traduit très rapidement par des retombées commerciales juteuses pour le label.

Le deuxième jet devait être Tropical Nights ; il sera finalement intitulé Luna Sea. L’album, encore une fois très bon, bénéficie des renforts ponctuels de la section cuivres des Memphis Horns et du percussionniste alors en vogue et aujourd’hui malheureusement décédé (mars 2014), le floridien Joe Lala (Crosby, Stills, Nash and Young, The Allman Brothers Band, Eagles, Bee Gees, The Byrds, Eric Clapton, Chicago, John Mellencamp, Dan Fogelberg, Jackson Browne, Rod Stewart, Poco et notre  Véronique Sanson nationale). Publié en juillet 1977, il masque cependant les premiers conflits en interne la plupart du temps engendrées par l’alcool et les drogues.

Firefall 3

Tom Dowd produit Elan, le N° 3 discographique édité en octobre 1978. C’est le best-seller de Firefall. Le son est quelque peu lissé pour faire une carrière sur les ondes. Le but est atteint. Strange Way (11) fait fort. Elan est disque de platine et Firefall est à son plus haut niveau. Firefall ressort complètement rincé de la tournée qui suit la sortie d’Elan : physiquement et financièrement. Atlantic tousse mais se montre patient en réclamant un LP supplémentaire. Undertow (mars 1980), quatrième levée vinylique, reste agréable malgré la dispersion artistique qui le caractérise. Il scelle la fin du line-up d’origine et sent le sapin quant à une dissolution proche de Firefall.

Débandade puis reformation.

Michael Clarke et Mark Andes sont les premiers à le quitter, respectivement remplacés par Tris Imboden et George Hawkins. Ils apparaissent sur le respectable Clouds About The Sun (fin 1980). Hawkins en ressort un an plus tard pour rejoindre le projet africain de Mike Fleetwood. Andes refait une pige très brève avant d’être relayé par Kim Stone. Tout semble alors rentrer dans l’ordre quand Larry Burnett, en pleine tournée, disparaît de la circulation pour aller se soigner de sa grave dépendance à l’alcool et à la drogue (1981). Rick Roberts lui emboite le pas au motif de privilégier sa carrière solo. Le line-up fondateur explose de quoi faire naître des interrogations sur l’avenir de Firefall. Atlantic y pare en publiant de quoi calmer le jeu et faire encore un peu de monnaie : un lucratif best of (fin 1981). Jock Bartley reprend alors les affaires en main en 1982 ; en 2015, il mène toujours Firefall, formation nouvellement intronisée au Colorado Hall Of Fame. Bartley, Andes, Muse ainsi  que Sandy Ficca et Gary Jones constituent le groupe actuel (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1976

 

Firefall firefall 1976

 

FIREFALL

FIREFALL – 1976  5/5

 

Publié en 1976.

Produit par Jim Mason.

Durée:39:49.

Label:Atlantic.

Genre:country rock,soft rock.

 

Le plus beau disque californien de 76.

 

You Are The Woman, le controversé Cinderella qui a suscité le soulèvement de féministes du moment, ou Mexico appartiennent au haut du panier de Firefall. Les trois titres figurent dans la tracklist de ce LP éponyme  de 1976 et ne sont pas toujours représentatifs de l’énergie que ce groupe est capable de distiller, notamment sur les planches, ni de la variété qu’il est en mesure de proposer.

En à peine trois mois, ce « selftitled » est disque d’or. De quoi estomaquer la maison de disques, Atlantic Records, pas vraiment une spécialiste de country-rock. Le bon produit au bon moment, en quelque sorte.

L’album en question est essentiellement en mode mid-tempo, servi par une humeur soft-rock bon enfant. Firefall est un groupe trompeur au regard de son premier jet, il faudra s’en souvenir. Il ne se limite pas à cette sensation plutôt cool. Il est aussi capable de variations lyriques plus marquées et de durcir le son, passant sans problème de l’acoustique à l’électrique. Il faut donc pousser au-delà de cet album et gratter les deux éléments suivants entrant dans le cadre de sa trilogie dorée

On lui accordera toutefois de belles harmonies vocales (aigues), d’agréables mélodies, mais, à mon goût, le lot ici présent est desservi par un chant un peu trop plan-plan et sans émotion de Roberts. Boxant dans la catégorie des Eagles et d’autres pointures du country-rock comme Poco, il peine toutefois à se hisser ici à leur niveau par manque de punch sonore. Sur scène, c’est autre chose.

Malgré cela, l’ensemble est très agréable à écouter. Les morceaux de Burnett, le brillant Cinderella, le rock No Way Out, la ballade Love Isn’t All, Sad Ol’ Love Song et Do What You Want ont mes faveurs de même que l’acoustique It Doesn’t Matter que l’on doit au trio Chris Hillman/Stephen Stills/Rick Roberts. Côté Roberts, You Are The Woman, bien évidemment, Mexico et Livin’ Ain’t Livin’ accrochent bien.

On retiendra aussi de ce LP, pour moi bien meilleur que le disque concurrent d’Eagles sorti la même année (Hotel California), la participation aux percus de Joe Lala (Manassas, CSN&Y) et de David Muse (8 ans de Marshall Tucker Band), claviériste et flûtiste, ce qui ne gâche rien, vous en conviendrez ? (RAZOR©)

 

1. It Doesn't Matter.

2. Love Isn't All.

3. Livin' Ain't Livin'.

4. No Way Out.

5. Dolphin's Lullaby.

6. Cinderella.

7. Sad Ol' Love Song.

8. You Are the Woman.

9. Mexico.

10. Do What You Want.

 

Mark Andes:basse.

