The Gosdin Brothers.

BIOGRAPHIE.

 

THE GOSDIN BROTHERS/Woodland (Alabama – USA)

 

Gosdin brothers intro

 

Actif entre 1966 et 1970.

Label:CBS,Baskerfield International,Capitol,Elektra.

Genre:country,country-rock,bluegrass,progressive bluegrass,country alternative.

 

Une fratrie séminale pour le country-rock.

Les Gosdin Brothers ont été très impliqués dans l'émergence du country-rock de la fin des 60's. Proches des Byrds de la période post folk-rock et psychédélique, celle qui a vu Gram Parsons, avec l'appui de Chris Hillman, orienter le groupe dans la voie évoquée précédemment (souvenez-vous de l'album Sweetheart Of The Rodeo sorti à l'été 1968 et enregistré à Nashville), les frères Vern et Rex Gosdin ne sont alors pas des inconnus pour avoir fait du ramdam dans le landerneau country, en contribuant (un an plus tôt) aux guitares et aux harmonies vocales du sublime premier album solo de Gene Clark, lui-même ancien auteur-compositeur et chanteur des Byrds de l'époque 1964/début 1966.

Pour qui en pince pour les Byrds de ce créneau musical, pour les Flying Burrito Brothers, les Clarence White (encore un Byrds), pour l'émergence d'une scène construite sur un mélange progressif de country-rock et de bluegrass, la fratrie alabamienne se pose là. Elle en est une référence même.

Gosdin brothers 1Les frères Gosdin, références country-rock.

Gosdin brothers vern 1Vern, le plus complet des deux.

Gosdin brothers golden state boys vern bobby sloan skip don parmley hal poindexter rex gosdin1Le Golden State Boys (Vern et Rex aux extrêmités).

Gosdin brothers hillmenAu sein des Hillmen.

Gosdin brothers gene clarkAuprès de Gene Clark en 1967.

Gosdin brothers sounds of goodbyeExcellent Sounds Of Goobye (1968).

Revers de la médaille, à ne pas chercher à s'échapper d'un genre très mal considéré, à ses débuts, par les rockers purs et durs, et n'accaparant qu'un maigre panel d'initiés, les frères n'ont pas rencontré le succès populaire, même si Vern compte aujourd'hui parmi les plus grands chanteurs de country et de honky-tonk de sa génération (Hangin' On, Set 'Em Up Joe, Chiseled In Stone...) et si leur seul LP, Sounds Of Goodbye (1968) est devenu, au fil du temps, un fleuron séminal du genre.

The Gosdin Family Gospel.

Plus de ce monde aujourd'hui, Rex le cadet (1938) ayant disparu en 1983 et Vern en 2009, les frères Gosdin ont grandi avec leurs 7 autres frères et sœurs dans une ferme au plus profond de l'Alabama rurale, à Woodland.

Vern, l'aîné de 4 ans, fait ses premiers pas dans la mise à exécution de son désir de devenir chanteur-auteur-compositeur et interprète de country au début des 50's. La famille étant pauvre, la seule possibilité de s'en sortir dans la vie est la musique.

Cette voie, Vern (et deux de ses frères dont Rex) l'aborde par le biais du gospel et de la chorale de l'église locale dans laquelle il chante. Maman y joue du piano. La fratrie, encouragée par la country laïque et la musique évangélique des Louvin Brothers, également alabamiens, y apprend là la maîtrise de l'harmonie vocale.

Les ambitions musicales des deux ados les amènent à chanter dans un programme d'une radio de Birmingham (VWOK), The Gosdin Family Gospel Show, Birmingham où la famille a déménagé en 1951.

L'apprentissage dans le Golden State Boys.

En 1953, Vern s'installe à Atlanta où, le soir, il bosse comme chanteur. Le jour, il vend des glaces. Puis, en 1956, prend la direction de Chicago où, tout en travaillant comme un forcené pour développer son chant et son écriture, il occupe un emploi de soudeur, avant de gérer un club de nuit country. Il y forge parallèlement son apprentissage de la guitare, du banjo et de la mandoline dont il devient vite un expert.

Rex est alors en Californie. Vern l'y rejoint au début des 60's. La fratrie va alors évoluer dans un groupe considéré comme fondateur de la scène bluegrass californienne, The Golden State Boys, par lequel, entre 1962 et 1965, passe tout ce qui va constituer le gratin du genre : les Rice (Herb et Larry), les Poindexter (Hal, Leon, Floyd, Walter), les White (Eric Jr, Roland), Don Parmley, Billy Ray Latham, Scott Hambly, Skip Conover, Bobby Slone, Steve Stephenson, Del McCoury, Billy Baker ou encore Dennis (Boomer) Morse.

