Al Green.

BIOGRAPHIE.

 

AL GREEN/Forrest City (Arkansas – USA)

 

Al green 1

 

Né Albert Leornes Greene, le 13 avril 1946 à Forrest City.

Actif depuis 1967.

Label:Hi-Records,Hot Line Music Journal Records.

Genre:R&B,soul,gospel.

 

Du Show-Biz à l'ordination.

Le 18 octobre 1974, la vie d'Al Green prend un autre sens. La faute à une femme amoureuse et aveuglée par la jalousie. Une femme de 20 ans que le chanteur pop célèbre et grand charmeur qu'il est alors, a précédemment séduite, comme il le fait à chacune de ses étapes dans les villes où il se produit. C'est son petit plaisir. Il aime avoir les plus belles femmes à ses côtés.

Al green 2Al Green, aussi grand charmeur que grand chanteur.

Al green mary woodsonUne carrière brisée par une femme jalouse...

Al green reverend...qui le mène aux ordres.

Al green let s stay together 72L'apogée de sa carrière.

Al green sha la laSha-La-La...écrit pour sa belle, fait 7 au Billboard. 

Mary Woodson White n'est que la énième jeune fille à fondre sous le charme de l'arkansan, mais elle l'aime férocement cet homme qu'elle rencontre dans une prison où l'artiste donne un concert caritatif. Elle est en si éprise qu'elle envisage, ni plus, ni moins, de se marier avec lui.

Albert Greene n'adhère pas à ce choix de vie, mais éprouve beaucoup de respect pour chacune de ses conquêtes. Et Mary, dont il ne connaît rien du lourd passé personnel, peut-être plus que toute autre...

C'est pour elle qu'il a écrit Sha-La-La (Make Me Happy) chez Hi-Records, qui paraîtra en 1974 et se classera 7ème au Billboard 100 (N°2 au classement R&B) et N°20 des charts britanniques.

Quand il lui fait connaître sa position sur la relation souhaitée par la dame (elle est mariée et a 4 enfants, mais Green l'ignore), cette dernière déverse dans le dos de son amant une marmite d'eau bouillante (il est brûlé au deuxième degré), avant de sortir un pistolet de son sac et de mettre fin à ses jours.

Après des mois passés à l’hôpital, le chanteur de soul promet de ne plus jamais interpréter de chansons profanes et décide de consacrer sa carrière au genre gospel et à la musique religieuse. Il reviendra quelque peu sur sa décision à la fin des 80's.

Néanmoins, cet événement dramatique marque profondément Green, même si ce dernier pardonne à son agresseur. Comme Mary le lui avait préalablement prédit, Al Green, deux ans après le drame, est ordonné pasteur de l'église du Full Gospel Tabernacle à Memphis.

Une plaque à sa mémoire y est installée, Green s'étant alors engagé en retour à garder à son admiratrice une place au premier rang de l'église (dont il est propriétaire depuis 1976), s'il devenait pasteur un jour...

Des Greene Brothers à Al Greene & The Creations.

Né le 13 avril 1946, Albert Greene est le sixième des dix enfants de Robert et Cora Greene qui composent cette famille noire arkansane de condition modeste, vivant à la campagne.

Ayant très tôt des dispositions pour la musique, il trouve dans le blues et le gospel un moyen de se préparer un avenir différent de ce à quoi il assiste durant son enfance.

Il n'a pas encore 10 ans quand il fait ses premiers pas comme choriste dans un quartet de Forrest City, sa ville natale, les Greene Brothers, fondé par son père et au sein duquel il côtoie également deux de ses frères, William et Walter.

Le quatuor évangélique familial sillonne le sud-est des États-Unis jusqu'à ce que la famille déménage dans le Michigan (1958/Grand Rapids) où il poursuit son activité dans la partie nord américaine.

Plus tard, alors qu'il est au lycée, Greene se retrouve à la tête de Al Greene & The Creations dont font partie Curtis Rogers et Palmer James (Gene Mason est le 4ème larron) qui vont devenir les responsables de leur propre label, Hot Line Music Journal Records, et pour lequel le groupe enregistre un premier single.

Star en solo.

Ce titre, Back Up Train (qui nomme un album du même nom publié en mars 67), paraît sous Al Green And The Soul Mates (créé en 1967) et figure, en 1968, très honorablement dans les charts R&B américains (5ème). Un second single Don't Hurt Me No More est édité, mais sans succès, ce qui amène Green à envisager rebondir dans une carrière solo.

En cela, la rencontre avec Willie Mitchell (1968), producteur et cadre de Hi-Records, sert de tremplin à sa décision de voler de ses propres ailes. Mitchell va alors faire de lui une star de la soul en deux temps, trois mouvements. Cette collaboration aboutit à l'apogée de son parcours artistique, contrecarré par les événements relatés par ailleurs.

Après un premier LP bien accueilli (Green Is Blues/avril 69), une reprise des Beatles, I Want To Hold Your Hand (1969), fait décoller sa carrière. Il confirme tout son talent avec une adaptation des Temptations, I Can't Get Next To You, laquelle intitule son troisième LP (mars 1971). La version de Green fait N°1 des charts soul 71 et se vend à plus d'un million de pièces.

72/74, l'apogée musicale.

Derrière, Tired Of Being Alone et Let's Stay Together, toujours en 1971, enfoncent le clou. L'album Let's Stay Together (1972) se classe au 8ème rang des classements du Billboard 200 et N°1 de la catégorie soul.

Le créneau 1972/1974 constitue l'apogée musicale de l'artiste. Let's Stay Together, I 'm Still In Love With You, Call Me, Livin' For You et Al Green Explores Your Mind sont tous couverts de platine ou d'or. L'artiste s'interroge alors sur le sens de sa vie, le succès, la popularité, l'argent (été 74).

