Neil Young.

BIOGRAPHIE.

 

NEIL YOUNG/Winnipeg (Canada)

 

Neil young 010

 

Né Neil Percival Young, le 12 novembre 1945 à Toronto (Canada).

Actif depuis 1962.

Label:Reprise,Geffen,Warner.

Genre:country-rock,folk-rock,hard rock,rock alternatif,rock.

Site officiel:www.neilyoung.com

 

Hyper actif et touche-à-tout.

Il fait toujours l’actualité. Son dernier coup d’éclat en date est pour Starbucks chez qui il le mettra plus les pieds au motif que la chaîne américaine est impliquée dans une procédure contestant la labellisation des produits utilisant les OGM.

Juste avant, ce militant pour l’environnement fait le buzz avec l’officialisation de son service de téléchargement ultra-haute résolution, le PonoMusic et surprend son monde en publiant, via un coffret tant espéré des fans, ses archives, voire les déstabilise en enregistrant dans une cabine des années 40, un album de reprises qui craque à la manière d’un 78 tours resurgi de nulle part (A Letter Home).

Mieux, sur son dernier jet, Storystone, il s’affiche sans guitare, ni piano et joue les crooners à l’ancienne avec orchestre symphonique de 92 musiciens. Neil Young est un paradoxe permanent, jamais là où il est attendu, comme s’il prenait un malin plaisir à brouiller les cartes.

Neil Young est par ailleurs un hyper actif qui, non content de continuer à mener une carrière musicale sujette à curiosités, au point de désarçonner son cercle de fanatiques, ne tient pas en place. Il n’est pas à une contradiction près et ça fait plus de 50 ans que ça dure…

Buffalo Springfield pour se faire les dents.

Après avoir joué dans les Squires et amorcé une carrière solo au Canada où il est né, Neil Young rejoint la Californie en 1965. Il y apparaît au sein d’un des groupes les plus mythiques du rock, le Buffalo Springfield, au côté de Stephen Stills, Richie Furay, Bruce Palmer et Dewey Martin. Super groupe américain, Buffalo Springfield installe les bases de ce qui  va produire le folk-rock et le country-rock des années 70.

Plombé par des problèmes d’égos, Buffalo Springfield se délite au bout de trois albums et Neil Young, qui s’est senti pousser des ailes dans cette structure dont on sous-estime l’influence, entame une carrière en solitaire, dont le deuxième titre (The Loner) de son premier album, l’éponyme de 1968, lui vaut son surnom.

Quel parcours !

La carrière de Neil Percival Young est une des plus riches et des plus bizarres du rock ; elle se partage entre un parcours solo, un autre pour lequel il implique Crazy Horse, son groupe de soutien depuis 1969 et l’admirable Everybody Knows This Is Nowhere, son deuxième LP. Il y installe sa marque de fabrique et cette collaboration sera reconduite à de très nombreuses reprises au fil du temps.

C’est pourtant le troisième volet de son itinéraire qui fera de Young la rock star qu’il est devenu. En faisant le quatrième pour le trio Crosby Stills & Nash, il contribue à signer pour le compte de l’acronymique C.S.N. & Y, l’une des plus glorieuses pages du rock. Témoin le génial Déjà Vu (1970) et le live anthologique Four Way Street (1971) qui découlent de leur association.

Avec les Stray Gators, des musiciens recrutés à Nashville, il publie, en 1972,  Harvest, qui poursuit dans la voie country-rock amorcée dans le grandiose After The Gold Rush précédent (1970). Sur le plan de la notoriété, Harvest est sa plus grande réussite : prix de l’Académie Charles Cros chez nous, numéro 1 aux States et au Royaume-Uni. Tout est dit.

Neil young 4

« Harvest n’est pas plus important que tous les autres albums. Les gens le placent à part, mais il n’est qu’un de mes nombreux enfants ; je ne vois pas en quoi il serait meilleur ou supérieur aux autres. En tout cas, il ne m’a jamais empêché de faire des disques beaucoup plus sombres après, comme Time Fades Away ou Tonight’s The Night. J’ai souvent dit qu’Harvest m’avait  placé au milieu de la route, sur un boulevard, mais que je me sentais tout aussi bien, et même souvent mieux, sur le bas-côté. » (Neil Young)

Un artiste pas toujours compris.

Grandiose, génial, anthologique, réussite, rock star… les expressions et qualificatifs élogieux pleuvent sur le canadien qui est alors à l’apogée de sa carrière. Pas mal pour un gars qui, quand il est atteint d’une attaque de polio au début des années 50, est loin de s’imaginer l’engouement qu’il va susciter et l’influence qu’il va avoir sur ses pairs et ses descendants du métier.

Pas mal pour un artiste dont la qualité première est loin d’être le chant, avec une voix haut perchée qu’il ne maîtrise pas toujours de la meilleure des manières. Mais son style folk-rock, country-rock, lui, est reconnaissable entre mille. Comme son écriture de laquelle émergent les grands classiques aujourd’hui immortalisés, les Heart Of Gold, Southern Man, Don’t Let It Bring You Down, Alabama, Old Man, Harvest… 

Touche à tout, Neil Young, au gré de ses albums, s’aventure dans des voies que le public ne comprend pas toujours. Ses états d’âme, ses interrogations, sa vie personnelle parfois dépressive, rythmée autour de son fils handicapé mais surtout abîmée par les sollicitations et les exigences du rock, l’amènent à traverser des périodes difficiles qui définiront son orientation artistique.

Des hauts et des bas.

Dans sa phase noire, entre Times Fades Away (1973) et Tonight’s The Night (1975), il publie trois LP qui montrent bien la schizophrénie musicale qui l’affecte et générée par son mal être du moment. Young n’est pas bien. Le  retour à la sérénité de Zuma (1975) marque sa sortie de crise, en même temps qu’il rassure sur le sujet.   

Le fils du journaliste Scott Young enfile alors les albums comme des perles : American Stars ‘n Bars (1977), Comes A Time (1978), Rust Never Sleeps et Live Rust pour refermer le chapitre 70’s. Insatiable découvreur, il s’aventure parfois dans directions musicales loin d’être comprises, l’amenant à flirter avec la musique électronique (Trans), le Rock Noise (Arc) ou le rockabilly (Everybody’s Rocking). Si chez Reprise, ça passe, la grande liberté qu’on lui accorde chez Geffen, qu’il rejoint en 1982, vire parfois au n’imp’ pour le public ad vitam aeternam scotché à Harvest.

Neil Young donne alors la sensation de tourner en rond et signe chez Warner auquel il donne la primauté de son dix septième LP (1987). Le retour chez Reprise pour le numéro 18 (Freedom/1989) lui redonne des couleurs et une crédibilité qui commence à le fuir.

Young refait du Harvest.

Après des années 80 difficiles, celles 90 commencent par un basculement dans le hard rock et le grunge (Ragged Glory/1990). Arrive alors, en 1991, Arc l’expérimental, repoussant, hideux qui interroge sur la capacité de Young à refaire du Young. Celui d’Harvest, le seul qui vaille. Alors que personne ne l’attend encore sur ce registre, il exauce  la demande d’un fan-club se réduisant comme une peau de chagrin et sort Harvest Moon (1992). Le canadien revient à une musique plus proche de la folk et de la country de ses premiers pas, 20 ans après Harvest. Et avec les Stray Gators, comme pour mieux enfoncer le clou.

Puis repart avec Crazy Horse (Sleep With Angels/1994), qui réfère à Kurt Cobain, dont la mort n’est pas sans évoquer celle de Danny Whitten en 1972. Un an plus tard, il s’acoquine avec la jeune génération, Pearl Jam, pour les besoins de Mirror Ball. Dead Man, Broken Arrow, Silver & Gold et Year Of The Horse amènent Young jusqu’au nouveau millénaire, mais sans qu’il ne retrouve vraiment la qualité discographique de sa première partie de carrière.

Le vingt et unième siècle démarre comme s’est achevé le précédent. Jusqu’à 2007 et Chrome Dreams II, placé dans la filière Young depuis toujours plébiscitée par le public, rien de bien croustillant n’est à relever. Le plaisir engendré par ce trentième LP studio est aussitôt contrebalancé par un album concept très moyen autour de sa Lincoln Continental (Fork In The Road/2009), les voitures étant l’autre passion du Loner.

Incontournables Archives.

La publication de ses Archives (1963/72) en 2009 redonne de l’intérêt à l’artiste, mais peut-être est-ce pour mieux focaliser sur The Noise (2010) dans lequel Young s’enregistre seul, avec guitares acoustique et électrique, échos et effets spéciaux. Encore un contrepied.

Il revient avec Crazy Horse pour deux LP, Americana (2012), qui reprend des titres du folklore américain et Psychedelic Pill. On le retrouve alors avec infiniment de plaisir et voilà que tombent  A Letter Home et Story Stone (2014), dont la démarche artistique est difficile à expliquer. Le pire, c’est que 50 ans après, cet hyper actif est toujours là, et nous aussi, suspendus à la publication d’un énième disque dont on sait pertinemment, depuis le temps qu’on le pratique, qu’il va encore désorienter ses supporters.

Comme il a beaucoup de choses à accomplir, de nombreux projets en gestation sous le chapeau, la nouvelle vie amoureuse dans laquelle il vient de s’engager avec l’actrice Darryl Hannah ne sera pas de trop pour l’aider à les mener à terme. Puisse cette dernière, comme Pegi qui fut sa muse et sa collaboratrice pendant 36 ans et dont il a divorcé cette année, autant inspirer et motiver Percival pour les années à venir (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE BUFFALO SPRINGFIELD 60'S.

LP Studio 1 - 1967

 

Buffalo springfield67

 

BUFFALO SPRINGFIELD

BUFFALO SPRINGFIELD – 1967  5/5

 

Publié entre décembre 1966 et mars 1967.

Produit par Charles Greene, Brian Stone.

Durée:35:34.

Label :Atco.

 

Le Buf' pète le feu !

 

Buffalo Springfield (3 albums seulement) a été l’un des groupes qui a le plus influencé la musique rock et dont se sont inspirés beaucoup d’artistes ou de formations des années 60 et 70. Personne ne peut désavouer le constat que Neil Young et Stephen Stills, à l’origine de ce groupe, ont eu des carrières exceptionnelles. Personne ne peut renier l’apport de Jim Messina au rock et au country rock notamment (il rejoindra Buffalo par la suite), seul, avec Kenny Loggins ou Poco. Personne n’ose contester le talent indéniable de Richie Furay, mis au service du même Poco.

Leur pédigrée parle pour eux. Et bien le Buf, c’était ce concentré de pointures, Bruce Palmer (basse) et Dewey Martin (batterie) apportant leur écot à cette formation américaine créée en 1966 et séparée deux ans plus tard pour des problèmes de rivalités en interne.

Entre temps, il y a eu Buffalo Springfield, premier LP éponyme qui connut un très bon accueil. Le groupe boxait alors dans la catégorie des Byrds, le cador de l’époque du milieu des années 60, en se positionnant dans le country blues, notamment.

Groupe éphémère, il a eu le privilège de compter deux génies de l’écriture, Young et Stills (respectivement 5 et 7 titres sur ce premier album), par ailleurs très prolifiques, des voix qui se complétaient merveilleusement bien, comme celles de Stills, de Young et de Furay.

Leurs chansons, simples, généralement courtes, étaient très mélodieuses, appuyées par des guitares magnifiques. Cet album folk-rock-pop californien de 1967, et de 33 minutes, fit sensation à sa publication et traça la voie du succès à Buffalo et ses membres.

Quasiment tous les morceaux de l’album sont réellement bons et efficaces. Cependant, celui qui a fait (et qui fait toujours) la renommée de Buffalo Springfield, c’est le pacifique For What It’s Worth, single qui ne figurait pas sur le LP d’origine.

Ce morceau a été repris dans plusieurs films, notamment Forrest Gump. Beaucoup de soin a été apporté au son et aux arrangements de ce premier album, bien dans le ton de son époque et qui n’est sans rappeler les Byrds.

Buffalo pète le feu au point que l’on se demande combien il y a de guitares dans ce groupe. Album méconnu et qui demande à être jugé à sa juste valeur. Superbe et quand Razor dit que c’est superbe, faut l’écouter (RAZOR©).

 

1. Go And Say Goodbye.

2. Sit Down I Think I Love You.

3. Leave.

4. Nowadays Clancy Can't Even Sing.

5. Hot Dusty Roads.

6. Everybody's Wrong.

7. Flying On The Ground Is Wrong.

8. Burned.

9. Do I Have To Come Right Out And Say It.

10. Baby Don't Scold Me.

11. Out Of My Mind.

12. Pay The Price.

 

Neil Young:guitare,harmonica,piano,chant.

Stephen Stills:guitare,claviers,chant.

Richie Furay:guitare rythmique,chant.

Dewey Martin:batterie,choeurs.

Bruce Palmer:basse. 

 

LP Studio 2 - 1967

 

Buffalo springfieldagain

 

BUFFALO SPRINGFIELD

AGAIN – 1967  4/5

 

Publié le 30 octobre 1967.

Produit par Richie Furay,Stephen Stills,Neil Young,Jack Nitzsche.

Durée:34:07.

Label:Atco.

 

Un buffle essoufflé.

 

Buffalo Springfield Again (en écoute intégrale ici) a été un très bon album, sans toutefois atteindre le niveau de l’album éponyme, premier ouvrage de Buffalo Springfield. Affaire de goût. Avec un parfum qui fleure bon les années 60. Si, sur un plan musical et vocal, c’est toujours aussi intéressant, chez moi le charme opère moins, Buffalo s’engageant sur un terrain plus ambitieux donc plus complexe. Il met son folk-rock si simple, si cool et si merveilleux en marge pour explorer les horizons rock, folk, bluegrass, jazz, voire soul. Le rendu de certains titres n’est pas à la hauteur de ce que j’attendais comme suite à l’éponyme précédent. Mais encore une fois, ça n’engage que moi.

A trop vouloir se diversifier et se compliquer la tâche, le groupe en arrive à aller parfois trop loin et chacun des acteurs de l’écriture semblent se satisfaire des titres de sa propre composition. Il manque donc cette union, ce liant, cette cohésion, ce charme que l’on retrouvait sur l’album précédent.

