Heads Hands & Feet.

BIOGRAPHIE.

 

HEADS HANDS & FEET/Angleterre

 

Heads hands feet

 

Actif entre 1968 et 1973.

Label:Island Records,Atlantic,Capitol Records.

Genre:rock,country-rock,blues-rock.

Disparu des écrans radars.

Début 1973, plus aucune trace de ce super groupe british qui, pourtant, marche sur les traces de la célébrité. Heads Hands & Feet, issu de différents greffons, notamment Poet & The One Man Band, acteur folk-rock psychédélique talentueux, disparaît des écrans radars alors qu’éditeurs discographiques anglais et ricains se tirent la bourre pour se les arracher coûte que coûte. On dit même que Led Zeppelin n’avait qu’à bien se tenir. Hélas, les tensions internes et les écarts vont avoir raison d’une formation signée après un unique concert et pour la coquette somme d’un demi million de dollars et à laquelle est proposé spontanément un contrat pour un double LP américain (Capitol). Il sort sous format classique au Royaume-Uni pour des raisons budgétaires.

Pourtant, disais-je, ils ont tout pour eux et leur C.V respectifs ont de la gueule. Tous sont des professionnels chevronnés quand ils forment Heads Hands & Feet et peuvent se targuer d’avoir des antécédents remontant à l’époque pré-Beatles, contribué à de nombreux projets de leurs collègues musiciens plus huppés qu’eux, d’avoir déroulé du câble comme on dit.

Des musiciens chevronnés.

Tony Colton, d’abord considéré comme un des cofondateurs de l’affaire avec Albert Lee. Il était déjà dans le coup du précédent Poet & The One Man Band, créé fin 1967, cellule réactivée et complétée pour donner le jour, au début des 70’s, à Heads Hands & Feet.

Si l’évocation de son nom ne fait pas spontanément tilt dans les esprits, l’ancien chanteur des Tony Colton & The Big Boss Band (1964), auteur de trois singles sous son nom (Pye/1965) n’en est pas moins un personnage important de l’histoire du rock rosbeef, voire du rock en général. Pote d’Hendrix, de Clapton, proche de Page, il est un auteur-compositeur crédible partout il est alors passé, doublé d’un producteur d’envergure internationale (Shirley Bassey, Taste, Yes, Wilson Pickett, Jerry Lee Lewis). Pas mal.

Albert Lee ? Rien de moins qu’un guitariste virtuose et hyper rapide (c’est une qualité des Lee guitaristes apparemment), venant du sud-est londonien qui a démarré à 16 ans et qui a bossé avec Clapton, Emmylou Harris (Hot Band) et le regretté Joe Cocker. Le blues, la country et le rock n’ont pas de secret pour lui. Ce fan de Buddy Holly et de Jerry Lee Lewis a joué partout et avec tout le gratin.

Pour jouer avec HH & F, il quitte Chris Farlowe & The Thunderbirds (1968). Passionné par l’Amérique et féru d’Américana, il s’y fixera dès 1974 (Los Angeles) et publiera une série de LP solos ou avec son groupe Hogan Heroes qui, malgré son immense talent, ne lui vaudront que la reconnaissance de ses pairs du milieu comme Jimmy Page et Ritchie Blackmore et de son maigre panel de fans.

Heads hands feet albert lee

« Notre rencontre s’est faite à Londres, sur Charing Cross Road où étaient concentrés les magasins de musique. J’avais un pote qui était vendeur chez Selmer. Ray Smith connaissait bien Tony Colton pour avoir écrit de nombreuses chansons ensemble. Ils voulaient faire un disque et ont décroché un contrat avec la MGM pour le Royaume-Uni. Poet And The One Man Band a été créé en ce sens. Nous avons fait quelques concerts mais rien de réellement marquant. Nous avons alors remanié notre line-up pour devenir Heads Hands & Feet, puis avons décroché un contrat pour Atlantic et Capitol. Capitol, pour un premier disque, nous a permis de réaliser un double LP. C’est pas beau ça ? » (Albert Lee)

Charles Chas Hodges, bassiste, violoniste et chanteur est un musicien de session réputé et a évolué pour et à côté de Jerry Lee Lewis, Gene Vincent, Ritchie Blackmore, avant de rejoindre Colton et Lee pour Heads Hands & Feet. C’est le Chas du duo pop-rock anglais Chas & Dave, formé en 1975 avec Dave Peacock.

