The Band.

BIOGRAPHIE.

 

THE BAND/Toronto (Canada).

 

 Band

 

Années actives:1964/1977,1983/1999.

Genre:roots rock,Americana,folk rock,country rock.

Labels:Capitol,Rhino,Warner Bros.

Site: theband.hiof.no

 

D’abord les Hawks.

Formation canado-américaine, initiateur de l’Americana, contributeur actif et précoce du country-folk-rock, The Band, dans sa mouture d’origine, est constitué du guitariste Robbie Robertson, du batteur/chanteur Levon Helm, du pianiste/chanteur et batteur occasionnel Richard Manuel, du claviériste/saxophoniste/accordéoniste Garth Hudson et du bassiste/chanteur Rick Danko. De cette unité célèbre pour la haute teneur de son catalogue et pour avoir été le backing band des tournées de Bob Dylan entre 1965 et 1974, ne subsistent plus que deux éléments, Robbie Robertson, 71 ans, et Garth Hudson, 77 ans, le plus discret.

Formée à la fin des années 50 sous le nom des Hawks par Ronnie Hawkins et confinée au seul Canada dans un premier temps, la formation tape dans l’œil de John Hammond, producteur de Dylan, qui la recommande à ce dernier lorsque le troubadour contestataire lâche l’acoustique et passe au tout électrique au milieu des 60’s.

Band 2

Band 1

The bandThe Band Digest.

Groupe de soutien de la Dylanie rock.

Groupe de soutien des tournées d’une Dylanie devenue plus rock, les Hawks sont du mémorable concert anglais du 17 mai 1966, faussement affecté au Royal Albert Hall londonien car donné au Free Trade Hall de Manchester dans le cadre de la tournée australo-européenne de 1965/66.

Cette représentation est restée dans les annales du rock à double titre : elle a longtemps fait l’objet d’un disque pirate, certainement le plus célèbre du rock, et a été le théâtre du fameux incident entre le public et Dylan qui vit un spectateur traiter le Zim de Judas pour avoir trahi l’auditoire folk, ce à quoi l’émule de Guthrie rétorqua en intimant à son line-up, les Hawks, de jouer encore plus fort.

Big Pink et The Weight.

La relation entre le Band et Dylan va bien plus loin qu’accompagner l’ancien barde sur scène. En effet, lorsque Dylan, en juillet 1966, est victime d’un accident de moto, ceux qui sont devenus ses potes vont s’installer à Woodstock et profiter de la retraite contrainte du leader pour l’aider à enregistrer, dans les sous-sols de Big Pink, les ébauches de ce qui va alimenter les Basement Tapes (1970).

Big Pink ou plutôt Music from Big Pink (1968) est justement le premier album du Band, un disque à contre-courant de ce qui se fait dans le rock d’alors. Mélange de country, de folk et de rock, il s’avère assez dépouillé et âpre côté son.

Dylan renvoie l’ascenseur à ses amis en leur cédant trois titres : Tears Of Rage, This Wheel’s On Fire et I Shall Be Released, mais la grande vedette de ce disque de musique américaine devenu culte depuis malgré son insuccès commercial, c’est The Weight que le Band a joué au festival de Woodstock dont il fut un des temps forts.

Band robbertson

« Avec le Band, pendant 7 ans, nous avons fait de grandes choses, voyagé à peu près partout ; nous avons mélangé rock, jazz, blues, gospel et je ne sais quoi encore.

A la sortie de nos premiers albums, le public se demandait : mais d’où diable viennent de tels gars ? » (Robbie Robertson)

Un groupe incontournable.

Par ce disque incontournable, le Band frappe certes un grand coup, mais en remettant sur le métier l’ouvrage, signe aussitôt derrière un LP éponyme de très haute volée (1969). Stage Fright, avec Todd Rundgren aux manettes, touche l’or en 1970, ce qui est loin d’être le cas de Cahoots, un moyen de gamme ; Moondog Matinee (1973), hommage aux idoles du blues et du R & B, ne permet pas de sauter au plafond.

Northern Lights/Southern Cross (1973) permet au Band de retour avec des originaux, ce qui n’était pas arrivé depuis un moment, de bien rebondir. Islands (1977), s’il met en valeur Richard Manuel au chant, répond à des impératifs contractuels puisque, comme tout le monde le sait, le Band a tiré sa révérence depuis le 25 novembre 1976 au Winterland. Le live festif de cette retraite ouverte à tous les potes du rock sera publié en 1978. C’est sur cette pièce indispensable du catalogue que le rideau se referme sur un des plus grands groupes du rock (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1968

 

Band music from big pink

 

THE BAND

MUSIC FROM BIG PINK  - 1968  5/5

 

Publié le 1er juin 1968.

