Bert Jansch.

BIOGRAPHIE.

 

BERT JANSCH/Glasgow (Ecosse)

 

Bert jansch 1

 

Né Herbert Jansch, le 3 novembre 1943 à Glasgow (Ecosse), décédé le 5 octobre 2011 à Hampstead (Londres).

Actif entre 1965 et 2011.

Labels:Transatlantic,Charisma,Drag City,

Genre:folk,folk-rock,folk baroque.

Site officiel:bertjansch.com

 

A l'acoustique ce qu'Hendrix est à l'électrique.

Influence majeure de Jimmy Page, guitariste de Led Zeppelin, qui disait de ce novateur qu'il était largement en avance sur son époque, Bert Jansch est une figure incontournable de la scène folk revival britannique des années 60. Entre 1967 et 1973, l'écossais devient l'âme du cultissime Pentangle qu'il forme avec John Renbourn, Jacqui McShee, Danny Thompson et Terry Cox.

Mort d'un cancer du poumon en 2011, le natif de Glasgow était à la guitare acoustique ce qu'Hendrix fut à celle électrique : un génie qui a révolutionné l'instrument. Tendez l'oreille, il y a du Bert Jansch dans Donovan, Neil Young, Jimmy Page, Nick Drake, Paul Simon, Pete Townshend et les Beatles...

Sa carrière, forte de près de 5 décennies, se pare de plus d'une vingtaine d'albums studio. Son catalogue, construit autour du folk, du traditionnel, du blues et du jazz, révèle un artiste au jeu de guitare anarchique et souvent improvisé, mais ô combien irresistible et influent. Songwriter compétent et chanteur doué, Bert Jansch était unique.

Bert jansch 4A l'acoustique ce qu'Hendrix est à l'électrique.

Bert jansch john renbournAvec John Renbourn, un binôme unique...

Bert jansch pentangle...ou avec Pentangle...

Bert jansch 2...Bert Jansch a marqué l'histoire du folk british.

Bert jansch lp 65Son premier LP, éponyme, en 1965.

Entre le blues de Big Bill Broonzy et le folk de Leadbelly...

Né à Glasgow en 1943 d'une famille d'origine allemande, Herbert, trois mois, et ses parents, s'installent rapidement à Edimbourg, à West Pilton très exactement, où le jeune Bert entame sa scolarité (Ainslie Park School, puis Leith Academy).

Jusqu'à son départ pour Londres au milieu des 60's, il y vit officiellement, bien que depuis le début de la décennie, il passe l'essentiel de son temps à arpenter l'Europe et l'Afrique.

C'est sur ce terreau qu'il forge sa passion pour la musique. Bert se fascine plus particulièrement pour la guitare, qu'un professeur ramène un jour en cours pour la montrer à ses élèves.

Il en est tellement épris qu'il tente de fabriquer son propre instrument. Déscolarisé à 16 ans, il devient pépiniériste. Cet emploi lui permet de financer sa première guitare et de prendre des leçons au Howff Folk Club.

Influencé par le blues de Big Bill Broonzy et par le folk de Leadbelly et d'Ann Briggs, c'est toutefois au contact de Davy Graham qu'il va apprendre les rudiments du métier. L'histoire dit même que ce serait la sœur de Davy, Jill Doyle, qui lui aurait assuré cet enseignement.

Qu'importe, il apprend vite et se retrouve à montrer ses compétences au Howff, club de la belle scène d'Edimbourg, bénéficiant des conseils judicieux d'Archie Fisher, une des vedettes de l'endroit et une de ses autres influences.

La guitare et la route.

Dans le même temps, Bert développe un intérêt pour les voyages. Il a la bougeotte et, entre 1961 et 1963, s'engage sur la même voie que son héros Davey Graham : la route et la guitare.

Comme son mentor, il veut devenir un artiste inventif, exceptionnel et original en mélangeant tous les styles qui lui passent sous les doigts : le blues, le folk, le jazz, les influences indiennes et arabes.