Again manque de percussion. Le groupe, malgré la progression qu’il montre dans ses compos et ses arrangements, paraît pourtant stagner, sans pour autant qu’on puisse considérer Again comme un échec. C’est quand même leur plus grand succès et mon avis ne changera rien à sa qualité.

Furay, Stills et Young se partagent l’écriture de ce disque qui recèle quelques pépites. J’en veux pour preuve le rock Mr Soul, le Broken Arrow de plus de 6 minutes, Expecting To Fly de Young, Sad Memory, A Child’s Claim To Fame et le soul Good Time Boy de Richie Furay, Bluebird et Rock & Roll Woman (co-écrit avec David Crosby qui venait de se faire lourder des Byrds), deux supers folk rock qui auraient du faire un carton, le jazz-flavored Everydays et Hung Upside Down, tous de Stills.

Il est intéressant de relever que sur le titre Good Time Boy de Furay, Dewey Martin (qui nous a quittés récemment, Bruce Palmer en 2004), le batteur contribue au chant avec talent. Pourquoi une voix aussi riche et forte n’a-t-elle pas été exploitée plus souvent ? Buffalo Springfield a vraiment manqué d’ambition ou était bridé par les egos.  A noter aussi qu’un certain Jim Messina opère sur ce disque en qualité d’ingénieur. Neil Young semble déjà avoir fait son choix, quant à la suite à donner à cette collaboration avec Buffalo et principalement avec Stephen Stills. Les californiens sont à bout de souffle (RAZOR©)

 

1. Mr. Soul.

2. A Child's Claim To Fame.

3. Everydays.

4. Expecting To Fly.

5. Bluebird.

6. Hung Upside Down.

7. Sad Memory.

8. Good Time Boy.

9. Rock And Roll Woman.

10. Broken Arrow.

 

Stephen Stills:orgue,lead guitare,guitare rythmique,piano,claviers,chant.

Neil Young:lead guitare,guitare rythmique,chant.

Richie Furay:guitare rythmique,chant.

Dewey Martin:batterie,chant.

Bruce Palmer,Jim Fielder,Carol Kaye,Harvey Newmark,Bobby West:basse.

Norris Badeaux:saxophone baryton sur 8.

Hal Blaine,jim Gordon:batterie.

James Burton:dobro,guitare.

Charlie Chin:banjo.

Merry Clayton,Brenda Holloway,Patrice Holloway,Gloria Jones,Shirley Matthews,Gracia Nitzsche:choeurs.

David Crosby:choeurs sur 9.

Doug Hastings,Chris Sarns, Russ Titelman:guitare.

Jim Horn:clarinette.

Jack Nitzsche:piano électrique.

Don Randi:piano,clavecin.

 

LP Studio 3 - 1968

 

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BUFFALO SPRINGFIELD

LAST TIME AROUND – 1968  3,5/5

 

Publié en juillet 1968.

Produit par Jim Messina.

Durée:32:54.

Label:Atco.

 

Terminus. Tout le monde descend.

 

Again nous a laissé un groupe dans lequel les tiraillements sont de plus en plus fréquents. Buffalo Springfield se liquéfie lentement. L’issue ne peut pas être autre avec les personnalités centrales de cette formation.Neil Young s’affirme de plus en plus, mais Stills confirme jour après jour. Chacun veut être calife à la place du calife. Durant la période d’enregistrement de Last Time Around, au titre prémonitoire, un clash met un terme à l’aventure.

La photo sur la pochette montre les membres d’un groupe d’apparence uni et homogène, pointant leur regard dans une direction, Neil Young, au premier plan, regardant dans l’autre.Divergences d’opinions ? Bouderie ? Indication sur le chemin que Young doit prendre désormais ?  Ce montage photographique vise à masquer la vérité sur un groupe qui n’existe alors plus. Il faut, coûte que coûte, sortir un album, pour des raisons contractuelles.

Buffalo démantelé, chacun va enregistrer ses compos de son côté. En dépit de cette ambiance grincheuse et pesante, Last Time Around (en écoute intégrale ici) est un bon album. Il nous réserve de sublimes morceaux comme les classiques On The Way Home, I’m A Child (c’est une des première fois où l’on attend la voix de Neil Young), une belle ballade comme ce Kind Woman et Merry-Go-Round de Richie Furay, Four Days Gone, Questions, Pretty Girl Why et le rock pur et dur Special Care de Stephen Stills.Les autres morceaux sont en retrait mais sans qu’ils soient dévalués pour autant avec notamment un latino Uno Mondo de Stills lequel il montre toute son inspiration du moment, sa polyvalence musicale, tout en plaidant, lyriquement parlant, pour un monde unifié.D’autre part, Jim Messina, jusqu’alors ingénieur sur les projets du groupe (il le sera encore sur celui-ci), nous livre un léger et discret Carefree Country Day de la meilleure veine. Rusty Young, futur Poco figure aussi sur l’album.

Le rouleur compresseur Buffalo Springfield met définitivement un terme à l’aventure avec ce disque. A force d’avoir accordé trop d’importance aux considérations personnelles, notamment Stills et Young, le groupe a négligé un principe élémentaire : le travail d’équipe. Avec le recul, on se rend mieux compte de la portée qu’aurait pu avoir cette formation si elle avait, un tantinet soit peu, mis tout son talent au service du travail collectif. Quelque part, c’est un gâchis. On va se consoler en se disant que, derrière Buffalo Springfield, il y a eu Crosby, Stills, Nash & Young (Pif et Hercule s’étant réconciliés pour les besoins de ce groupe mythique) et Poco (Furay et Messina). Buffalo avait trois talents à l’écriture (Young, Stills et Furay). Deux de trop peut-être… pour que l’affaire soit durable et réellement sereine (RAZOR©).

 

1. On the Way Home
2. It's So Hard To Wait
3. Pretty Girl Why
4. Four Days Gone
5. Carefree Country Day
6. Special Care
7. In the Hour of Not Quite Rain
8. Questions
9. I Am a Child
10. Merry-Go-Round
11. Uno Mundo
12. Kind Woman

 

Richie Furay:guitare,chant.

Dewey Martin,Buddy Miles,Jimmy Karstein:batterie.

Jim Messina:basse,chant.

Stephen Stills:guitare,piano,orgue,basse,effets,percussions, chœurs,chant.

Neil Young:guitare,harmonica,piano,choeurs,chant.

Bruce Palmer,Gary Marker,Richard davis:basse.

Jeremy Stuart:clavecin,calliope,cloches.

Rusty Young:pedal steel guitare.

DISCOGRAPHIE SOLO 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1968

 

Neil young album

 

NEIL YOUNG

NEIL YOUNG – 1968  3,5/5

 

Publié le 12 novembre 1968.

Produit par Neil Young,David Briggs,Jack Nitzsche,Ry Cooder.

Durée:35:32.

Label:Reprise Records.

Genre:country-rock,folk-rock,country,folk,rock.

 

Bricolé, mais bon.

 

Neil Young dit de son premier album éponyme (en écoute intégrale ici) qu’il est très bon, mais que, de par l’introduction d’une nouvelle technologie d’enregistrement alors testée, le système Haeco-CSG supposé améliorer le son des disques stéréos lus sur un équipement mono, le résultat initial est un désastre. Et c’est justement sur son premier LP que se fait l’expérience. Très gênant pour un artiste qui débute en solo et dont le chant n’est alors pas le point fort.

Quand on sait l’acharnement avec lequel il s’est attaqué depuis au mp3, dont il juge le son déplorable, et sa volonté de faire de son dispositif PONO un standard (il a quand même déposé six demandes de dépôts de marques pour l’imposer), on comprend mieux qu’avec le canadien, mieux vaut ne pas discuter ce que beaucoup considéraient, à la sortie de l’album, comme un point de détail. Mais Neil est attaché à ce genre de petites choses et il n’est pas surprenant qu’en 2008, il commercialise un coffret de 10 disques en format Blu-Ray qui reprend les années 1963 à 1972. Toujours ce souci de la perfection.

Et c’est vrai que cet album, alimenté par des titres de l’ère Buffalo et que la technique a foutu en l’air, est très bon malgré un son un peu écrasé.

Ce disque, il est sorti le jour de ses 23 ans, le 12 novembre 1968. Neil Young vient de quitter les Buffalo Springfield pour des problèmes d’entente avec Stephen Stills et se lance dans une carrière solo en laquelle il croît dur comme fer, l’expérience Buffalo lui ayant donné des ailes.

Neil Young nous sort très vite, voire trop vite, peut-être, l’éponyme Neil Young, passé quasi inaperçu du grand public. Aucun titre sur la pochette, aucun nom. Ces carences seront corrigées lors de sa troisième impression en janvier 1969. Dans son ensemble, il traduit bien le Young que l’on connaît, avec ses travaux de guitare corrosive et dans le style vocal haut perché qui le caractérise.

Réalisé avec Jack Nitzsche (piano, arrangements), Jim Messina (basse), George Grantham (batterie) et Ry Cooder (guitare, arrangements), il fait en quelque sorte le pont entre le son de Buffalo et le travail que va réaliser Neil Young par la suite.

Dans les faits, Neil Young, disque mélancolique, démarre par un instrumental à la touche Buffalo (The Emperor Of Wyoming). Suit The Loner , complainte électrique adressée, selon la légende, à Stephen Stills et qui deviendra le surnom du canadien.

The Old Laughing Lady, titre assez long pour l’époque, I’ve Been Waiting For You (qui sera repris par David Bowie en 2002), Here We Are In The Years et surtout The Last Trip To Tulsa, une divagation acoustique plus que sympathique qui clôt l’album et qui dure 9mn25 constituent les points forts de son premier travail seul (RAZOR©).

 

1. The Emperor of Wyoming.

2. The Loner.

3. If I Could Have Her Tonight.

4. I've Been Waiting for You.

5. The Old Laughing Lady.

6. String Quartet from Whiskey Boot Hill.

7. Here We Are in the Years.

8. What Did You Do to My Life ?

9. I've Loved Her So Long.

10. The Last Trip to Tulsa.

 

Neil Young:guitare,piano,orgue,clavecin,synthétiseur,chant.

Jim Messina:basse.

George Grantham:batterie.

Jack Nitzsche:piano électrique.

Ry Cooder:guitare.

Earl Palmer:batterie.

Merry Clayton,Brenda Holloway,Patrice Holloway,Gloria Richetta Jones,Sherlie Matthews,Gracia Nitzsche:chœurs.

LP Studio 2 - 1969

 

Neil young everybody knows

 

NEIL YOUNG

EVERYBODY KNOWS THIS IS NOWHERE – 1969  5/5

 

Publié le 14 mai 1969.

Produit par Neil Young,David Briggs.

Durée:40:29.

Label:Reprise Records.

Genre:country-rock,folk-rock.

 

La griffe Young/Crazy Horse par excellence.

 

La première des nombreuses collaborations avec Crazy Horse passe par Everybody Knows This Is Nowhere (en écoute intégrale ici), deuxième LP de la discographie de Neil Young (1969). On verra par la suite l’importance de cette association, et pour Young, et pour son groupe de soutien, né sur les cendres des Rockets.

Leur partenariat est toujours d’actualité en 2014 et vient dans les derniers mois de donner le jour à deux albums, Americana et Psychedelic Pill et tout récemment à une tournée européenne, hélas interrompue en Norvège, pour cause d’une blessure aux doigts de son guitariste Poncho Sampedro. Le bout de chemin initialement envisagé prend aujourd’hui des allures de voie royale.

Entre belle entrée en matière campagnarde (Cinnamon Girl), caracolées électriques comme l’apocalyptique Cowgirl In The Sand et le mémorable Down By The River, ballades douces et à émotion (le morceau-titre, Round & Round, le tourmenté Running Dry), Everybody Knows installe le son et le style Young, celui qui l’élèvera au rang de mythe dès Harvest et pour lequel il est le plus souvent encensé. Sa marque de fabrique, quoi.

Cet album, c’est la griffe Neil Young - Crazy Horse par excellence, un de leurs meilleurs ouvrages en commun mais une œuvre de référence pour lui, épurée, simple, mélodieuse sur toile de fond folk, country et rock. Dans mon jargon, c’est trop d’la balle. Entendez par là qu’il est un chef d’œuvre, un monument du rock en 7 actes. Le premier et il y en aura tant d’autres (RAZOR©).

 

1. Cinnamon Girl.

2. Everybody Knows This Is Nowhere.

3. Round & Round (It Won't Be Long).

4. Down By The River.

5. The Losing End (When You're On).

6. Running Dry (Requiem For The Rockets).

7. Cowgirl In The Sand.

 

Neil Young:guitare,chant.

Danny Whitten:guitare,chant.

Ralph Molina:batterie,chant.

Billy Talbot:basse.

Robin Lane:guitare sur 3.

Bobby Notkoff:violon sur 6.

LP Studio 3 - 1970

 

Neil young after the gold rush

 

NEIL YOUNG

AFTER THE GOLD RUSH  1970  5/5

 

Publié le 19 septembre 1970.

Produit par Neil Young,David Briggs,Kendall Pacios.

Durée:35:10.

Label:Reprise Records.

Genre:rock,country-rock,folk-rock.

 

L’apogée de Percival.

 

Troisième LP de Neil Young, After The Gold Rush (en écoute intégrale ici) sort un an après Woodstock, en 1970 et fait suite au monumental Everybody Knows This Is Nowhere. Neil Young revient aux affaires et de quelle manière ! Ceux qui pensent qu’il a grillé toutes ses cartouches dans l’album précédent, en sont pour leurs frais. Il a encore de la matière dans la besace, au point que celle-ci compte parmi ce qu’il a fait de mieux dans sa carrière.

La première chose qui frappe à la vue de ce disque, c’est sa pochette. La photo, prise par Joel Bernstein à l’angle des rues Sullivan St. et 3rd West St. de Greenwich Village a été solarisée, d’où cet effet se traduisant par un inversement partiel des noirs et des blancs et donnant l’illusion d’un cliché raté ; c’est pourtant cette photographie que Neil retient comme identité visuelle à son nouveau travail de studio.

