Gene Clark

BIOGRAPHIE.

 

GENE CLARK/Tipton (Missouri)

 

Gene clark

 

Harold Eugene Clark dit Gene Clark.

Né le 17 novembre 1944 à Tipton (Missouri).

Décédé le 24 mai 1991 à Sherman Oaks (Calidornie).

Années actives:1963/1991.

Labels:Columbia,A&M,Asylum,RSO,Capitol,Takoma.

Genre: country,country-rock,folk rock,rock psychédélique,bluegrass.

Site officiel:www.geneclark.com

 

Une place capitale au sein des Byrds.

Né dans le Missouri en 1944 et décédé 47 ans plus tard en Californie, en 1991, Genre Clark, Harald Eugene pour l’état civil, est un auteur-compositeur-interprète et guitariste américain. Il évolue essentiellement dans le folk rock puis dans le rock psychédélique avec les Byrds, avant de prendre une orientation plus country-rock quand il décide de se mettre à son compte.Au sein des Byrds, Gene Clark tient une place capitale, car il est un des compositeurs du groupe, auteur de nombreuses chansons remarquées ou culte comme Feel A Whole Lot Better, Here Without You et surtout, l’énorme Eight Miles High.

Gene clark 2

D'abord les Jet Set.

Gene Clark est à l’origine du montage de cette formation mythique du rock, avec Roger McGuinn et David Crosby. En effet, le trio qui prépare aux Byrds, The Jet Set, se rencontre en 1964 à Los Angeles, où chacun de son côté, arpente alors le circuit folk local : McGuinn officie au sein des Limeliters, Crosby joue dans les Balladeers et Clark dans le New Christy Minstrels.

Leur répertoire du moment : reprendre les Beatles dont ils sont tous fans et interpréter du folk traditionnelle ou en mode Dylan. Jim Dickson les manage, le folk rock initié par les Byrds s’installe. Cette période réfère notamment à l’album Preflyte, l’avant Byrds. La british invasion frappe alors le marché américain de plein fouet, mais n’empêche pas le trio élargi à Clarke et Hillman de signer pour Columbia Records (1964). The Jet Set devient The Byrds, avec un Y s’il vous plaît.

Gene clark crosby

« J’aimais beaucoup Gene. Il était vraiment un bon gars, mais il était triste. Comme je le fus quand il est mort et de la manière dont il est mort. Il savait que s’il continuait à boire comme il le faisait, il se tuerait. Il le savait et je pense qu’il a sciemment fait ce choix de partir comme ça. Je trouve cela très pénible car non seulement il était talentueux, mais il était un mec gentil et doux. » (David Crosby)

Puis les Byrds.

Comme je le disais plus haut, dans cette nouvelle structure, Gene Clark tient la place prépondérante de compositeur des Byrds. Il contribue de manière très significative aux deux premiers LP, Mr Tambourine Man et Turn Turn Turn qui marquent l’envolée des californiens.Popularité oblige, les Byrds sont réclamés aux quatre coins de la planète. Hélas, Gene Clark a la phobie de l’avion, freine des quatre fers dès lors qu’il faut voyager. Cette peur des transports aériens n’est évidemment pas compatible avec le statut de rock star que les Byrds arborent alors. Il est donc progressivement mis au placard et quitte le groupe en 1966 en raison de tensions en interne de plus en plus vives.

Gene carla

Gene clark color

Carrière solo.

Gene Clark pense rebondir en solo. Son premier LP, Gene Clark With The Gosdin Brothers (1967) est un échec dans les bacs, mais ce disque de country-rock/folk-rock ne laisse pas indifférent ceux qui suivent Clark. Il y chante, écrit paroles et musique, dirige le projet. Libéré de l’étreinte étouffante de McGuinn, Clark s’y éclate avec Verne et Rex Gosdin. Il rabat le caquet à ceux qui ne le voyaient exister qu’au travers des Byrds, mais ne capitalise pas sur son travail. Gene met alors sa carrière en danger.D’autant qu’en tournant la page avec un passé doré, Gene fait un peu ce que bon lui semble. Sans contraintes. Après l’expérience Gosdin, c’est avec Doug Dillard qu’il fricote pour assoir un peu plus un country-rock dans lequel il se sent à l’aise. Deux LP en découlent, l’extraordinaire The Fantastic Expedition Of Dillard & Clark (1968) et le très bon Through The Morning, Through The Night (1969). Gene n’est pas payé en retour, ça sent le roussi pour lui.

Poissard jusqu'au bout.

Vient l’année 1971. Le missourien explose le rock en sortant le légendaire White Light. Tout le monde applaudit des deux mains, mais l’album ne fait pas recette, faut de ne pas avoir été promu comme il se doit. Mais avec Gene qui n’aime pas prendre l’avion, l’affaire est plombée d’avance. Roadmaster (1973) n’y fera rien, pas plus que l’autre chef d’œuvre de l’artiste No Other (1974) ou l’association McGuinn Hillman Clark qui splitte aussi vite qu’elle s’est décidée. Gene Clark est un poissard. Finis les gros labels. Clark doit se contenter d’un duo avec Carla Olson. Ce couple lui permet de connaître enfin le succès avec So Rebellious A Love (1987). Quatre ans plus tard, victime de ses vieux démons, drogue et alcool, Gene Clark meurt en 1991, quelques mois seulement après avoir été intronisé au Rock & Roll Hall Of Fame avec les Byrds. Son talent n’a été admis que plus tard. Poissard jusqu’au bout, je vous dis (RAZOR©)

DISCOGRAPHIE 60'S THE BYRDS

LP Studio 1 - 1965

 

Byrds mrtambourineman

 

THE BYRDS

MR TAMBOURINE MAN - 1965  5/5

 

Publié le 21 juin 1965.

Produit par Terry Melcher.

Durée:31:35.

Label:Columbia.

 

Un son nouveau est né.

 

Mr. Tambourine Man (lien pour écouter l'album) est un hit de Bob Dylan qui donne le titre à cet album des Byrds, leur premier, en 1965, sur Columbia Records. Le premier line-up de ce groupe d’anthologie est alors composé d’un certain Jim McGuinn (son vrai nom), plus connu sous le nom d’emprunt de Roger McGuinn, chanteur et guitariste, d’une future légende du rock, David Crosby, guitariste et officiant également au chant, de Gene Clark, l’immense Clark, un compositeur hors pair qui, outre le chant, fait aussi dans les percus, de Chris Hillman, bassiste et autre pointure, de Michael Clarke, batteur.

Très à son affaire dans le registre folk rock, les Byrds sont un peu trop souvent les « laissés pour compte » du rock. Et pourtant, ils ont tenu un rôle majeur en faisant la promotion de nombreux titres de Dylan, ce qui l’a bien aidé dans le démarrage de sa carrière et en marquant de leur empreinte la scène musicale des années 60.

Entre un rock qui commence à décliner et un psychédélisme qui n’est pas encore vraiment installé, les Byrds vont se positionner et influencer des artistes comme Simon & Garfunkel, les Beatles (et réciproquement).

En mélangeant le folk de tradition américaine à la modernité du british rock façon Scarabées, le groupe de McGuinn va définitivement tracer le sillon du folk rock. Mr Tambourine Man va être l’album déterminant qui les met sans attendre sur les bons rails.

De Dylan, dont ils reprendront régulièrement, et par la suite, au moins deux titres par LP, ils interprètent, outre la chanson titre, Chimes Of Freedom, All I Really Want To Do ainsi que Spanish Harlem Incident.

L’album ne vaut pas que par ces excellentes reprises de morceaux puisés dans le catalogue du Zim. Excellent disque d’une demi-heure, on peut y trouver des compositions, au demeurant excellentes, de Gene Clark comme I’ll Feel A Lot Better, de McGuinn (You Won’t Have To Cry), un agréable The Bells Of Rhymney d’Idris Davies et de Peter Seeger, Here Without You, I Knew I’d Want You.

On appréciera surtout sur cet opus, la belle voix de McGuinn de même que les merveilleuses et précises harmonies vocales. Produit par Terry Melcher, on y retrouve certains clients comme Leon Russel, Jerry Cole, Hal Blaine. 