Au Maroc, Bert fait ses premières expériences avec la marijuana, dont il devient rapidement un consommateur régulier.

Revenu en Angleterre, Jansch reprend à son compte la synthèse musicale unique voulue par son précepteur. Dès septembre 1964, il entre en studio pour réaliser un premier album qu'il veut éponyme.

De l'authenticité et de la profondeur.

Les enregistrements sont revendus à Transatlantic Records qui met sur le marché 150.000 pièces d'un disque figurant dans le top 5 des incontournables folk des 60's. Et ce, malgré un contenu austère, dépouillé, sobre et une voix qui n'a rien d'extraordinaire.

On retiendra surtout ce ce premier legs l'originalité et la technicité de son jeu de guitare ainsi que l'authenticité et la profondeur de son écriture, à l'image de Needle Of Death écrite pour Buck Polly, un ami décédé d'une overdose.

Cette chanson empathique sur les drogues dures (il n'y touchera jamais) inspirera Neil Young pour son Needle And The Damage Done de 1972 (Harvest). Outre Needle Of Death, le LP abrite Do You Hear Me Now, titre anti-guerre que Donovan couvrira sur Universal Soldier.

Impliqué dans l'histoire du folk revival british.

Fin 1965 suit It Don't Bother Me, un peu moins puissant que son prédécesseur dont il est une sorte de prolongation.

Ce deuxième opus marque surtout le rapprochement entre Bert Jansch et Johnny Renbourn (Lucky Thirteen) qu'il vient de rencontrer et avec lequel va s'écrire l'histoire du folk britannique et de Pentangle notamment.

Les deux premiers disques de l'artiste sont fusionnés pour lancer la carrière américaine de Jansch avec Lucky Thirteen (1966), tandis que, dans le même temps, l'écossais travaille au troisième volet de son catalogue personnel : Jack Orion (1966).

Instrumentaux délicats (The Waggoner's Lad, Henry Martin, The First Time Ever I Saw Your Face) et reprises du répertoire folk traditionnel (Pretty Polly, Nottamun Town, Jack Orion, Blackwaterside..) l'alimentent. Renbourn y contribue sur 4 des 8 titres.

Leur amitié amène Jansch et Renbourn à partager un logement londonien, à lancer leur propre club, le Horseshoe, dans un pub de Tottenham (1966). C'est dans cet endroit que naît Pentangle (début 1967).

Bert jansch jacqui mcshee

« La musique et l'écriture étaient toute sa vie. Il ne savait rien faire d'autre. C'est, d'ailleurs, tout ce qu'il voulait faire... Pour nous, quand la période folk s'est achevée, ça a été très dur, mais les vrais fans nous sont restés fidèles. A nous comme à Bert, qui était un auteur très prolifique. Sa femme Lauren qu'il a rencontrée très jeune, était sa première fan. Elle est devenue son manager et a géré sa carrière. Malheureusement, quand Bert est mort, elle est partie 7 semaines après. C'est triste ! » (Jacqui McShee)

Une discographie remarquable.

Les deux guitaristes se complètent parfaitement. A l'instinctivité et l'inventivité de Jansch, Renbourn répond virtuosité. Ce rapprochement conduit à un premier album en commun, enregistré en quelques heures dans le salon de l'appartement du 23 St Edmund's Terrace  : Bert And John (1966), une petite merveille de folk qui préfigure Pentangle.

Entre 1966 et 1972, Bert Jansch enregistre parallèlement 4 autres albums pour son compte (Nicola/1967, Birthday Blues/1969, Rosemary Lane/1971 et Moonshine/1972), ainsi que 6 en qualité de membre de Pentangle, lequel se dissout en 1973 (The Pentangle/1968, Sweet Child/1968, Basket Of Light/1969, Cruel Sister/1970, Reflection/1971 et Solomon's Seal/1972).

