Jim Ford.

BIOGRAPHIE.

 

JIM FORD/Kentucky (U.S.A)

 

Jim ford

 

Né le 23 août 1941 à Paintsville (Kentucky).

Décédé le 18 novembre 2007 à Fort Bragg (Californie).

Actif à la fin des 60’s, retour en 2007.

Label:Bear Family Records,Capitol,Paramount,Sundown,White Whale, Light In Attic.

Genre:pop-rock,country-rock,bluegrass,western,soul,funk.

 

Country-funky.

Un p’tit tour et puis s’en va. Ainsi peut se résumer le parcours musical du kentuckien Jim Ford, né le 23 août 1941 à Paintsville dans le Comté de Johnson, et malheureusement décédé le 18 novembre 2007 dans son modeste mobile home de Mendocino, au nord de San Francisco, alors même que l’on recommençait à parler de lui.

Jim ford

Jim ford harlan county 1

Adepte d’un mélange de country, de folk, de funk et de soul, celui qui se qualifiait de « country-funky » ne compte que deux LP à son actif. Un qui sort dans les clous, autrement dit en 1969, le merveilleux Harlan County qui passe complètement inaperçu dans le climat ambiant alors favorable à des groupes comme Creedence et Led Zep ; il est pourtant une belle révélation.

Un second, composé de démos et de pièces de l’époque Capitol et Paramount, enregistrées sur bandes mais jamais publiées, qui reprend au passage Harlan County, et publié en 2007, quelques mois avant sa mort : c’est celui qui apparaît sous les traits de The Sounds Of Our Time : The Harlan County Album, Rare Singles And Previously Unreleased Masters chez Bear Family Records.

Relancé par des fans.

Grâce à L.P Anderson, journaliste suédois et fan de la première heure, parti en 2006 sur les traces de ce poète de premier ordre ayant choisi l’écriture et la chanson pour art personnel, Jim Ford redonne signe de vie l’année suivante. Hélas, la mort le fauche quatre mois avant qu’il ne réapparaisse pour le concert londonien du retour. Si sa disparition nous prive des projets planifiés de retour en studio, elle laisse néanmoins derrière elle une quantité non négligeable de bandes non exploitées. Sous l’impulsion du journaliste de Sonic Magazine, une partie de celles-ci servent, du vivant de Ford, de base à la confection de The Sounds Of The Time.

Fort de la qualité de cet album du renouveau, les bobines restantes exhumées permettent d’alimenter la discographie posthume de cet artiste surprenant, depuis enrichie des albums Big Mouth USA : The Unissued Paramount Album (2009) et The Unissued Capitol Album (2009), ainsi que des compilations Point Of No Return : Previously Unreleased Masters, A Lost 45 & Rare Demos (2008) et Demolition Expert : Rare Acoustic Demos (2011), le tout chez Bear Family Records, dépositaire du catalogue de Ford.

John ford womack

«Jimmy était un des plus grands créateurs que j’ai jamais rencontré.» (Bobby Womack)

La surprise Harlan County.

Faiseur de hits pour les Temptations, Aretha Franklin ou Bobby Womack bien que lui-même n’ait jamais connu de succès de son vivant, influence musicale principale de Nick Lowe (Brinsley Schwarz), Jim Ford, après avoir vécu à la Nouvelle-Orléans, prend le chemin de Los Angeles, un terreau plus approprié à sa fertilité artistique. Cet anti rock-star, désinvolte, non intéressé, s’installe à Fort Bragg en Californie où dès, 1969, il va justifier le statut de « blanc le plus funky » dont l’affuble respectueusement son pote Sly Stone dès la réalisation de son seul et unique LP : Harlan County (Sundown), un disque splendide qu’il ne se soucie même pas de promouvoir et qui fait office de point de départ à une errance durant jusqu’en 2007. Entre les deux dates, inutile de chercher à tirer sur le fil de la pelote, on ne sait pas grand-chose de sa galère, sinon qu’il a sérieusement déconné entre drogues et alcools, avec un penchant particulier pour la cocaïne dont il s’est libéré définitivement en 2004.

Jim ford the sounds ofPour un parterre de puristes.

Une fusion énergique et brillante.

On retiendra surtout de l’auteur de ce country-rock funky original et influent, à l’esprit californien, son inspiration pour mêler les sons R & B à la country, son habileté à rapprocher Memphis et Nashville de la Louisiane, à faire se rencontrer le Delta et les Appalaches, son expertise à en réaliser une fusion énergique et brillante.

Cet album, aujourd’hui belle révélation depuis qu’il est repris intégralement  dans The Sounds Of Our Time (2007), pour lequel il bénéficie du concours de Dr John, de Jim Keltner, de Jerry McGee et de James Burton, quatre fines gâchettes de la place californienne, ne fait pas sauter le public au plafond à sa sortie.

La faute à une musique qui a moins d’arguments pour briller commercialement et sensibiliser la masse, qu’elle n’en a pour séduire un parterre de puristes.

Une véritable énigme.