Précurseurs du psychédélisme, les Byrds ont eu des retombées positives de cet album qui, aujourd’hui, est un peu daté, mais n’en demeure pas moins un disque à posséder. Ce son si particulier restera à jamais leur signature (RAZOR©).

 

1. Mr. Tambourine Man.

2. I’ll Feel A Whole Lot Better.

3. Spanish Harlem Incident.

4. You Won’t Have To Cry.

5. Here Without You.

6. The Bells Of Rhymney.

7. All I Really want To Do.

8. I Knew I’d Want You.

9. It’s Not Use.

10. Don’t Doubt Yourself, Babe.

11. Chimes Of Freedom.

12. We’ll Meet Again.

 

Jim McGuinn:lead guitare,chant.

Gene Clark:guitare rythmique,tambourin,chant.

David Crosby:guitare rythmqiue,chant.

Chris Hillman:basse électrique.

Michael Clarke:batterie.

 

LP Studio 2 - 1965

 

Byrds turn turn turn

 

THE BYRDS

TURN ! TURN ! TURN ! - 1965  4/5

 

Publié le 6 décembre 1965.

Produit par Terry Melcher.

Durée:30:24.

Label:Columbia Records.

 

Dans la cour des grands.

 

On prend les mêmes et on recommence. La même année que Mr Tambourine Man, soit1965, sort un deuxième album des Byrds, Turn ! Turn ! Turn !. Les Byrds qui ont eu la judicieuse idée de combiner la traditionnelle folk music américaine avec la modernité du rock venu d’Angleterre pour donner naissance au folk-rock.

La recette est payante dans tous les sens du terme, car Mr Tambourine Man et le single qui en est à la base, font un tabac, alors on remet ça, normal. Un peu trop tôt peut-être, car Turn ! Turn ! Turn ! n’a pas la saveur de son prédécesseur.

Deux pincées de reprises de empruntées au catalogue de Bob Dylan (The Times They Are A Changin’, Lay Down Your Weary Tune), trois pincées de morceaux composés par l’emblématique Gene Clark (Set You Free This Time, The World Turns All Around Her, If You’re Gone), une petite pincée de Crosby qui prend enfin ses responsabilités à l’écriture (Wait And See), et une pincée de Pete Seeger, via un Turn ! Turn ! Turn ! écrit à la fin des années 50 et que les Byrds vont porter sur les fonts baptismaux.  

Ce disque, plus court que le précédent, n’a pas la même saveur, disais-je, mais il reste un très bon opus, à l’image de l’ensemble de leur œuvre durant les années 60. Sorti à la hâte pour Noël 1965, alors que l’Amérique est politiquement et socialement divisée, il souffre de cette précipitation qui sied aux desseins commerciaux. Mais tout allait tellement vite à cette époque. Il fallait être réactif.

Son défaut majeur est de trop sentir le copié-collé de Tambourine Man, en plus inégal cependant. Les harmonies vocales sont toujours aussi agréables, la 12 cordes de McGuinn est présente et efficace, mais le résultat ne supplante pas Mr Tambourine Man. Par ailleurs, certaines tensions voient le jour. Il ne faut pas faire d’ombre à Mr McGuinn, Jim pour l’état civil et qui deviendra Roger. Et Clark, songwriter patenté de ce Byrds, commence à prendre du coffre.

Quoi qu’il en soit, ce deuxième album des Byrds, encore alimenté au Dylan, leur permet de se frotter, sans complexe aucun, au gotha du rock anglais et dont les Beatles sont l’élément dominant. Chez eux, pour l’heure, les Byrds ne craignent pas pour leur abattis, ils portent le costard de cadors.

Avec leur succés, devenu un véritable hymne, le groupe assoit encore plus et définitivement sa réputation. Ce disque, même s’il n’est pas celui que je conseillerais pour aborder les Byrds, n’en est pas moins un indispensable pour se familiariser avec leur histoire, faite de virages artistiques essentiels pour le rock (RAZOR©).

 

1. Turn! Turn! Turn! (To Everything There is a Season).

2. It Won't Be Wrong.

3. Set You Free This Time.

4. Lay Down Your Weary Tune.

5. He Was a Friend of Mine.

6. The World Turns All Around Her.

7. Satisfied Mind.

8. If You're Gone.

9. The Times They Are a-Changin'.

10. Wait and See.

11. Oh! Susannah.

 

Jim McGuinn:lead guitare,guitare acoustique,chant.

Gene Clark:guitare,harmonica,tambourin,chant.

David Crosby:guitare,chant.

Chris Hillman:basse électrique.

Michael Clarke:batterie.

Terry Melcher:orgue sur 5.

 

 

LP Studio 3 - 1966

 

Byrds fifth dimension

 

THE BYRDS

FIFTH DIMENSION - 1966  4/5

 

Publié le 18 juillet 1966.

Produit par Allen Stanton.

Durée:29:59.

Label:Columbia Records.

 

Un Byrds des grands jours.

 

5 D, alias Fifth Dimension (album en écoute intégrale ici), sort en 1966 sur Columbia Records, alors que la période hippie bat son plein et que les hallucinogènes tournent à donf, LSD, champignons mexicains en tête. Sous la bannière Turn On, Tune In, Drop Out, certains groupes vont fédérer autour d’eux et de leur musique, un essaim de jeunes en mal d’expériences spirituelles.

En 1966, les Byrds, à l’instar de l’Airplane, vont être les acteurs d’un créneau musical psychédélique sur lequel vont venir se greffer tous les arts. L’acid rock ou rock psychédélique, avec son atmosphère si particulière et au son si caractéristique, tisse sa toile autour de cette jeunesse. Ils comptent même parmi les premiers à avoir abordé le problème de la drogue dans la chanson.

Par le biais de leurs expériences sous LSD et autres, les Byrds vont donner un coup de boost à leur légendaire folk pop-rock qui en a fait l’égal des Beatles. Très expérimentaux sur ce troisième opus du catalogue, ils y greffent des influences jazz et des sonorités indiennes. Cela débouche sur un 5 D quelque peu hésitant, plus complexe et cérébral.

Leur musique alterne l’excellence et le moins bon, mais qui reste bon, si vous voyez ce que je veux dire. Le summum de la démarche psychédélique du moment se situe dans Eight Miles High qui réfère à la dope.  Ainsi, quand McGuinn et sa guitare caméléon revisitent le jazz façon Coltrane et l’univers mystique de Shankar, si ça pue pas le trip à plein nez, ça y ressemble bien.

Outre Eight Miles High, relevons I See You signée Crosby et McGuinn et l’abstraite, superbe et magique ballade What’s Happening d’un excellent David  Crosby enfin compositeur de haut niveau. Wild Mountain Thyme, 5 D, le réussi Mr Spaceman, fusion de country et de rock et le poignant, le macabre I Come And Stand At Every Door méritent une attention particulière. A se mettre également entre les deux oreilles, le Hey Joe d’Hendrix, une reprise folk rock sympa, sortie un an avant celle de Jimmy.

Cet album n’a pas vraiment cartonné, mais il demeure un des plus connus du groupe. Il n’est pas leur meilleur, à mon avis, car manquant de cohérence, souvent trop inégal. A ce titre, la perte de Gene Clark n’y est pas étrangère. Il est complexe aussi, voire étrange à l'image de ce solo de turboréacteur qui apparaît sur 2-4-2 Fox Trot.

Outre sa qualité et son influence, il a une triple valeur historique dans la mesure où les Byrds empruntent ici une direction musicale nouvelle, où son architecte, Gene Clark, qui est crédité ici (chœurs, harmonica et tambourin), ne fait déjà plus partie de cette formation, McGuinn s’en étant séparé, soi-disant, du fait de sa phobie pour l’avion. L’histoire omet de dire que Clark lui faisait beaucoup trop d’ombre et que McGuinn avait un putain d'ego. Enfin, troisième point important, Fifth Dimension ne contient aucune reprise de Dylan, alors que les Byrds s’en étaient faits les spécialistes. A avoir dans sa discothèque idéale (RAZOR©).

 

1. 5D (Fifth Dimension).