Les frères Gosdin y côtoient alors Don Parmley et Hal Poindexter (qui en est à l'origine). Fin 1962, ce dernier quitte le groupe, remplacé par le jeune mandoliniste virtuose Chris Hillman (17 ans), transfuge des Scottsville Squirrel Barkers de San Diego.

Le groupe évolue en Blue Diamond Boys, puis se fixe sur The Hillmen qui va sillonner toute la Californie entre 1962 et 1964. Vern tient la guitare, son frère la basse, tandis qu'Hillman et Parmey se partagent respectivement la mandoline et le banjo.

Dans l'environnement des Byrds.

Sollicité par les Byrds, Hillman précipite, en juin 1964, la fin de cette aventure ponctuée d'un LP éponyme sorti tardivement (1969) et sans faire de vagues, la country et le bluegrass n'étant alors pas en odeur de sainteté dans un environnement marqué par l'invasion des britanniques. L'album, mélange de tradition et de modernité, est aujourd'hui une référence country.

Hillman chez les Byrds (Vern était également sollicité), Parmley parti fondé les Bluegrass Cardinals, les Gosdin choisissent de continuer à jouer du bluegrass sous leur propre nom : les Gosdin Brothers.

Le groupe va arpenter la côte Ouest des Etats-Unis et ouvrir pour les Byrds tandis que Vern, dans le même temps, poursuit son travail de musicien de sessions. Sans toutefois connaître le succès.

Cette proximité avec les Byrds, formation phare du moment, amène le duo, en 1966, à prendre part à l'enregistrement du premier album de Gene Clark qui, lui, vient récemment de les quitter.

Gene Clark With The Gosdin Brothers (février 1967/CBS) est un succès critique dont la réussite commerciale est entravée par la sortie, au même moment, de Younger Than Yesterday... des Byrds, alors stars internationales et sur lequel la fratrie contribue aux voix.

Capitol Records, Sounds Of Goobye et clap de fin.

L'année du Summer Of Love, Vern et Rex se font remarquer avec Hangin' On, enregistré par leurs propres moyens pour Bakersfield International. Ce modeste succès leur ouvre les portes de Capitol un an plus tard, label pour lequel ils enregistrent leur seul album, Sounds Of Goodbye (1968), très byrdsien.

Les Byrds ne sont jamais loin des Gosdin Brothers. Preuve en est la reprise que les premiers nommés font de There Must Be Someone (I Can Turn To) pour les besoins de leur huitième LP, Ballad Of Easy Rider (octobre 1969), réalisé dans le cadre de la B.O du film du même nom.

Gosdin brothers vern

« J'ai écrit You're Not By Yourself pendant une conversation téléphonique avec ma femme deux ou trois mois après notre séparation. Elle me disait combien elle se sentait seule avec le métier que je faisais. Moi, de mon côté, je pensais : si tu te sens seule, je suis tout aussi seul. Après avoir raccroché le téléphone, j'ai aussitôt écrit quelques-uns des versets de la chanson. » (Vern Gosdin)

Malgré ce soutien, le duo reste dans les starting-blocks. Frustrés et dans la difficulté à vivre de leur musique, les Gosdin Brothers se retirent en 1970.

Vern insiste, Rex s'éteint.

Vern, le plus motivé pour poursuivre, le plus complet aussi, revient aux affaires sur l'insistance d'Emmylou Harris. Il sort de sa retraite, entamée à Atlanta et consacrée à une entreprise commerciale, pour fouler à nouveau les studios.

En 1976, il pousse la porte d'Elektra pour ré-enregistrer, avec son amie et sous la direction de Gary Paxton, propriétaire de l'ancien label des Gosdin Brothers, Hangin'On (29 au Billboard Country) et, en face B, un nouvel original Yesterday's Gone qui fait 9 dans les charts country 77. S'ensuit un LP, Till The End (Elektra/1977) par lequel il hérite du surnom de The Voice pour la chaleur et la douceur de sa voix.

Vern reprend alors les tournées, Rex l'accompagne, laissant à ses fils la responsabilité de la société familiale. Durant les dix années qui suivent, entre 1978 et 1988, il continue à enregistrer, plaçant nombre de ses titres dans les charts US (I Can Tell Be The Way You Dance, You're Gonna Love Me Tonight et Set 'Em Up Joe notamment).

