Alan Hull.

BIOGRAPHIE.

 

 

ALAN HULL/Newcastle (Tyne And Wear – Angleterre)

 

Alan hull 1980 photo ian roddam

 

Né le 20 février 1945 à Benwell (Newcastle),mort le 17 novembre 1995 à Newcastle.

Actif de 1962 à 1995.

Labels:Charisma,Warner Bros.,The Rocket Company,Black Crow Records,Mooncrest,Elektra,Atco,Mercury.

Genre:folk,folk-rock.

Site Internet:www.lindisfarne.co.uk

 

Élevé au rang des plus grands songwriters.

Sa mort, en novembre 1995, a, par la force des choses, remis le personnage au centre de l'actualité et, du même coup, amené les fans qui l'avait oublié à se remettre à fouiller un peu plus en profondeur le catalogue d'Alan Hull. Une réalité s'impose alors depuis que ceux-ci en ont revisité les contours : le natif de Newcastle était vu comme un songwriter hors normes et ça se confirme avec le temps.

Alan hull 1Un songwriter novateur et prolifique...

Alan hull lindisfarne...dont Lindisfarne touche les bénéfices...

Alan hull fog on the tyne lindisfarne...à l'instar de Fog On The Tyme.

Alan hull radiatorL'intermède Radiator...

Alan hull pipedream...avant une carrière solo réussie.

Alan hull statues and liberties 1996 last lp soloSon dernier LP, publié en 1996.

Alan hull memorialUne plaque à sa mémoire à Newcastle.

Alan hull the anthology 65 95Une compil' indispensable.

Hull avait tous les atouts pour devenir une vedette, comme on dit. Que ce soit au sein de Lindisfarne ou, à partir de 1973, en solo, l'artiste fait état d'un incomparable talent pour signer des mélodies délicates et accrocheuses, pour coucher sur papier des paroles bien ciselées puisées dans son vécu ou nées de son sens de l'observation de la société du moment.

Un prix Alan Hull.

Sa plume, un tantinet sarcastique, accorde surtout ses faveurs aux défavorisés, incompris et écorchés de la vie mais était influencée également par les histoires d'Edgar Poe (Lady Eleonor), auquel il consacre ses quarts de nuit quand il travaille, à la fin des 60's, comme infirmier-stagiaire dans le service de santé mentale de l'hôpital psychiatrique St Nicholas de Gosforth.

Figure charismatique de la ville de Newcastle, l'ancien membre de Lindisfarne prête aujourd'hui son nom au prix de la Community Fondation Tyne And Wear, récompensant les jeunes-auteurs compositeurs (16/25 ans) de la région nord-orientale d'Angleterre.

Ray Laidlaw, son partenaire de la première heure sous l'étendard de Lindisfarne et ami proche, s'est dépensé sans compter pour créer ce prix Alan Hull, clamant haut et fort que ce dernier était le songwriter le plus talentueux avec lequel il a partagé une scène.

Alan Hull, qui a écrit ses plus grandes chansons dans le cadre de son emploi hospitalier (Clear White Light, Winter's song...) pendant lequel il a énormément appris de ses patients, n'était pas le dernier, malgré son nom et son succès, à se montrer un soutien régulier pour la nouvelle génération d'auteurs.

Pour Ray Laidlaw, il était important de lier le passé et l'avenir autour de celui qui, à son apogée, était vu comme le songwriter le plus novateur depuis Dylan, et surtout de pérenniser cet héritage pour la mémoire de son ami et pour ses proches...

Des Chosen Few à Lindisfarne.

James Alan Hull est né le 20 février 1945 dans le quartier de Benwell à Newcastle Upon Tyne. Son apprentissage musical commence par le piano alors qu'il n'a pas encore 10 ans.

Deux ans plus tard, tandis qu'il fréquente la Rutherford Grammar School de Newcastle, il se consacre à la guitare et écrit ses premières chansons alors qu'il est encore ado.

Son avenir est tout tracé dans la musique. A 17 ans, il devient membre de The Chosen Few, un excellent groupe R & B de Newcastle formé sur les cendres des Unknows et des Cresters et dans lequel il côtoie le claviériste Mickey Gallagher (The Animals, Ian Dury & The Blockheads, Peter Frampton, Cochise...).

Hull (guitare et chant), Mick Gallagher (orgue), Bumper Brown (basse), Rod Hudd (chant) et Tommy Jackman (batterie) constituent le line-up original de cette mouture qui reprend des titres de la Motown mais interprète aussi ses propres compositions, déjà signées Alan Hull.

Les Chosen Few enregistrent deux singles dans un style très Beatles, I Won't Be Round You Anymore/Big City et So Much To Look Forward To/Today, Tonight And Tomorrow chez Pye Records-1965), puis sont sélectionnés pour réaliser une campagne publicitaire pour le fabricant de claviers Hohner (1965). Malgré ce coup de pouce, les singles ne percutent pas.

