Amazing Blondel.

BIOGRAPHIE.

 

AMAZING BLONDEL/Lincolnshire (Angleterre)

 

Amazing blondel lincoln cathedral 1972

 

Actif entre 1969 et 1977, de 1997 à 2005.

Labels:Bell Records,Island Records,DJM Records,HTD,Mooncrest Records,Transtlantic Records,Talking Elephant.

Genre:folk,rock progressif,pop progressive,folk progressive,folk psychédélique, folk médiévale,soft-rock.

Site officiel:www.amazingblondel.com

 

L'intérêt de Chris Blackwell et l'appui d'Andy Fraser...

La philosophie du label Island Records ne s'est jamais embarassée de considérations commerciales. Les musiciens signant chez Chris Blackwell savaient pertinemment qu'en intégrant l'étiquette, ils avaient moins de probabilités que les autres de toucher le grand public. La politique maison misait plus sur la qualité et l'unicité de l'artiste que sur sa réussite dans les bacs.

Pourtant s'il est une maison de disques parmi les indépendants qui a fait briller une palanquée d'artistes et de groupes, c'est bien Island Records: le Spencer Davis Group puis Traffic, Nick Drake, Free, King Crimson, Spooky Tooth, Emerson Lake & Palmer, Jethro Tull, Cat Stevens, John Martyn, Roxy Music... Porter l'estampille du novateur Island Records est le gage d'un excellent disque ou d'un auteur talentueux.

Amazing blondel methuselah matthew mark luke and john 1969Constitué sur les cendres de Methuselah (1967/68)...

Amazing blondel the dimples decca...lui-même hérité des Dimples (1966)...

Amazing blondel gospelgarden6...puis de Gospel Garden (1967)...

Amazing blondel 2Wincott, Gladwin et Baird.Amazing blondel glastonbury 70 affiche19 septembre 70 : la scène de Glastonbury.

Amazing blondel england 72England (72), le plus populaire du catalogue.

Gladwin et Wincott, le dénominateur commun.

Dès 1969, année au cours de laquelle il rejoint Island Records, grâce à l'appui d'Andy Fraser, le bassiste de Free (All Right Now/1969), Amazing Blondel est marqué de ce sceau prestigieux. 4 de ses LP de la période 70/73 relèvent de ce partenariat prestigieux. Ils constituent la période glorieuse de ces maritimes débarqués du Lincolnshire, en bord de la Mer du Nord.

Amazing Blondel est constitué sur les cendres de Methuselah, formation de rock électrique elle-même dérivée de The Dimples (un single, Love Of A Lifetime/My Heart Is Tied To You/Decca-1966), puis de Gospel Garden (5 titres enregistrés pour Camp Records-1967), deux groupes derrière lesquels on retrouve des copains de l'école de Scunthorpe, John Gladwin et Terry Wincott.

Engloutis par le son lourd de Methuselah (2 LP pour Elektra), sorte de mélange de folk, de gospel, de R & B et de hard rock, les deux compères, guitaristes acoustiques très inventifs, décident d'opter pour une voie moins bruyante, la musique folk médiévale, plus à même de valoriser leur chant et leur maîtrise instrumentale et donnent le jour à ce qui va devenir Amazing Blondel.

Une identité médiévale.

Le groupe tient son nom de la légende entourant Richard Coeur de Lion qui comptait parmi ses fidèles confidents un trouvère et poète français, Blondel de Nesle, lequel, quand le roi d'Angleterre fut fait prisonnier en Autriche par Léopold de Babenberg, retrouva sa trace et se fit reconnaître de celui-ci grâce à une chanson qu'il avait composé pour lui.

Gladwin et Wincott étant eux-mêmes parallèlement très attachés à la série TV de leur enfance Robin Hood (Robin des Bois), il n'en fallait pas plus pour que le duo, déjà très acoustique, se fixe plus particulièrement sur la folk traditionnelle et médiévale, un genre alors en vogue dans la deuxième moitié des 60's (Steeleye Span, Strawbs, Gryphon) et dont The Incredible String Band fut le porte-parole le plus populaire.