La noirceur des tons de la couverture est à l’image de ce que la musique de Young restitue ici : du désespoir, de la mélancolie, du désarroi. Son folk-rock s’avère poignant. En reprenant une gratte sèche qu’il met au service de belles ballades pastorales, plaintives et déchirantes, dont il est coutumier, en les alternant avec des envolées électriques plus corrosives et ravageuses, le Loner, avec le soutien du Crazy Horse (et de Nils Lofgren, de Stephen Stills et Greg Reeves) déjà de l’opus qui précède, signe sa deuxième grande œuvre de rang. Trois LP, deux pics, Neil Young place la barre très haute.

En 35 minutes et 11 plages, Neil Young aligne des classiques : le rageur Southern Man, son hymne anti-racisme, Tell Me Why, Don’t Let It Bring You Down, l’émouvant After The Gold Rush, When You Dance I Can Really Love, Birds, Oh Lonesome Me.

Le splendide After The Gold Rush, fignolé dans l’isolement dans son studio de  Topanga, prépare également le terrain pour le monument à venir : Harvest, un des albums les plus influents que le country-rock ait jamais produit. A ce moment de sa carrière, After The Gold Rush représente encore l’apogée de Percival, mais arrive Harvest qui va changer le cours du rock (RAZOR©).

 

1. Tell Me Why.

2. After the Gold Rush.

3. Only Love Can Break Your Heart.

4. Southern Man.

5. Till the Morning Comes.

6. Oh, Lonesome Me.

7. Don't Let It Bring You Down.

8. Birds.

9. When You Dance I Can Really Love.

11. Cripple Creek Ferry.

 

Neil Young:guitare,piano,harmonica,effets,chant.

Danny Whitten:guitare,chant.

Nils Lofgren:guitare,piano,chant.

Jack Nitzsche:piano.

Billy Talbot:basse.

Greg Reeves:basse.

Ralph Molina:batterie,chant.

Stephen Stills:chant.

Bill Peterson:bugle.

LP Studio 4 - 1972

 

Neil young harvest

 

NEIL YOUNG

HARVEST – 1972  5/5

 

Publié le 14 février 1972.

Produit par Neil Young,Elliot Mazer,Henry Lewy,Jack Nitzsche.

Durée:37:11.

Label:Reprise Records.

Genre:folk-rock,rock,country-rock.

 

Mémorable Saint Valentin 72.

 

Neil Young a 26 ans lorsqu’il publie Harvest (en écoute intégrale ici) que d’aucuns considèrent encore aujourd’hui comme le disque le plus populaire et le plus vendu de son catalogue. L’éphéméride est figée sur la page du 14 février 1972, une Saint Valentin qui va s’avérer historique pour le rock, mais personne ne le sait encore.

Pour moi, Harvest est une révélation, un méga coup de foudre comme je n’en ai alors jamais connu. Il est encore aujourd’hui une histoire d’amour qui me fait frissonner à chacune de nos rencontres. Chacun des contacts que j’ai avec ce disque s’accompagne toujours de grosses doses d’émotion. J’ai versé une petite larmichette pour After The Gold Rush, c’est sa sœur jumelle qui prend le relais ici. Ce jour véhicule tant de souvenirs qu’il a une saveur particulière au fond de mon cœur.

A peine sorti de l’œuf et aussitôt bousculé par les critiques qui ne font pas montre d’un enthousiasme débordant à son endroit au motif d’être trop vendeur, lui préférant After The Gold Rush, Harvest rabat aujourd’hui le caquet à tous ceux qui n’ont pas su deviner en lui l’anthologique concentré de grandes compositions qu’il est et qu’il est resté depuis.

Là où un lot de journaleux couards ont relevé dans leurs marcs de café matinal une pole position dans les charts peu en rapport avec son statut de buffle, et pointé du doigt une surprenante et honteuse dérive du Loner vers le disco, le quatrième disque de Young réplique silencieusement par une entrée dans la légende où il prend place dans le rang des œuvres emblématiques de la musique. C’est ainsi qu’on le qualifie, il me semble, du côté de Rolling Stone Magazine qui le recense au rang 78 de son sémillant top 100 des LP.

En quoi l’ex-Buffalo Springfield pourrait-il être critiquable d’être touché par l’état de grâce, de faire montre d’ une inspiration généreuse que la fertilité créative du sublime After The Gold Rush précédent annonce ?

Une ambiance folk-rock légèrement country autour de la guitare et du piano, une ambiance autre que celle de ses devanciers, l’apparition d’orchestrations symphoniques, des mélodies mélancoliques qui s’enchaînent un peu plus que de raison et avec une facilité subitement jalousée ou suspecte, il n’en fallait pas plus pour que cet album soit jeté en pâture à ces scribouillards qui prirent un plaisir vicieux  à dépecer la carcasse de leur proie comme de vulgaires charognards, histoire de se faire du Young. Et ça, très peu pour le Razor…

Le paisible Harvest, l’auto-critique Out Of The Weekend, Heart Of Gold et sa structure guitare/harmonica intemporelle, l’héroïne meurtrière abordée par le cas de l’ami Danny Whitten (Are You Ready For The Country et The Needle And The Damage Done), l’extraordinaire Words étiré pour prolonger le divertissement avec les Stray Gators (Nashville) qui l’accompagnent , A Man Needs A Maid (hommage à sa deuxième femme Carrie Snodgress), Old Man, le racisme resucé façon Alabama après celui qui alimente  Southern Man sur le disque précédent… rien n’a été laissé au hasard dans ce disque esthétique.

Aucun superflu, encore moins de superficiel, il ne fait état que d’une toute petite faiblesse : There’s A World. Et encore. Le succès d’Harvest prit Young lui-même au dépourvu, au point qu’il préféra se faire plus petit quelque temps et couper avec une célébrité qu’il n’a jamais recherchée.

Sur un plan personnel, je ressens encore toute l’émotion qu’Harvest a pu me procurer dès que je l’extirpais de son habillage cartonné rigide, les sensations pilo-érectiles éprouvées à chanter à tue-tête, avec le frérot, des paroles qui collent littéralement à la musique et que la mémoire n’a jamais pu effacer.

Je connaissais mieux le répertoire lyrique du canadien que mes verbes irréguliers en anglais ou le théorème de Thales. Pour tout ce qu’il véhicule encore aujourd’hui, il appartient au lot de mes petits préférés. Et vous voudriez qu’on demande au Loner, mélodiste exceptionnel, de s’excuser d’avoir signé ici un patchwork de ses plus belles chansons acoustiques ? (RAZOR©)

 

1. Out on the Weekend.

2. Harvest.

3. A Man Needs a Maid.

4. Heart of Gold.

5. Are You Ready for the Country?

6. Old Man.

7. There's a World.

8. Alabama.

9. The Needle and the Damage Done.

10. Words (Between the Lines of Age).

 

Neil Young:chant,guitare,piano,harmonica.

London Symphony Orchestra:orchestre.

Ben Keith:steel guitare.

Kenny Buttrey:batterie

Tim Drummond:basse

Jack Nitzsche:piano,slide guitare.

David Crosby:chant sur 5/8.

Graham Nash:chant sur 5/10.

Stephen Stills:chant sur 8/10.

Linda Ronstadt:chant sur 4/6.

James Taylor:chant sur 4/6.

John Harris:piano sur 2.

LP Studio 5 - 1973

 

Neil young time fades away

 

NEIL YOUNG

TIME FADES AWAY – 1973  4/5

 

Publié le 15 octobre 1973.

Produit par Neil Young,Elliot Mazer.

Durée:34:33.

Label:Reprise.

Genre:rock.

 

Le début de la Ditch Trilogy.

 

Time Fades Away (en écoute intégrale ici) n’est pas le plus populaire des albums de Neil Young ; il n’est pas, non plus, celui du catalogue dont le cercle des fans et son auteur aiment le plus parler. Non pas qu’il ne soit pas bon, mais parce qu’il est un disque qui, en interne, a ébranlé pour la première fois le statut de l’homme Young et celui qui a suscité des réactions de rejet de la part de son entourage professionnel. Neil Young a été élevé au rang de rock star depuis le précédent Harvest. Il a chopé le melon et perdu toute objectivité. Ces événements dictent l’album qui nous concerne : Time Fades Away, sorti en 1973 et tiré d’une tournée avec les Stray Gators en soutien qui, au départ, prévoyait de pousser jusqu’en Europe.

Cette tournée, placée entre le 4 janvier et le 3 avril 1973 fut, hélas, dramatique et pour cause. Danny Whitten, guitariste ami de Young, membre de Crazy Horse, est invité à y prendre part. Junkie notoire, dans la phase de répétition qui précède son lancement, il se révèle vite incapable d’assurer ses parties, trop abîmé par les drogues, ce qui a le don de faire sortir de ses gonds le patron. En ce sens, il réagit en boss et prend congé de l’employé indélicat. Il lui glisse 200 dollars dans la poche pour qu’il prenne le premier vol pour la Californie, argent que met à profit Whitten pour s’acheter une dose qui, cette fois, se révèle être la dernière. Il meurt le 18 novembre 1972. Young est inconsolable, se met minable à la Tequila et surtout, devient exécrable dans son comportement, montant très haut dans les tours. Obsédé par ce malheur et se sentant responsable de cette mort à l’époque, le canadien porte sur les épaules tout le poids du tour qui s’engage. Il s’en extraira et exorcisera ses démons dans Tonight’s The Night. Pour l’heure, ambiance, ambiance…

Le Loner est très irritable, emmerde son monde pour un oui, pou un non, passe de sa fidèle Gibson Les Paul à une Gibson Flying V sans raison, chante comme une casserole, déjà qu’il n’est pas grand chanteur… Il fait alors appel à Crosby et Nash pour assurer les voix et certaines parties de rythmique. Là où on l’attend avec le répertoire d’Harvest qu’il est supposé promouvoir, il débarque avec des titres inédits, collectivement mal maîtrisés, autour d’un son lourd et dégueulasse. Neil Young n’est malheureusement pas à un contrepied près, mais là, visiblement, il pète une durit et ça a le don d’agacer autour de lui ; certains le lui font savoir sans prendre de gants.

Kenneth Buttrey lui claque la porte au nez fin janvier 73. John Barbata le remplace aux fûts. Jack Nitzsche, depuis un temps au côté de Percival, lui dit ses quatre vérités et lui dégonfle sa grosse tête. La tournée en prend aussitôt un coup. Adieu l’Europe, elle prend fin à Salt Lake City.

Time Fades Away traduit ce qui apparaît d’abord comme un chaos, mais qui se révèle vite comme l’exutoire un peu trop spontané et non feint d’un être fragilisé. Tonight’s The Night ira dans le même sens, mais sera travaillé pour. Cradingue, abrasif, poisseux, tumultueux, désabusé, cynique, agressif… on peut coller tous les adjectifs que l’on veut à ce disque, il reste particulier mais au moins on sait pourquoi.

La chanson titre Time Fades Away ? Un bijou pour démarrer, suivi de l’apaisant Journey Through The Past, ballade mélancolique (Love In Mind et The Bridge sont dans le même registre piano/harmonica). L’introspectif Don’t Be Denied voit Neil Young s’auto-flageller, tandis que Last Dance, titre exceptionnel et point culminant du LP, achève le disque.

Entre temps, à ne pas négliger, un mélancolique L.A. et un Yonder Stands The Sinner, noir, brutal, mais terriblement beau. Time Fades Away, c’est en quelque sorte la noirceur de Tonight’s The Night sans la maturité. C’est un des disques les plus remarquables du Loner dans une ambiance tendue. Il est l’un des trois albums obscurs et angoissés du Solitaire avec Tonight’s The Night et On The Beach. Un grand album douloureux, témoin d’une période très difficile de la vie de Neil Young. On lui pardonne aujourd’hui d’avoir à ce point disjoncté, Time étant le point de départ de la fabuleuse Ditch Trilogy (RAZOR©).

 

1. Time Fades Away.

2. Journey Through The Past.

3. Yonder Stands The Sinner.

4. L.A.

5. Love In Mind.

6. Don't Be Denied.

7. The Bridge.

8. Last Dance.

 

Neil Young:guitare,piano,harmonica,chant.

Ben Keith:pedal steel,chant (1/3/4/6/8).

Jack Nitzsche:piano (1/3/4/6/8).

Johnny Barbata:batterie (1/3/4/6/8).

Tim Drummond:basse (1/3/6/8).

Joe Yankee:basse (4).

David Crosby:guitare rhythmique,choeurs (3/6/8).

Graham Nash:guitare rhythmique,choeurs (3/6/8).

LP Studio 6 - 1974

 

Neil young on the beach

 

NEIL YOUNG

ON THE BEACH – 1974  5/5

 

Publié le 16 juillet 1974.

Produit par Neil Young,David Briggs,Mark Harman,Al Schmitt.

Durée:39:40.

Label:Reprise.

Genre:rock,folk-rock,blues-rock.

 

Album au vitriol.

 

Le Cd est vraiment un support froid et impersonnel, banal et manquant de toute originalité. Sans parler de son son écrasé… Pour parodier le bon vieux passionné qu’est Jean-Pierre Coffe : c’est d’la merde ! C’est pourquoi j’applaudis des deux mains le come-back du vinyle. Incomparable.

Je ne vais pas jouer les anciens combattants, mais l’objet cartonné que l’on faisait passer d’une face à l’autre pour en imprimer toutes les infos, ça avait une autre gueule. Le rapport tactile, olfactif et visuel que nous entretenions alors avec la galette et sa pochette était tant respectueux de l’investissement de l’artiste que du choix de l’avoir acquis.

Un LP, comme on disait alors, agissait comme la carte d’identité que son auteur se faisait plaisir et honneur à présenter. J’ai eu des relations fortes avec certaines covers et amassé des souvenirs impérissables ; jamais le Cd n’a pu susciter ces émotions…

Fan de Neil Young depuis le Buffalo, j’ai été de tous ses albums, avec une forte prédilection pour la première partie de sa carrière qui m’a laissée sur le cul : l’éponyme Neil Young, Everybody Knows This Is Nowhere, After The Gold Rush, Harvest. J’ai encore en mémoire les couvertures dans les moindres détails, tant je les ai décortiqués sous toutes leurs coutures.