Produit par John Simon.

Durée:42:22.

Label:Capitol Records.

 

11 titres, 11 pépites.

 

Sorti chez Capitol Records durant l’été 1968, Music From Big Pink (en écoute intégrale ici) débute la carrière discographique en nom propre de la formation canado-américaine The Band constituéé aux 4/5 de canadiens, l’élément américain étant Levon Helm, son batteur.

Ce groupe est culte et a influencé une foultitude de musiciens autant que suscité la vocation chez d’autres. Big Pink était le nom donné à la maison communautaire rose des environs de Woodstock (West Saugerties) dans laquelle ont habité les membres des Hawks, mouture qui, en 1965/66, accompagne alors Bob Dylan sur scène, lors de son passage à l’électricité avant de prendre le nom de The Band. Bob Dylan ayant été victime d’un accident de moto, selon la controversée version officielle, le Band se rapproche du Zim pour continuer à travailler dans les meilleures conditions. Avec le Zim, ils travaillent à l’enregistrement de plusieurs titres compilés sous l’appellation The Basement Tapes (1967).

L’album Music From Big Pink inclut différents styles musicaux qui vont du rock au folk, de la country à la soul music. Maniant avec autant de bonheur tous les instruments, les membres du Band chantent aussi en solo ou en harmonie. Ce n’est donc pas le fruit de la providence si l’on retrouve sur cet album, parmi 11 titres sublimes, des morceaux signés du Père Zimmermann : I Shall Be Released, Tears Of Rage (co-signée avec Richard Manuel) et This Wheel’s On Fire (avec Rick Danko) et dont Julie Driscoll et Brian Auger firent un hit en Angleterre la même année.

Deux titres se dégagent toutefois, The Weight, morceau qui évoque la drogue et qui deviendra l’hymne de la contre-culture, et Chest Fever à l’introduction qu’un orgue rend plutôt morbide.

The Band est groupe de rock exceptionnel et Music From Big Pink un album légendaire à la beauté rustique, même s’il fait un flop à sa parution. Il reste indéboulonnable parmi les trente meilleurs albums de tous les temps de la musique rock. Je ne vous en dis pas plus, les chiffres étant implacables (RAZOR©).

 

1. Tears Of Rage.

2. To Kingdom Come.

3. In A Station.

4. Caledonia Mission.

5. The Weight.

6. We Can Talk.

7. Long Black Veil.

8. Chest Fever.

9. Lonesome Suzie.

10. This Wheel’s On Fire.

11. I Shall Be Released.

 

Rick Danko:violon,basse,chant.

Levon Helm:batterie,guitare acoustique,percussions,chant.

Garth Hudson:orgue,piano,saxophone.

Richard Manuel:piano,orgue,batterie,chant.

Jaime Robbie Robertson:guitare,chant.

John Simon:saxophone baryton,piano.

LP Studio 2 - 1969

 

The band album coverart

 

THE BAND

THE BAND – 1969  5/5

 

Publié le 22 septembre 1969.

Produit par John Simon.

Durée:43:50.

Label :Capitol Records.

 

Le Band récidive.

 

Quesaco, The Band ? The Band, avant d’être The Band et de croiser la route de Bob Dylan dont il va devenir le groupe de scène attitré était un groupe de bars qui évoluait sous l’identité des Hawks.

Groupe d’une  cohésion remarquable, le Band est une des plus belles associations de musiciens du rock mais on en sous-estime souvent la potentialité qui fut la sienne. Admettre aujourd’hui que The Band  est devenu un des groupes majeurs de l’histoire du rock est d’une telle banalité. Le Band est légendaire et intemporel.

L’album éponyme The Band (en écoute intégrale ici) leur deuxième, sorti en 1969, aurait dû éveiller les soupçons du potentiel de la bande à Robertson et Danko. Surtout dans le sillage d’un monumental LP comme Music From Big PInk. Récidiver dans le haut niveau appelle certains commentaires élogieux. On n’a pas à faire à de la bleusaille et l’éponyme de 69 ne fait que confirmer le statut de gros groupe du Band. Seulement, voilà, ça ne se vend pas cette affaire.