Rex n'est pas en reste qui, en duo (Tommy Jennings), tente d'égaler son frère avec Just Give Me What You Think Is Fair, à la fin des 70's, début 80's. Malheureusement ce dernier décède en 1983, deux semaines avant l'entrée dans les charts de son dernier titre, That Old Time Feelin'.

Chiseled In Town : culte.

Malgré un AVC en 1995 et le reconcement de son label, Columbia, pour lequel il a signé un des meilleurs albums de honky tonk (Chiseled In Town), Vern continue à tourner et à enregistrer jusqu'à ses derniers jours, en 2009. Une rétrospective (2008) retrace en 4 Cd l'ensemble de la carrière d'un maître es ballades country dont Rex est l'indissociable binôme (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio unique - 1968

 

Gosdin brothers sounds of goodbye

 

THE GOSDIN BROTHERS

SOUNDS OF GOODBYE – 1968  5/5

 

Publié en 1968.

Produit par Gary Paxton.

Durée:28:04.

Label:Capitol Records.

Genre:country-rock,folk rock.

 

Plaisir sans faim.

Inutile de chercher les frangins Gosdin, Vern et Rex, dans le top 50, parmi les faiseurs de tube, vous fouineriez en vain. Ces gars de l’Alabama débarqués tardivement sur l’échiquier californien, sont surtout des besogneux, des défricheurs de la country music qu’ils orientent vers un country-rock progressif, des pionniers qui ont ouvert une brèche dans un genre dans lequel les Byrds se sont engouffrés.

Le rock ne dira jamais assez ce que Sweetheart Of The Rodeo, un des meilleurs albums de tous les temps, et qui mêle bluegrass, folk et country, doit aux frérots Gosdin. Ok, en fouillant un peu, il se peut bien que l’on trouve, ça-et-là, trace de titres qui ont pu flamber ou être repris par d’autres, mais ça ne va jamais très loin.

Du temps où ils ont fait parler d’eux, le bluegrass et le country-rock sont encore les moutons noirs du rock, loin des aspirations musicales populaires.

Ceux qui vouent un culte à ce genre musical dans son spectre le plus élargi et depuis son avènement, savent que le nom des Gosdin, en 1968, date de la sortie de leur Sounds Of Goodbye (la même année que Sweetheart Of The Rodeo), est alors une référence de la scène country-rock californienne naissante.

Il suffit de soulever le couvercle de la marmite qui mijote sur le feu, pour en apprécier tout le délicieux fumet. Ces ex-Hillmen de Chris Hillman et partenaires des premiers pas en solo de Gene Clark nous ont ici mitonnés une recette de bonne famille dont ils ont le secret, un des ces trucs à l’ancienne généreusement dressé sur assiette en porcelaine de Limoges. Grandes occasions obligent et c'en est une !

Sounds Of Goodbye est une éclatante gourmandise, un nanan aux ingrédients country, folk, pop et psyché soigneusement sélectionnés et mijotés, mélangés avec goût, soin, passion et savoir-faire.

Du début à la fin, ce type de noble prestation vous émoustille les papilles et ne rassasie le convive qu’à force d’y regoûter. Ce plat né de la patte des chefs Gosdin figure aujourd’hui encore sur toutes les cartes des meilleurs lieux de réjouissance.

Dans cette cuisine de studios, les voix des maîtres-queues s’unissent dans une belle harmonie, dans une complémentarité affinée, avec profondeur et émotion ; leur partition se récite alors dans le plus grand des naturels, sans en rajouter, simplement, intelligemment, bien proportionnée entre sucré et salé, bien assaisonnée comme appris auprès des maîtres dont ils ont hérités.

Ce disque, je parle là de l’original, est un régal qui vaut pour toutes les pièces qui composent son menu intemporel. C’est le seul moment où les deux frères (Vern est hélas décédé récemment) se retrouvent seuls aux fourneaux, il est mémorable, jovial et contagieux : Oui Chefs ! (RAZOR©)

 

Face 1.

1. Sounds Of Goodbye.

2. She's Gone.

3. Try And Catch The Wind.

4. Let It Be Me.

5. For Us To Find.

 

Face 2.

1. The Victim.

2. The First Time.

3. Woman's Disgrace.

4. Bowling Green.

5. Louisiana Man.

6. Love Of The Common People.

 

Vern Gosdin:guitare,chant.

Rex Gosdin:guitare,chant.

Gib Guilbeau:guitare,violon,choeurs.

Wayne Moore:basse,choeurs.

Gene Parsons:batterie,percussions,harmonica,choeurs.

Clarence White:guitare,choeurs.

