Anne Briggs.

BIOGRAPHIE.

 

ANNE BRIGGS/Nottinghamshire (Angleterre)

 

Anne briggs 1

 

Née Anne Patricia Briggs.

Née le 29 septembre 1944 à Toton Beeston (Nottinghamshire)

Active entre 1963 et aujourd’hui.

Genre:folk.

 

Une figure culte du folk british.

Son album de 1971, The Time Has Come, est un pur joyau du folk britannique du début des 70’s. Des collectionneurs sont prêts à vous faire un pont d’or pour acquérir l’original, tant il a marqué son époque. Anne Briggs, chanteuse influente et culte de ce temps d’alors et de cette scène, en est tout autant une des figures les plus énigmatiques

Anne Patricia Briggs n’a jamais cherché à attirer les regards sur elle, encore moins à devenir une star ou à spéculer sur une éventuelle carrière. Elle n’a jamais eu dans l’idée de faire fructifier l’indéniable talent que tous les spécialistes s’accordent à lui reconnaître.

L’extraordinaire folkeuse anglaise ne supportait pas être regardée sur scène, aussi fermait-elle les yeux quand elle chantait. Parallèlement, elle était si douée que, malgré sa volonté de rester en marge, elle a marqué au fer rouge la scène du folk revival britannique.

A suscité de nombreuses vocations.

Ses chansons ont inspiré des musiciens de renom comme Bert Jansch ou Jimmy Page ; son chant et sa voix d’une pureté cristalline, d’une magnifique clarté, ont autant suscité la vocation des Sandy Denny, Jaqui McShee, June Tabor, Maddy Prior, Linda Thompson que la nouvelle génération des Kate Rushby ou Eliza Carthy.    

Malheureusement, son passage dans la musique traditionnelle anglaise se limite à, grosso modo, une dizaine d’années, un EP pour ouvrir le catalogue et deux albums : The Hazards Of Love (1964), l’éponyme Anne Briggs (1971) et le phénoménal The Time Has Come (1971). Le chat est maigre certes, mais  le lot d’une trentaine de chansons qui constitue son répertoire complet n’en a que plus de valeur.

Orpheline précoce et fugueuse ado, elle préfère, au début des années 70, se retirer dans les Scottish Highlands et tourner délibérément le dos à l’industrie musicale et à un avenir qu’on lui prévoie pourtant juteux.

Cette sorte de strong woman, au comportement peu banal, au caractère bien trempé et aux idées bien arrêtées se consacre alors au maraîchage et prend place derrière les étals de marché, jusqu’à ce qu’elle ne réapparaisse en studio (ce qu’elle détestait) en 1997, pour enfin libérer ce magnifique Sing A Song For You de 1973 qui, si elle n’avait pas avorté la sortie de ce LP au motif qu’elle n’y aimait pas sa façon de chanter, aurait peut-être changé sa décision d’arrêter.

Anne briggs bert jansch 92Bert Jansch et Anne Briggs en 1992.

Une influence majeure.

C’est au contact de la scène d’Edimbourg, dès 1959, qu’elle se familiarise avec le folk ; à 15 ans, elle y fait la connaissance de Bert Jansch avec lequel elle lie une amitié très étroite et pour lequel, au fil du temps, elle devient une influence majeure. Ils sont si proches qu’ils sont souvent vus comme frère et sœur. Elle lui apprend Blackwaterside, une ballade irlandaise que Jansch intègre à son premier LP, Jack Orion (1966). Cette chanson est également au programme de Led Zeppelin qui l’a publié sous Black Mountain Side. 

En 1962, Ewan McColl, musicien de folk traditionnel auteur de plus de 300 chansons dont Dirty Old Town, repris par les Pogues en 1985, la remarque sur un circuit réservé aux jeunes talents locaux. Elle déménage sur Londres où elle intègre une scène alors occupée, outre Bert Jansch, par John Renbour, Clive Palmer et l’Incredible String Band.

Une vie de bohême.

A Londres, Anne Briggs apparaît aussi aux côtés de Al Lloyd, musicien et figure clé dans le renouveau de la musique folk des 50’s et 60’s. Poussée par le démon de la bougeotte, elle passe le milieu des années 60 à sillonner l’Irlande en roulotte ou en combi VW, avec son chéri irlandais, le folkeux John Moynihan, qui a pour lui notamment d’avoir introduit le bouzouki dans la musique irlandaise à cette époque.

A son contact, elle apprend cet instrument et, avec son homme, donne des spectacles informels dans la campagne irlandaise. Elle ce complaît dans cette existence à la petite semaine, sans règles, sans contraintes, sans pression. Une vie libre certes, mais instable, et très insuffisante pour vivre décemment...

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« Avec Johnny, nous avons passé des années merveilleuses ensemble. Les plus belles. Nous vivions dans un vieux combi VW et sous la tente, avec pour motivation principale de vivre sur la route et pour unique souci de jouer dans la rue et de chanter dans les pubs. » (Anne Briggs) 

Elle prend alors conscience de son potentiel, accorde plus de temps à son écriture et se laisse convaincre d’enregistrer quelques chansons pour Topic, label important du folk revival, et CBS.