En l’occurrence, il est vrai que la pochette de l’album n’incite pas plus à l’achat aujourd’hui qu’hier. Mais aujourd’hui, on sait. A l’époque, on était en droit de se demander qui étaient ces gars aux gueules pas très inspirées. Pas inspiré, mon c… !

Et comment qu’ils nous ont bluffé ces souliers de bœuf (gaillards), des zikos hors normes qui pratiquent de tous les instruments et se les échangent même. Leurs chansons sont de toute beauté et leur musique puise ses racines dans le folklore, le rock, le blues et la country. Leurs compositions sont fignolées, leurs harmonies vocales ajustées et belles. C’est original, concis et ça carbure grave à l’émotion.

The Band ne ressemble à aucun autre groupe. Il a son identité propre. Le Band, c’est le Band, point barre. Groupe mythique et uni comme les doigts de la main, il aura fallu la drogue et l’alcool pour foutre le bocson dans cette équipe soudée, jusqu’à les séparer en 1976, mais avant cela, il y aura eu ce chef d’œuvre dont huit des douze titres reviennent à Robbie Robertson. Les autres s’appelaient Gerth Hudson, Richard Manuel, Levon Helm, Rick Danko. 45ème du Rolling Stone magazine, si ça ne vous parle pas, moi si (RAZOR©). 

 

1. Across The Great Divide.

2. Rag Mama Rag.

3. The Night They Drove Old Dixie Down.

4. When You Awake.

5. Up On Cripple Creek.

6. Whispering Pines.

7. Jemima Surrender.

8. Rockin' Chair.

9. Look Out Cleveland.

10. Jawbone.

11. The Unfaithful Servant.

12. King Harvest (Has Surely Come).

 

Jaime Robbie Robertson:guitare.

Garth Hudson:orgue,piano,accordéon,saxophones,trompette.

Rick Danko:chant,basse,violon,trombone.

Levon Helm:chant,batterie,mandoline,guitare.

Richard Manuel:chant,piano,batterie,saxophone,harmonica.

John Simon:tuba,piano électrique,cors.

LP Studio 3 - 1970

 

Band stage fright

 

THE BAND

STAGE FRIGHT – 1970  4/5

 

Publié le 17 août 1970.

Produit par The Band.

Durée:35:41.

Label:Capitol Records.

 

Différent mais encore bon.

 

Paru en 1970, Stage Fright (en écoute intégrale ici) est le troisième album du Band. Il se situe  après les deux phénoménaux opus qu’ont été, chronologiquement Music From Big Pink (1968) et The Band (1969). Le groupe américano-canadien (ou canado-américain, vous avez le choix) pond un album autoproduit dont le titre prête à confusion.

« Peur de la scène », c’est ainsi que l’on pourrait traduire Stage Fright, pourrait laisser penser que le contenu du disque est un live. C’est bel et bien un album studio et il a été disque d’or, en dépit d’une pochette qui n’invite pas à l’achat. Le contenu, par contre, oui. Il renferme des titres qui figurent dans le haut du répertoire du groupe.

Todd Rundgren y officie, en partie, comme ingénieur du son, la volonté des membres étant de produire un autre son que celui des albums précédents. The Band tombe le masque et livre des chansons plus personnelles. Les textes sont plus sombres et plus troublants. Son thème dominant est l’autodestruction.

Le claviériste Richard Manuel, l’âme artistique du Band (un homme triste et manquant souvent de motivation pour des problèmes d’addiction à l’alcool), y va de deux chansons coécrites avec Jaime Robbie Robertson : Sleeping, accrocheur, romantique et funny (sur la solitude et l’isolement), et le complexe Just Another Whistle Stop. C’était lui qui œuvrait en la matière jusqu’alors. Souvenons-nous de son Tears Of Rage notamment. Ce sera les dernières chansons. Robertson prendra ce rôle à son compte dès le prochain album.

Parmi les morceaux  de cet album, j’aime le nostalgique, désespéré et brillant Strawberry Wine, une sombre histoire d’ivrogne. Robertson visait-il Manuel l’alcoolique, l’autodestructeur qui se suicidera une quinzaine d’années plus tard ? Ce titre met en avant un très bon Levon Helm au chant (il a cosigné ce titre avec Robertson). Je retiens également Stage Fright, biographique plutôt dur qui évoque les vicissitudes de l’argent et de la gloire.

Parmi les autres faits marquants du disque, j’ai un faible pour le son « Creedence » que l’on retrouve sur Time To Kill ainsi que pour The Rumor, poignant, qui clôt le disque sur un Manuel à la voix vraiment extraordinaire, et à un degré moindre, pour la détente, la cool ballade de Robertson qu’est All La Glory, traitant de la naissance de sa fille.