La couverture du premier album réalisé par Gladwin et Wincott est à ce titre très révélatrice de cette identité moyen-âgeuse. Malgré les arrangements de la figure du folk du moment Big Jim Sullivan, The Amazing Bondel (appelé également The Amazing Blondel & A Few Faces/Bell Records-1970), s'il fait appel à une instrumentation du passé (luth, harmonium, flûte à bec, ocarina...), se révèle toutefois décevant.

Un trio pour 3 LP.

Frustrés, Gladwin et Wincott prennent alors la décision de recruter un guitariste de talent, Eddie Baird, une ancienne connaissance de l'école de Scunthorpe. C'est donc un trio qui pointe le 19 septembre 1970 (le lendemain de la mort de Jimi Hendrix) sur la scène du festival de Glastonbury (encore appelé le Pilton Festival), premier du nom, dont T. Rex est la tête d'affiche, en remplacement de Kinks défaillants ; dans le même temps, Amazing Blondel passe sous la bannière de Island Records.

Le partenariat avec la société de Blackwell se traduit par 4 opus. Trois LP impliquent le trio Gladwin, Wincott et Blaird, à savoir Evensong (1970), Fantasia Lindum (1971) et England (1972). Le dernier de la période Island, sobrement intitulé Blondel (1973) se fait sans Gladwin.

Evensong privilégie un folk acoustique plan-plan, assez doux et peu agressif aux intonations très Renaissance (utilisation d'une quarantaine d'instruments d'époque comme le clavecin, la cithare, le luth, le théorbe, le tournebout...), agréable à écouter, mais qui peut aussi vite lasser.

England, le plus populaire du catalogue.

En ajoutant des éléments plus progressifs dès Fantasia Lindum, le trio gagne en intérêt, d'autant que les pièces ici proposées (Swift, Swains, Leafy Lanes est très intéressant) sont beaucoup mieux travaillées. L'ennui ressenti à l'écoute du disque précédent est ici complètement gommé.

Quatrième levée discographique du catalogue, England est certainement l'album le plus populaire d'Amazing Blondel. Bien élaborée, intelligente, cette folk médiévale de ménestrels évoquant, comme son nom l'indique, l'Angleterre rurale, maritime et naturelle, est très décontractée et plaisante pour peu que l'on en pince pour ce genre musical.

Dignes héritiers de Gladwin...

England achevé, Amazing Blondel perd alors John Gladwin qui pense avoir fait le tour de cette musique. Le départ de son compositeur en chef constitue un coup dur pour Baird et Wincott, persuadés que leur avenir à court terme s'assombrit du même coup.

Ils font alors abstraction de cette éventualité et continuent à tourner et à faire avec. Ils vont même enregistrer un nouvel album réclamé à cor et à cri par le label lequel continue à faire confiance aux membres restants.

Celui-ci, nommé Blondel (ou The Purple album) s'avère une très agréable surprise. Baird et Wincott se montrent les dignes héritiers de Gladwin, fondateur du groupe (est-ce en son hommage qu'ils tombent le Amazing dans le titre de l'album ?). Ils bénéficient, par ailleurs, du renfort de pointures du moment comme les Free Paul Rodgers (chant) et Simon Kirke (batterie) et le leader de Traffic, Stevie Winwood (venu prêter son concours à la basse), des artistes-maison.

Amazing blondel eddie baird

« Après le départ de John, Terry et moi pensions sincèrement que le groupe n'aurait pas de deuxième vie. Island a alors insisté pour un nouvel album, à réaliser dans une deadline de six semaines. 'ai écrit l'intégralité de Blondel (The Purple Album) en 5 semaines. Jusque là, je n'avais écrit que des instrumentaux et co-signé une ou deux chansons sur les LP précédents. Fort de la confiance qui m'a été témoignée, je me suis attelé à cette tâche sans trop réfléchir. » (Eddie Baird)

Du muscle et de la modernité.

Le contrat avec Island terminé, Amazing Blondel rebondit chez DJM Records (Dick James Music), une étiquette britannique indépendante distribuée par Pye Records. Il va y enregistrer, entre 1974 et 1977, 4 LP : 3 studios (Mulgrave Street, Inspiration et Bad Dreams) et un live (In Tokyo).