Devenu une véritable entreprise à lui tout seul, il prend conscience de la responsabilité pesant désormais sur ses épaules à l'égard de tous ces gens qui dépendent de lui et de sa réussite.

Il en éprouve une certaine culpabilité qui l'amène à se tourner un peu plus vers Dieu. Pour lui, tous ces événements tragiques sont un signe... Green va consacrer dorénavant plus de temps à la religion.

Al green mitchell

« Je sirotais une bière en tournant le dos à la scène. Le gamin a commencé à chanter. A la fin, j’ai demandé qu'on m'amène ce gosse au plus vite et lui ai demandé son nom. Il m’a répondu : Al Green. Je lui ai alors dit qu'avec sa voix, il pouvait faire un disque du tonnerre. Je lui ai proposé de venir à Memphis avec moi, et en travaillant dur, de sortir des tubes ». (Willie Michell)

Basculement dans la musique chrétienne.

Si sa musique se fait alors plus religieuse, il n'en écarte pas moins le R & B qui, jusque là, l'a fait vivre. Cinq disques s'invitent au catalogue dans la seconde moitié des seventies : All Green Is Love (1975), dernier LP à se classer en tête des charts soul US, Full Of Fire (1976), Have A Good Time (1976), The Belle Album (1977), premier opus sans Willie Mitchell, son producteur légendaire, et pour son propre label (American Music), et enfin Truth N' Time (1978), par lequel il abandonne le registre profane qui a guidé ses années 60 et 70.

Ses ventes commencent alors à décliner, d'autant que Green rebondit dans la musique chrétienne, en reprenant des standards du gospel et des chansons pop religieuses.

Ce genre constitue son fond de commerce des 80's, avant qu'il ne revienne à un répertoire plus populaire pour la décennie suivante. Ses enregistrements de la période 81/89 sont récompensés par de multiples Grammy Awards.

A La fin des 80's, Green revient au R & B par la voie de Put A Little Love In Your Head, interprété en duo avec Annie Lennox, puis, en 1992, enregistre un premier LP soul digne de ce nom depuis 1978, le dénommé Don't Look Back. Il entre alors dans le Rock And Roll Hall Of Fame (1995).

Depuis le début du nouveau millénaire, Feels Like Christmas (2001), I Can't Stop (avec Willie Mitchell, en 2003), Everything's OK (2005), Lay It Down (mai 2008) sont venus enrichir son catalogue studio.

Signe que la religion et la musique font bon ménage, le dernier album du pasteur Green atteint le 9ème rang du Billboard 200. Cela faisait 35 ans qu'il n'avait réalisé tel exploit...

Et s'il était désormais touché par la grâce divine ? Entre son ministère et la musique, Green n'a toujours pas fait son choix. Pour notre plus grand bonheur. Le soulman de Forrest City n'a pas fini de nous étonner (RAZOR©2020).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 4 - 1972

 

Al green let s stay together 72

 

AL GREEN

LET'S STAY TOGETHER – 1972  5/5

 

Publié le 31 janvier 1972.

Produit par Willie Mitchell.

Durée:33:38.

Label:Hi-Records.

Genre:soul,R& B.

 

Exceptionnel.

 

Let 's Stay Together (1972) est une petite merveille qu'il est délicat de dissocier des autres productions de ce début de seventies, à savoir le précédent Gets Next To You (1971) et ses suivants I'm Still In Love With You (1972) et Call Me (1973).

Ce quatuor discographique correspond à l'apogée musicale de son auteur, Al Green. Il est donc délicat, compte tenu du niveau exceptionnel de ce créneau artistique, de préférer l'un à l'autre.

Le choix de Let's Stay Together est uniquement dicté par le caractère historique de l’œuvre, en ce sens qu'elle lance véritablement la carrière de Green.

L'album qui précède laisse entrevoir que l'artiste est sur le point de toucher au but. Sa collaboration avec le producteur trouve ici son équilibre. Elle permet à Let's Stay Together de prendre la 8ème place du Billboard 200 et de rester 10 semaines en tête des classements soul, porté qu'il est par la chanson-titre.

Celle-ci, et l'exploit n'est pas peu mince, se hisse à la première place des charts US (Hot 100), toutes catégories confondues, devenant, au fil du temps, un classique incontournable du catalogue de Green, comme Love & Happiness, également sur l'album. L'artiste, lui, devient dès lors la figure de proue de la Motown.

L'amour sert de thème à ce disque pour lequel l'auteur écrit ou co-écrit 7 des 9 chansons. La présence du single à succès n'occulte pas pour autant la qualité du lot, portée par la voix de velours de Green (La-La For You, How Can You Mend A Broken Heart, It Ain't No Fun To Me...). Une petite merveille, je vous dis (RAZOR©).

 

1. Let’s Stay Together.

2. La-La For You.

3. So You’re Leaving.

4. What Is This Feeling.

5. Old Time Lovin.

6. I’ve Never Found A Girl.

7. How Can You Mend A Broken Heart.

8. Judy.

9. It Ain’t No Fun To Me.

 

Al Green:chant.

Howard Grimes,Al Jackson Jr:batterie.

Leroy Hodges:basse.

Charles Hodges:orgue,piano.

Teenie Hodges:guitare.

Wayne Jackson:trompette.

Andrew Love,Ed Logan:cor,saxophone ténor.

James Mitchell:basse,saxophone baryton.

Jack Hale:trombone.

Charles Chalmers,Donna Rhodes,Sandra Rhodes:choeurs.

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