2. Wild Mountain Thyme.

3. Mr. Spaceman.

4. I See You.

5. What's Happening?.

6. I Come and Stand at Every Door.

7. Eight Miles High.

8. Hey Joe.

9. Captain Soul.

10.John Riley.

 

Jim McGuinn:lead guitare,chant.

David Crosby:guitare,chant.

Chris Hillman:basse électrique,chant.

Michael Clarke:batterie.

Gene Clark:tambourin,harmonica,chant.

Van Dyke Parks:orgue.

DISCOGRAPHIE 60'S WITH THE GOSDIN BROTHERS.

LP Studio 1 - 1967

 

Geneclarkgosdin67

 

GENE CLARK

WITH THE GOSDIN BROTHERS – 1967  5/5

 

Publié en février 1967.

Produit par Larry Marks,Gary Usher.

Durée:28:15.

Label :Columbia (USA),CBS (UK).

 

Sur les talons des Byrds.

 

Si les Byrds ont marqué le rock, plus particulièrement dans ses filières folk-rock et rock psychédélique, c’est à Gene Clark qu’ils le doivent principalement. Il était l’âme des Byrds de cette période pré country-rock. Si Roger McGuinn donnait l’impression d’avoir les clefs du camion, il n’en est pas moins vrai que Gene Clark en était le GPS. Sans lui, les Byrds ont parfois erré. Les Byrds justement, parlons-en.

Gene Clark vient de les quitter pour des conflits intérieurs (1966). Pour éviter de gamberger et assurer la croûte, il lance rapidement un premier album solo, baptisé Gene Clark With The Gosdin Brothers (en écoute intégrale ici). Si l’on connaît Clark, on connaît moins les frangins Gosdin, Vern et Rex, interprètes, à l’époque, d’un mélange de bluegrass et de country-rock qui n’a jamais vraiment trouvé preneur, et que Chris Hillman (Byrds) a côtoyés un certain temps (The Golden State Boys), avant de rejoindre les Byrds.

De Chris Hillman, il en est encore question sur cet album de 1967. Il figure en bonne place ici, au même titre que Michael Clarke, que Clarence White tous des Byrds de différentes moutures, Leon Russell, Jerry Cole, Bill Rinehart, Glen Campbell, des requins de studio et Doug Dillard, avec lequel Gene Clark collaborera sur deux albums le grandiose The Fantastic Expedition et Through The Morning, Through The Night.

Alimenté par de très agréables mélodies pop et d’incontournables morceaux de country-rock, folk-rock, l’album s’appuie sur les travaux d’un Gene Clark qui coiffe plusieurs casquettes (chant, écriture, musique et chef du projet), travaux qui ne souffrent, en aucun cas, de la comparaison avec ceux des Byrds.

Comme ce fut le cas avec ce génial compositeur, ses albums, hormis White Light et No Other, n’ont jamais eu les retombées commerciales espérées. With The Gosdin Brothers n’échappe pas à la règle, sorti, sous le même label (Columbia) et en même temps que Younger Than Yesterday des Byrds (mars 1967), qui plus est dans à une année  très concurrentielle (l’année 1967) pour le rock.

Commercialement, ce fut un bide retentissant. Pas pour l’œil avisé et expert des critiques. Heureusement que le temps et les rééditions réinstallent l’église au milieu du village. Tous les mérites de cet album ne lui seront attribués que longtemps après. A titre posthume, même.

A l’instar de beaucoup de génies artistiques, Gene Clark est passé à côté de la notoriété, vraisemblablement toujours arrivé trop tôt. C’est le cas de ce LP de février 1967 inspiré par Rubber Soul des Beatles, sur lequel l’on retrouve les frérots Gosdin aux chœurs et duquel émargent les So You Say You Lost Your Baby, Echoes, Think I’m Gonna Feel Better, Keep On Pushin, Is Yours Is Mine, Elevator Operator.

Bien ficelé, ce disque ne peut pas ne pas rappeler les Byrds, dont il ne s’est finalement pas éloigné, musicalement parlant. L’écoute est des plus agréables, malheureusement trop courte. Le country-rock peut se targuer d’avoir gardé au secret des albums de cet acabit, on en profite complètement aujourd’hui avec les rééditions (RAZOR©).

    

1. Echoes.

2. Think I'm Gonna Feel Better.

3. Tried So Hard.

4. Is Yours Is Mine.

5. Keep on Pushin'.

6. I Found You.

7. So You Say You Lost Your Baby.

8. Elevator Operator.

9. The Same One.

10. Couldn't Believe Her.

11. Needing Someone.

 

Gene Clark:guitare,harmonica,chant.

Vern Gosdin,Rex Gosdin:choeurs.

Glen Campbell:guitare électrique.

Jerry Cole,Bill Rinehart:guitares.

Clarence White:guitare sur 3/9/11.

Doug Dillard:banjo électrique sur 5.

Leon Russell:piano,clavecin,arrangements cordes sur 1/7. 

Van Dyke Parks:claviers.

Chris Hillman:basse.

Michael Clarke:batterie.

DISCOGRAPHIE WITH DOUG DILLARD.

LP Studio 2 - 1968

 

Gene clark dillard expedition

 

DILLARD & CLARK

THE FANTASTIC EXPEDITION OF DILLARD & CLARK – 1968  5/5

 

Publié en octobre 1968.

Produit par Larry Marks.

Durée:28:49.

Label:A&M Records.

 

S’il ne devait en rester qu’un…

 

S’il est une des œuvres légendaires que le country-rock ait engendrée, c’est ce disque né de la collaboration entre Gene Clark et Doug Dillard : Fantastic Expedition Of Dillard & Clark (en écoute intégrale ici). Rien d’étonnant que l’on retrouve derrière ce monument discographique, le génial Gene Clark, ancien Byrds dont il était la poutre maîtresse des débuts et de la transition psychédélique du groupe. Eight Miles High est là pour le rappeler à quiconque pourrait en douter.

Passé à côté du succès du fait que le country-rock était marginalisé par des rockeux alors en majorité et que lui était tant en avance, cet album a connu un semblant d’heure de gloire au fil du temps. Mais c’est encore tellement insignifiant, qu’une fois pour toutes, il faut enfoncer le clou et le crier à la face du monde : CE DISQUE EST INDISPENSABLE !

On connaît le talent de Gene Clark, celui des Bernie Leadon, Chris Hillman, Sneaky Pete Kleinow, Michael Clarke, Byron Berline, David Jackson. Celui de Doug Dillard est plus méconnu. Et pourtant, s’il est un banjoïste hors norme, c’est bien ce gars !

Le duo Dillard & Clark, et la critique ne s’est pas trompée qui a plébiscité ce disque comme chef d’œuvre du rock, livre ici un album intelligent, brillant, raffiné, plein de grâce. Gene Clark, dont on ne fait plus l’affront d’insister sur la fertilité de son écriture, est mouillé dans tous les titres, excepté  le spirituel Git It On Brother (Lester Flatt), tantôt avec Leadon, tantôt avec Dillard, tantôt avec les deux ou seul.

Inspiré, Gene Clark est dans tous les bons coups. Cette expédition est un régal, d’une grande beauté, un ravissement. Ce désormais classique du bluegrass progressif est uniformément excellent. Raison de plus pour s’en faire péter les tympans (RAZOR©).

 

1. Out on the Side.

2. She Darked the Sun.

3. Don't Come Rollin'.

4. Train Leaves Here This Morning.

5. With Care from Someone.

6. The Radio Song.

7. Git It On Brother.

8. In the Plan.

9. Something's Wrong.

 

Gene Clark:guitare,harmonica,chant.

Doug Dillard:banjo,violon,guitare.

Bernie Leadon:banjo,basse,guitare,chant.

Chris Hillman:mandoline.

Sneaky Pete Kleinow:pedal steel guitare.

Jon Corneal,Michael Clarke:batterie.

David Jackson:basse,piano,cello,chant.

Byron Berline:violon.

Donna Washburn:guitare,tambourin,chant.

Donald Beck:mandoline,dobro.

Andy Belling:clavecin.