Mulgrave Street nous confronte à un Amazing Blondel plus musclé, plus soft rock, plus moderne aussi. Un peu dans le style Beatles... Cet album, auquel prend part un parterre huppé de musiciens (Simon Kirke, Mick Ralphs, Boz Burrell, Rabbitt Bundrick, Paul Kossoff) donne la possibilité d'entendre la magnifique guitare de Paul Kossoff (Hole In The Head). Deux ans plus tard, il succombera à une crise cardiaque...

Retour gagnant.

Inspiration est le frère jumeau du disque précédent mais un degré en dessous. Disons qu'il est un peu moins inspiré. Sorti en 1975, ce 7ème volet du catalogue studio n'en demeure pas moins un travail méritant attention. Il situe bien la transformation qui s'est opérée depuis un an dans la direction artistique du groupe.

Bad Dreams (1976) ne peut pas revendiquer les mêmes éloges. Trop sirupeux, il est l'opus le moins intéressant des anglais. Conscients de leur essoufflement, les membres d'Amazing Blondel mettent un terme à cette très belle aventure (1977) pour mieux se retrouver (le trio d'origine s'entend), 20 ans plus tard, autour de Restoration (1997), une merveille de disque qui ne déparerait pas, loin s'en faut, dans leur très jolie discographie des 70's (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 3 - 1971

 

Amazing blondel fantasia lindum 71

 

AMAZING BLONDEL

FANTASIA LINDUM – 1971  4/5

 

Publié en 1971.

Produit par Paul Samwell-Smith.

Durée:35:24.

Label:Island Records.

Genre:pop baroque,folk médiéval,british folk.

 

Marathon instrumental.

 

Un p’tit saut dans l’temps, ça vous tente ? Suivez-moi, j’ai un truc sous le coude qui devrait vous plaire… Amazing Blondel, ça vous parle ? Fait dans un moule genre Fairport Convention, Gryphon voire Pentangle et qui a résisté à l’impitoyable épreuve du temps, Amazing Blondel est un des trucs british les plus insolites de la fin des années 60, début 70.

Hors des sentiers battus, comme on dit. Direction donc la vieille Albion médiévale, la tasse de thé d’Amazing Blondel qui a laissé une belle et originale empreinte dans le folk acoustique progressif british.

Fantasia Lindum (1971 – Island Records) est certainement son apogée artistique, mais ses albums originaux ont tous de la qualité et de l’intérêt pour peu que le genre ne vous soit pas trop casse-burnes.

Trio composé d’Eddie Baird, de John Gladwin et de Terry Wincott, Amazing Blondel pratique un folk rock médiéval lumineux et d’une grande clarté, s’appuyant sur une maîtrise complète d’instruments datant du Moyen-Âge et de chansons de cette époque.

Ainsi luth, hautbois, cistre (John David), harmonium, flûte à bec, cromorne, ocarina (Terry Wincott), guitare et percus (Edward Baird) meublent leur quotidien musical. Le trio est capable de pratiquer une quarantaine d’instruments de cette époque et ce, dans la plus grande justesse. C’est dire…

Ces ménestrels portés sur l’Angleterre élisabéthaine et des Tudor, sur les danses traditionnelles britanniques n’ont jamais accroché les hits avec cette musique atypique, mais au moins ont-ils eu l’opportunité de se faire bigrement plaisir et de le partager.

Fantasia Lindum, suite d’une vingtaine de minutes, Safety In God Alone, Two Dances, belles pièces acoustiques, et Siege Of Yaddlethorpe (Jim Capaldi de Trafic y assure les percussions) ont de l’ambition et de la décontraction, sans jamais ennuyer, ni être terne, un seul instant. C’est finement ciselé tout ça, doux, tendre, accompli et très professionnel. Seul bémol :faut aimer le genre (RAZOR©).

 

1. Fantasia Lindum (suite de 10 titres).

2. To Ye.

3. Safety In God Alone.

4. Two Dances (2 titres).

5. Three Seasons Almaine.

6. The Siege of Yaddlethorpe.

 

John David Gladwin:deuxième luth,contrebasse,théorbe,chant principal.

Terence Alan Wincott:flute à bec,piano,clavecin,harmonium,divers bois,chant.

Edward Baird:premier luth,cloches,dulcimer,guitare,chant.

Jim Capaldi:batterie sur 6.

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