Cet échec scelle la séparation des Chosen Few qui perdent simultanément Brown et Hull (1965). La formation poursuit sous Skip Bifferty au départ de son songwriter (1966). A la fin des 60's, Alan Hull rejoint The Downtown Faction qui vient de muter en Brethren, avant de se fixer sur Lindisfarne.

Un des groupes les plus populaires du Royaume-Uni.

A la même période (1969), il signe un nouveau single, We Can Swing Together/Obidiah's Grave (Big T), le premier nommé donnant son nom à la compilation (The Anthology 1965/1995) qui revisite le répertoire de l'artiste (2005).

Après des débuts balbutiants sur le circuit des universités, Lindisfarne balaie tout sur son passage en public comme en studio et va devenir un des groupes les plus populaires du Royaume-Uni.

Alan Hull, chanteur/guitariste, Simon Cowe, guitariste, Ray Jackson, mandoliniste, Rod Clements, bassiste, et Ray Laidlaw, batteur, tous originaires de Newcastle et de sa périphérie, constituent la première mouture de Lindisfarne, au nom emprunté à une île du nord de l'Angleterre. Le label rock progressif Charisma Records, par le biais de Tony Stratton-Smith, les prend sous sa coupe (1970).

Un songwriter inspiré et prolifique.

Un premier LP, Nicely Out Of Tune, sort en novembre 1970 qu'Alan Hull alimente de 7 titres sur les 11 présents. Parmi ceux-ci, Lady Eleanor, Clear White Light, We Can Swing Together, Winter's Song et Alan In The River With Flowers, parodie de Lucy In The Sky With Diamonds des Beatles qui contribuent à faire de ce premier jet discographique un gros succès.

Fog On The Tyne (octobre 1971) connaît le même engouement commercial. Porté par l'écriture de Hull (5 des 10 chansons), l'album (N°1 au Royaume-Uni) se vend très bien.

Seuls Simon & Garfunkel et leur Bridge Over Troubled Water ainsi que Rod Stewart (Never A Dull Moment) font mieux en termes de ventes anglaises (albums studio) cette année-là. Lindisfarne a désormais un statut international et Alan Hull est élevé au rang de Dylan en qualité de songwriter.

Bien que passant 10 semaines dans les charts UK avec un pic à 5, Dingly Dell, troisième LP (septembre 1972) du catalogue, ne rencontre pas le même accueil auprès du public. Pour une fois, l'écriture est mise en cause malgré les efforts de son songwriter attitré, auteur de 8 des 12 morceaux du disque.

Pipe Dream, incontournable premier LP solo.

Cowe, Laidlaw et Clements quittent le groupe au début de l'année 73 pour former Jack The Lad, laissant à Jackson et Hull les rênes de Lindisfarne. Ken Craddock (guitare, claviers, chant), Charlie Harcourt (guitares), Tommy Duffy (basse et chant) et Paul Nichols (batterie) constituent le nouveau Lindisfarne, lequel publie, dans la foulée, Roll On Ruby (novembre 1973), dernier disque de l'ère Charisma, auquel la presse et les fans ne réservent pas la meilleure réception.

Sans quitter la formation, Alan Hull entame un parcours solo à cette époque. Le magnifique Pipedream (1973) marque le départ de son parcours personnel.

Le 5ème volet vinylique du collectif se fait chez Warner Bros. Malgré la présence d'un trio à l'écriture (Hull, Craddock et Duffy), Happy Daze (novembre 1974) est assez faible et ne vaut que par quelques jolis soubresauts de sa tierce du songwriting.

Craddock y va de deux convaincants In Your Head et Tomorrow, tandis qu'Alan Hull place un superbe River et Duffy un surprenant Tonight. Pas suffisant toutefois pour maintenir la tête du groupe hors de l'eau...

Alan hull ray laidlaw

« Le véritable mémorial d'Alan est sa musique, qui, elle, ne disparaîtra jamais. » (Ray Laidlaw)

La parenthèse Radiator.

Entre 1973 et 1975, Lindisfarne se délite petit à petit. Alan Hull profite alors cet espace-temps pour signer un deuxième LP pour son compte, le dénommé Squire, publié en 1975 (Warner Bros.), après que Lindisfarne soit dissous.

Squire, écrit pour être la B O de la pièce télévisée (1974) de Tom Pickard, dramaturge du Tyneside (Hull y joue Alfy, un trentenaire sans emploi de Newcastle) peut être vu comme un album-concept. Il rassure néanmoins sur le fait que Hull sait encore faire de grandes chansons (One More Bottle Of Wine, Golden Oldies, Bad Side Of Town).