LP Studio 3 - 1969

 

Gene clark dillard through morning

 

DILLARD & CLARK

THROUGH THE MORNING, THROUGH THE NIGHT - 1969  3/5

 

Publié en août 1969.

Produit par Larry Marks.

Durée:38 :45.

Label:A&M Records.

 

Déception.

 

Amertume sur toute la ligne. Après un exceptionnel premier album l’année précédente, The Fantastic Expedition Of Dillard & Clark, le duo Clark/Dillard manque singulièrement d’originalité sur ce nouvel album de 1969. Il faut chercher les raisons de cette déception dans le fait que Through The Morning, Through The Night dispose d’une matière un peu pauvre tournant autour de quatre titres de Gene Clark seulement.

Compte tenu de sa légendaire fertilité, c’est peu, d’autant plus que le reste de l’album est complété par des reprises pas toujours convaincantes,  exception faite de la reprise des Beatles Don’t Let Me Down.

D’autre part, des changements importants ont affecté le line-up : Bernie Leadon est mis sur la touche par le recrutement de la meuf de Dillard et Michael Clarke quitte la formation pour s’en aller faire un tour du côté des Flying Burrito.

Le nouveau line-up, qui comprend Gene Clark, Doug Dillard, Donna Washburn, la femme par laquelle le clash est arrivé, David Jackson, Byron Berline, John Corneal n’est pas du même calibre que son devancier et ça change aussi la donne.

Moins varié que son illustre prédécesseur discographique, ce deuxième et dernier volume, né du rapprochement entre Doug Dillard et Gene Clark est malgré tout acceptable. Les temps forts sont le morceau titre, Kansas City Southern et Polly.

Pas moins de deux mois après la sortie de Through The Morning, Through The Night, Gene Clark dissout le groupe dont les deux leaders étaient alors minés par la dope et l’alcool. L’histoire dit que certains de leurs spectacles étaient vraiment pitoyables. Pas indispensable. Pour les fans de Gene Clarke seulement (RAZOR©).

 

1. No Longer a Sweetheart of Mine.

2. Through the Morning, Through the Night.

3. Rocky Top.

4. So Sad.

5. Corner Street Bar.

6. I Bowed My Head and Cried Holy.

7. Kansas City Southern.

8. Four Walls.

9. Polly.

10. Roll in My Sweet Baby's Arms.

11. Don't Let Me Down.

 

Gene Clark:guitare,harmonica,chant.

Doug Dillard:banjo,violon,guitare,chant.

Byron Berline:violon.

Donna Washburn:guitare,tambourin,chant.

Jon Corneal:batterie,tambourin.

David Jackson:basse,piano,cello,chant.

DISCOGRAPHIE SOLO 70'S.

LP Studio 4 - 1971

 

Gene clark white light

 

GENE CLARK

WHITE LIGHT - 1971  5/5

 

Publié en août 1971.

Produit par Jesse Ed Davis.

Durée:34:58.

Label:A&M Records.

 

Stop ! Chef d'oeuvre.

 

White Light (en écoute intégrale ici) est le deuxième LP solo de Gene Clark. Il sort en 1971. Par ce disque, notre homme confirme qu’il était bien, parmi les membres des Byrds qu’il a quitté prématurément cinq ans avant, celui qui avait le plus de talent en matière de composition, qu’il était l’architecte de la musique de ce groupe.

Eight Miles High, c’était déjà lui. Interdit sur les ondes pour des raisons d’incitation à la drogue, c’est le début d’une longue série qui va le cloîtrer dans un relatif anonymat sauf pour les puristes. Par ailleurs, son Feel A Whole Let Better n’avait rien à envier aux Beatles qu’il vénèrait. Mais il était un homme à part, notre Gene Clark, fils de paysans, effacé, introverti, pas verni, triste et jalousé pour ses chansons et les royalties qui lui revenaient de droit, pour son succès auprès des femmes.

Dans ce contexte, il lui était difficile de se faire entendre et ses albums passeront tous quasiment inaperçus. Ce qui, concvenons-en aujourd’hui relève d’une grande injustice.

Après quelques albums (dont le très bon Gene Clark With The Gosdin Brothers et deux autres avec le banjoïste Doug Dillard) et une pige avec les Flyin’ Burrito Brothers, Gene Clark semblait être reparti avec ce sympathique White Light. Renaissance ? On pouvait le croire mais l’homme, en plus d’être un poissard de première, avait des choix discutables. En effet, point de tournées de promotion de l’album en raison d’une aversion pour les avions. Dans ce contexte contraignant, sa lumière blanche prenait plus l’apparence de celle qui inonde le couloir de la mort qu’à une lueur d’espoir.

Pourtant  White Light est un travail d’une grande simplicité, austère et dépouillé. Une guitare, un harmonica, des textes chargés d’émotions ainsi qu’une voix plaintive sur fond de folk et de country transcendantale mêlés, voilà pour l’ambiance. Gene Clark nous révèle qu’il est un très grand chanteur doublé d’un compositeur hors pair. Qu’il reste une énigme aussi.

Spanish Guitar est une ballade extraordinaire, que Dylan himself, aurait aimé écrire. Les introspectifs With Tomorrow, court mais intense, Because Of You, Where My Love Lies Asleep, White Light au style campagnard, The Virgin à l’ambiance rustique, One In A Hundred qui avait tout pour faire un tube, comptent parmi ses meilleures compositions. A noter aussi un Tears Of Rage de Dylan.

Sous-estimé, sous-évalué, Gene Clark est de la race des artistes qui ont inventé quelque chose dans la musique rock. C’était un poissard certes, mais aussi et surtout, un original à la Syd Barrett. La dépression, la drogue et l’alcool auront raison de lui en 1991. Sur sa tombe, cet épitaphe : No Other, le titre de son album (1974), l’autre chef d’œuvre du gaillard (RAZOR).

 

1. The Virgin.

2. With Tomorrow.

3. White Light.

4. Because of You.

5. One in a Hundred.

6. For a Spanish Guitar.

7. Where My Love Lies Asleep.

8. Tears of Rage.

9. 1975.

 

Gene Clark:guitare acoustique,chant.

Jesse Ed Davis:guitare électrique.

Chris Ethridge:basse.

Gary Mallaber:batterie.

Mike Utley:orgue.

Ben Sidran:piano.

LP Studio 5 - 1973

 

Gene clark roadmaster 2

 

GENE CLARK

ROADMASTER - 1974  4,5/5

 

Publié en janvier 1973.

Produit par Jim Dickson,Chris Hinshaw.

Durée:39:40.

Label:Ariola.

 

Gene continue de dérouler.

 

Je voue une admiration sans bornes pour Gene Clark et je n’ai aucune raison de m’en cacher. J’aime l’artiste et l’intégralité de son itinéraire  professionnel, de ses premières heures avec les frangins Gosdin jusqu’à son parcours final avec Carla Olson, en passant par un parcours en solitaire plutôt brillant, comme en atteste cette nouvelle chronique.

Gene Clark, l’ancien de la maison Byrds est l’un de ceux, et ils sont rares, avec Gram Parsons qui intègre ce même groupe alors que le premier l’a déjà quitté, à avoir fait briller à un point qu’il est difficile d’imaginer, l’opulent échiquier musical californien des 60’s.

Je persiste et signe pour confirmer que les Byrds des premiers albums, ces précurseurs du folk rock et du psychédélisme, sans Gene Clark, n’auraient pas eu le même retentissement, ni vraisemblablement  pas fait la même carrière.

Chanteur, guitariste et compositeur, le gars du Missouri est derrière la majorité des titres des Byrds avec lequel il ne fait pourtant pas bon ménage pour des problèmes d’égos, McGuinn et Crosby en tête, et qu’il quitte au sommet de leur gloire. Faut oser quand même !

Les modes et les impératifs commerciaux ne l’ont jamais dévié de sa route. Son crédo : continuer à dérouler son country-rock sans se soucier des commentaires. White Light (1971) et plus tard, en 1974, No Other, ses deux chefs d’œuvre, concrétisent l’immense talent d’un artiste visionnaire, arrivé un peu trop tôt pour beaucoup, mais surtout très en avance sur tout le monde.