Ford avait un truc mystérieux pour accoucher de chansons simples mais efficaces et mémorables ; il était un artiste prolifique, d’une grande profondeur, dont l’œuvre, dans sa globalité et même inachevée, inspire le plus grand des respects. Il suffit de se poser sur Harry Hippie, mis sous la lumière par Bobby Womack (1973), pour s’en convaincre. Laissé entre les mains de grands interprètes comme ce dernier, le répertoire de Ford, excellent interprète au demeurant, prend une dimension supplémentaire par rapport à l’original. De quoi contrebalancer une carrière qui n’a jamais décollé.

Aussi énigmatique que sa musique, secret sur son existence recluse, précaire et vouée à la religion chrétienne, Jim Ford, l’ancien petit ami de Bobby Gentry (Ode To Billie Joe) a toujours entretenu le mystère autour de sa personne. Jusqu’à sa mort, en 2007, dont on ne connaît pas vraiment les raisons (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 1 - 1969

 

Jim ford harlan county

 

JIM FORD

HARLAN COUNTY – 1969  5/5


Publié en août 1969.

Produit par Jim Ford.

Durée:29:08.

Label:Sundown.

Genre:country,country-rock,country funky.

 

L’inventeur du country funky sound.

 

Envolé, disparu, aux abonnés absents… J’aimais bien le p’tit Jim Ford, un campagnard du trou du cul minier de l’Amérique (Kentucky), mais surtout un sujet d’une autre planète, celle des allumés, entré dans la carrière avec fracas et aussi vite parti goûter à une retraite précoce, sans que l’on sache une once de ce qu’il fabrique précisément jusqu’à sa mort, si ce n’est qu’il se poudre salement le nez de coco, qu’il se tourne ensuite vers Dieu et qu’il vit reclus dans une caravane de Mendocino.

Il en est délogé en 2006 par des suédois qui ne l’ont pas oublié, et le traquent pour relancer, via les démos inexploitées qu’il détient depuis trois décennies, une carrière éphémère qui n’a jamais décollé mais dont le seul LP officiel subsistant rappelle de quelle teneur elle fut.

Le Jim, c’est l’genre de mecs anti rock-star qui fait tapis avec Harlan County, son LP de 1969 qu’il sait très convaincant, mais qui ne prend ni la peine, ni le temps d’attendre le  retour sur investissement ou de capitaliser sur un talent en lequel son entourage croit dur comme fer. C’est l’genre rien à branler.

Décevant pour des proches qui le soutiennent en vain, cet être finalement peu crédible aux yeux des siens, se casse vite fait, bien fait, et Harlan County fait un flop, passe inaperçu dans le concert discographique du moment.

C’est le début d’une errance qui s’achèvera en novembre 2007 alors que l’artiste semble retrouver un regain d’intérêt pour son travail (voir la compil’ Sounds Of Our Time).

Aujourd’hui, il nous reste ce fameux Harlan County pour tirer le fil de la pelote qui mène à Jim Ford, l’auteur d’un country-rock funky original et unique, qui a influencé des artistes comme Nick Lowe et dont certains titres du répertoire ont été repris par Aretha Franklin, Bobby Womack, Sylvia McNeil ou les Temptations.

Avec l’aide de Dr John aux claviers que l’on ne présente plus, du guitariste Gerry McGee, de James Burton, autre guitariste, et de Jim Keltner à la batterie, respectivement de l’entourage de Presley et Lennon pour les deux derniers cités, Jim Ford investit les studios Wally Heider de L.A. sous l’étiquette Sundown/White Whale Records, concocte une magnifique collection de dix chansons (dont 7 originaux) soutenues par une voix soul mélodieuse taillée pour le truc, par de beaux arrangements (guitares, cordes et cuivres) et qui sont devenues avec le recul son épitaphe.

I’m Gonna Make Her Love Me est magistral, la chanson-titre un grand moment de pop sur fond autobiographique. Et les ballades ? Du lourd et qui déchire, l’artiste n’est pas là pour faire de la dentelle comme l’indiquent le tonique Love On My Brain ou Changing Colors. Dr. Handy’s Dandy Candy loue avec force dynamisme son penchant pour les sucreries hallucinogènes. Spoonfull ? Un truc de fou furieux qui révèle le talent de ce garçon décidément pas comme les autres, un talent jamais démenti du début à la fin de ce disque très très surprenant.

A voler si vous ne pouvez pas ou ne voulez pas débourser quelques espèces sonnantes et trébuchantes. Dans tous les cas, il faut l’avoir tant c’est bandant (RAZOR©).

1. Harlan County.

2. I'm Gonna Make Her Love Me.

3. Changin' Colors.

4. Dr. Handy’s Dandy Candy.

5. Love on My Brain.

6. Long Road Ahead.

7. Under Construction.

8. Workin My Way to L.A.

9. Spoonful.

10. To Make My Life Beautiful.

 

Jim Ford:chant,guitare.

Dr. John:piano,claviers.

Gerry McGee,James Burton:guitare.

Jim Keltner:batterie.

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