Hull forme alors Radiator (1977) avec Ray Laidlaw, Colin Gibson, Kenny Craddock, Peter Kirtley, Terry Popple. Groupe très intéressant et réunissant des musiciens pointus dont certaines figures légendaires de Lindisfarne, il ne dure hélas que très peu de temps mais laisse un excellent souvenir à tous ceux qui ont pu le voir et l'écouter (Isn't It Strange/The Rocket Record Company/1977).

Lindisfarne : bis repetita.

Lidisfarne n'étant jamais bien loin de Hull, le binôme se reconstitue en mars 1977, qui plus est dans sa configuration d'origine. Mercury a le privilège de publier le double album live (alimenté par des titres des trois premiers LP du groupe) découlant de cette réunion, Magic In The Air (1978), enregistré devant un parterre comble à l'hôtel de ville de Newcastle, la veille de Noël 77. Lindisfarne repart alors pour un long bail...

Alan Hull, parallèlement, poursuit son parcours en solitaire en réalisant un troisième LP, l'impertinent Phantoms, fait pour le label d'Elton John (The Rocket Record Company) et fidèle en qualité aux deux disques qui précèdent.

Honoré par les siens...

On The Other Side en 1983, Another Little Adventure, 5 ans plus tard, et Statues And Liberties (1996) complètent un catalogue personnel tout aussi remarquable que celui des premières heures de Lindisfarne, celle où il était alors à son apogée.

Terrassé par une crise cardiaque le 17 novembre 1995, Alan Hull est, depuis 2012 et sur l'insistance du manager de Lindisfarne Barry McKay, honoré par une plaque commémorative placée sur la façade de la mairie de la ville qui l'a vu naître et grandir. Juste retour des choses pour un artiste (et un groupe) qui a fait autant pour Newcastle que ce que les Beatles ont fait pour Liverpool (RAZOR©2020).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1973

 

Alan hull pipedream 1

 

ALAN HULL

PIPEDREAM – 1973  4,5/5

 

Publié en 1973.

Produit par Micky Sweeney.

Durée:40:00.

Label:Charisma Records.

Genre:folk,folk-rock.

 

Un projet bien ficelé.

 

Mort en 1995, Alan Hull est surtout connu pour avoir été l'auteur-compositeur, le musicien et chanteur de Lindisfarne, groupe de folk rock britannique (Newcastle), l'une des formations les plus talentueuses (Nicely Out Of Tune/1970, le superbe Fog On The Tyne/1971 et Back And Fourth/1978) et méconnues que l'Angleterre ait eu à nous proposer.

A la scission du groupe, en 1973, une partie de Lindisfarne emboîte le pas à Alan Hull pour son projet d'exécuter un premier LP solo, le dénommé Pipedream, une entreprise particulièrement bien ficelée, à l'image de l'ensemble de la discographie du groupe qui l'a révélé, même si plus rock que ses travaux sous Lindisfarne.

Ray Jackson et Kenny Cradock notamment, encadrent celui qui est également poète après ses heures. Auteur-compositeur novateur et compétent, c'est un Hull profond, passionné, à l'humour doux-amer, imagé, cool, accrocheur, fluide, qui traite ici de sujets vrais et de son temps comme la politique, l'alcool, la drogue, l'amour.

Ses premiers pas dans une carrière menée désormais en solitaire sont très convaincants. L'auteur du géant Fog On The Tyne et de Lady Eleanor (écrit d'après un personnage d'Edgar Allan Poe) marche dans les pas de ce que le mémorable team de Newcastle faisait encore récemment, comme si ce répertoire fignolé aux petits oignons n'était autre que celui envisagé pour alimenter le dernier jet de Lindisfarne et que la rupture n'a pas permis.

Qu'à cela ne tienne, c'est toujours du Hull dans le texte et dans les notes, et la transition entre les deux structures est gagnante. Dans ce contexte individuel, les perles s'exposent avec un égal talent : Song For A Windmill, Country Gentleman's Wife, Justanothersadsong (tout attaché s'il vous plaît !), Breakfast, United States Of Mind, Numbers, Drug Song, I Hate To See You Cry.

Hull regarde l'existence droit dans les yeux et la chante puissamment. Il faut prendre son œuvre très au sérieux, mes petits biquets ; elle est d'une très grande richesse. Le malheur, c'est qu'on s'en aperçoit un peu tard (RAZOR©).

 

1. Breakfast.

2. Justanothersadsong.

3. Money Game.

4. STD 0632.

5. United States Of Mind.

6. Country Gentleman's Wife.

7. Numbers (Travelling Band).

8. For The Bairns.

9. Drug Song.

10. Song For A Windmill.

11. Blue Murder.

12. I Hate To See You Cry.

 

Alan Hull:chant,guitare,piano,harmonium.

John Turnbull:guitare.

Colin Gibson:basse.

Ken Craddock:piano,orgue,harmonium,piano électrique,guitare.

Ray Laidlaw:batterie.

Ray Jackson:harmonica,mandoline,chœurs.

Dave Brooks:saxophone sur 8.

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