Un line-up respecté.

Le batteur Pete Gavin est celui par lequel Heads Hands & Feet est populaire. C’est lui qui en a trouvé le nom. Pour lui comme pour les autres, un parcours costaud dans les années 60 auprès de très bons acteurs de la scène blues britannique comme Long John Baldry ou Joe Cocker. Excusez du peu !

Ray Smith (guitare, basse) est le partenaire d’écriture de Colton. On leur doit Big Time Operator pour Zoot Money, groupe anglais de R & B. Les Merseybeats et plus tard Elvis Costello ont repris certains des titres de ce tandem. Ray est surtout guitariste de jazz, passé par des formations de skiffle, avant d’en venir au rock et à la pop où il évolue dans plusieurs bands british notoires.

Enfin, il y a Mike O’ Neill,  pianiste de session prolifique, décédé il y a 2/3 mois d’un cancer, qui a joué avec Colin Hicks & The Cabin Boys, Nero & The Gladiators, Ivy league et John Barry Seven. On le retrouve sur des albums des Beatles, de Jerry Lee Lewis, Dusty Springfield, Shirley Bassey, Deep Purple, Chuck Berry, Donovan et Joe Cocker.

Heads hands feet 2

Du lourd en live.

C’est ce line-up expérimenté que le rock se dispute âprement et qui signe un méga contrat pour un double album éponyme à sortir sur le sol américain (chez Capitol Records - 1971).

Ce premier jet est publié en un album de format classique en Angleterre, en raison d’un budget moindre et d’un chaland limité. C'est le label jamaïcain de Chris Blackwell, Island Records, qui en hérite.

Formation impressionnante en live, Heads Hands & Feet ouvre pour les figures marquantes du moment comme Humble Pie ou Grand Funk Railroad en 1971, à Hyde Park. C’est Le groupe du moment.

Le meilleur que l'Angleterre ait alors en magasin, pour certains et pour Tony Colton qui sait de quoi il parle. Le Troubadour angelin en est encore tout chose de l’avoir abrité un temps.

Des anglais dans le country-rock ? Pincez-moi, je rêve !

Dans les faits, rien ne vient contrarier ce sentiment. Les 3 LP alors rattachés à leur activité durant les 70’s plaident largement en faveur du ressenti d’alors. Tracks (1972) est leur deuxième jet édité chez Island pour l’Angleterre et pour Capitol aux Etats-Unis ; il vient après l’excellent éponyme mélange de folk, blues, country et rock (rare chez les anglais).

Initialement, cet enregistrement datant de fin 1968 et pour lequel Chas Hodges venait d’intégrer le groupe, était censé être le deuxième LP de Poet And The One Man Band, mais sa sortie a été retardée jusqu’à être enfin édité en 1996 ; disponible dès avril 69, ces travaux, si le timing avait été respecté, seraient sortis bien trop près du premier album des Poet, aussi il fut décidé de le mettre en réserve. Ce disque fait un peu penser à ce que le Dead faisait à cette époque. Il permet à Lee d’y briller particulièrement. Pas le temps de faire fructifier le travail que déjà on les sollicite pour remettre le couvert.

Avant la sortie de Tracks, O’ Neill n’est plus dans la boutique, mais les tensions entre les membres sont ravivées. Qu’importe, Heads Hands & Feet nous met au menu de son second LP une recette qui a fait ses preuves : du country rock et joué à la perfection par-dessus le marché. Etonnant pour des anglais d’exceller dans un genre pris d’assaut par les amerloques, non ? De la country-rock anglaise, qui l’eut crû ?