Les travaux de cet album diffèrent nettement de la production antérieure. Les seuls titres à demeurer dans la filière de Music From Big Pink ou The Band sont Daniel And The Sacred Harp et The W.S Walcott Medicine Show. Certains signes révèlent des failles et des clans qui se forment au sein de cette formation lesquels vont engendrer, à terme, des problèmes entre les membres.

Les harmonies vocales qui faisaient la beauté de leurs interprétations sont reléguées au second plan. Stage Fright est un disque de rock & roll brillant, avec des acteurs brillants et polyvalents au niveau instrumental. Chacun joue au moins de deux instruments sur cet album : le piano et l’orgue pour Garth Hudson (qui touchait au sax et à l’accordéon), la batterie pour un Levon Helm (mais aussi la guitare et surtout le chant) affecté par des problèmes de drogue. Idem pour Rick Danko le bassiste, Richard Manuel (claviers, batterie, chant), Jaimie Robertson. Du bon Band, mais différent (RAZOR©)

 

1. Strawberry Wine.

2. Sleeping.

3. Time to Kill.

4. Just Another Whistle Stop.

5. All La Glory.

6. The Shape I'm In.

7. The W.S. Walcott Medicine Show.

8. Daniel and the Sacred Harp.

9. Stage Fright.

10. The Rumor.

 

Rick Danko:basse,violon,chant.

Levon Helm:batterie,guitare,percussions,chant

Garth Hudson:orgue,piano électrique,accordéon,saxophone ténor.

Richard Manuel:piano,orgue,batterie,clavinet,chant.

Jaime Robbie Robertson:guitare,cithare.

LP Studio 4 - 1971

 

The band cahoots

 

THE BAND

CAHOOTS – 1971  3,5/5

 

Publié en septembre 1971.

Produit par The Band.

Durée:46:41.

Label:Capitol.

Genre:rock.

 

Pas le moment de déBANDer !

 

Cahoots est le quatrième sur la liste des LP. Enregistré à Woodstock et sorti en septembre1971, on a laissé une formation en proie à des problèmes internes. Manuel est de plus en plus imbibé, Helm de plus en plus accro à l’héro ; Robertson accroît son envergure à l’écriture au point que les autres sont étouffés, quand ils ne sont pas carrément écartés des crédits du Band.

Le Band est en plus qu’en transition et, en filigrane de Stage Fright, l’album précédent, on devine bien que quelque chose de pas joli-joli se trame. Arrive Cahoots, vivement espéré par des fans. Cahoots n’a pas l’éclat de ses grands frères. Il part des tous les sens, le groupe s’éparpille comme s’il tente de nouvelles expériences. Il conserve toujours sa puissance légendaire, mais le rendu est mitigé.

Le résultat est partagé, mais, convenons-en, le Band, jusqu’à cette année 71, a placé la barre à une telle hauteur que le niveau ne peut que baisser. Dans les bons papiers de ce disque, on mettra le mouchoir sur le morceau d’entame Life Is A Carnival, un bel effort collectif dans le contexte ambiant (Danko, Helm, Robertson), When I Paint My Masterpiece (une bonne reprise de Dylan) qui se distingue par de bons arrangements accordéon/mandoline, 4% Pantomime (la musique n’est pas terrible mais Van Morrison, qui vient faire la pige en duo avec Manuel, chanterait l’annuaire des PTT que ça en serait beau). C’est une des vraies attractions ici, car l’irlandais du début des seventies est une star du moment et une star au sommet de sa forme.

Dans le registre de l’agréable, relevons l’énigmatique The Moon Struck One et  Where Do We Go From Here. Les compositions de Robertson, moins bien inspiré que d’habitude (qui a signé l’ensemble de l’album), faisant appel à certains accords complexes, à certaines structures plus fouillées, il en résulte des pistes plus compliquées à assimiler. Seuls le temps et l’écoute parviennent à saisir un Band parfois déroutant, mais jamais inintéressant. 

Thinkin’ Out Loud, The River Hymn, Volcano et Smoke Signal appartiennent au lot des bonnes pistes mais qui ne dégagent pas d’émotion particulière. Le reste n’est pas digne d’intérêt (Last Of The Blacksmiths - sauf le solo de guitare - et Shoot Out In Chinatown).