Cette riche discographie contribue à l'élever au rang d'artiste majeur et très influent pour, non seulement la scène folk britannique, mais également pour le rock en général quand on voit le culte que lui vouaient aussi bien Jimmy Page que Jimi Hendrix, Ian Anderson, Donovan, Paul Simon, Nick Drake et Neil Young.

Jansch se consacre dès lors à carrière personnelle qu'il enrichit de nouveaux LP. Son catalogue en recense plus d'une quarantaine aujourd'hui, toutes catégories (studio, compilations et live) confondues.

Novateur, en avance sur son époque, fascinant, ce grand timide n'était lui-même qu'une guitare à la main, heureux de faire plier les cordes, d'enchaîner les arpèges improvisés ou de parler musique. Dans ce registre là, il était plus qu'unique, il était une véritable légende (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE SOLO 60'S.

LP Studio 1 - 1965

 

Bert jansch lp 65

 

BERT JANSCH

BERT JANSCH – 1965  5/5

 

Publié en avril 1965.

Produit par Bill Leader.

Durée:39:25.

Label:Transtlantic Records.

Genre:folk,folk baroque.

 

Dans le caddy, sans l'ombre d'une hésitation !

 

Guitariste acoustique préféré de Neil Young, adulé de Jimmy Page qui n’osait pas le regarder dans les yeux tant il était impressionné, inspirateur des Donovan, John Martyn, Paul Simon, Nick Drake, l’écossais Bert Jansch s’en est allé le 5 octobre dernier, victime d’un cancer du poumon. Le même jour que Steve Jobs d’Apple.

Le rock a perdu un de ses meilleurs ambassadeurs et le folk british sa figure la plus légendaire. Fondateur, avec John Renbourn, du groupe de folk rock Pentangle, un des joyaux anglais des sixties, ce virtuose de la gratte sèche et adepte du picking, au jeu spontanément identifiable, vénérable vestige des années 60, fan de blues et de musique traditionnelle britannique, connu pour son côté excessif et ses penchants pour la bibine et les hallucinogènes, entre dans la profession par la grande porte en enregistrant pour l’étiquette Transatlantic, deux albums personnels déterminants et très influents : l’éponyme Bert Jansch et It Don’t Bother Me, tous deux édités en 65.

Son premier travail comporte notamment le classique Needle Of Death, l’aiguille de la mort. Cette chanson en hommage au pote Buck Polly, folkeux comme lui, véritable plaidoyer contre les drogues dures (il n’y touchait pas) et étonnamment puissante pour un gamin de 20 ans, a servi de filigrane à l’écriture de The Needle And The Damage Done du Loner canadien. Autre calibre de l’album, la protest song, Do You Hear Me Now, que Donovan reprendra.

En une vingtaine d’albums en solo, au travers de ses multiples collaborations, par la trace qu’il laisse avec Pentangle et du fait de son ouverture artistique, cet artiste discret doublée d’une force tranquille, qui a réinventé la guitare pour en faire une nouvelle norme, restera pour toujours un de mes meilleurs amis d’adolescence.

Son album initial, symbole du folk Revival, publié à un moment où, Outre-Atlantique, Dylan tourne le dos à l’acoustique et se branche sur secteur, révèle un créateur au jeu dynamique, un chanteur, ma foi, des plus respectueux, et un répertoire varié.

Ecoulé à 150.000 pièces, après avoir été réalisé dans des conditions a minima (une guitare, un magnéto à bandes dans une cuisine) et cédé pour une poignée de figues à Transtlantic Records, ce qui rajoute au mythe qui colle à ce disque, l’éponyme Bert Jansch est une terre d’inspiration pour folkeux : Strolling Down The Highway, Smokey River, Oh How Your Love Is Strong, Rambling’s Gonna Be The Death Of Me, Veronica, Do You Hear Me Now, Needle Of Death, Casbah, Dreams Of Love et Angie, composée par Davey Graham, l’autre figure emblématique du genre, sont les motifs suffisants pour lesquels vous ne manquerez pas ce rendez-vous avec celui qui a révolutionné le folk au Royaume-Uni.