Les critiques n’adhèrent pas immédiatement mais, une fois le museau bien dedans, ne peuvent que s’incliner et admettre la très haute volée de son travail, ce que confirme un catalogue qui recèle une foultitude de trésors.

Roadmaster, troisième LP solo de Clark, est sorti en 1973. Placé entre les deux monstres sacrés de son répertoire vinylique, il a souvent tendance à être oublié dans les décomptes. Il occupe, à mon sens, une place importante dans la discographie de Gene, mais il est malheureusement occulté par qui vous savez et il lui est surtout difficile de s’extirper de leur étreinte. Il faut dire que ce triptyque discographique, White Light, Roadmaster et No Other, est associé à la période la plus prolifique de Clark, celle où il s’est retranché sur les hauteurs de Mendocino, y a fait le vide de 69 à 71, rechargé les accus mis à mal par sa vie de rock & roll star récente et décadente.

Cette quiétude s’affiche non seulement sur les deux albums phare, mais également et peut-être plus même, sur le discret Roadmaster, pas en reste question paisibilité. Du fruit de cette retraite auto-infligée, naissent des sessions (pour A&M) un peu bancales dans leur organisation, auxquelles prennent part les potes de toujours, le presqu’homonyme Clarke (avec un e final), Michael de son prénom, Clarence White et Chris Hillman, venus en voisins des Byrds toujours très proches, de Chris Ethridge, Byron Berline, Spooner Oldham et de Sneaky Pete Kleinow notamment.

Certains de ces enregistrements d’alors fournissent l’essentiel de la matière nécessaire au montage de Roadmaster (Full Circle Song, In A Misty Morning, Shooting Star, I Remember The Railroad, She Don’t Care About Time et quelques reprises).

Ainsi huit pistes de ces sessions figurent sur Roadmaster qui sortira sur le marché européen via Ariola Records, où l’artiste jouit d’une belle cote suite à White Light, jumelées avec deux titres qui réunissent les Byrds (She’s The Kind Of Girl et One In A Hundred) et Here Tonight (avec les Flying Burrito Brothers).

Mélancolique, fragile à l’image de son auteur, langoureux, imprévisible, mature, réfléchi, émotionnellement puissant, Roadmaster ne trompe pas son monde. C’est du Gene Clark à un très haut niveau. On a tendance à l’oublier mais ce disque n’a vraiment rien à envier aux illustres Twin Towers de son catalogue.

A force d’écoute, ce country-rock délicieux en arrive parfois à les supplanter : l’exploit n’est pas peu mince. Et dire qu’il a raté sa carrière… Si vous avez mieux à proposer aujourd’hui, c’est maintenant qu’il faut se manifester (RAZOR©). 

 

1. She's the Kind of Girl.

2. One in a Hundred.

3. Here Tonight.

4. Full Circle Song.

5. In a Misty Morning.

6. Rough and Rocky.

7. Roadmaster.

8. I Really Don't Want to Know.

9. I Remember the Railroad.

10. She Don't Care About Time.

11. Shooting Star.

 

Gene Clark:chant,guitare acoustique.

Clarence White:guitare électrique,chant.

Spooner Oldham:claviers,chant.   

Byron Berline:violon.  

Sneaky Pete Kleinow:pedal steel guitare.

Michael Clarke:batterie.

David Crosby:guitare électrique,chant.  

Roger McGuinn:guitare électrique,chant.

Chris Hillman:basse,chant.

Rick Roberts:guitare acoustique,chant.

Bud Shank:flûte.

LP Studio 6 - 1974

 

Gene clark no other

 

GENE CLARK

NO OTHER - 1974  5/5

 

Publié en septembre 1974.

Produit par Thomas Jefferson Kay.

Durée:43:01.

Label:Asylum Records.

 

Un poissard de première.

 

En perdant Gene Clark, les Byrds ont perdu celui qui a composé l’essentiel des meilleurs titres du groupe. Par contre, en se libérant de l’ambiance délétère des Oyseaux pour voler de ses propres ailes, Gene Clark peut enfin laisser libre cours à son immense talent. White Light (en écoute intégrale ici), en 1971, confirme tout le bien qu’on pense de lui. Mais l’oysillon a du mal à décoller, la faute à un public qui n’y comprend rien. Pourtant, il est doué le gars et le prouve.

No Other (1974) est l’autre fruit de cette fertilité et de cette faculté à faire de la très bonne chanson. Gene Clark est un songwriter de première qualité, un très bon chanteur doublé d’un mélodiste hors pair. Chris Hillman (ex-Byrds) n’est pas rancunier et file le coup de main à son pote, comme, entre autres, Joe Lala (ex-Manassas) et Butch Trucks de l’Allman Brothers, de vrais cadors de studios.

Gram Persons (ex-Byrds également) avait pour rêve de produire une « musique américaine cosmique » (un brassage de rock, de country, de soul et de psychédélisme) mais une mort venue trop rapidement l’en a empêché. Gene Clark a repris le flambeau pour ré-inventer enfin cette fameuse idée. No Other réussit l’exploit de fouiller le country dans des profondeurs jamais explorées.

Gene Clark donne le sentiment d’y traîner sa croix ; ce mec là, c’est une énigme. No Other, c’était son destin. Il avait tout le profil pour marquer la légende du rock et, au final, passe complètement inaperçu. C’est la faute à pas-de-bol ! Chienne de vie ! C’est pourquoi No Other suscite la fascination. Comme son génial auteur.

Remis en selle par David Geffen, Gene Clark va claquer un budget conséquent pour faire ce disque, ce qui ne va pas sans froisser le boss qui fera une croix sur le personnage, vite fait, bien fait. Putain de poisse, quand tu nous tiens ! Et l’album dans tout ça ?

Fragile, introspectif, triste, glauque, poignant, désespérant, chargé d’émotion. Quelle agréable sensation se dégage de ce disque ! J’ai rarement été touché de cette manière par un gus qui traîne une telle réputation de loser, voire de has-been… 8 titres pour 43 minutes très intenses.

Il démarre avec des gros nuages noirs au dessus de la tête, qui annonce une ambiance lourde avec un titre country-western (Life’s Greatest Fool aux notes gospel). Et l’ambiance se fait effectivement très pesante, affligeante avec les merveilleux morceaux suivants que sont Silver Raven (une merveille de douceur), le lugubre No Other, le titre sans espoir Strength Of Strings, ou encore From A Silver Phial et Some Misunderstanding aux relents de coke.

Le coup d’assommoir, c’est Lady Of The North qui va le porter avec ses 6 minutes qui terminent No Other. On a du mal à se remettre. Gene Clark lui, ne se remettra jamais d’un travail aussi fantastique et qui ne sera pas payé en retour. Y’a des matins, faudrait même pas se lever…

Rendez hommage à ce mec, intéressez-vous de très près à No Other et son country-rock psychédélique inouï, jamais entendu nulle part, ses paroles déglinguées et terrifiantes par moments. C’était son œuvre, fantastique, et, à la manière d’un Buckley, il n’en a pas touché les bénéfices. Putain de poisse ! (RAZOR)

 

1. Life's Greatest Fool.

2. Silver Raven.

3. No Other.

4. Strength Of Strings.

5. From A Silver Phial.

6. Some Misunderstanding.

7. The True One.

8. Lady Of The North.

 

Gene Clark:guitare,chant.

Chris Hillman:mandoline.

Jesse Ed Davis:guitare.

Stephen Bruton:guitare.

Bill Cuomo:orgue.

Craig Doerge:claviers.

Howard "Buzz" Feiten:guitare.

Danny Kortchmar:guitare.

Russ Kunkel:batterie.

Joe Lala:percussions.

Ted Machell:cello.

 Jerry McGee:guitare.

Lee Sklar:basse.

Butch Trucks:batterie.

Michael Utley:claviers.

Richard Greene,Beryl Marriott:violon.

Sherlie Matthews,Cindy Bullens,Ronnie Barron,Clydie King,Claudia Lennear,Venetta Fields,Timothy B. Schmit,Carlena Williams:choeurs.

LP Studio 7 - 1977.