On The Beach (en écoute intégrale ici) est le cinquième opus de Young. Acheté chez le disquaire du patelin local, tombé dans ses bacs très mal achalandés par on ne sait quel biais, j’en ai fait l’acquisition, dépourvu de toute information à son sujet et en me fiant à son seul visuel et à mon attachement à la musique du Loner.

Cerise sur le gâteau, la presse spécialisée, mensuelle et sur papier, en parle dans l’édition qui suit l’achat. Young, revenu d’une tournée chaotique qui aboutit au live Time Fades Away, vire au noir et tourne le dos aux idéaux hippies…

La pochette d’On The Beach avait déjà de quoi surprendre le Young-addict : plage déserte (Santa Monica), l’idole  vêtue d’une veste jaune et d’un futal blanc tournant le dos à l’objectif, seul face à la mer. Autour de lui un décor assez hétéroclite et décalé : un aileron d’une Cadillac Eldorado jaune de 1959 émergeant du sol, un parasol, une table de camping, trois fauteuils de plage dans les mêmes tons, un journal de Los Angeles dont la une appelle Nixon à démissionner, une paire de pompes dont le propriétaire se devine et un palmier en pot au revers…  Mémorable mise en scène chargée de symboles. La photographie  est signée Bob Seideman, auteur de la pochette polémique de Blind Faith qui montre une ado exhibant un objet de forme phallique.

On The Beach a la particularité d’être le cinquième opus de Young sans l’être vraiment,  pour voir été publié en lieu et place de Tonight’s The Night, son suivant dans le catalogue officiel, alors qu’en fait, en termes d’enregistrements, ce dernier le précède. Le canadien étant trop affecté par la mort par overdose de Danny Whitten (Crazy Horse) et du roadie Bruce Berry et rendant une copie trop sombre, la maison de disques reporte la parution de Tonight’s The Night de deux ans et envoie On The Beach au casse-pipe pour ne pas froisser ses supporters. La noirceur du propos est donc la deuxième surprise du disque.

Rappelons que Dany Whitten était à l’origine en même temps que le moteur de Crazy Horse, le backing band de Percival. Sans lui, la mayonnaise n’aurait certainement jamais pris. Neil Young s’apercevra bien plus tard de l’importance de ce guitariste et chanteur exceptionnel qu’il estime aujourd’hui avoir été bien meilleur que lui. Son ego surdimensionné du moment ne lui a pas permis de s’en rendre compte plus tôt, hélas.

De Crazy Horse, il en est encore question ici (Ralph Molina et Billy Talbot) Sans Danny, déjà parti vers d’autres cieux. Et de dépression aussi. Neil Young est mal dans ses baskets, dévasté, affaibli et remonté comme une pendule, mais ne voulant pas pour autant se laisser abattre. Il va régler des comptes. On est alors les deux pieds dans ce que l’on va appeler la trilogie asthénique du canadien, the Ditch Trilogy : les sombres et désespérés Time Fades Away (73), On The Beach (74) et Tonight’s The Night (75), vus comme les précurseurs de la mouvance punk et du rock alternatif.

Les états d’âme du moment de son auteur traduisent bien le disque et son contenu : obscur, confus, tourmenté, introverti, ironique, caustique mais tendre aussi. C’est son plus personnel, son plus difficile, mais peut-être son plus réussi.

Neil Young enfante d’un puissant Revolution Blues (avec Rick Danko à la basse et Levon Helm à la batterie, tous deux du Band), consacré au dénommé Manson, l’assassin de Sharon Tate (Madame Polanski), accouche d’un Vampire Blues et donne le jour à une morbide plongée introspective, Ambulance Blues, de 8 minutes d’anthologie.

L’homme est habité par les doutes et ça engendre beaucoup de très bons morceaux empreints de rock, de country, de blues et de folk. Mais les 8 titres d’On The Beach sont tout aussi magnifiques les uns que les autres. Le son est remarquable et les accompagnements discrets. Tout se déroule dans le calme, tout se fait lancinant. Ambiance, ambiance…

Le morceau éponyme est d’une force incroyable, d’une angoisse pesante. La musique languit pendant 7 minutes pour notre plus grand plaisir. La plage déserte et tranquille comme représentée sur la pochette, n’est rien de tout cela dans l’interprétation de Neil Young. Dans ce morceau, la voix (tremblante sur l’album ce qui dénote une forme précaire) du canadien crache toute sa mélancolie.

See The Sky About To Rain est tout simplement poignant et d’un grand pessimisme (ah ce piano !), tandis que Walk On qui débute l’album, plus entraînant que les autres, est le titre qui détone dans ce contexte plaintif et écorché. On pourrait croire que notre Neil va mieux. Il n’en est rien et la suite nous révèle un homme meurtri, mais qui redresse la tête.

On The Beach est une des plus jolies plaintes lyriques de l’histoire de la musique rock. C’est l’album d’une désespérance en gestation. Il est un élément clé de la discographie du Loner. Il est un joyau d’une grande sincérité pour qui aime et connaît  le bonhomme. Et des coups dans la gueule, il en a pris. Un jour, ça pète et ça donne On The Beach. Neil Young est attachant et On The Beach à chialer. Donc chialons… (RAZOR©)

 

1. Walk On.

2. See The Sky About To Rain.

3. Revolution Blues.

4. For The Turnstiles.

5. Vampire Blues.

6. On The Beach.

7. Motion Pictures (For Carrie).

8. Ambulance Blues.

 

Neil Young:guitare,harmonica,piano,banjo,vibraphone,chant

Ralph Molina:batterie,chœurs sur1/5/6/7/8.

Billy Talbot:basse sur 1.

Ben Keith:guitare,piano,orgue,dobro,tambour.

Tim Drummond:basse,percussions sur 2/5/6.

Levon Helm:batterie sur 2/3.

Joe Yankee:harmonica,tambourin électrique sur 2/8.

David Crosby:guitare sur 3.

Rick Danko:basse sur 3.

George Whitsell:guitare sur 5.

Graham Nash:piano.

Rusty Kershaw:slide guitare sur 7,violon sur 8.

LP Studio 7 - 1975

 

Neil young tonight s

 

NEIL YOUNG

TONIGHT’S THE NIGHT – 1975  5/5

 

Publié le 20 juin 1975.

Produit par Neil Young,David Briggs,Tim Mulligan,Elliot Mazer.

Durée:44:52.

Label:Reprise.

Genre:rock.

 

L’instant de vérité.

 

Le Loner des deux dernières levées, Time Fades Away et On The Beach, recrache le trop-plein de fiel qu’il véhicule en lui depuis la mort par overdose de Dany Whitten, son guitariste de Crazy Horse, répudié à l’amorce de la tournée Harvest.

Si Time Fades Away marque le basculement du canadien d’une ambiance pastorale gentillette (Harvest) dans un monde chaotique et corrosif, si On The Beach est envoyé au casse-pipe par l’éditeur pour atténuer un peu la rage qui couve au détriment de Tonight’s The Night (en écoute intégrale ici) jugé trop sombre pour le public du Loner (et pour les intérêts commerciaux), c’est pourtant ce dernier qui traduit le mieux la Ditch Trilogy, la période noire et douloureuse de Neil Young.

Du spleen et une ambiance noire, voilà comment on pourrait résumer Tonight’s The Night, son huitième album, enregistré en 1973 et sorti en 1975. Sombre et sincère, doux et douloureux, fragile, déchirant, humain….

Neil Young vit mal sa notoriété grandissante et vient de perdre deux amis, Danny Whitten, qu’il avait mis préalablement en garde en lui affectant The Needle And The Damage Done, et Bruce Berry, un de ses techniciens, emporté par le même fléau.

Neil Young, abattu, culpabilise, plonge alors dans une grosse déprime et va écrire toute une série de titres sombres qui reflète ses états d’âme du moment. Le tout porté par une voix fragile qui part en lambeaux pour rajouter au drame et soutenu par un son cru. Bref, on est bien loin de l’ambiance bucolique d’Harvest et du récréatif CSNY, Tonight’s The Night est poignant, un très très grand disque.

Le canadien révolté comme jamais  y hurle sa peine, y crache sa haine, et expose sa grande tristesse. Son blues est sans joie, mais terriblement profond. Tonight’s The Night est un hommage sincère et puissant, son disque le plus personnel.

Alors, vous éteignez la lumière, vous prenez un bon godet, vous fermez les yeux et vous partagez la douleur et l’émotion. Mais accrochez-vous car l’accès est difficile ! Ultime précision : le Loner fait même peur sur la pochette avec son look Charles Manson, cheveux longs, lunettes, noires, costard fripé… Neil Young, qui aime profondément cet album, dit de Tonight’s The Night : « Ne l’écoutez jamais en vous levant ! ». C’est tout dire… (RAZOR©).

 

1. Tonight's The Night.

2. Speakin' Out.

3. World On A String.

4. Borrowed Tune.

5. Come On Baby Let's Go Downtown.

6. Mellow My Mind.

7. Roll Another Number (for The Road).

8. Albuquerque.

9. New Mama.

10. Lookout Joe.

11. Tired Eyes.

12. Tonight's The Night – 2.

 

Neil Young:chant,piano,guitare,harmonica.

Nils Lofgren:guitare,piano,choeurs.

Billy Talbot:basse.

Ralph Molina:batterie.

Ben Keith:guitare,steel guitare,guitare slide,choeurs.

LP Studio 8 - 1975

 

Neil young zuma

 

NEIL YOUNG

ZUMA – 1975  5/5

 

Publié le 10 novembre 1975.

Produit par Neil Young,David briggs,Tim Mulligan.

Durée:36:34.

Label:Reprise.

Genre:rock.

 

Cortez, perle noire.

 

Le coup de cœur que j’ai pour Zuma (en écoute intégrale ici), septième LP studio de Neil Young, n’est pas le fait de sa pochette, c’est une certitude, tant elle peut concourir aux plus crasses du rock. Celle-ci  fait apparaître, sur fond blanc, le dessin puéril et un peu simpliste d’un oiseau appartenant selon toute vraisemblance à la famille des laridés ; la bestiole ailée chevauche le corps allongé d’une femme ayant enlevé le haut pour souscrire à un bain de soleil dans un désert bordé de cactus, de pyramide... Le décor ramène au thème de la plage comme c’était déjà le cas avec On The Beach. Zuma est d’ailleurs le nom d’une plage de Malibu.

Comme un air de déjà vu aussi du côté du backing band en soutien à Neil Young sur ce disque : le Crazy Horse honore ici sa quatrième collaboration avec le canadien. Frank Sampedro, à la guitare, vient d’intégrer la formation de Los Angeles en remplacement de Danny Whitten dont on connaît maintenant la triste destinée et être la cause du mal-être du Loner depuis trois disques. Sa longue déprime couvre la période 1972/1975.

Zuma nous permet de retrouver un artiste qui reprend petit à petit des couleurs sur le plan moral, plus serein, quoi que la sérénité et la douceur de Zuma ne soient qu’apparentes. Finie la phase sombre, ce qui ne signifie pas que l’on récupère le Young d’Harvest pour autant. Non, Percival est encore et toujours un torturé et son travail se veut une fois de plus le miroir de son état d’esprit.

Cela étant, perturbé ou pas, il nous gratifie ici d’un bien bel album rock, puissamment électrique, inspiré et, au final, pas très éloigné de la tierce discographique la plus noire de sa carrière. Outre Crazy Horse, le canadien s’entoure également de Crosby, Stills, Nash, de Tim Drummond et Russ Kunkel.

Autour d’une écriture tourmentée, en s’appuyant sur un chant hésitant, parfois limite, m’autorisant à penser que Young n’a peut-être jamais aussi mal chanté, l’animal blessé panse ses plaies avec une guitare tantôt cradingue, tantôt lumineuse, qui n’a peut-être jamais été plus expressive que sur Zuma. Signe que la blessure n’est pas totalement cicatrisée, mais qu’il sort de sa crise.        

Le cataplasme qu’il s’applique pour accélérer sa remise sur pied tient lieu de remède de cheval au regard du rock sans fioritures de l’excitant et musclé Don’t Cry No Tears. Mais derrière, la déprime reprend ses droits sous les traits de Danger Bird, sorti d’on-ne-sait-où, un des morceaux les plus profonds de son écriture.

L’agressif Drive Back, Barstool Blues et sa guitare qui hurle, le jubilatoire Stupid Girl alternent avec des ballades comme l’amer Pardon My Heart (acoustique), Looking For A Love, pop, et Through My Sails qui réunit le quatuor mythique de Déjà Vu (Crosby, Stills, Nash & Young).

Mais le nec plus ultra de Zuma, c’est le lumineux et sinistre, le puissant et épique Cortez The Killer qui dénonce la violence de la colonisation du continent américain. Supérieur à 7 minutes, l’avant dernier morceau de cette magnifique collection, interdit d’antenne dans l’Espagne franquiste du moment, recèle un des plus beaux solos de Neil et du rock. Ce disque, malgré ses contradictions, c’est une belle claque (RAZOR©).

 

1. Don't Cry No Tears.

2. Danger Bird.

3. Pardon My Heart.

4. Lookin' For A Love.

5. Barstool Blues.

6. Stupid Girl.

7. Drive Back.

8. Cortez The Killer.

9. Through My Sails.

 

Neil Young:guitares,chant.

Frank Sampedro:guitare rythmique sauf 3/9.

Billy Talbot:basse sauf 3/9,choeurs sauf 9.

 Tim Drummond:basse sur 3.

Ralph Molina:batterie sauf 3/9,choeurs sauf 9.

Stephen Stills:basse,choeurs sur 9.

David Crosby,Graham Nash:choeurs sur 9.

Russ Kunkel:congas sur 9.

LP Studio 9 - 1977

 

Neil young american stars

 

NEIL YOUNG

AMERICAN STARS ’N’ BARS – 1977  3/5

 

Publié le 13 juin 1977.

Produit par Neil Young, David Briggs,Tim Mulligan,Elliot Mazer.

Durée:37:54.

Label:Reprise.

Genre:country-rock,folk-rock,blues-rock,rock.

 

Premier vrai bug.