La guitare en bandoulière… Bert Jansch est de la race de ces bohémiens qui ont façonné la Beat Generation, libres comme l’air, sans jamais se cloisonner, en cherchant constamment à ouvrir son horizon musical. Ce style de vie nomade se reflète très agréablement dans cette œuvre. Mythique, donc on met dans le caddy (RAZOR©).

 

1. Strolling Down the Highway.

2. Smokey River.

3. Oh How Your Love Is Strong.

4. I Have No Time.

5. Finches.

6. Rambling's Gonna Be the Death of Me.

7. Veronica.

8. Needle of Death.

9. Do You Hear Me Now?

10. Alice's Wonderland.

11. Running from Home.

12. Courting Blues.

13. Casbah.

14. Dreams of Love.

15. Angie.

 

Bert Jansch:guitare.

BIOGRAPHIE 60'S/70'S PENTANGLE.

LP Studio 1 - 1968

 

Pentangle lp 68

 

PENTANGLE

PENTANGLE – 1968  4,5/5

 

Publié en juin 1968.

Produit par Shel Talmy.

Durée:30:52.

Label:Transatlantic.

Genre:folk,folk-rock.

 

Un nouveau style est né.

 

Groupe britannique de folk-rock, Pentangle est né en 1967, grâce aux deux guitaristes virtuoses que sont Bert Jansch (plus blues) et John Renbourn (musique folklorique traditionnelle britannique).

Les deux hommes ont du pédigrée, puisqu’avant de se lancer dans l’aventure Pentangle, ils ont préalablement signé quelques œuvres de qualité, dont l’album Bert & John.

Avec Jacqui McShee, chanteuse, une des grandes voix anglaises du moment, le bassiste Danny Thompson et le batteur Terry Cox, une rythmique de choc, ils constituent la configuration originelle du groupe, groupe qui va se définir par une musique essentiellement acoustique, dans le ton du folk revival des années 70.

En mai 1968, leur premier LP, Pentangle (en écoute intégrale ici), sort dans les bacs. Produit par Shel Talmy pour Transatlantic Records, il est entièrement acoustique avec des notes de folk, de blues, de jazz, de pop, de musique traditionnelle et contemporaine.

Doté d’un son à nul autre comparable, Pentangle l’album, est une bouffée d’oxygène dans la musique. C’est grand, excitant, audacieux. Ce quintet talentueux, dont Jacqui McShee et sa voix pleine d’émotion, est la pièce essentielle du puzzle, savait faire de la musique agréable, chacun complétant merveilleusement l’autre.

Je vous invite, plus que les discours, à vous projeter sur l’extraordinaire Hear My Call, sur les non-moins grandioses Pentangling, Bells, Waltz. Pentangle est à l’aise dans tous les registres. Un nouveau style est né. Jusqu’en 1972, il fera parler de lui (RAZOR©) .

 

1. Let No Man Steal Your Thyme.

2. Bells.

3. Hear My Call.

4. Pentangling.

5. Mirage.

6. Way Behind The Sun.

7. Bruton Town.

8. Waltz.

 

Terry Cox:batterie,chant.

Bert Jansch:guitare acoustique,chant.

Jacqui McShee:chant.

John Renbourn:guitare acoustique,chant.

Danny Thompson:double basse.

 

LP Studio 2 (Hybride) - 1969

 

Pentangle sweet child

 

PENTANGLE

SWEET CHILD – 1968  4/5

 

Publié en décembre 1968.

Live enregistré au Royal Hall Festival de Londres le 29 juin 1968.

Produit par Shel Talmy.

Durée:80:13.

Label:Transatlantic.

Genre:folk,folk-rock

 

Aussi à l'aide en studio que sur scène.