Cet album est assez expérimental, et constitue une curiosité dans le paysage musical du Band. En s’y habituant, on accorde à Cahoots un peu certain crédit. Disons que Cahoots est un milieu de gamme + des canado-ricains. Pas inintéressant, mais peut-être pas la meilleure entrée en matière pour se familiariser avec ce groupe (RAZOR©).

 

1. Life Is a Carnival.

2. When I Paint My Masterpiece.

3. Last of the Blacksmiths.

4. Where Do We Go from Here?

5. 4% Pantomime.

6. Shoot Out in Chinatown.

7. The Moon Struck One.

8. Thinkin' Out Loud.

9. Smoke Signal.

10. Volcano.

11. The River Hymn.

 

Rick Danko:basse,chant.

Levon Helm:batterie,mandoline,chant.

Garth Hudson:orgue,piano,saxophones.

Richard Manuel:piano,batterie,orgue,slide guitare,chant.

Robbie Robertson:guitare,piano.

Van Morrison:duo chant sur 5.

LP Live 1 - 1972

 

Band rockofages

 

THE BAND IN CONCERT

ROCK OF AGES – 1972 4/5

 

Publié le 15 août 1972.

Enregistré à l’Academy Of Music New York du 28 au 31.12.1971.

Produit par The Band.

Durée:78:19.

Label:Capitol Records.

Genre:roots rock.

 

Depuis le temps qu’on l’attendait.

 

Le Live était indispensable. Il fallait y venir. Il n’était pas convenable pour un groupe de ce calibre de ne pas satisfaire son public avec le seul élément qui manque alors à son catalogue : le live. D’autant que le Band, groupe de soutien des tournées du Dylan branché sur secteur, c’est de la grosse cavalerie.

Délaissant les studios, le Band a sorti ce Rock Of Ages (en écoute intégrale ici) en août 1972, soit quatre ans après son premier album Music From Big Pink. Il a été enregistré durant une série de concerts fin décembre 1971 à New York. Franchement, c’est très bon.

Le groupe est alors en pleine forme malgré les problèmes de drogue et d’alcool de certains de ses ouailles. La prestation d’ensemble est excellente.

Le Band reprend des titres comme The Night They Drove Old Dixie Down dont Joan Baez a fait un hit, qu’il combine avec des reprises comme le Don’t Do It des Four Tops, ce célèbre quartet américain sous label Motown (années 60). C’est plein de virtuosité, de maîtrise et de vie. Une section de cuivres a été rajoutée qui donne encore plus de gaieté et de vie à ce concert. Et dire que Robertson était mort de trac en public…

Double LP, 17 titres, vous en avez pour plus d’une heure de rock, country, blues, free jazz, folk. Ce live en annonce un autre : The Last Waltz, leur concert d’adieu de 1978. Chut, je n’en dirais pas plus. Du grand art mais on verra ça en temps et en lieu (RAZOR©).

 

1. Introduction.

2. Don't Do It.

3. King Harvest.

4. Caledonia Mission.

5. Get Up Jake.

6. The W. S. Walcott Medicine Show.

7. Stage Fright.

8. The Night They Drove Old Dixie Down.

9. Across The Great Divide.

10. This Wheel's On Fire.

11. Rag Mama Rag.

12. The Weight.

13. The Shape I'm In.

14. The Unfaithful Servant.

15. Life Is a Carnival.

16. The Genetic Method.

17. Chest Fever.

18. (I Don't Want To) Hang Up My Rock and Roll Shoes.

 

Rick Danko:basse,violon,chant.

Levon Helm:batterie,mandoline,chant.

Garth Hudson:orgue,piano,accordéon,saxophones.

Richard Manuel:piano,orgue,clavinet,batterie,chant.

Robbie Robertson:guitare,chant.

Howard Johnson:tuba,euphonium,saxophone.

Snooky Young:trompette,cor.

Joe Farrell:saxophones,cor anglais.

Earl McIntyre:trombone.

J. D. Parron:saxophone,clarinette.

LP Studio 5 - 1973

 

Band moondog

 

THE BAND

MOONDOG MATINEE – 1973  4/5

 

Publié le 15 octobre 1973.

Produit par The Band.

Durée:35:09.

Label:Capitol Records.

Genre:rock.

 

Comme au bon vieux temps.

 

Pour le disque qui nous intéresse, Moondog Matinee (en écoute intégrale ici), sixième album du nom de 1973, il est constitué de reprises de Sam Cooke, Chuck Berry, Elvis Presley, Fats Domino, Buck Ram.