DISCOGRAPHIE AVEC GENE CLARK 60'S.

LP Studio 1 - 1967

 

Geneclarkgosdin67

 

GENE CLARK

WITH THE GOSDIN BROTHERS – 1967  5/5

 

Publié en février 1967.

Produit par Larry Marks,Gary Usher.

Durée:28:15.

Label :Columbia (USA),CBS (UK).

 

Sur les talons des Byrds.

 

Si les Byrds ont marqué le rock, plus particulièrement dans ses filières folk-rock et rock psychédélique, c’est à Gene Clark qu’ils le doivent principalement. Il était l’âme des Byrds de cette période pré country-rock. Si Roger McGuinn donnait l’impression d’avoir les clefs du camion, il n’en est pas moins vrai que Gene Clark en était le GPS. Sans lui, les Byrds ont parfois erré. Les Byrds justement, parlons-en.

Gene Clark vient de les quitter pour des conflits intérieurs (1966). Pour éviter de gamberger et assurer la croûte, il lance rapidement un premier album solo, baptisé Gene Clark With The Gosdin Brothers (en écoute intégrale ici). Si l’on connaît Clark, on connaît moins les frangins Gosdin, Vern et Rex, interprètes, à l’époque, d’un mélange de bluegrass et de country-rock qui n’a jamais vraiment trouvé preneur, et que Chris Hillman (Byrds) a côtoyés un certain temps (The Golden State Boys), avant de rejoindre les Byrds.

De Chris Hillman, il en est encore question sur cet album de 1967. Il figure en bonne place ici, au même titre que Michael Clarke, que Clarence White tous des Byrds de différentes moutures, Leon Russell, Jerry Cole, Bill Rinehart, Glen Campbell, des requins de studio et Doug Dillard, avec lequel Gene Clark collaborera sur deux albums le grandiose The Fantastic Expedition et Through The Morning, Through The Night.

Alimenté par de très agréables mélodies pop et d’incontournables morceaux de country-rock, folk-rock, l’album s’appuie sur les travaux d’un Gene Clark qui coiffe plusieurs casquettes (chant, écriture, musique et chef du projet), travaux qui ne souffrent, en aucun cas, de la comparaison avec ceux des Byrds.

Comme ce fut le cas avec ce génial compositeur, ses albums, hormis White Light et No Other, n’ont jamais eu les retombées commerciales espérées. With The Gosdin Brothers n’échappe pas à la règle, sorti, sous le même label (Columbia) et en même temps que Younger Than Yesterday des Byrds (mars 1967), qui plus est dans à une année  très concurrentielle (l’année 1967) pour le rock.

Commercialement, ce fut un bide retentissant. Pas pour l’œil avisé et expert des critiques. Heureusement que le temps et les rééditions réinstallent l’église au milieu du village. Tous les mérites de cet album ne lui seront attribués que longtemps après. A titre posthume, même.

A l’instar de beaucoup de génies artistiques, Gene Clark est passé à côté de la notoriété, vraisemblablement toujours arrivé trop tôt. C’est le cas de ce LP de février 1967 inspiré par Rubber Soul des Beatles, sur lequel l’on retrouve les frérots Gosdin aux chœurs et duquel émargent les So You Say You Lost Your Baby, Echoes, Think I’m Gonna Feel Better, Keep On Pushin, Is Yours Is Mine, Elevator Operator.

Bien ficelé, ce disque ne peut pas ne pas rappeler les Byrds, dont il ne s’est finalement pas éloigné, musicalement parlant. L’écoute est des plus agréables, malheureusement trop courte. Le country-rock peut se targuer d’avoir gardé au secret des albums de cet acabit, on en profite complètement aujourd’hui avec les rééditions (RAZOR©).

    

1. Echoes.

2. Think I'm Gonna Feel Better.

3. Tried So Hard.

4. Is Yours Is Mine.

5. Keep on Pushin'.

6. I Found You.

7. So You Say You Lost Your Baby.

8. Elevator Operator.

9. The Same One.

10. Couldn't Believe Her.

11. Needing Someone.

 

Gene Clark:guitare,harmonica,chant.

Vern Gosdin,Rex Gosdin:choeurs.

Glen Campbell:guitare électrique.

Jerry Cole,Bill Rinehart:guitares.

Clarence White:guitare sur 3/9/11.

Doug Dillard:banjo électrique sur 5.

Leon Russell:piano,clavecin,arrangements cordes sur 1/7. 

Van Dyke Parks:claviers.

Chris Hillman:basse.

Michael Clarke:batterie.

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