 

Peter Blake a dessiné la pochette de Sweet Child (en écoute intégrale ici), double disque de Pentangle, sorti en 1968, la même année que son excellent album éponyme précédent. Peter Blake, pour les profanes, c’est l’auteur de la couverture graphique de Sergent Pepper’s Lonely Hearts Club Band des Fab Four.

Sweet Child consiste, pour première partie, en un enregistrement d’un concert du 29 juin 1968 (Royal Festival Hall) et pour l’autre, en un travail de studio (IBC Studio à Londres en août 1968).

Cet album hybride traduit bien l’aisance du groupe de Pentangle sur la scène anglaise et sa grande faculté à surfer dans divers univers musicaux, le folk, le celte, le médiéval, le blues, la pop et le jazz, que ce soit en visitant le répertoire d’autres (comme Charlie Mingus notamment), la musique ancienne ou au travers de ses propres compos.

Beaucoup voit en ce Sweet Child la référence Pentangle. Je le trouve cependant un peu inégal, partagé entre de véritables pépites et certaines autres interventions moins savoureuses et moins accrocheuses. Mais ça reste du haut niveau.

Simple et complexe à la fois, il permet à Renbourn de monter en première ligne et de séduire par son jeu de guitare tout en douceur, et à Jacqui McShee de se servir de son organe vocal comme d’un instrument, d’y poser une voix cristalline, peut-être la plus belle que le folk de l'endroit et du moment ait connu.

Soutenu par le toucher de double basse velouté de Danny Thompson (le fidèle accompagnateur du génial et regretté John Martyn) et le travail des deux sublimes musiciens que sont Jansch et le batteur Cox, ce disque est très représentatif de ce qu’était ce Pentangle magique de la fin des années 60. Le pionnier d’un folk baroque unique. L’idée était audacieuse et novatrice certes, elle fut payante surtout.

No More My Lord, So Early In The Spring, Haitian Fight Song, Three Dances, A Woman Like You, Bruton Town (sur la partie live) sont des arrêts de rigueur. La partie studio, entièrement acoustique, vaut surtout par Three Part Thing, Moon Dog, le beau et douloureux The Trees They Do Grow High et Soway. Y’a donc largement de quoi faire… (RAZOR©)

 

Live album

1. Market Song.

2. No More My Lord.

3. Turn Your Money Green.

4. Haitian Fight Song.

5. A Woman Like You.

6. Goodbye Pork Pie Hat.

7. Three Dances (Brentzel Gay/La Rotta/The Earle Of Salisbury)

8. Watch The Stars.

9. So Early In The Spring.

10. No Exit.

11. The Time Has Come.

12. Bruton Town.

 

Studio album

1. Sweet Child.

2. I Loved A Lass.

3. Three Part Thing.

4. Sovay.

5. In Time.

6. In Your Mind.

7. I've Got A Feeling.

8. The Trees They Do Grow High.

9. Moon Dog.

10. Hole In My Coal.

 

Terry Cox:batterie,cloches,chant.

Bert Jansch:guitare,chant.

Jacqui McShee:chant.

John Renbourn:guitare,chant.

Danny Thompson:double basse.

 

LP Studio 3 - 1969

 

Pentangle basket of light

 

PENTANGLE

BASKET OF LIGHT – 1969  5/5

 

Publié en octobre 1969.

Produit par Shel Talmy.

Durée:40:07.

Label:Transatlantic.

Genre:folk,folk-rock.

 

Une musique de laboratoire.

 

Le titre qui ouvre l’album Basket Of Light (en écoute intégrale ici), à savoir Light Flight, a fait vaciller les charts UK (5ème au Royaume-Uni) ; il devient le support d’une série TV dramatique diffusée, à l’époque, sur B.B.C. (Take Three Girls).

Pentangle en tire les bénéfices et gagne encore en popularité par rapport à ses deux excellents opus précédents. Basket Of Light, sorti au milieu de l’année 1969, profite, bien-entendu, de cet engouement et connaît un excellent accueil de la part du public.