Par amour du blues et du rythm & blues, le groupe projette tout simplement de rendre hommage aux idoles qui leur ont permis de faire leurs premiers pas dans la musique, dans les années 60 quand ils évoluent alors dans des petites salles pour gagner une poignée de figues par soirée.

On ne sautera pas de joie au plafond à l’écoute ou à la découverte de Moondog Matinee. Il a, cependant, le mérite d’exister et de faire partie du catalogue du Band. Certains artistes s’en satisferaient. Mais n’espérez rien de ce disque qui est un objectif bien modeste de la bande à Robertson et consorts. Il est vrai qu’une durée de 35 minutes avec des titres empruntés à d’autres, ça fait désordre et cossard, ça n’est pas très motivant.

Mais tout travail mérite respect, alors respectons. N’oublions pas que The Band tourne parallèlement sur les tournées du Zim, ce qui lui laisse moins de temps. Globalement, c’est bien restitué et ressenti. Le groupe est cohérent pour les besoins du disque, et ce, en dépit des tensions. Rien ne transparaît. Mais n’attendez aucune surprise, aucun grand moment.

De mes diverses écoutes, j’ai éprouvé un élan de sympathie pour A Change Is Gonna Come et The Great Pretender (Buck Ram) que de nombreux artistes ont également repris. L’album révèle aussi une reprise de l’instrumental d’Anton Karas qui a servi de thème pour le film « Le troisième homme/Third Man Theme).

Le Band, au travers de ce LP revisite la musique américaine, ses classiques et ses idoles à une époque où le rock & roll retrouvedes couleurs aux States (fin 60, début 70). C’est sincère, chaleureux et plaisant mais à dose homéopathique. Simple question : et si cet album était tout simplement un leurre pour masquer le manque d’inspiration de Robertson ? Je ne sais pas. Qu’en pensez-vous ? (RAZOR©)

 

1. Ain't Got No Home.

2. Holy Cow.

3. Share Your Love (With Me).

4. Mystery Train.

5. Third Man Theme.

6. The Promised Land.

7. The Great Pretender.

8. I'm Ready.

9. Saved.

10. A Change Is Gonna Come.

 

Rick Danko:basse,guitare rythmique,chant.

Levon Helm:batterie,basse,guitare rythmique,chant.

Garth Hudson:orgue,piano,accordéon,synthétiseur,clavinet,saxophone.

Richard Manuel:piano,batterie,chant.

Robbie Robertson:guitares.

Billy Mundi:batterie sur 1 et 4.

Ben Keith:pedal steel sur 6.

LP Studio 6 - 1975

 

Band norther lights southern cross

 

THE BAND

NORTHERN LINES – SOUTHERN CROSS 1975  4/5

 

Publié en novembre 1975.

Produit par The Band, Cheryl Pawelski.

Durée:40:40.

Label:Capitol Records.

Genre:Roots rock,Americana.

 

Costaud !

 

Depuis l’album Cahoots, publié en 1971, la formation américano-canadienne n’avait plus produit d’albums studio alimenté avec ses propres compositions. Entre temps, The Band y est allé de son premier live (Rock Of Ages -1972), puis a publié, en 1973, Moondog Matinee, un disque de reprises de standard de R & B, tout en officiant sur les tournées de Bob Dylan dont il était le groupe de scène.

Northern Lines – Southern Cross (en écoute intégrale ici) est donc le premier disque avec des originaux du groupe depuis 4 ans. Le Band effectue, en quelque sorte, un retour sur le devant de la scène. Il est plutôt réussi.

C’est Robbie Robertson qui se colle à l’écriture de toutes les chansons. Dès ses premières notes de Forbbiden Fruit, un rock dans le style Stage Fright, ce septième opus s’annonce prometteur ; il tiendra parfaitement ses engagements à 8 reprises.

Enregistré en Californie, dans leur studio flambant neuf et avec des technologies novatrices, Northern Lines – Southern Cross abrite quelques pistes de la meilleure veine comme le magnifique et saisissant It Makes No Difference  avec un Danko qui assure le chant, la ballade magique Hobo Jungle, le fantastique et émouvant Acadian Driftwood (assurément un des meilleurs morceaux de Robertson qui en a encore sous le pied, question écriture), l’amusant Ophelia (succès mineur en single), le funny Ring Your Bell (au chant Manuel, aux chœurs, Danko et Helm), le brillant Jupiter Hollow (Helm au chant).