Heads hands feet home from home 1996

Une des plus belles formations anglaises.

Old Soldiers Never Die (Atlantic/1973) sort après coup, une fois que le groupe a jeté l’éponge. Son écoute (sur You Tube) amène à regretter amèrement cette décision, tant le rock anglais tenait là certainement une de ses plus belles formations, toutes générations confondues, tant en live qu’en studio.

Les rééditions nous ont toutefois laissés Home From Home (CD See For Miles/1996), une collection d’enregistrements et de démos réalisées aux premières heures de Heads Hands & Feet. De quoi juger sur pièce de la pertinence de ce collectif très professionnel qui a eu la douleur, en 2013, de perdre Mike O’Neill (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 2 - 1972

 

Heads hands feet tracks 1972

 

HEADS HANDS & FEET

TRACKS – 1972  4,5/5

 

Publié en 1972.

Produit par Tony Colton.

Durée:38:55.

Label:Capitol Records.

Genre:pop/rock,country-rock,blues-rock.

 

Que la mariée était belle.

 

A l’écoute de Tracks (1972), le deuxième jet de Heads Hands & Feet, on en vient à regretter la concision de la carrière de ce rare groupe anglais à pratiquer dans le country-rock, à marcher sur les terres du Dead ou du Nitty Gritty Dirt Band. Tracks vient après l’excellent LP éponyme précédent et beau mélange de folk, blues, country et rock.

Avant la sortie de Tracks, O’ Neill n’est plus dans la boutique, mais les tensions entre les membres, sous-jacentes depuis quelque temps, sont ravivées. Qu’importe, Heads Hands & Feet nous met au menu de son second LP une recette qui a fait ses preuves : du country rock et joué à la perfection par-dessus le marché. Etonnant pour des anglais d’exceller dans un genre réservé généralement aux seuls amerloques, non ? Du  country-rock anglais, qui l’eut crû ?

Albert Lee, une fois de plus, y rayonne dans un jeu en pickin’. Pete Gavin n’est pas en reste, Tony Colton chante le plomb et transforme ses ballades passionnées en autant d’émouvantes œuvres d’art ; les parties de claviers sont belles, les percus toniques et l’écriture solide.

C’est tout un groupe qui montre là son unité et son professionnalisme, qui tire dans le même sens, sans se prendre le chou et avec une joie et une envie évidentes. Le temps de l’enregistrement, une paix est scellée en somme.

Tracks est leur travail le plus cohérent, duquel on retiendra surtout, bien que tout se consomme ici sans modération, l’ouvreur énergique Let’s Get This Show On The Road et son superbe piano, le mid-tempo Safety In Numbers, la ballade au piano Road Show, Harlequin à la mélodie accrocheuse, le country Jack Daniels et son beau travail de violon, l’acoustique Rhyme And Time qui rappelle que le folk est aussi anglais, Dancer, l’endiablé Hot Property (et son bluegrass instrumental) et le magnifique Paper Chase.

N’ayons pas peur des mots : ce disque, proche du meilleur Doobie Brothers, est magnifique. De là à le trouver, c’est une autre paire de manches (RAZOR©).

 

1. Let's Get This Show On The Road.

2. Safety In Numbers.

3. Road Show.

4. Harlequin.

5. Dancer.

6. Hot Property.

7. Jack Daniels.

8. Rhyme And Time.

9. Paper Chase.

10. Song And Dance.

 

Tony Colton:chant,producteur.    

Jerry Donahue:choeurs.

Pete Gavin:batterie,chant.  

Charles "Chas" Hodges:basse,guitare,violon,choeurs.      

Gerry Hogan:steel guitare.

Albert Lee:guitare,chant.    

Ray Osborne,Barry St. John:choeurs.   

Ray Smith:basse,guitare,chant.   

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