Ce troisième LP du groupe anglais est balayé par un tourbillon d’influences musicales folk, blues et jazz. L’alchimie opère, Basket Of Light s’étire merveilleusement dans le temps. L’album est une merveille décalée, rappelant au passage que les années 60 ont été jalonnées d’étapes musicales surprenantes, novatrices, complexes, sophistiquées et particulièrement spéciales.

Les compositions sont riches, les instruments en pleine osmose (notamment les guitares), la rythmique acoustique est du pur velours (Cox et Thompson ont un rôle éminemment important dans le son du groupe), les harmonies vocales sont bien contrebalancées entre le grave de Jansch et la pureté de McShee.

Les points d’orgue de cette musique de laboratoire qu’est Basket Of Light, se situent dans le très réussi et optimiste Light Flight, dans l’interprétation du Once I Had A Sweetheart, un chant folklorique traditionnel, dans la berceuse The Cuckoo, dans Hunting Song, qui revisite le Moyen-âge, dans leur vision revue et corrigée de Sally Go Round The Roses (morceau repris des Jaynetts, une formation féminine des années 60), dans le très beau Springtime Promises ou le surprenant et hindo-médiéval House Carpenter (joué au banjo et au sitar). C’est certainement le meilleur album folk britannique qui ait jamais été enregistré (RAZOR©).

 

1. Light Flight.
2. Once I Had A Sweetheart.
3. Springtime Promises.
4. Lyke Wake Dirge.
5. Train Song.
6. Hunting Song.
7. Sally Go Round The Roses.
8. The Cuckoo.
9. House Carpenter.

 

Terry Cox:batterie,cloches,tambour à main,chant sur 4/6.

Bert Jansch:guitare,banjo,chant sur 3/5/6/9.

Jaqui McShee:chant.

John Renbourn:guitare,sitar,voix sur 3/4/6/7.

Danny Thompson:double basse.

 

LP Studio 4 - 1970

 

Pentangle cruel sister

 

PENTANGLE

CRUEL SISTER – 1970  5/5

 

Publié en novembre 1970.

Produit par Bill Leader.

Durée:36:51.

Label:Transatlantic.

Genre:folk,folk-rock.

 

Un conte étrange et fabuleux.

 

Cruel Sister (en écoute intégrale ici), le numéro quatre de Pentangle (octobre 1970) n’a pas eu le succès escompté… Comment cela est-il possible ?

S’appuyant sur cinq titres adaptés de chants traditionnels, Cruel Sister, produit non plus par Shel Talmy mais par Bill Leader, spécialisé dans la production dite « folklorique », sonne l’heure de gloire pour John Renbourn, dont la guitare (électrifiée cette fois-ci) émerveille.

Pentangle est au meilleur de son art, aussi permettez-moi d’écarquiller grands les yeux, face au fait que le public ait pu snober cette petite perle. Du même niveau que son alter-ego, précédemment publié (Basket Of Light), cet album est séduisant à plus d’un titre. Sa musicalité, ses voix extraordinaires, son univers, sa clarté, sa simplicité, sa touche lyrique sont fabuleuses. J’aime et je le clame. Oyez, Oyez, braves gens ! Ce disque est génial.

Cantonné dans un registre plus spécifique, Cruel Sister pêche peut-être par sa durée, un peu concise. Plus abordable aussi, il se décline autour de cinq pièces empruntées au décor folklorique.

La voix cristalline de Jacqui McShee et la guitare de Renbourn, sur l’optimiste et attachant Maid That’s Deep In Love, nous installent d’entrée dans l’univers de conte propre à Cruel Sister. L’incomparable et vibrant organe de sa chanteuse fait fi du moindre soutien instrumental pour colorer d’une douce mélancolie le morceau suivant, When I Was In My Prime, et célébrer clairement l’amour retrouvé.