Le seul bémol concerne le dernier titre Rags And Bones. Même avec un bon Richard Manuel au chant, il semble légèrement en retrait. Le travail est propre, bien fait. Les voix retrouvent du volume et de la justesse ; les musiciens, multi-instrumentistes, sont des virtuoses, le son est excellent.

Les technologies nouvelles apportent une qualité et une curiosité supplémentaires. Le disque est sincère, bluffant, car personne ne croyait le Band capable de revenir à un tel niveau. Ce retour en force a été très apprécié, cette formation (qui a inspiré une multitude d’artistes et de groupes) nous ayant habitués à de grands moments. Aujourd’hui encore, cet album n’a pas pris une ride. C’est un incontournable de la bande à Danko, Helm et Robertson qu’il faut avoir. Costaud ! (RAZOR ©)

 

1. Forbidden Fruit.

2. Hobo Jungle.

3. Ophelia.

4. Acadian Driftwood.

5. Ring Your Bell.

6. It Makes No Difference.

7. Jupiter Hollow.

8. Rags And Bones.

 

Rick Danko:basse,guitare,violon,harmonica,trombone,chant.

Levon Helm:batterie,guitares,mandoline,piano,claviers,chant.

Garth Hudson:orgue,claviers,accordéon,saxophones,basse,cuivres.

Richard Manuel:piano,claviers,congas, orgue,clarinette,batterie,chant.

Robbie Robertson:guitares,basse,piano,claviers,clarinette.

LP Studio 7 - 1977

 

Band islands 2

 

THE BAND

ISLANDS – 1977  3/5

 

Publié le 15 mars 1977.

Produit par The Band.

Durée:35:15.

Label:Capitol Records.

Genre:rock.

 

Terminus. Tout le monde descend.

 

Album de 1977, Islands (en écoute intégrale ici) est le huitième du Band, son septième studio. Théoriquement, la carrière de ce groupe est terminée depuis le concert d’adieu de novembre 1976 (The Last waltz). Danko et Helm travaillent déjà sur des projets personnels. C’est fini, en théorie seulement, car, pour des raisons contractuelles avec Capitol Records, le Band continue à produire un album studio : Islands.

Plus exactement, un album qui réunit des titres non utilisés du groupe.  N’ayant pas la cohérence d’un travail habituel de studio, il est accueilli moyennement et à juste titre. Il est le dernier round du Band et on sent un Robertson fatigué et contraint, à l’écriture et à la guitare. Il n’est pas inintéressant pourtant.

Pour un disque à vocation promotionnelle destiné à introduire le film à venir (The Last Waltz), beaucoup s’en contenterait. L’effort consenti est louable, mais ça n’est pas la panacée pour autant. Il y a quelques chansons accrocheuses comme Knocking Long John, Let The Night Fall, Street Walker, Ain’t That A Lot Of Love, The Saga Of Pepote Rouge, et le final Livin’ In A Dream. L’instrumental Islands est aérien, Christmas Must Be Tonight, Right As A Rain (qui ne ressemble pas au Band) passent également très bien.

L’intérêt de cet album vaut aussi par l’émotion et la qualité du chant de Richard Manuel. Sa voix, meurtrie par les interdits de la vie, y met beaucoup de cœur, notamment  dans la reprise plus qu’agréable de Georgia On My Mind.

Cet album n’a pas rempli le portefeuille de ses acteurs, mais n’est pas le mouton noir du catalogue non plus. Vraisemblablement sous-estimé et boudé, la critique n’a pas hésité à le dévaluer à sa sortie. Depuis, il a repris quelques couleurs. Mais le terminus, c’est ici (RAZOR©).

 

1. Right as Rain.

2. Street Walker.

3. Let the Night Fall.

4. Ain't That a Lot of Love.

5. Christmas Must Be Tonight.

6. Islands.

7. The Saga of Pepote Rouge.

8. Georgia on My Mind.

9. Knockin' Lost John.

10. Livin' in a Dream.

 

Rick Danko:basse,chant. 

Levon Helm:batterie,chant. 

Garth Hudson:orgue,synthétiseur,accordéon,saxophones. 

Richard Manuel:piano,chant. 

Robbie Robertson:guitare,chant.

James Gordon:flûte sur 6.

Tom Malone:trombone sur 6.

John Simon:saxophone alto sur 6.

Larry Packer:violon sur 6.

LP Live 2 - 1978

 

Band lastwaltz2

 

THE BAND

THE LAST WALTZ – 1978  5/5

 

Publié le 16 avril 1978.