 

Gene clark two sides

 

Gene Clark

TWO SIDES TO EVERY STORY - 1977  4/5

 

Publié en janvier 1977

Produit par Thomas Jefferson kaye.

Durée:43:58.

Label:RSO.

 

Gene le visionnaire.

 

C’est une évidence : Gene Clark était un visionnaire. Plus célèbre pour avoir fait partie des Byrds que pour l’ensemble de sa carrière personnelle, ce qui constitue, soit dit en passant, une aberration tant son catalogue en solo est remarquable (White Light, No Other, Roadmaster…), il avait anticipé avant tout le monde, à l’instar de Gram Parsons, qu’il y avait un coup à faire en mélangeant les sixties, la pop, le rock, le bluegrass et la country music pour créer son propre style.

Ce constat fut rarement admis de son vivant. Il aura fallu qu’il parte Ad Patres pour qu’on lui concède, en republiant son œuvre, ce qui est aujourd’hui un fait acquis : ce mec était génial, ce que n’avait visiblement pas pigé le public d’alors. Celui d’aujourd’hui est plus verni, car il a le privilège de redécouvrir, via les rééditions, la beauté de l’ensemble du répertoire de ce précurseur d’un country rock, que les suceurs de roue d’Eagles se sont finalement appropriés pour le succès que l’on connait.

Pensez donc que, pour le fan que je suis de cette légende de la musique populaire américaine, ces rétropédalages discographiques sont une aubaine et une manière de remettre l’église au milieu du village.

I’ll Feel A Whole Lot Better, Eight Miles High, classique du rock psychédélique, c’est lui, on ne le répètera jamais assez. Gene Clark a défriché le terrain et défini les frontières de la musique américaine des années 70, a sorti les Byrds du plan-plan « on reprend du Dylan », a montré la voie à suivre en publiant des albums figurant dans le gotha du rock et vous voudriez que ça ne se sache pas.

Prenons le cas  de Two Sides To Every Story (en écoute intégrale ici), en retrait derrière ses remarquables No Other (1974) et surtout White Light (1971), albums devenu mythiques, et bien, au moment de sa publication, Gene Clark est voué aux gémonies. On le considère comme dépassé.

Celui qui est vu comme un loser n’a plus rien à dire depuis trois ans et No Other, a quitté Geffen Records... On l’annonce fini, d’autant plus qu’il sombre dans les excès classiques : alcool et drogues. Alors, comme c’est de coutume dès que vous n’intéressez plus l’establishment, vous êtes rejeté, ignoré, cassé.

C’est ce qui arrive à cet artiste dont le nouveau LP passe quasiment inaperçu. Erreur… Grave erreur, Gene Clark a encore des munitions et si son country-rock mélodique est moins flamboyant et moins risqué, il continue de séduire et se montre toujours aussi à l’aise dès  qu’il doit explorer les territoires country.

La voix est toujours belle, le jeu de guitare tout aussi sympa, l’écriture à un excellent niveau et les potes sont resté fidèles : Emmylou Harris, le violoniste Byron Berline, Doug Dillard, avec lequel il signe un chef d’œuvre de country rock (The Fantastic Expedition Of Dillard & Clark de 1968),John Hartford, Jeff Baxter et Al Perkins.

Sur les dix plages que compte Two Sides To Every Story, la surprise vient des magnifiques ballades comme Sister Moon, Silent Crusade, la triste Give My Love To Marie de James Talley, Hear The Wind (Gene Clark), du traditionnel In The Pines, du délicieux Mary Lou de Jessie Young et du probant Kansas City Southern. L’hommage bluegrass au joueur de baseball Babe Ruth (Home Run King) qui introduit l’album est également à relever.

Que les fans dupés de 1977 se rassurent.  Nous avons été roulés dans la farine par une presse qui faisait alors des courbettes (pour ne pas dire fellations) aux punks et qui n’a pas daigné accorder le moindre regard à ce disque.

Gene Clark est encore en pleine forme et est encore au niveau du talent qu’on lui prêtait au temps de sa gloire. Celui de Two Sides To Every Story, en tous cas, se porte comme un charme et nous livre encore des moments d’une grande beauté qui ne peuvent pas laisser insensible. Comme le dit son dernier titre, Silent Crusade, c’est une ballade silencieuse. C’est tout à fait ça (RAZOR©).

 

1. Home Run King.

2. Lonely Saturday.

3. In the Pines.

4. Kansas City Southern.

5. Give My Love to Marie.

6. Sister Moon.

7. Marylou.

8. Hear the Wind.

9. Past Addresses.

10. Silent Crusade.

 

Gene Clark:guitare,chant.

Jeff Baxter:guitare.

Doug Dillard:banjo.

Byron Berline:violon.

Jim Fielder:basse.

Mike Utley:claviers.

Jerry McGee:guitare.

Al Perkins:guitare.

Sammy Creason:batterie.

John Hartford,Emmylou Harris,Steven Soles,Thomas Jefferson Kaye,Daniel Moore,Matthew Moore,Pepper Watkins,choeurs.

David Campbell:arrangements cordes.

DISCOGRAPHIE 70'S MCGUINN CLARK HILLMAN.

LP Studio 1 - 1979 

 

Mcguinn hillman clatk 79

 

MCGUINN CLARK & HILLMAN

MCGUINN CLARK & HILLMAN – 19793/5

 

Publié en 1979.

Produit par Howard Albert,Ron Albert.

Durée:38:44.

Label:Capitol.

Genre:folk-rock,country-rock.

 

Plaisir mitigé.

 

Ils auraient pu refaire le coup des Byrds et reprendre à leur compte un nom qu’ils ont contribué à rendre mythique. Ils, ce sont Roger McGuinn, Gene Clark et Chris Hillman. Ils auraient pu, mais, pour des raisons déontologiques évidentes, ils se sont contentés de réunir leurs patronymes respectifs et de les apposer sur le contrat d’enregistrement, sous label Capitol, de ce disque éponyme collectif.

C’est donc sous McGuinn, Clark & Hillman (en écoute intégrale ici) que sort ce LP de 1979. J’étais de ce disque à l’époque. Imaginez mon impatience d’en découdre avec lui moi grand fan des Byrds devant l'Eternel.

Même sans Crosby, avec trois éléments sur cinq, on tient là 60% des Byrds, non de dieu ! Et bien il m’a fallu déchanter. Ce groupe qui sonne alors si contemporain, n’a rien de son illustre devancier.

Les trois ex-Byrds ne revendiquent d’ailleurs pas leur statut passé, déclarent à tout-va que les Byrds, c’est de l’histoire ancienne, et que cette nouvelle mouture à trois n’a pas pour objectif de repiquer au truc.

L’album n’est pas dégueu, s’écoute avec plaisir mais sans passion, tant la matière appropriée pour le pousser vers le haut, fait défaut. Aujourd’hui encore, j’éprouve une inégale satisfaction à l’auditionner, mais c’est plus par nostalgie du passé et par respect pour ces vétérans que je le fais.

Même les titres de Gene Clark (Little Mama, Backstage Pass, Feelin’ Higher et Release Me Girl) que je vénère, ne me touchent pas comme d’habitude.

Les trois larrons n’ont toutefois pas perdu la main sur Long Long Time, Surrender To Me (de Rick Vito), Don’t You Write Her Off et Bye Bye Baby. Par contre, en flirtant avec le disco, le disque s’effiloche et perd de son attrait dès le cinquième titre.

Ce produit, au risque de me répéter, intègre la profusion de disques moyens de la fin des années 70. Milieu de gamme, pas plus (RAZOR©).

 

1. Long Long Time.

2. Little Mama.

3. Don't You Write Her Off.

4. Surrender To Me.

5. Backstage Pass.

6. Stopping Traffic.

7. Feelin' Higher.

8. Sad Boy.

9. Release Me Girl.

10. Bye Bye Bay.

 

Gene Clark:guitare,chant.

Chris Hillman:basse,guitare,chant.

Roger McGuinn:guitare,chant.

Paul Harris:clavier.

Joe Lala:percussion.

George Terry:guitare électrique,guitare acoustique,piano.

Greg Thomas:batterie.

Mike Lewis:arrangements cuivres et cordes.