Lord Franklin prend le relais, avec le chant gorgé de plaisir de John Renbourn. La ballade traditionnelle est sobre, bourrée d’émotion et de douceur. Le titre qui donne le nom à l’album, Cruel Sister, s’inscrit dans la simplicité, dans la beauté, porté par une mélodie entraînante, au destin tragique, engendré par deux sœurs qui se disputent l’amour d’un preux chevalier.

Le conte se referme sur un rock progressif (le seul de l’album) de plus de 18 minutes (Jack Orion, précédemment enregistré par le duo Jansch/Renbourn). C’est le plat de résistance (qui occupait une face complète du vinyle), encore dramatique, de cet univers médiéval scindé en plusieurs parties, qui fait appel à une multitude d’instruments, judicieusement utilisés. Le jeu des voix de McShee la Princesse et de Jansch, le Page est une pure merveille. Franchement à tomber sur le cul, tant c’est inspiré et compétent !

Tandis que Cruel Sister égrène ses notes, plongeant sous la lumière le trio McShee/Renbourn/Jansch, Cox et Thompson, dans la discrétion et la sobriété, n’en finissent pas, comme ils en sont coutumiers, de faire sublimement le travail et d’entretenir l’exceptionnelle ambiance.

Cet album est magique. Ceux qui le déjugent en seront pour leurs frais. Ne vous laissez pas influencer par ces apriori malsains, mais plutôt par l’ambiance cool de la vieille tradition britannique qui vous berce durant l’écoute de cette petite merveille (RAZOR©).

 

1. Maid That's Deep In Love.

2. When I Was In My Prime.

3. Lord Franklin.

4. Cruel Sister.

5. Jack Orion.

 

Terry Cox:batterie,percussion,cloches,chant.

Bert Jansch:guitare acoustique,dulcimer appalachian,recorder,concertina,chant.

Jacqui McShee:chant.

John Renbourn:guitare acoustique,guitare électrique,sitar,recorder,chant. Danny Thompson:double basse.

 

LP Studio 5 - 1971

 

Pentangle reflection

 

PENTANGLE

REFLECTION – 1971  3,5/5

 

Publié en octobre 1971.

Produit par Bill Leader.

Durée:41:31.

Label:Transatlantic.

Genre:folk,folk-rock.

 

Ouvrez votre esprit…

 

Les différends entre les membres, les absences physiques des uns, les absences éthyliques d’autres, les sessions d’enregistrement boycottées, les problèmes personnels, la désaffection progressive du public n’ont en rien affecté la qualité de Reflection (son enregistrement en mars 1971 a nécessité trois semaines) qui, sur le plan purement artistique, est une réussite de fusions musicales.

Passés maîtres dans cet art de fusionner le folk, le rock, le jazz, la musique folklorique, les acteurs nous régalent encore et nous surprennent ici en invitant le funk et la country au festin. Ce quintet en a toujours sous la semelle en termes de créativité.

Reflection (en écoute intégrale ici), intime, mélancolique, ouvre avec Wedding Dress pour un mariage subtil entre la musique celte et celle country. C’est un délice très inventif contre lequel les autres pièces de l’album, plus classiques et plus proches du Pentangle connu, viennent se lover, comme pour mieux faire corps.

McShee envoûte toujours autant par son timbre clair et vibrant, par l’émotion qu’elle met dans son chant. Le jeu de guitare acoustique de Renbourn et de Jansch est une caresse sans fin, la rythmique s’installe sur son nuage le temps imparti de la réflexion.

Album convaincant, Reflection n’est pas le déclin annoncé de Pentangle, comme j’ai pu le lire ça-et-là. Omie Wise, Will The Circle Be Unbroken (autre grand moment de création), Rain And Snow et ses notes de sitar, le superbe So Clear (on n’est pas très loin de ce que James Taylor maîtrisait parfaitement), le funky Helping Hand (à consommer sans modération) ainsi que l’atmosphérique et long Reflection (11 minutes et des) ont tous les arguments pour inciter à la flânerie, au rêve.