 

Un coup dans le zig, un coup dans le zag. Neil Young n’a pas son pareil pour désarçonner le plus accro de ses fans. Mais là, ça commence à bien faire. Faut le suivre le gaillard ! Et adhérer, ce qui, en l’occurrence, n’est pas le cas en ce qui me concerne. Je ne suis pas du tout preneur de ce neuvième LP studio.

Pour tout dire, c’est même la première fois depuis que je le fréquente que je me détourne d’un disque du canadien. J’y suis revenu plus tard, mais pour l’heure, lassé par sa énième volte face discographique, j’avoue avoir lâché l’affaire. American Stars ’n’ Bars (en écoute intégrale ici), sauvé sur le gong par Like A Hurricane, et encore ce titre plus porteur est loin d’être un des meilleurs qu’il ait fait, est  son premier bug.

Qu’il émerge de ce lot à dominante country, quoi qu’il aurait gagné à être plus concis, ne surprend personne, tant la matière ici concoctée par son auteur est des plus insignifiantes. American Stars’n’Bars est donc la première vraie défaillance dans l’œuvre du canadien.

Dans ce répertoire manquant sérieusement de liant, surnagent  The Old Country Waltz, Will To Love, Saddle Up The Old Palomino, Bite The Bullet, voire Star Of Bethlehem et c’est à peu près tout.

La pochette, pas plus inspirée que ce qu’elle est supposée promouvoir, est cette fois en conformité avec la médiocrité globale de ce travail incohérent, sans âme et sans but. Il ne faut pas être grand clerc pour reconnaître que Neil Young ne s’est pas beaucoup foulé sur le coup, allant même jusqu’à racler les fonds de tiroir pour boucler le LP.

Les raisons quant à l’incohérence et au manque de qualité de cet album tiennent pour beaucoup dans le fait que les titres composant American Stars ‘N’ Bars étaient initialement prévus pour se retrouver sur un disque country folk dont personne ne verra la réalisation.

Son enregistrement s’est étiré entre 1974 (l’époque tourmentée de Young et d’On The Beach) et 1977 et fait appel à des musiciens et choristes qui donnent cette sensation d’éparpillement de son auteur : les Bullets au niveau vocal pour la première partie country (les cinq premières chansons) et le fidèle Crazy Horse.

Inutile donc de traîner plus longtemps dans les parages de cet American Stars ‘N’ Bars, que l’on réservera aux collectionneurs de préférence. Heureusement que Neil Young n’a pas démarré sa carrière par ce disque (RAZOR©).

 

1. The Old Country Waltz.

2. Saddle Up The Old Palomino.

3. Hey Babe.

4. Hold Back The Tears.

5. Bite The Bullet.

6. Star Of Bethlehem.

7. Will To Love.

8. Like A Hurricane.

9. Homegrown.

 

Neil Young:guitare acoustique,guitare électrique,harmonica,chant.

Tim Drummond:basse.

Kart T. Himmel:batterie.

Ben Keith:dobro,guitare,chant.

Frank Sampedro:guitare acoustique,guitare électrique,mellotron.

Billy Talbot:basse,chant.

Ralp Molina:batterie,chant.

Nicolette Larson,Linda Ronstadt,Emmylou Harris:choeurs.

Carole Mayedo:violon.

LP Studio 10 - 1978

 

Neil young comes a time

 

NEIL YOUNG

COMES A TIME – 1978  4,5/5

 

Publié en octobre 1978.

Produit par Neil Young,Ben Keith,Tim Mulligan,David Briggs.

Durée:35:39.

Label:Reprise.

Genre:folk-rock,country-rock.

 

Un retour aux sources.

 

Comes A Time (en écoute intégrale ici) est l’album de la coolitude faite Young. Apaisé, pas pensé pour se canuler la tête, il a pour vocation essentielle de faire passer un très bon moment à l’auditeur. Et c’est le cas. Sorti en 1978, Neil Young revient à un style country-folk-rock qui lui sied à merveille et à une formule Harvest qu’il maîtrise parfaitement. De quoi faire oublier sa précédente sortie studio très en deçà de ses possibilités, le passable American Stars ‘n’ Bars, et la déception née d’une collaboration discutée avec Stephen Stills dans le Stills/Young Band (Long May You Run).

Depuis plus de 10 ans sur le devant de la scène, avec le Buffalo d’abord, en solo, avec Crazy Horse ou sous la bannière de Crosby Stills Nash & Young, le canadien a visiblement grand besoin de mettre les pouces à une vie trépidante de rock star et de s’aménager un temps de pause, de répit.

Il le met à profit comme il se doit. En retrouvant du calme, ce que transpire ce disque pastoral et léger. Si l’ambiance recherchée s’apparente à ce que Young propose dans sa première de carrière, celle tissée autour de son folk-rock, country-rock soft, la performance obtenue n’égale pas pour autant les grandes heures d’Harvest, référence en la matière. Elle s’en approche comme le démontrent les deux titres qui ouvrent l’album : Goin’ Back et Comes A Time.

Même Crazy Horse, qui d’ordinaire travaille en force sur les LP du Loner, se sont acheté une muselière ici pour respecter le ressourcement du boss. Moins électrique, il n’en est pas moins tout aussi bon, témoins les deux belles pièces que sont Look Out For My Love et Lotta Love auxquels il prend part.

La voix de Nicolette Larson vient soutenir celle de Neil dans une grande harmonie vocale comme c’est le cas dans le seul titre électrifié  de Comes A Time, Motorcycle Mama (avec Already One). A relever, une belle reprise du standard folk signé Ian Tyson et datant des années 1960, le superbe Four Strong Winds (repris en français par Hugues Aufray).

Les mélodies sont très agréables, les textes autobiographiques et d’une grande douceur. S’il n’a pas le label de qualité que l’on réserve à Harvest,  Comes A Time n’en est pas moins un très bel album qui rassure les fans sur les possibilités du Loner  à un moment où sa carrière soulève quelques interrogations. Neil Young sait encore y faire et c’est tant mieux pour notre plaisir (RAZOR©).

 

1. Goin' Back.

2. Comes A Time.

3. Look Out For My Love.

4. Lotta Love.

5. Peace Of Mind.

6. Human Highway.

7. Already One.

8. Field Of Opportunity.

9. Motorcycle Mama.

10. Four Strong Winds.

 

Neil Young:guitare,harmonica,chant.

Frank Sampedro:guitare,chant.

Billy Talbot:basse,chant.

Ralph Molina:batterie,chant.

Tim Mulligan:saxophone.

Nicolette Larson:harmonies vocales.

Ben Keith:steel guitare.

Karl Himmel:batterie.

Tim Drummond:basse.

Spooner Oldham:piano.

Rufus Thibodeaux:violon.

Joe Osborn:basse.

Larrie Londin:batterie.

J. J. Cale:guitare électrique.

Farrel Morris:percussions.

Rita Fey:cithare.

Grant Boatwright,John Christopher,Jerry Shook,Vic Jordan,Steve Gibson,Dale Sellers,Ray Edenton:guitares acoustiques.

Shelly Kurland,Stephanie Woolf,Marvin Chantry,Roy Christensen,Gary Vanosdale,Carl Goroditzby,George Binkley,Steve Smith,Larry Harvin,Larry Lasson,Carol Walker,Rebecca Lynch,Virginia Ghristensen,Maryanna Harvin,George Kosmola,Martha Mccrory,Chuck Cochran:cordes.

LP Studio 11 - 1979

 

Neil young rust never sleeps

 

NEIL YOUNG & CRAZY HORSE

RUST NEVER SLEEPS – 1979  5/5

 

Publié en juillet 1979.

Produit par Neil Young,David Briggs,Tim Mulligan.

Durée:38:16.

Label:Reprise.

Genre:rock,hard rock.

 

Et le visage du rock se met à changer.

 

Dernière étape avant une décennie au cours de laquelle Neil Young va beaucoup  voyager à vide, Rust Never Sleeps (en écoute intégrale ici) clôture en beauté les 70’s, période où se concentre principalement  l’intérêt à porter à son œuvre.

Publié dans le sillage du convaincant Comes A Time, pour lequel le canadien a trempé sa plume dans l’encrier ayant servi pour Harvest, le nouveau disque de l’ancien Buffalo, un hybride mi acoustique, mi électrique, se met dans la poche la nouvelle génération punk qui en fait son demi-dieu sur terre, tout en confortant sa base traditionnelle.

La première face est acoustique, riche et splendide ; la seconde électrique, rugissante, rageuse et remarquable. Cette combinaison de deux ambiances contrastées mais chères à son auteur aboutit à un des plus grands disques du catalogue du Loner.

Enregistré en public mais sans l’ambiance live, exception faite de deux chansons (Pocahontas et Sail Away), pendant la tournée américaine de 1978, Rust Never Sleeps, publié en juillet 79, abrite quelques classiques de Young : Pocahontas, Sedan Delivery, Powderfinger et surtout l’inénarrable déclaration punk  Hey Hey My My, qui ouvre et referme respectivement l’album en question sous deux épitaphes, l’acoustique Out Of The Blue et l’électrique et distordue Into The Black.

Album vendeur (plus d’un million d’exemplaires à sa sortie), huitième du Billboard 200, Rust Never Sleeps est aussi doux et sincère qu’il est rageur et dévastateur, et pour cause, il est placé, pour la deuxième moitié de ses titres, sous la tutelle du Crazy Horse. Comme quoi le Loner a décidemment du mal à couper avec les vieux démons qui ont alimentés sa période ditch. Ceux qui suivent sa carrière savent désormais qu’une peccadille suffit pour réactiver la braise enfouie sous une apparente sérénité.

Ce onzième LP et son standard culte suggérera à Kurt Cobain de Nirvana (mort par suicide en 1994) la réflexion suivante, extraite  de ce titre, et insérée dans la lettre d’adieu expliquant son geste létal : « Mieux vaut exploser en vol que de s’éteindre à petit feu », autrement dit It’s Better To Burn Out Than Fade Away, en anglais dans le texte.

Outre les deux versions de Hey Hey, My  My, le pharamineux Pocahontas et la ballade folk Sail Away, le remarquable Powderfinger, Mother’s Welfare, Thrasher, Sedan Delivery sont autant de merveilles qu’il faut entendre au moins une fois dans sa vie.

Rust Never Sleeps est le joyau par lequel Neil Young, au lieu d’être relégué au rang de vieux chnoque du rock & roll va, au contraire, y prolonger son bail (RAZOR©).

 

1. My My,Hey Hey (Out Of The Blue).

2. Thrasher.

3. Ride My Mama.

4. Pocahontas.

5. Sail Away.

6. Powderfinger.

7. Welfare Mothers.

8. Sedan Delivery.

9. Hey Hey,My My (Into The Black).

 

Neil Young:guitare,harmonica,chant.

Billy Talbot:basse,chant.

Ralph Molina:batterie,chant.

Frank “Poncho” Sampedro:guitare.

Joe Osborne:basse.

Nicolette Larson:chant.

DISCOGRAPHIE 2000.

LP Studio 31 - 2010

 

Neil young le noise

 

NEIL YOUNG

Le Noise – 2010  3,5/5

 

Publié le 28 septembre 2010.

Produit par Daniel Lanois.

Durée:37:59.

Label:Reprise.

Genre:rock.

 

Les deux font la paire.

 

Ecrire une chronique sur le dernier Neil Young me titillait depuis que l’album fut publié. Mais ayant prêté serment, sur la tête de je ne sais plus quel saint, de ne me consacrer uniquement qu’à des albums des années 60/70, je ne voulais pas déroger à cet engagement personnel et sortir de ce cadre.

Et puis, aveu de faiblesse, je tombe dans le panneau de l’affectif, parce que Neil Young et moi, c’est une longue histoire d’amour dont la genèse est fixée à ses débuts dans le Buffalo Springfield. Je craque, et me voilà à commenter le dernier opus du canadien à la voix haut perchée (mais un peu plus fragile), voix toujours aussi caractéristique et reconnaissable en dépit de son âge avancé (65 printemps le 12 novembre 2010).

J’en vois déjà, impatients d’en découdre avec le Loner, qui me tirent la manche : « Et alors ? C’est comment ? Toujours dans le coup, le vieux Neil ? ». Je ne vais pas tergiverser, ni vous faire languir : Le Noise (en écoute intégrale ici), s’il n’est pas un grand disque, n’en est pas moins une bien belle surprise.

Inspiré, brut, dépouillé, essentiellement électrique, Le Noise succède à Fork In The Road de 2009. Il est un face-à-face entre Neil, venu sans groupe, et ses deux guitares, acoustique et électrique, que le canadien alterne avec bonheur. Jamais le surnom de Solitaire (The Loner) ne lui a si bien collé à la peau.

Dès l’entame, le contact est raide, les riffs abrasifs et coupants, les accords de son folk corrosifs, la voix touchante, les textes intelligents et beaux, parfois sombres. Des intermèdes mélancoliques, précieux et raffinés, doux, portés par une guitare acoustique inspirée d’Harvest, s’insèrent dans cet univers râpeux et aux excellents effets sonores (le son est un peu cathédral).

Produit par Daniel Lanois, son alter ego canadien, accompagné de ses grattes, Neil Young, sur ce dernier album (son 34ème, il me semble), frappe un joli coup. Le Noise n’a rien du disque pépère, fait par un pépère pour des pépères. Au contraire, il sonne djeune et redonne un coup de fouet à la carrière du rocker de Toronto, qui a encore les moyens, la matière et la niaque aussi.

Dans les faits, Le Noise propose huit titres aux paroles axées sur l’amour qui fout le camp, la guerre, l’espoir, la colère, la peur du futur. Une balade rock, Walk With Me, ouvre dans une ambiance lourde et cradingue, lardée d’effets et de distorsions. L’homme sait y faire, même seul.

Pendant trente huit minutes, il va à l’essentiel, dans une atmosphère claire/obscure. Les belles mélodies portées par Hitchhiker et Sign Of Love, le réussi Rumblin’, les sublimes acoustiques Love And War et Peaceful Valley Boulevard à eux seuls justifient l’achat de ce beau disque.