The Time Has Come, son chef d’œuvre.

L’éponyme Anne Briggs consiste en une collection de chants traditionnels interprétés simplement, sans chercher à imiter. The Time Has Come révèle par contre toutes les facettes de l’artiste : songwriter, guitariste et interprète. Et là, la conjonction de tous ses dons explose ; l’auditeur est sur un nuage à flotter au-dessus de la lande du Suffolk où elle a alors planté sa caravane. Le grand frisson…

Dans le sillage de ce disque culte, Sing A Song For You s’annonce en 1973. Tout est prêt pour refaire le coup de The Time Has Come. Mais la dame, sauvage et têtue, lassée des studios et du business, n’en veut pas et refuse à CBS de le publier, au motif qu’elle n’aime pas sa manière de chanter. Il sortira en 1997.

Depuis, malgré les relances de la profession et des proches, elle n’est jamais sortie de sa retraite, ou très ponctuellement dans les 90’s, et ne semble pas avoir de regrets sur les choix de vie qu’elle s’est imposés (RAZOR©).

LP Studio 2 - 1971

 

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ANNE BRIGGS

ANNE BRIGGS – 1971  4,5/5

 

Publié en 1971.

Produit par Al Lloyd.

Durée:41:48.

Label:Topic.

Genre:folk.

 

Strong Woman.

 

S’il est une artiste qui n’a jamais cherché à attirer les regards sur elle, et encore moins à devenir une star, c’est bien Anne Briggs, l’extraordinaire folkeuse anglaise, découverte par Ewan MacColl. Elle ne supportait pas être regardée sur scène, aussi fermait-elle les yeux quand elle chantait.

Parallèlement, elle était si douée que, malgré sa volonté de rester en marge, elle a marqué au fer rouge la scène du folk revival britannique. Ses chansons ont inspiré des musiciens de renom comme Jansch ou Page ; son chant et sa voix d’une pureté cristalline (à déchirer les tympans), d’une magnifique clarté, ont autant suscité la vocation des Sandy Denny, Jaqui McShee, June Tabor, Maddy Prior, Linda Thompson que la nouvelle génération des Kate Rushby ou Eliza Carthy.    

Malheureusement, le passage dans la musique traditionnelle anglaise de cette figure culte est limité à, grosso modo, une dizaine d’années. Orpheline précoce et fugueuse ado, elle préfère, au début des années 70, se retirer dans les Scottish Highlands, tournant délibérément le dos à l’industrie musicale et à une carrière qu’on lui prévoie pourtant juteuse.

Cette sorte de strong woman, au comportement peu banal, au caractère bien trempé et aux idées bien arrêtées se consacre alors au maraîchage et prend place derrière les étals de marché jusqu’à ce qu’elle ne réapparaisse en studio (ce qu’elle détestait) en 1997 pour enfin libérer ce magnifique Sing A Song For You de 1973 qui, si elle n’avait pas avorté la sortie de ce LP au motif qu’elle n’y aimait pas sa façon de chanter, aurait peut-être changé sa décision d’arrêter.

Sa discographique se résume donc à un EP paru en 1964 (The Hazards Of Love), à l’éponyme Anne Briggs (Topic Records-1971), à l’énigmatique mais culte et incontournable The Time Has Come (1971). Le chat est maigre certes, mais  le lot d’une trentaine de chansons qui constitue son répertoire complet n’en a que plus de valeur.

J’ai fait le choix de la chronologie et de m’arrêter un instant sur son album éponyme publié en 71 (en écoute intégrale ici), le temps de réunir quelques chansons mises au chaud depuis ses débuts au début des 60’s et de convaincre la récalcitrante d’enregistrer.

La collection s’appuie sur un lot de vieux titres folkloriques traditionnels et de substance originale. Moyennant guitare ou bouzouki ou a cappella (six des dix pistes), elle livre une performance remarquablement pure, propre, libre, sans fioritures, vivant intensément ses dix  prestations, dont on retiendra surtout l’énorme Willie O’Winsbury, Young Tambling, The Cuckoo et Blackwater Side qu’Anne chantait en duo avec Bert Jansch dans les clubs folk.

Même si l’écoute peut se révéler un peu casse-boulettes à la longue, il faut savoir que c’était ça le folk revival façon british et qu’Anne Briggs en fut une mémorable représentante. Cela dit, pensez à vous rabattre aussi sur Sing A Song For You (97), pas piqué des vers (RAZOR©).


1. Blackwater Side.

2. The Snow It Melts The Soonest.

3. Willie O'Winsbury.

4. Go Your Way.

5. Thorneymoor Woods.

6. The Cuckoo.

7. Reynardine.

8. Young Tambling.

9. Living By The Water.

10. Ma Bonny Lad.

 

Anne Briggs:guitare,bouzouki,chant.

John Moynihan:bouzouki sur 3.

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