Produit par Robbie Robertson.

Enregistré le 25 novembre 1976 au Winterland Ballroom de San Francisco.

Durée:129:06.

Label:Warner Bros.

Genre:rock.

 

La der des ders.

 

Nous sommes en fin d’année 1976. C’est le dernier tour de piste du Band qui passe la main après une carrière bien remplie (16 ans dont 10 au top) et alors qu’il est au sommet de sa gloire.

Groupe de scène de Dylan, il s’est taillé une réputation phénoménale au point que la profession, sous la houlette de Bill Graham, lui organise son concert d’adieu, au Winterland de Frisco. Le Zim ramène ses potes pour un spectacle mémorable débouchant sur un triple album extraordinaire: The Last Waltz (en écoute intégrale ici), publié deux ans après le concert.

Il y a là, dans ce parterre de stars du rock, entre autres, Van Morrison, Neil Young, Eric Clapton, Ron Wood, Ringo Starr, Dr John, Joni Mitchell, Muddy Waters, Emmylou Harris et Ronnie Hawkins qu’ils accompagnaient en 1960, du temps des Hawks…

Le concert donne lieu à un répertoire revisité du Band : Out Of The Blue, The Weight, Up On A Cripple Creek, It Makes No Difference… Ronnie Hawkins y va d’un Who Do You Love, Neil Young se lance dans son mélancolique Helpless en duo avec Joni Mitchell. Dr John interprète, au piano, Such A Night, Muddy Waters chante Mannish Boy, Clapton joue un Further On Up The Road conjointement avec la guitare de Robertson.

Dylan, qui a lancé en même temps qu’immortalisé le Band, reprend des titres comme Baby Let Me Follow You Down (de Gary Davis) et ravit son auditoire avec son morceau Forever Young. Puis tous se retrouvent pour un bouquet final. C’est la fête. La dernière. Le rideau se referme sur un groupe exceptionnel, l’un des plus importants du folk rock américain : The Band (RAZOR©).

 

1. Theme From The Last Waltz.

2. Up On Cripple Creek.

3. Who Do You Love.

4. Helpless.

5. Stage Fright.

6. Coyote.

7. Dry Your Eyes.

8. It Makes No Difference.

9. Such A Night.

10. The Night They Drove Old Dixie Down.

11. Mystery Train.

12. Mannish Boy.

13. Further On Up The Road.

14. The Shape I'm In.

15. Down South In New Orleans.

16. Ophelia.

17. Tura-lura-lural (that's An Irish Lullaby).

18. Caravan.

19. Life Is A Carnival.

20. Baby Let Me Follow You Down.

21. I Don't Believe You.

22. Forever Young.

23. Baby Let Me Follow You Down.

24. I Shall Be Released.

25. Last Waltz Suite:

- The Well.

- Evangeline.

- Out Of The Blue.

- The Weight.

- The Last Waltz Refrain.

- Theme From The Last Waltz.

 

Rick Danko:guitare basse,violon,chant.

Levon Helm:batterie,mandoline,chant.

Garth Hudson:orgue,accordéon,synthétiseur,cor.

Richard Manuel:piano,batterie,orgue,claviers,dobro,chant.

Robbie Robertson:guitare,piano,chant.

Rich Cooper:trompette,bugle.

James Gordon:flûte,saxophone,clarinette.

Jerry Hay:trompette,bugle.

Howard Johnson:tuba,saxophone,bugle,clarinette.

Charlie Keagle:clarinette,flûte,saxophone.

Tom Malone:trombone,euphonium,flûte.

Larry Packer:violon.

Paul Butterfield:harmonica,chant.

Bobby Charles:chant.

Eric Clapton:guitare,chant.

Neil Diamond:guitare,chant.

Dr. John:piano,guitare,congas,chant.

Bob Dylan:guitare,chant.

Emmylou Harris:guitare,chant.

Ronnie Hawkins:chant.

Alison Hormel:chant.

Bob Margolin:guitare.

Joni Mitchell:guitare,chant.

Van Morrison:chant.

Pinetop Perkins:piano.

Dennis St. John:batterie.

John Simon:piano.

Cleotha Staples:chant.

Mavis Staples:chant.

Roebuck "Pops" Staples – guitare, chant.

Yvonne Staples – chant.

Ringo Starr:batterie.

Muddy Waters:chant.

Ron Wood:guitare.

Neil Young:guitare,harmonica,chant.

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