Neil Young ne nous y apprend rien qu’on ne connaisse déjà de sa façon de jouer, de sa manière de maîtriser son art, de son aptitude réelle à bien « songwriter ». Par contre, l’association avec Lanois est une réussite. Le vieux est toujours là. Le rock, c’est son terrain, Le Noise abonde en ce sens (RAZOR©).  


1. Walk With Me.
2. Sign Of Love.
3.Someone’s Gonna Rescue You.
4. Love And War.
5. Angry World.
6. Hitchhiker.
7. Peaceful Valley Boulevard.
8. Rumblin.

 

Neil Young:chant,guitares.

 

LP Live - 2011

 

Neil young a treasure

 

NEIL YOUNG

A TREASURE – 2011  3,5/5

 

Publié le 14 juin 2011.

Produit par Neil Young,Ben Keith.

Durée:52:43.

Label:Reprise.

Genre:country-rock,rock.

 

Immersion dans la country.

 

Mais où s’arrêtera-t-il ? Jusqu’où Neil Young va-t-il fouiller ses archives et continuer à en exhumer de savoureuses reliques ? A Treasure (en écoute intégrale ici), dernier épisode en date (2011), nous oblige à une nouvelle halte sur la carrière du Loner. Une énième chasse au trésor. Celle qui dicte la sélection présente sur cet album s’inscrit dans une période vue comme artistiquement stérile par les fidèles partisan du canadien.

Dans sa traversée du désert des années 80, englué dans les voies boueuses  de l’électro et de la new wave, du rockhabilly,  plus rien (hormis Old Ways) ne relie Neil Young de l’artiste prolifique et inspiré de l’époque Harvest.  L’homme est assez intelligent et lucide pour s’en apercevoir.

Aussi, dans le sillage du très countrysé Old Ways (c’était l’année du Farm Aid), dont  Geffen Records rejettera le principe du caractère anti-commercial (la country n’était pas en odeur de sainteté auprès de la masse, ni compatible avec la notion de rentabilité) et poursuivra Young devant les tribunaux pour avoir dérogé aux règles du contrat les unissant, le Loner part en tournée de promotion (1984/85) avec, pour compagnon, l’International Harvesters (Nashville).

Si les diverses archives exhumées jusqu’alors nous ont révélées le Young à cheval entre acoustique et électrique, passant du folk au rock, elles nous rappellent via l’épisode A Treasure que Young a tâté et bien, de la country. Certains de ses LP en distillent ça-et-là avec parcimonie et à bon escient ; ils ont généralement été accompagnés de commentaires plutôt élogieux.

Pour l’heure, l’intermède qu’il s’offre ici a le museau à fond dans le genre. Tant pis pour ceux qui ont du mal avec ce choix musical, tant mieux pour les autres.  Quoi que le fougueux Grey Riders et les près de huit minutes de Southern Pacific (que l’on trouve sur l’album Re-Actor) possèdent ce petit côté rock qui ne déplaira pas aux allergiques.

Parmi les 12 titres live compilés et archivés pour la circonstance, 5 sont inédits comme le délicieux Amber Jean (en hommage à sa fille Amber, née juste avant la tournée en question), Let Your Fingers Do The Walking, l’original et torride Soul Of A Woman, Nothing Is Perfect et Grey Riders.

Flying On The Ground Is Wrong remonte, par contre, au premier Buffalo, tandis que Are You Ready For The Country figure sur Harvest (1972). Le regretté Ben Keith (mort en 2010) qui œuvre à  la pedal steel guitare, Rufus Thibodeaux, le violon déjanté de la country, Bill Drummond, bassiste, Anthony Crawford (guitare, banjo), Karl Himmel (batterie), le pianiste Spooner Oldham (relayé par Hargus « Pig » Robbins sur  les trois derniers titres sur lesquels la basse échoit à Joe Allen) constituent le line-up complice, compétent, homogène et motivé, sélectionné par l’œil avisé du canadien.

Chaque médaille, fut-elle d’or, a son revers. Comme c’est résolument country, tout le ton du disque s’installe dans un état d’esprit similaire, ce qui signifie qu’il peut parfois, au fil de l’écoute, engendrer une certaine sensation de monotonie ou de répétitivité. Au final, si trésor, il y a, il faut bien creuser. On retiendra surtout les pistes jamais publiées préalablement, l’International Harvesters (de vrais pros de sessions) et son super pedal steel player, Ben Keith.

Je crois surtout que le véritable trésor de ce disque est de permettre de découvrir une nouvelle facette de Young, pas la plus populaire mais certainement pas la pire comme j’ai pu le lire par ailleurs. Il ressort que ce disque déterré a une vraie raison d’être auprès des inconditionnels de musique  de terroir et des fans de Young qui ne laissent rien passer sur leur idole.

Quant à moi, je l’ai écouté. J’ai apprécié, mais n’ai pas l’intention de l’acquérir à n’importe quel prix, non pas que la performance du moment soit inintéressante ou mauvaise, mais mes centres d’intérêt pour Young portent sur d’autres périodes de sa carrière. Et si, réflexion faite, le vrai trésor de cette publication était l’International Harvesters Band ? (RAZOR©).

 

1. Amber Jean.

2. Are You Ready For The Country?

3. It Might Have Been.

4. Bound For Glory.

5. Let Your Fingers Do The Xalking.

6. Flying On The Ground Is Wrong.

7. Motor City.

8. Soul Of A Woman.

9. Get Back To The Country.

10. Southern Pacific.

11. Nothing Is Perfect.

12. Grey Riders.

 

Neil Young:guitare,chant.

Ben “Long Grain” Keith:pedal steel guitare,lap steel guitare,chant.

Anthony Crawford:guitare,banjo,chant.

Rufus Thibodeaux:violon.

Spooner Oldham:piano.

Tim Drummond:basse.

Karl Himmel:batterie.

Hargus “Pig” Robbins:piano sur 10/11/12.

Joe Allen:basse sur 10/11/12.

Matraca Berg,Tracy Nelson:chœurs sur 11.

 

LP Studio 32 - 2012

 

Neil young americana

 

NEIL YOUNG & CRAZY HORSE

AMERICANA – 2012  4/5

 

Publié le 5 juin 2012.

Produit par Neil Young,John Hanlon,Mark Humphreys.

Durée:56:50.

Label:Reprise.

Genre:rock,hard rock,folk-rock,Americana.

 

L’effet Crazy Horse.

 

Il faut remonter à 2010 pour situer le dernier album studio de Neil Young (Le Noise), mais cela fait neuf ans (Greendale/2003) que le canadien n’a pas enregistré avec ses potes de 40 ans, le mythique Crazy Horse.

Pour l’événement, car c’en est un, l’attelage des meilleures heures est ressorti du ranch et recomposé au grand complet. Billy Talbot, Ralph Molina et Poncho Sampedro (absent sur Greendale) pointent à l’appel d’Americana (en écoute intégrale ici) qui doit être, si je ne m’abuse quelque chose comme le numéro 34 de son impressionnante et pléthorique discographie.

Il n’aura pas fallu trente secondes pour que tout ce joli monde soit sur la même longueur d’onde de cet Americana qui, comme tout l’indique, rassemble un lot de classiques empruntés au folklore ricain : Oh Susannah, Clementine, This Land Is Your Land, High Flyin’ Bird (Jefferson Airplane), Tom Dooley, Gallows Pole (Led Zep)…

Young et ses acolytes revisitent une Amérique certes galvaudée, mais collant encore de près à cette actualité, les paroles dont certaines sont centenaires, étant toujours aussi pertinentes des décennies plus tard, et lui font subir un traitement sonique sans ménagement.

Ces airs que le temps a érodés, Pépère et ses Chevaux Fous prennent un malin plaisir à leur donner une seconde jeunesse, façon Loner. Les guitares incendiaires frémissent, se distordent comme jamais, perforant quelques tympans au passage, ça réverbère, ça bastonne et ça délire de toutes parts.

Young fait le reste, comme quand il livrait ses joutes les plus épiques avec le Crazy Horse. A 67 balais, le plus américain des canadiens est toujours aussi vert, incisif, et poignant, la voix est toujours aussi crade et limite, mais le toujours jeune homme a encore envie d’en découdre, de donner de l’émotion et vous voudriez qu’on manque ça ?

Faudrait être un sacré bolosse pour passer à côté d’Americana, je vous le dis, qui plus est par les temps de disette actuels. Le pari était osé, mais au final, Young qui jouit d’une grande liberté artistique, réussit parfaitement sa gageure de faire du neuf (et quel neuf !) avec du vieux, de transformer ce répertoire-solution de facilité délicat, parce qu’entré dans la culture populaire, en un brûlot rock labellisé Young. C’est vraiment comme à la bonne époque, ça envoie du lourd, sans temps morts, sans limite. Les retrouvailles sont joyeuses. Serait-ce l’effet Crazy Horse ? Trop fort, le vieux ! Je vous fiche mon billet qu’Americana tiendra largement son rang dans la production de 2012. On parie ? (RAZOR©)

 

1. Oh Susannah.

2. Clementine.

3. Tom Dooley.

4. Gallows Pole.

5. Get A Job.

6. Travel On.

7. High Flyin’ Bird.

8. She’ll Be Comin ’Round The Mountain.

9. This Land Is Your Land.

10. Wayfarin’ Stranger.

11. God Save The Queen.

 

Billy Talbot:basse.

Ralph Molina:batterie.

Poncho Sampedro:guitare.

Neil Young:guitare,chant.

 

LP Studio 33 - 2012

 

Neil young psychedelic pill

 

NEIL YOUNG & CRAZY HORSE

PSYCHEDELIC PILL – 2012

 

Publié le 30 octobre 2012.

Produit par Neil Young,John Hanlon,Mark Humphreys.

Durée:87:41.

Lable:Reprise.

Genre:rock,hard rock,folk-rock.

 

Papy fait de la résistance.

 

Le père Young en a encore sous la semelle, c'est le moins que l'on puisse reconnaître au regard de son dernier album : Psychedelic Pill (en écoute intégrale ici). Americana, constitué de reprises de standards de la musique américaine et une autobiographie Waging Heavy Peace ont meublé le temps du canadien depuis 2010 et la sortie du mitigé The Noise, au point que certains, impatients de le voir recomposer au plus haut niveau et de proposer des originaux, y voient une panne d'inspiration avérée de l'artiste (ce qu'il craint selon sa biographie) et que d'autres, désabusés par ses derniers objectifs, commencent à perdre confiance en Young.

Le Loner a le chic de n'être jamais là où on l'attend (la lecture de ses mémoires le confirme) et pour le coup, il fait encore montre de son côté imprévisible. Qui l'attendait avec un album aussi long (pas loin de 90 minutes), le plus long qu'il n'ait jamais réalisé et qui vire au double CD, voire au triple vinyle ?

Qui pouvait imaginer qu'il nous ponde un titre tentaculaire et épais à plus de 27 minutes (Driftin' Back) ? Qu'il retrouve pour la deuxième fois de l'année (Americana) son légendaire et fidèle backing band, Crazy Horse, relève du normal. Par contre, il signe pour l'occasion huit nouveaux titres, ce qui pour quelqu'un qui se dit affecté par le syndrome de la page blanche, n'est quand même pas mal. Le paradoxe Neil Young...

Driftin' Back annonce la couleur d'entrée. On parle de rock ici et rapidement le genre de bœuf initial rassure sur le touché de Neil Young qui ne souffre d'aucune atteinte arthritique ; les années n'ont aucune emprise sur lui, l'affaire a la vitalité qu'on aime chez lui.

Cette sorte de jam interminable et parfois improvisée est jouissive, d'autant plus que les potes de plus de 40 ans (la première collaboration remonte à 1969 et Everybody Knows This Is Nowhere), toujours aussi solides au poste et chargés d'électricité comme jamais, jouent quasiment les yeux fermés, laissant au chef le soin de placer, sous le régime de la torture, son instrument de prédilection.

On pourrait arguer la longueur des morceaux de l'album qui à l'image du furieux et acidulé Driftin' Back (27 :36) et à force, pourraient générer l'ennui ; même pas. Ramada Inn (16:49) et Walk Like A Giant (16:27) à propos d'un rock qui pouvait changer le monde, autres galops impétueux sans une quelconque bride sur le cou, on en r'demande tous les jours.

Pour équilibrer sa nouvelle œuvre, Young alterne les plages rock étirées avec des pièces plus dans les normes (entre 3 et 4 minutes pour 5 d'entre elles), She's Always Dancing culminant à 8 :33.

Parmi celles-ci, la chanson titre (dont une version alternative clôture l'album), lourde et renforcée par un effet flanger saisissant, Born In Ontario qui ramène à la terre qui l'a vu naître et Twisted Road qui réfère aux influences artistiques du bison canadien (Dylan, Dead...), toutes deux faites dans un même moule country-rock dans lequel le Loner + Crazy Horse excellent.

For The Love Of Man est une belle ballade aussi classique et simple que sincère. Reste She's Always Dancing, sorte de chevauchée guitaristique familière chez le canadien (Like A Hurricane ou Cowgirl In The Sand), doublée d'une belle et grande mélodie.

Si on fait les comptes, la pilule en question passe comme une lettre à la poste. La prise de risque est récompensée. Au trente-cinquième échelon de son catalogue studio, le vieux s'offre une vivifiante cure de jeunesse façon Ragged Glory ou Rust Never Sleeps.

Sa collaboration avec son groupe de fidèles musiciens relève plus que jamais du sublime : Young + Crazy Horse, c'est un label dont les groupes rock du moment feraient bien de s'inspirer. Papy fait de la résistance. Il a encore de belles heures devant lui. Quant au blocage devant la page blanche, mon cul, Neil. Pas sur ce que tu nous balances ici. Il a de la gueule ton album. A l'heure actuelle, il y a bien plus lamentable que toi. Au fait, c'est vrai cette histoire comme quoi t'aurais lâché le tarpé ? (RAZOR©).

 

1. Driftin' Back.

2. Psychedelic Pill.

3. Ramada Inn.

4. Born in Ontario.

5. Twisted Road.

6. She's Always Dancing.

7. For the Love of Man.

8. Walk Like a Giant.

9. Psychedelic Pill (Alternate Mix).

 

Neil Young:chant,guitare.

Billy Talbot:basse,chant.

Ralph Molina:batterie.