Jock Bartley:lead & slide guitares,pedal guitare sur 3.

Larry Burnett:guitares,chant.

Michael Clark:batterie.

Rick Roberts:guitare acoustique,chant.

David Muse:piano,clavinet,flûte,sax tenor, harmonica.

Joe Lala:congas,timbales,shakers,tambourin.

LP Studio 3 - 1978

 

Firefall elan 1978

 

FIREFALL

ELAN – 1978  5/5

 

Publié en 1978.

Produit par  Howard Albert,Ron Albert,Tom Dowd.

Durée:37:16.

Label:Atlantic.

Genre:country rock,soft rock.

 

Un statut de platine.

 

Pour Firefall, les années 70 se résument à quatre LP, tous concentrés dans la seconde moitié de cette décennie et tous, sans exception, dignes d’éloges : Firefall (1976) dont je vous ai déjà vanté tous les mérites, l’excellent Luna Sea (1977) calqué sur l’éponyme auquel il succède, Elan (en écoute intégrale ici), sorti en 1978, plus mordant et toujours aussi convaincant malgré l’alcool et la dope qui s’invitent et, enfin, Undertow (1979), dernier gros effort d’un groupe en proie à des tensions internes prévisibles.

Le joli tir groupé des coloradiens de Boulder précède une scission annoncée et met un terme au line-up d’origine de Firefall : le meilleur. C’est ce que l’on retiendra surtout de la bande composée depuis 1974 de Rick Roberts, ancien de la maison Flying Burrito Brothers, chanteur-guitariste-compositeur, de Jock Bartley (guitare et chant, remplaçant de Tommy Bolin dans Zephyr), de Michael Clarke, ex-batteur des Byrds et des mêmes Flying Burrito, de Marc Andes bassiste passé par Canned Heat, Spirit et Jo Jo Gunne, qui a déserté Spirit, du virginien  Larry Burnett (chanteur et second guitariste) et du claviériste David Muse.

Malgré des débuts difficiles, le succès est venu rapidement pour Firefall qui a développé un son particulier le situant dans la filière country-rock/soft-rock des Byrds, Poco, des premiers Eagles et de Crosby Stills & Nash. Cette popularité les amène à ouvrir pour des formations comme les Doobie Brothers et le Fleetwood Mac de la tournée Rumours, notamment, et à vendre énormément de disques sous la bannière d’Atlantic Records.

En toute honnêteté, ça faisait des lustres que je ne m’étais pas tapé Elan. J’aimais beaucoup ce disque isolé et un des seuls rescapés potables d’une triste fin de décennie à laquelle le mouvement punk a opposé un provocateur et menaçant doigt d’honneur.

A sa réécoute pour les besoins de ma chro’, j’ai vite retrouvé mes repères dans ce répertoire lumineux porté essentiellement (5 titres/10) par l’écriture solide, angoissée et romantique de Rick Roberts, auréolé des contributions de qualité de Larry Burnett (Wrong Side Of Town, Get You Back et Baby) et plus ponctuellement de Mark Andes (Anymore) et Jock Bartley (Sweet And Sour).

La palme de l’efficacité revient à l’extraordinaire Strange Way qui introduit avec force et émotion un lot à venir de belles mélodies, d’harmonies raffinées, de grandes et variées parties de guitare. Du country-rock bien léché, quoi, qui ne demande pas son reste pour opérer fissa et à nouveau son petit effet, comme à l’époque, et revenir en boucle de manière obsessionnelle comme pour mieux faire regretter à l’auditeur infidèle de l’avoir, si longtemps et sans motif particulier, laissé en plan. La touche Replay joue donc à plein dans ce contact renoué et on se sent même un peu penaud d’avoir inexplicablement lâché du mou sur la laisse qui mène à Firefall et à son troisième jet. 

Count Your Blessings, Anymore, Goodbye I Love You, Sweet Ann, Sweet And Sour, Baby, Wrong Side Of Town enfoncent un peu plus le clou et ravivent les regrets de s’être privé autant de temps d’une formation et d’un disque en tous points remarquables. N’est pas platine qui veut… Normal, avec  le producteur Tom Dowd aux manettes (ce que j’ignorais alors), la musique prend une autre dimension et ce, malgré des divergences artistiques entre eux. Dowd ? Faut-il retapisser le pédigrée du bonhomme ? (RAZOR©).


1. Strange Way.

2. Sweet and Sour.

3. Wrong Side of Town.

4. Count Your Blessings.

5. Get You Back.

6. Anymore.

7. Baby.

8. Goodbye, I Love You.

9. Sweet Ann.

10. Winds of Change.

 

Larry Burnett:guitare acoustique,guitare électrique,chant,choeurs.

Rick Roberts:guitare acoustique,chant,choeurs.

Mark Andes:basse,choeurs.

David Muse:claviers,synthés,saxophones,harmonica,flûte.

Michael Clarke:batterie.

Jock Bartley:guitare acoustique,guitare électrique,slide guitare,choeurs.

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