Doux et frais, cet album indispensable ne se zappe pas, eu égard à son côté novateur et pour tout ce que Pentangle a apporté au British Folk et au Rock. Alors, réfractaires à Pentangle, ouvrez vos esprits et essayez. Une fois, au moins… (RAZOR©)

 

1. Wedding Dress.

2. Omie Wise.

3. Will The Circle Be Unbroken ? "

4. When I Get Home.

5. Rain and Snow.

6. Helping Hand.

7. So Clear.

8. Reflection.

 

Terry Cox:batterie,percussion,chant.

Bert Jansch:guitare acoustique,banjo,chant.

Jaqui McShee:chant.

John Renbourn:guitare acoustique,guitare électrique,chant.

Danny Thompson:double basse.

 

LP Studio 6 - 1972

 

Pentangle solomon s seal

 

PENTANGLE

SOLOMON’S SEAL – 1972  3/5

 

Publié en septembre 1972.

Produit par Pentangle,John Wood.

Durée:35:28.

Label:Reprise.

Genre:folk,folk-rock.

 

Dernière incarnation du grand Pentangle.

 

Dernier LP avec le même line-up, celui d’origine de Pentangle, tous des musiciens d’exception (Cox, Thompson, Jansch et Renbourn, auxquels il convient d’associer la voix cristalline de Jacqui McShee), Solomon’s Seal (en écoute intégrale ici), publié en septembre 1972, même s’il n’a pas l’étoffe des trois derniers disques précédents, jugés hors norme (Basket Of Light, Cruel Sister et Reflection), n’en demeure pas moins un bon album, avec des titres suffisamment bien construits pour ne pas sombrer dans le désintérêt ou l’ennui.

Il faut dire qu’en 1972, Pentangle, maître es British Folk, n’a plus la côte et commence à lasser l’auditoire en mal d’autres horizons. Pourtant, comme je l’ai dit, leur sixième album (c’est celui que McShee préfère), qui en réfère aux pouvoirs magiques du Sceau de Salomon, n’est pas mauvais.

Ce dernier effort collectif est un peu moins inspiré, un peu moins audacieux et se partage entre des originaux et des reprises de chansons du folklore traditionnel britannique. On ne leur apprend rien dans ce dernier domaine, c’est pourquoi l’album s’en sort honorablement.

Mais il faut raison garder et avoir en mémoire ce qu’ils ont fait préalablement pour ne pas craindre d’affirmer qu’aucun des titres ici présents n’aurait pu briguer une place dans leur trilogie d’or.

Alors, on va se contenter d’écouter avec respect ce disque agréable, qui n’apporte rien de neuf que l’on ne connaisse déjà, un disque bien vite difficile à dénicher (tirage limité), un disque qui clôt la discographie 70's de Pentangle.

Il se distingue par l’étrange version de Sally Free And Easy, The Cherry Tree Carol, The Snows (avec utilisation du tambour et du sitar) et No Love Is Sorrow.

6 mois plus tard, Jansch et Renbourn baisse le rideau sur cette aventure, avec humilité et en évitant de faire l’album de trop. L’histoire dit que les ventes furent tellement piteuses que le groupe dut y aller de ses deniers personnels pour éponger les dettes alors accumulées. Qu’à cela ne tienne, l’Histoire a déjà retenu le nom de Pentangle depuis longtemps (RAZOR©).
 

1. Sally Free And Easy.

2. The Cherry Tree Carol.

3. The Snows.

4. High Germany.

5. People On The Highway.

6. Willy O' Winsbury.

7. No Love Is Sorrow.

8. Jump Baby Jump.

9. Lady Of Carlisle.

 

Terry Cox:batterie,percussions,chant.

Bert Jansch:guitare acoustique,dulcimer,harmonica,banjo,chant.

Jaqui McShee:chant.

John Renbourn:guitare acoustique,guitare électrique,sitar,banjo,recorder,chant.

Danny Thompson:double basse.

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