Frank Sampedro:guitare.

Dan Greco:tambourin,cloche.

 

LP Live - 2013

 

Neil young live at the cellar door

 

NEIL YOUNG

LIVE AT THE CELLAR DOOR – 2013  4/5

 

Publié le 10 décembre 2013.

Enregistré entre le 30 novembre et le 2 décembre 1970.

Produit par Neil Young.

Durée:45:06.

Label:Reprise.

Genre:rock,folk-rock,country-rock.

 

Young à la croisée des chemins.

 

Les archives de Neil Young doivent regorger de belles pièces. Celle que le marché nous exhume en cette fin 2013 n’est pas vilaine dans son genre. Le Live At The Cellar Door (en écoute intégrale ici), émis le 10 décembre dernier, nous ramène à l’époque où l’artiste, après l’épisode Buffalo et d’excellents débuts en solo (Neil Young/1968), confirmés par Everybody Knows This Is Nowhere en 1969 et par Déjà Vu (1970) avec ses acolytes Crosby, Stills et Nash, devient la star montante de l’année 70 et ce, d’autant plus qu’After The Gold Rush, sorti fin août, marque une troisième réussite personnelle d’affilée.

Neil Young, à un moment-clé de sa carrière puisqu’il s’est récemment désolidarisé de CSN &Y, alors groupe majeur du rock, est, en cet hiver 70, dans une phase transitoire qu’il met à profit en organisant, entre le 30 novembre et le 2 décembre, une série de 6 concerts à Washington. Le club du Cellar Door sert de cadre à ce concert intimiste du canadien révélé au grand public 43 ans plus tard.

Le Cellar Door est un petit club de musique qui a connu ses heures de gloire entre 1965 et 1981. Petit certes, avec ses 200 places, mais très prisé des artistes qui peuvent ainsi véritablement communier avec leurs fans. Petit et intime, qui a vu se succéder tout ce que le rock compte de stars : Gram Parsons, J.J. Cale, les Flying Burrito Brothers, Miles Davis, Richie Havens, James Taylor, Carole et B.B King…

Chronologiquement, l’événement qu’on nous jette en pâture dans les bacs précède et surtout prépare au Carnegie Hall new-yorkais (4 et 5 décembre 70) qui est alors l’étape la plus déterminante du parcours d’un Young prêt à jouer gratuitement dans ce lieu mythique. A Washington, le Loner se projette sur cette date capitale pour lui et pour laquelle il a déjà décidé d’un concert intime, dépouillé où la forme acoustique prévaut.

Cette ultime répétition de Cellar Door annonce le triomphe de Carnegie Hall et démontre son aptitude à briller sans le Crazy Horse ou ses compères du légendaire quatuor. Young sait désormais qu’il peut voler de ses propres ailes, d’autant plus qu’il est un auteur-compositeur avisé et qu’il vient de signer l’excellent After The Gold Rush dont 5 titres servent de base à la présente prestation : Tell Me Why, After The Gold Rush, Only Love Can Break Your Heart, Birds, Don’t Let It Bring You Down.

Cinnamon Girl et Down By The River qui figurent sur l’album Everybody Knows This Is Nowhere, See The Sky About To Rain que l’on retrouvera sur On The Beach (1974), Old Man sur Harvest (72), Flying On The Ground Is Wrong (Buffalo Springfield 67), Expecting To Fly (Buffalo Springfield Again 67) et I Am A Child (Last Time Around 68) de la période Buffalo, ainsi que Bad Fog Of Loneliness, prévu à l’origine pour le Johnny Cash Show, mais finalement annulé, pour réapparaître sur Live At Massey Hall (1971), complètent le set de ce beau concert nocturne.

Ici, c’est donc du Young seul, sans harmonies vocales ni guitares électriques, pastoral, acoustique ou installé derrière son piano. Du Young naïf qui se fout quasiment à poil. Du Young toujours sous influence des drogues et qui peut parfois se perdre dans des versions curieuses et maladroites comme celle de l’attractif Cinnamon Girl (c’était sa première interprétation de cette chanson au clavier) ou complètement s’égarer dans un (trop) long Flying On The Ground Is Wrong, improvisé et visiblement là pour meubler.

Le reste est encore du Young, mais celui qu’on vénère : plaintif à la voix inégalée, poignant, convaincant, introspectif, obsédant, passionnant, cohérent, chargé d’émotion. Le canadien de 25 ans trouve le moyen de plaisanter avec son auditoire, le courant semble bien passer entre les deux.

Comme le son est d’enfer, vous avez tout à fait le droit d’imaginer cette intéressante exhumation d’archives, historiquement importante je le rappelle, comme prochain cadeau pour papy (RAZOR©).

 

1. Tell Me Why.

2. Only Love Can Break Your Heart.

3. After the Gold Rush.

4. Expecting to Fly.

5. Bad Fog of Loneliness.

6. Old Man.

7. Birds.

8. Don't Let It Bring You Down.

9. See the Sky About to Rain.

10. Cinnamon Girl.

11. I Am A Child.

12. Down by the River.

13. Flying on the Ground Is Wrong.

 

Neil Young:guitare,piano,chant.

 

LP Studio 34 - 2014

 

Neil young a letter home

 

NEIL YOUNG

A LETTER HOME – 2014  3,5/5

 

Publié le 19 avril 2014.

Produit par Neil Young.

Durée:39:25.

Label:Third Man Records.

Genre:folk-rock.

 

Un travail de basse technologie...

 

Avec Neil Young, on n’est jamais au bout de nos surprises. Celle qu’il nous a concoctés en 2014 avec son dernier jet, A Letter Home (en écoute intégrale ici), c’est, après Americana et Psychedelic Pills, de revenir vers nous avec un disque pour le moins curieux. Mais le canadien n’est pas à un paradoxe près, il n’est jamais là où on l’attend, c’est de notoriété publique.

Le gratiné de sa démarche du moment est de pondre un trente-cinquième album (acoustique et harmonica), en décalage complet avec son implication très marquée en faveur de la qualité sonore dans la musique numérique en lançant pour ça son propre baladeur musical et d’un service de téléchargement haute définition (projet Pono). A l’heure où il joue la carte du son, c’est justement sur le terrain qu’A Letter Home détonne.

Il contraste à ce niveau, mais l’engagement de Young dans une voie diamétralement opposée est totalement délibéré et sous contrôle. Le Loner ne fait jamais les choses comme les autres et quand il les prend en main, il les transcende généralement. Même quand il réalise sciemment un travail de basse technologie comme il le définit lui-même, il arrive à émouvoir. A Letter Home dégage une merveilleuse nostalgie.

On l’attendait avec un répertoire nouveau, il nous revient avec des chansons de Bob Dylan, Tim Hardin, Phil Ochs, Gordon Lightfoot, Ivory Joe Hunter, Bert Jansch, Bruce Springsteen, de Willie Nelson ou encore des Everly Brothers. Que des grandes signatures. Passe encore, l’emprunt est plutôt annonciateur de beaux moments, Neil sachant aussi s’approprier les compositions d’autrui, à plus forte raisons quand elles s’avèrent être celles qui ont marqué sa vie personnelle.

A condition de ne pas prendre en otage ce son à l’ancienne, l’album ayant été enregistré dans des conditions rustiques avec Jack White (ex- White Stripes), complice du moment, la galette, faite pour le label de ce dernier (Third Man Records) vaut le détour.

Cette collection inédite au son roots, réalisée en espace clos et dans l’idée de les rendre vintage, via une cabine d’enregistrement « primitive » datant des années 40 et le Voice-O-Graph, technique qui consiste à presser en mono, dans les conditions du direct et à l’ancienne, est au final assez étonnante. Elle s’ouvre sur une lettre déclamée à sa mère décédée et enchaîne généreusement avec des grandes pages country-folk du répertoire populaire US.

La reprise de l’écossais Bert Jansch vaut également son pesant de chips. Elle a mes faveurs ici ; il ne fait aucun doute que Needle Of Death a inspiré son The Needle And The Damage Done (Harvest/1972).

A l’heure du bilan, il ressort de ce disque anachronique et cromagnonesque surprenant, grésillant, craquant, brut de décoffrage, une belle cohérence mais surtout une grande authenticité. C’est plein de charme et de chaleur. Moi, ça m’a bien plu ; pas sûr qu’il en soit de même pour tout le monde. Mais bon, chacun voit midi à sa porte, comme on dit (RAZOR©).

 

1. A Letter Home Intro.

2. Changes.

3. Girl from the North Country.

4. Needle of Death.

5. Early Morning Rain.

6. Crazy.

7. Reason to Believe.

8. On the Road Again.

9. If You Could Read My Mind.

10. Since I Met You Baby.

11. My Hometown.

12. I Wonder If I Care as Much.

 

Neil Young:guitare,harmonica,chant.

Jack White:chant,piano sur 8/12.

 

LP Studio 35 - 2014

 

Neil young storytone

 

NEIL YOUNG

STORYTONE – 2014  3,5/5  

 

Publié le 4 novembre 2014

Produit par Neil Young,Chris Walden,Niko Bolas,Michael Bearden,Cindi Peters.

Durée:41:32.

Label:Reprise.

Genre:folk-rock,rock symphonique,big band.

 

Les anciens ont la main chaude. Après Plant, Cohen, Pink Floyd, ACDC ou U2, c’est au tour de Neil Young de publier son LP. De quoi compliquer le choix de cadeaux pour Noël. Pour le canadien, c’est même le deuxième de l’année 2014 puisqu’il nous a gratifiés en mai dernier du surprenant et artisanal  A Letter Home. Le compteur discographique studio du Loner affiche désormais 35. Cet hyper actif ne s’arrête donc jamais.

Storytone (à écouter ici), son nouveau projet, disponible sur sa plateforme participative digitale Pono qu’il défend au motif de supplanter en qualité, avec son baladeur haute résolution, le format MP3, est ambitieux et rajoute encore à l’énigme Young.

En dix titres, il se montre sous deux visages : solo et acoustique pour le premier disque (version Deluxe), symphonique et avec chœurs pour la seconde version. Que faut-il en penser ?

Le plus déstabilisant de nos vétérans du rock suscite autant d’admiration et de respect que d’interrogations dans sa quête artistique du moment. En 50 ans de carrière, la légende country folk et rock nous a tellement souvent fait le coup de ne jamais être là où tout le monde l’attend que ce énième changement de cap, toujours aussi audacieux, ne constitue pas une vraie surprise. On sait maintenant à quoi s’attendre avec lui.

Young et l’acoustique, on connaît. Young avec un orchestre symphonique ou un big band au cul, c’est du déjà vu aussi. Souvenez-vous des deux titres alors enregistrés sur Harvest (1972), A Man Needs A Maid et There’s A World.

Là, sur Storytone, il croone à l’ancienne avec l’orchestre de 92 instruments. Avec le timbre de sa voix, c’est loin d’être le meilleur de ce qu’il a fait en 5 décennies. Les fans du Young + Crazy Horse, avec du gros son, savent donc à quoi s’en tenir.

Storytone n’est pas leur environnement. Ni le mien et je trouve même un peu pitoyable que ce rocker ait osé se fourvoyer dans cette voie. Comme quoi on ne peut pas tout oser.

Dans la version Deluxe, plus acoustique et dépouillée, on retrouve, autour des mêmes titres, un Loner plus familier, plus fragile, celui des Prairie Wind. Elle est supérieure, mais est-elle indispensable ?  C’est une autre question.

Conclusion, le Young orchestral et crooner, on oublie. L’autre est plus crédible mais pas mémorable pour autant. On va dire 3,5 piur contenter tout le monde (RAZOR©).

 

1. Plastic Flowers.

2. Who's Gonna Stand Up?

3. I Want to Drive My Car.

4. Glimmer.

5. Say Hello to Chicago.

6. Tumbleweed.

7. Like You Used to Do.

8. I'm Glad I Found You.

9. When I Watch You Sleeping.

10. All Those Dreams.

DISCOGRAPHIE 70'S SOUS CROSBY STILLS NASH & YOUNG

LP Studio CSN & Y 1 - 1970

 

Crosby stills nash young deja vu

 

CROSBY STILLS NASH & YOUNG

DEJA VU – 1970  5/5

 

Publié le 11 mars 1970.

Produit par Crosby,Stills,Nash,Young.

Durée:36:24.

Label:Atlantic.

Genre:rock.

 

De la race des cadors.

 

Qui pourrait trouver un seul petit caillou dans la chaussure de Déjà Vu (en écoute intégrale ici) ? Ce LP, par lequel le trio initial Crosby Stills et Nash, bénéficiant du renfort de Neil Young, entre dans le cercle fermé des légendes du rock, est un indéboulonnable monument de la west coast depuis sa sortie au début des années 70.

Une merveille, le disque quasi parfait, dont on aurait aimé, au regard de la qualité qu’il véhicule, qu’il dure beaucoup plus longtemps encore. Le coffre à dithyrambes n’est pas assez grand pour y puiser le qualificatif, que dis-je le superlatif, qui s’attache à son endroit. Déjà Vu est Le Disque ! 

Le contexte, pour bien s’en imprégner. L’équipée sauvage la plus mythique de Los Angeles prend forme autour d’un trio de grand trois frustrés du rock, David Crosby, le brave nounours viré des Byrds alors qu’il en fut un des maillons forts ; Graham Nash, pourvoyeur dominant et compétent, dont le talent de compositeur ne suffit cependant pas aux Hollies pour supplanter les Beatles et qui fait le grand saut pour Laurel Canyon, histoire de s’éloigner de son statut d’artiste pop ; Stephen Stills enfin,  dont l’expérience Buffalo Springfield, précurseur du country-rock, est loin des attentes du milieu, la faute à une tendance un peu trop répétée au nombrilisme, à des accès de colère et des caprices de star. Tous sont de merveilleux musiciens, voire plus pour Stills qui brille avec un égal talent derrière toutes sortes d’instruments, de grands chanteurs dont les tessitures vocales sont à l’origine des plus belles harmonies que le milieu rock ait jamais entendues, et des songwriters de haut niveau.