Charles Chalmers,Sandra Chalmers,Donna Rhodes:choeurs.

John Sambataro:guitare,choeurs.

DISCOGRAPHIE POSTHUME.

Compilation 1967 - 1991

 

Gene clark echoes

 

GENE CLARK

ECHOES – 1967 (1991)

 

Publié en 1967.

Produit par Bob Irwin (CD).

Durée:51:04.

Label:Columbia.

Genre:country-rock,pop-rock,folk rock psychédélique.

 

L’âme des Byrds, c’était lui !

 

Eight Miles High est aux Byrds ce que Good Vibrations est aux Beach Boys, On The Road Again à Canned Heat, ou Albatross à Fleetwood Mac. Eight Miles High, c’est Gene Clark, son auteur et véritable âme des Byrds, n’en déplaise à Mossieur McGuinn ou à David Crosby. Je le dis sans fard : sans Clark (et sans Gram Parsons), les Byrds auraient été un club de ligue 2. Leurs compétences instrumentales individuelles ne sont en rien discutables, mais les plus belles et les plus mémorables de leurs compositions ont pour dénominateur commun Gene Clark. Point barre.

Loin de moi l’intention de revêtir les habits de Saint Jean Bouche d’Or pour dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas, mais Clark était bien le plus grand de la bande. Relisez les commentaires le concernant et vous verrez que la majorité des avis émis s’alignent sur mon sentiment. Je ne vais pas jouer inutilement la mouche du coche pour vous rallier coûte que coûte à ma perception, encore moins inventer des nouveaux pas de danse pour tenter de vous influencer, je préfère vous dérouler une énième preuve de son talent, histoire d’étayer ma conviction et que vous vous forgiez votre propre opinion.

Echoes (en écoute intégrale ici), publié en 1967, n’est pas forcément la voie la plus évidente pour y parvenir quand on sait qu’il y a derrière l’épisode Byrds, arrêté en 1966, une carrière solo auréolée par White Light (71) et No Other (74), le nec plus ultra de son catalogue. On connait moins bien, par contre, certaines autres belles performances qui jalonnent le début de son parcours en solitaire.

L’après-Byrds immédiat se traduit par des collaborations généralement passées inaperçues : avec les Gosdin Brothers (un LP en 1967), puis avec Doug Dillard (deux LP en 1968 et 1969).

Si j’ai fait le choix d’Echoes, c’est parce qu’il définit parfaitement le Clark libéré du carcan des Byrds, celui volant désormais de ses propres ailes. A l’origine, Echoes porte le nom de Gene Clark With The Gosdin Brothers  (1967), ce, pour les besoins du marché anglais. C’est donc le premier solo  album officiel de Clark, sauf qu’il n’est pas un disque studio comme on l’entend, mais une compilation qui reprend (de 7 à 17), dans l’ordre, les dix titres de son premier jet avec Vern et Rex Gosdin (une des premières incursions dans le country-rock), pris en tenaille entre un lot de six titres (1 à 6) que l’artiste a signés pour le compte des Byrds, sorte d’échauffement avant d’en arriver au menu principal (son premier LP) et un duo d’inédits (18-19) suivi d’une démo (20). Les quatre premières chansons se retrouvent d’ailleurs sur la compilation Preflyte (Byrds) de 69 ; toutes datent du milieu de l’année 1964 tandis que les deux suivantes, Set You Free This Time et If You’re Gone figurent déjà sur Turn Turn Turn (Byrds/65).

Ce qui vient immédiatement à l’esprit dans cet agencement de 1991 plus cohérent que certaines autres versions un peu bordéliques d’Echoes, c’est d’oser le parallèle avec la période encore fraîche des Byrds. C’est tentant, d’autant plus qu’Echoes bénéficie de la présence de la section rythmique des Byrds du moment, Chris Hillman et Michael Clarke (et de la contribution du future Byrds Clarence White), mais ça ne ferait pas beaucoup avancer le schmilblick.

Le Clark de 67 et d’Echoes est par trop éclectique pour chercher à l’étalonner par rapport à la formation qui l’a révélée. Qui plus est, le Byrds de cette même année pond un Younger Than Yesterday de derrière les fagots, sans lui, mais avec un Chris Hillman qui reprend la majorité de l’écriture à son compte et qui parvient à faire oublier le légendaire songwriter. De quoi clouer le bec. Comble d’infortune pour Clark, le magnifique Younger Than Yesterday sort dans les bacs en même temps qu’Echoes.    

Néanmoins, dans la famille Byrds élargie, on tient en Echoes un disque d’un excellent niveau sur tous les plans (y compris sonore), très proche de son passé byrdien, articulé autour de compositions folk-rock, pop orchestrée, country-rock, qui, si elles ne sont pas les plus illustres de Clark, n’en sont pas moins de très belles œuvres, racées et précieuses. Malgré la diversité de l’offre, Echoes ne perd jamais en cohérence et en intelligence ; les admirateurs du génial missourien en seront, s’ils n’en sont pas déjà.

Echoes, digne des meilleurs travaux des Byrds, vient nous rappeler que cet artiste influent est un mythe et que son décès en 91 n’a fait que rajouter à son statut de légende du rock. Sa voix poignante, son lyrisme, ses mélodies, la magie d’ensemble de son œuvre… Clark était l’âme des Byrds. Point Barre (RAZOR©).

 

1. Boston. 

2. For Me Again.        

3. I Knew I'd Want You.             

4. Here Without You.          

5. Set You Free This Time.          

6. If You're Gone.       

7. Is Yours Is Mine.

8. So You Say You Lost Your Baby.      

9. Tried So Hard.

10. Needing Someone.

11. Echoes.

12. The Same One.

13. Couldn't Believe Her.

14. Keep On Pushin'.

15. I Found You.

16. Elevator Operator.

17. Think I'm Gonna Feel Better.

18. The French Girl.   

19. Only Colombe.     

20. So You Say You Lost Your Baby.

 

Gene Clark:guitare,harmonica,chant.

Vern Gosdin:harmonies vocales.

Rex Gosdin:harmonies vocales.

Glen Campbell:guitare électrique.

Jerry Cole:guitares.

Bill Rinehart:guitares.

Clarence White:guitare.

Doug Dillard:banjo électrique.

Leon Russell:piano,clavecin.

Van Dyke Parks:claviers.

Chris Hillman:basse.

Michael Clarke:batterie.

Joel Larson:batterie.

 

LP Live 1975 - 2008

 

Gene clark silverado 75 unreleased

 

GENE CLARK

SILVERADO ’75 LIVE & UNRELEASED – 2008  4/5

 

Publié en 2008.

Durée:52:30.

Label:Collector’s Choice Music.

Genre:folk,folk-rock,country-,country-rock,rock.

 

La classe.

 

C’est un Gene Clark affecté par les revers commerciaux qui affronte la scène du club Ebbets Field de Denver (Colorado) en ce jour de février 1975. Celui qui a fondé les fameux Byrds, en fut le pilier du chant et de l’écriture jusqu’en 1966, dont le talent de visionnaire a permis, avec les Gosdin Brothers, d’être le premier à développer une fusion de la country et du rock (puis avec Doug Dillard) avant de signer deux albums extraordinaires que le rock d’alors a boudé (White Light et No Other), et bien, cet incomparable artiste a les boules de ne pas voir son talent se traduire par autre chose que de l’indifférence.

Il ne décolle toujours pas alors qu’il vient de signer en 1974, un deuxième album solo que la critique contemporaine juge comme une pièce maîtresse de la musique. Le génial Gene Clark continue à ramer et ça lui pèse.

Etant considéré comme trop rock pour les countryistes et trop country pour les rockeux, le public ne suit pas. Pas plus celui de Denver, lieu de l’enregistrement de l’album Silverado ’75 Live & Unreleased (à écouter dans son intégralité ici, soit les deux sets), étape d’une tournée pour laquelle, devant le peu d’enthousiasme du label (Asylum de Geffen) à promouvoir No Other, Gene Clark réunit un backing band (les fameux Silverados) et prend la route pour soutenir son œuvre.