De par la réussite collant à son remarquable premier LP éponyme en mai 1969, la triade angeline se voit contrainte, malgré tout, de solidifier sa structure avant de se lancer dans la promo de ce disque. Il découle de cette volonté de durcir le son, la décision d’ouvrir les portes au quatrième larron, Neil Young, un ancien de la maison Buffalo comme Stills, engagé dans une carrière solo depuis 1968.

Déjà Vu est publié quelques mois après que le quatuor soit apparu à Woodstock pour une prestation qui prête encore aujourd’hui à controverse. Construit autour de quatre auteurs, de quatre voix, il fait figure de best of, tant il est alimenté par les immortels classiques de ces  mousquetaires du rock. Déjà Vu installe ce qui va faire le label CSN & Y : les fameuses harmonies vocales. Qui plus est, chaque acteur met au service du collectif un lot de chansons et un style instrumental qui dotent l’album d’un cachet particulier.

Stills, le sanguin, fait dans la fougue, le panache et n’a pas son pareil pour métisser rock, folk et country. Crosby le hippie tire son groupe vers un environnement plus psychédélique et planant tandis que Nash, faux flegmatique british calibre son écriture pop pour le passage radio. Young, avec sa voix haute perchée et ses méchants coups de guitare, fait du Young. L’association de ces quatre leaders aux egos bien dimensionnés donne le jour à un disque hétéroclite qui alterne entre rock et ballades. La sanction ne se fait pas attendre : N°1 du Billboard.

La jeunesse contestataire de l’époque fait son phare, ce qui ne surprendra personne à l’écoute des paroles de Teach your Children  (Graham Nash) et Our House, Almost Cut My Hair de David Crosby, trop à l’étroit, à mon goût, au milieu de ces fortes têtes pour pouvoir donner libre cours à un talent créatif réel.

L’album recèle également un titre emprunté à Joni Mitchell et rendant hommage à Woodstock, un Everybody I love You fort des envolées de guitare entre Young et Stills, ainsi qu’une pépite du nom de Helpless.

Ecolo, pacifiste, antisocial, CSN & Y était le symbole de la contre-culture mais la paix au sein de la formation n’ayant jamais été le maître-mot pour raisons de drogues, d’égos, de projets personnels et j’en passe, CSN & Y se sépare en 1970, quelques mois seulement après Déjà vu.

Neil Young, n’ayant jamais réellement adhéré aux desseins artistiques de CSNY, s’est peu à peu désolidarisé pour se la jouer solo à donf. Grand bien lui a pris. Crosby, Stills and Nash ont continué de leur côté. De temps en temps, au gré des humeurs et des intérêts commerciaux, ils retapent le bœuf ensemble…

Déjà Vu est un chef d’œuvre indémodable qui a suscité et qui suscite encore bien des vocations musicales aujourd’hui. De la race des cadors et infiniment culte (RAZOR©).

 

1. Carry On.

2. Teach Your Children.

3. Almost Cut My Hair.

4. Helpless.

5. Woodstock.

6. Déjà Vu.

7. Our House.

8. 4 + 20.

9. Country Girl/Whiskey Boot Hill/Down, Down, Down/Country Girl (I Think You're Pretty).

10. Everybody I Love You.

 

David Crosby:guitare,chant.

Stephen Stills:guitare,basse,claviers,chant.

Graham Nash:guitare,claviers,chant.

Neil Young:guitare,harmonica,piano,chant.

Jerry Garcia:steel guitare,guitare slide.

Greg Reeves:basse,percussions.

John Sebastian:harmonica.

Dallas Taylor:percussions,batterie.

 

LP Live 1 - CSN & Y - 1971

 

Crosby stills nash young 4 way street

 

CROSBY STILLS NASH & YOUNG

4 WAY STREET – 1971  5/5

 

Publié le 7 avril 1971.

Produit par Crosby Stills Nash & Young.

Durée:76:00.

Label:Atlantic.

Genre:rock.

 

Individuel et collectif à la fois.

 

Premier album live du quatuor magique, 4 Way Street (en écoute intégrale ici) sort en avril  1971.Passons sur les lauriers qui ont couvert, n’ayons pas peur des mots, cette œuvre d’art.

Il consiste en un double LP enregistré au hasard de concerts à New York, à Chicago et à L.A en 1970. Mi acoustique, mi électrique, 4 Way Street est la troisième fois que Crosby, Stills & Nash collaborent sur un disque (le premier live aussi). Avec Young, c’est la deuxième fois après l’immense Déjà Vu qui précède.

4 Way Street culmine en tête du Bilboard Top Albums et ce, en dépit de tensions internes qui ont accompagnées son enregistrement. Extrêmement bon et varié, 4 Way Street est une vitrine pour les compositions individuelles des quatre membres.

Cet album capte tout ce qui fait la beauté de ce quatuor, leur folk (ou folk rock), leurs textes et leurs incomparables harmonies vocales. Il marque aussi la fin d’une aventure, puisqu’à la sortie de 4 Way Street, Neil Young est déjà parti. Crosby et Nash en font de même pour se lancer dans des projets personnels.

Cet album, qui compte quelques compositions solos de Neil Young, notamment le sublime Ohio, retranscrit bien le mal-être et la rage qui animent la génération de cette époque. Les autres perles, que cet album garde jalousement, sont les longs Southern Man et Carry On, Right Between The Eyes, Triad et The Lee-Shore sur lesquels on peut découvrir le talent de Crosby à l’écriture.

Et puis Find The Coast Of Freedom, Love The One You’re With, Black Queen en offrent encore plus en alimentant un final mémorable. Encore un indispensable qui a été vendu à plus de 4 millions d’exemplaire. Ca signifie quelque chose, non ? (RAZOR©)

 

Disque 1.

1. Suite:Judy Blue Eyes.
2. On The Way Home.
3. Teach Your Children.
4. Triad.
5. The Lee Shore.
6. Chicago.
7. Right Between The Eyes.
8. Cowgirl In The Sand.
9. Don't Let It Bring You Down.
10. 49 Bye-Byes / America's Children.
11. Love The One You're With.
12. King Midas In Reverse.
13. Laughing.
14. Black Queen.
15. Medley:The Loner/Cinnamon Girl/Down By The River.

Disque 2.
1. Pre-Road Downs.
2. Long Time Gone.
3. Southern Man.
4. Ohio.
5. Carry On.
6. Find The Cost Of Freedom.

 

Graham Nash:chant,guitare,piano.

David Crosby:chant,guitare.

Stephen Stills:chant,guitare.

Neil Young:chant,guitare.

DISCOGRAPHIE STILLS-YOUNG BAND.

LP Studio Stills/Young Band - 1976

 

Stills young band long may you run

 

THE STILLS/YOUNG BAND

LONG MAY YOU RUN – 1976  3,5/5

 

Publié le 20 septembre 1976.

Produit par Tom Dowd,DonGehman,Stephen Stills,Neil Young.

Durée:39:10.

Label:Reprise.

Genre:rock.

 

Le tout à l’égo.

 

Pris individuellement, rien à redire. De Crosby à Young, en passant par Nash et Stills, tous ont réussi une brillante carrière. En quatuor, en trio ou en duo, les différentes permutations ou combinaisons incestueuses au sein de cette communauté d’artistes ont donné lieu à des petits combos notoires : Crosby Stills Nash & Young, Crosby Stills & Nash, Crosby & Nash, Stills & Young.

Dans la première moitié de l’année 1976, c’est à Stephen Stills et Neil Young de se prêter à une association : le Stills-Young Band. Si Crosby et Nash sont en mesure de le faire, pourquoi pas eux, les deux anciens piliers du Buffalo Springfield et certainement les plus populaires de ces mousquetaires du rock?

Il est vrai que l’idée de réunir les maillons forts du Buf’ a de quoi séduire. Les deux compères sont excités à l’idée de pouvoir retrouver l’interaction qui fut la leur entre 66 et 68, de reprendre le Buffalo là où ils l’avaient laissé dix ans auparavant… Ils sont supposés être sur la même longueur d’ondes.

A ce stade de sa carrière, entre Zuma (1975) et American Stars ‘n’ Bars (1977), Neil Young prévoit, comme c’était annoncé à la presse, de publier Chrome Dreams avec le Crazy Horse que Percival a engagé dans une tournée (Europe et Japon). Le projet discographique tombe à l’eau, ne sortira jamais, les titres pressentis étant progressivement inclus sur des LP ultérieurs. Il s’offre donc le luxe d’un intermède vynilique avec son ami Stills, Long May You Run (en écoute intégrale ici), avant de faire un extra avec le Band (The Last Waltz) pour son concert d’adieu au Bill Graham’s Winterland Ballroom, le jour de Thanksgiving 1976.

Stephen Stills, après la mémorable expérience Manassas, sort un troisième LP solo. Bide. Il n’est pas dans la meilleure phase de sa carrière. Dans le même temps, il s’attelle à réactiver Crosby Stills Nash & Young et à repartir en tournée avec de nouveaux morceaux. Un album est entrevu (Human Highway), jamais achevé, la faute aux relations pourries qui plombent le groupe.

Crosby et Nash prennent le parti du duo. C’est l’option retenue également par Stills et Young. Des divergences quant au backing band retenu pour les accompagner sur la route minent cette entreprise qui va vite s’avérer furtive. Stills fait le choix de musiciens de sessions tandis que le Loner veut imposer son Crazy Horse pour des raisons contractuelles. Stills aura le dessus.

Mais l’histoire de cet album ne s’arrête pas là ; elle va même plus loin dans la mesure où Crosby et Nash, alors accaparés par la réalisation de leur (mauvais) album Whistling Down The Wire auquel ils accordent la primeur, sont invités par Young à faire les harmonies  sur quelques titres de Long May You Run. Tout s’apparente alors à ce que le quatuor ne se reforme et que le projet du duo Stills/Young ne vire finalement à un disque CSN & Y. Crosby et Nash ont la tête ailleurs. Cela n’est pas du goût de tout le monde (suivez mon regard…), aussi les voix de Nash et Crosby sont retirées. Un clash naît entre les membres qui se prolonge jusqu’à la reformation de l’équipe mythique en 1988.

Avant que l’album ne sorte en septembre 1976, le duo entame une  tournée de promotion (Clarkstown/Michigan, le 23 juin 76). A sa publication, il en est déjà terminé de cette association, Young ayant quitté la tournée en plein milieu (à Columbia/Caroline du Sud, le 20 juillet 76). Voilà pour les anecdotes. Comme on peut en juger, cet album véhicule, quant à sa préparation, son contexte et ses acteurs, une belle batterie de casseroles. On peut même dire que l’affaire était très mal engagée.

Pour ce qui est du line-up du Stills-Young Band opérant sur Long May You Run, c’est tranché. Stills et Young pourvoient le projet en guitare, piano et chant, tandis que  Joe Vitale (Amboy Dukes, Barnstorm et fidèle de CS&N) se charge de la batterie, Joe Lala et Jerry Aiello, tous deux des ex-Manassas, prennent respectivement les percussions et les claviers, tandis que George Chocolate Perry, de l’entourage de Stills, tient la basse. On comprend mieux que la décision de Stills de faire appel à des musiciens ayant figuré sur certains de ses travaux passés, ait pu déclencher les réactions épidermiques du canadien.

En une quarantaine de minutes, les choses reprennent plus ou moins leur place ; on croit  les rancœurs ravalées, la hache de guerre  enterrée et on a droit à effort globalement acceptable, produit par Tom Dowd et Don Gehman, mais sur lequel le duo conserve un droit de regard très fort. Les studios californiens de Criteria servent de cadre à ces enregistrements concentrés entre février et juin 76. L’Allman Brothers (Eat A Peach) et Derek & The Dominos (Layla) ont déjà fait appel à cet endroit de Miami connu également sous le nom d’Atlantic South Studios.

Long May You Run ne révolutionne pas le genre folk/rock ; il fait toutefois de  belles étincelles, par intermittence seulement. Malgré le fait d’avoir culminé au rang 26 du Billboard 200 et d’avoir été certifié or, ce disque est un peu terne. Encore heureux que le LP de leurs confrères Crosby et Nash s’avère leur plus faible, sans quoi…

Unique travail que Young et Stills aient fait ensemble (on exclura le Buffalo et le quatuor) et première fois qu’ils se retrouvent tous deux  à nouveau sur un disque depuis 1970, Long May You Run ne restera pas dans leurs annales, même si tout n’est pas à écarter ici.

Neil Young met dans la corbeille une dot de 5 morceaux. Stills en assure 4. Young fait du Young, Stills du Stills et il ressort de l’écoute la sensation très marquée de deux mini-LP dans le LP. Il se ressent précisément comme un manque d’implication de l’un sur le lot de l’autre et lycée de Versailles, comme dirait Alexandre-Benoît Bérurier. Cette collaboration de circonstance, plus que véritable groupe, pénalise beaucoup le projet. A cette époque, le blondinet poudré et le canadien ont trois couilles. Six à eux deux… ceci explique cela.

La chanson-titre, Midnight On The Bay, Guardian Angel, Ocean Girl, Fontainebleau et Black Coral échappent aux jugements plutôt sévères qu’on  lui porte. De là à pavoiser, faut pas déconner quand même.

L’ensemble est terne, convenons-en,  mais la matière dite convaincante suffisamment en nombre pour le placer à un niveau honorable (3,5/5). Les fans de ces deux immenses stars s’y retrouveront malgré tout, mais qu’ils sachent que cette expérience n’est restée qu’au stade de bonne idée. Il manque beaucoup trop de cette magie qu’ils distillaient généreusement sous Buffalo pour que Long May You Run accède à un niveau supérieur. Mais bon, c’était pour eux l’époque du tout à l’ego, pitoyable période dont l’un comme l’autre aime le moins parler (RAZOR©).

 

1. Long May You Run.

2. Make Love to You.

3. Midnight on the Bay.

4. Black Coral.

5. Ocean Girl.

6. Let It Shine.

7. 12/8 Blues (All the Same).

8. Fontainebleau.

9. Guardian Angel.

 

Neil Young:guitare,piano,harmonica,synthétiseur,chant.

Stephen Stills:guitare,piano,chant.

Joe Lala:percussions,chant.

Jerry Aiello:orgue,piano.

George "Chocolate" Perry:basse,chant.

Joe Vitale:batterie,flûte,chant.

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