Afin de réduire les frais, seuls le guitariste Roger White, le bassiste Duke Bardwell, l’accompagnent dans cette entreprise entre la fin 1974 et les premiers mois de 75. Quelques clubs de second plan lui ouvrent les portes. Les échecs successifs pèsent de tout leur poids sur ses épaules et cette situation se ressent jusque dans sa voix, face à un parterre visiblement très clairsemé.

Gene Clark est usé à force de tenter de convaincre et désabusé de ne rien voir venir en retour. Comme, dans le même temps, il s’est remis à l’écriture de nouveaux titres, il écarte de son répertoire du jour No Other (exception faite du morceau titre et de Silver Raven), dont il est supposé faire la promo.

Inutile de s’attendre donc à un live de derrière les fagots. Les douze pièces que garde jalousement la radio locale (et qui constituent le second set du concert) couvrant alors ce qui n’est pas l’événement qu’il doit être, sont finalement autorisées à être publiées en 2008.

Certaines sont des classiques comme Set You Free This Time et Here Without You de l’époque Byrds, Spanish Guitar, Kansas City Southern et She Darked The Sun du temps de Dillard & Clark, Train Leaves Here This Morning qui figure sur le premier Eagles, le traditionnel In The Pines, le country-folk Long Black Veil.

Les nouveautés se nomment Daylight Line et Home Run King. Silverado ’75 Live & Unreleased n’est pas le disque du siècle, mais il est très bon et traduit parfaitement le parcours d’un artiste pétri de classe mais auquel le rock n’a pas donné sa chance au bon moment. Depuis, Clark est un mythe. Justice est faite et moi, j’aime quand ça se passe comme ça.  (RAZOR©).

 

1. Long Black Veil.

2. Kansas City Southern.

3. Spanish Guitar.

4. Home Run King.

5. Here Without You.

6. No Other.

7. Daylight Line.

8. Set You Free This Time

9. She Darked The Sun.

10. In The Pines.

11. Train Leaves Here This Morning.

12. Silver Raven.

 

Gene Clark:guitare,chant.

Roger White:guitare.

Duke Bardwell:basse.

 

LP Démos/Alternatives - 2013

 

Gene clark here tonight the white light demos 2013

 

GENE CLARK

HERE TONIGHT : THE WHITE LIGHT DEMOS – 2013  4/5

 

Publié en mars 2013.

Produit par Cheryl Pawelski.

Durée:44:58.

Label:Omnivore.

Genre:pop-Rock,country-rock,folk-rock.

 

Clark dans son élément.

 

Désolé, mais sur le coup ne me demandez pas l’impossible. Je suis si fan de Gene Clark que mon propos ne peut pas ne pas être partisan. J’aime tellement l’ex-Byrds et son œuvre que ça vire au fanatisme pur et dur. Je saute sur tout ce qui bouge le concernant. Alors quand, en mars de cette année, je tombe sur ce Here Tonight : The White Light Demos, vous pensez bien que le vieux grigou que je suis, encore capable de fondre pour un artiste comme un puceau peut se liquéfier sous les œillades insistantes d’une cougar, n’a pas raté la perche tendue.

White Light, ça peut tromper le pékin ordinaire, pas le briscard aguerri aux plus belles heures du rock. White Light (A & M Records – 1971), c’est monstrueux, légendaire, son apogée; avec No Other, ça n’est pas son graal pour que t’chi. Alors The White Light Demos (Omnivore Recordings), ça veut bien dire ce que ça veut dire, que ça gravite dans les sphères intimes du meilleur Clark, que ça donne une vraie photographie de l’état d’esprit qui sied à la construction de ces chansons d’alors. Plus proches de la réalité du moment peut-être que la collection qui illumine l’album original lui-même. Deux intimités différentes, quoi qu’il en soit. On prend.

Que dire des trois inédits qui figurent parmi ces démos, sinon qu’ils dénudent encore plus un artiste que j’aimerai personnellement foutre carrément à poil pour en savoir des tonnes à son sujet tant j’ai, depuis des lustres et sa Lumière Blanche, du Clark en moi et que j’sais pas toujours pourquoi, ni l’expliquer. Alors, comprenez que ça puisse être fusionnel, viscéral et que les dés sont forcément pipés si vous attendez de moi que je sois l’auteur d’un coup sous la ceinture. Chez moi, on ne touche pas au Clark, ni au Parsons, son alter-ego des Byrds qui intègre les Oyseaux alors que le premier les a quittés depuis deux ans au moins.

Avec moi, du Clark c’est forcément bon, parce que l’ensemble de son œuvre explose de créativité, de pureté, de sincérité, d’intensité, d’émotion. Ce doux rêveur et éternel angoissé, qui fut le premier à quitter la volière Byrds après avoir été la plume qui a contribué le plus à sa grandeur, semble si heureux ici que rien, en tous cas venant de moi, ne pourra ternir un bonheur auquel il n’a pas souvent aspiré. Libéré du nid byrdien, l’Oysillon n’a jamais vraiment pris son envol ; sa carrière en solitaire n’a jamais vraiment décollé. Pourtant avec le banjoïste virtuose Doug Dillard, la collaboration fut extraordinaire et lui permit de rompre avec l’influence Dylan, tout le monde l’admet. Pourtant, le parcours seul fut plutôt réussi. Sur un plan artistique, oui. Commercialement, non. Le summum en termes de notoriété était déjà derrière lui et s’appelait Byrds, mais le meilleur était assurément à venir.

Là, en marge de l’industrie du disque, dans une maison de campagne à proximité de Mendocino (Californie), avec sa belette Carlie qui va devenir Madame Clark – quel honneur ! – et lui donner un mioche, il est bien le Gene, sans pression, et le transmet via sa voix délicate, le fait ressentir via une écriture intimiste expressive et un jeu de guitare (et harmonica) réduit à sa plus simple expression. C’est beau. Encore une fois, et terriblement enrichissant.

Pour le Clark-addict que je suis, ce nouveau dossier de douze embryons  folk exhumé quarante et un an plus tard, produit comme l’original par Jesse Ed Davis, le fabuleux guitariste de sessions, n’offre pas de véritables surprises puisque la moitié des titres de White Light sont repris ici : White Light, For A Spanish Guitar, Where My Love Lies Asleep, The Virgin, Because Of You et With Tomorrow. Opening Day et Winter In figurent en bonus sur la réédition de 2002 de White Light (A & M/Universal). Here Tonight consiste en une version alternative d’une chanson apparue en face 4 de la double compilation Close Up The Honky Tonks des Flying Burrito Brothers (1974). Les trois pièces restantes, l’excellent For No One, un dylanien Please Mr Freud et Jimmy Christ qui rappelle Townes Van Zandt, sont inédites de chez inédites. Ne les cherchez pas, elles n’existent nulle part.

Si l’on tente un parallèle, il y a peu de différence entre l’original et sa version démos. La vision lyrique est à peu de choses près la même, le jeu de guitare, le rythme et la mélodie itou. Qui plus est, l’enregistrement est de grande qualité. Par contre, le chant est plus doux qui installe une véritable relation de proximité entre l’acteur et l’auditeur. Là, on est carrément dans la cabane de Mendocino à boire ses paroles, à reprendre en chœur avec lui des textes familiers que l’on connaît sur le bout des ongles depuis 71.

Seuls les trois inédits sont les vrais écarts envers l’original mais semblent s’en être échappés tant la lignée semble identique, avec la même chaleur et la même sérénité. Here Tonight, s’il n’apporte pas grand-chose à ceux qui étaient du White Light de 71, n’en est pas moins un complément très apprécié et recommandable pour cette nouvelle génération voulant  découvrir un artiste d’hier unique et aujourd’hui éternel. Clark est dans son élément, il s’y sent bien ; on a la chance de l’aborder sous un angle différent. Respectons-la. Quel pied  (RAZOR©).

 

1. White Light.

2. Here Tonight.        

3. For No One.

4. For A Spanish Guitar.

5. Please Mr. Freud.

6. Jimmy Christ.

7. Where My Love Lies Asleep.

8. The Virgin.

9. Opening Day.

10. Winter In.

11. Because of You.

12. With Tomorrow.

 

Gene Clark:chant,guitare,harmonica,compositions.

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