Big Walter Horton.

BIOGRAPHIE.

 

WALTER HORTON/Memphis (Tennessee-USA)

 

Big walter hornton 2

 

dit Shakey Horton,Mumbles Horton,Big Walter Horton.

Né le 6 avril 1918 à Horn Lake (Mississippi), mort à Chicago (Illinois), le 8 décembre 1981.

Actif entre 1920's et 1981.

Labels:Okeh,Vocalion,States,Ace,Alligator,Blind Pig...

Genre:blues.

 

L'Harmoniciste avec un grand H.

La pratique de l'harmonica peut parfois révéler de la créativité, de l'originalité, de la subtilité et de la sensibilité. Le virtuose Walter Horton en est le symbole même, dont le jeu assuré excitant, tout en technique, en délicatesse, en fluidité, en précision et en puissance, a été un des marqueurs du blues des 60's, de Chicago à Memphis.

Recensé parmi les plus grands et les plus influents harmonicistes de tous les temps, Walter Horton a, depuis, été copié par des générations entières de praticants de l'instrument et d'artistes. Pour la profession, il n'est plus Walter Horton, ni Shakey ou Mumbles Horton, mais Big Walter Hornton : trois lettres qui définissent mieux le statut qui est le sien dans le milieu.

Willie Dixon, l'homme qui a favorisé les débuts de Chuck Berry et de Bo Diddley et contribué à façonner le Chicago Blues, en connaît un rayon sur le sujet Horton. Pour lui, c'est simple et sans détours : Horton est le meilleur joueur d'harmonica qu'il ait jamais entendu de sa vie, le seul qui soit capable de sortir des sons que personne ne pouvait jouer. Dixon avance même que, là où certains harmonicistes pensent avoir inventé quelque chose, Big Walter les a précédés depuis belle lurette.

Précepteur de Sonny Boy Williamson II et de Little Walter.

En d'autres termes, Horton est non seulement un novateur dans son genre, il est également un précepteur hors pair pour avoir enseigné l'instrument à deux pointures de l'harmonica, Little Walter, le premier à placer un instrumental à l'harmonica dans les charts R & B (Juke/mai 1952) et Sonny Boy Williamson II. Plus tard, Charlie Musselwhite, Madcat Ruth et Carey Bell bénéficieront aussi de ses précieux conseils.

Big walter hornton 1H comme Harmoniciste, H comme Horton.

Big walter hornton high riseUne victime du racisme et de la pauvreté...

Big walter hornton 3... dont il sort grâce à l'harmonica.

Big walter hornton jommy rodgersAvec Jimmy Rogers...

Big walter hornton with floyd jones and sunnyland slim... Floyd Jones et Sunnyland Slim...

Big walter hornton chicago blues all stars photo hans harzheim... au sein du Chicago Blues All-Stars (photo H. Harzheim).

Natif de Horn Lake (Mississippi), le 6 avril 1918, Hornton commence par souffler dans des boites de conserve pour obtenir ses premiers sons, puis apprend l'harmonica dès l'âge de 5 ans, âge auquel il enlève un concours local de talents ; quatre ans plus tard, il joue dans des bals champêtres de la périphérie de Memphis où sa mère a déménagé.

Il peaufine sa technique de l'instrument au contact de musiciens chevronnés comme Will Shade, fondateur du Memphis Jug Band et Hammie Nixon.

Peu après le milieu des 20's, et à Memphis, qui est alors l'épicentre du jug band avec Louisville, Horton intègre la formation de Will Shade, laquelle arpente le circuit des salles de danse, des cabarets, des maisons de jeux, des bouges, des juke-joints, des coins de rue (Beale Street), des églises, des halls d'hôtel, des parcs (Handy's Park).

Horton est de tous les lieux de débauche du Mississippi, de l'Arkansas, du Missouri et du Tennessee où les noirs de l'époque ont l'habitude de se retrouver.

Dans les années 30, Horton devient sideman pour de nombreuses formations tournant dans le Delta, l'amenant à travailler avec Homesick James, Robert Johnson et Honeyboy Edwards ; il prend ensuite la direction de Chicago (fin des années 30 et début des 40's) mais sans se détacher vraiment de Memphis où il travaille sur ses premiers morceaux.

L'éclosion à Chicago, auprès de Muddy Waters.

Il gagne alors péniblement sa pitance et doit endurer le racisme alors bien ancré aux Etats-Unis. Qui plus est, sa mauvaise santé le contraint, à la même époque, à se retirer de l'industrie de la musique. Il revient dans le milieu en 1949, quand il intègre le groupe d'Eddie Taylor, lors de l'installation de ce dernier à Chicago.

Entre 1952 et 1953, Horton signe ses premiers enregistrements pour Chess Records et Sun Records de Sam Phillips, celui qui a découvert Elvis Presley. Il évolue alors comme accompagnateur.

La célébrité, c'est en entrant dans le groupe de Muddy Waters qu'il la gagne. Remplaçant Junior Wells, il y reste une année, viré qu'il est pour avoir trop bu (1953). Apprécié pour son talent et sa discrétion, le timide et solitaire Horton devient musicien de studio pour Chess Records, le label R & B de référence.

On le retrouve dès lors sur de multiples sessions de blues considérées depuis comme des classiques du genre. Il a alors pignon sur la place de Chicago et obtient le droit de diriger ses propres formations.

Il s'y emploie mais occasionnellement car pour lui, c'est contre nature, l'homme n'étant pas un leader ; il se complaît plus dans un rôle de sideman.

Partagé entre clubs et studios.

Qu'importe, il est demandé partout où la petite note bleue résonne : Johnny Shines, Howlin' Wolf, Otis Rush, Koko Taylor, Johnny Young, Sunnyland Slim, Jimmy Rogers le sollicitent pour leurs besoins discographiques respectifs.

Quand il n'est pas dans les clubs à jouer, il passe les 50's dans les studios, à enregistrer. On le retrouve le plus souvent aux côtés de Jimmy Rogers.

La cadence ne ralentit pas les décennies suivantes, le gratin du blues s'arrache tout à tour Mumbles, Shakey Horton ou Big Walter ; les labels aussi : Chess, States, Cobra, Alligator, Blind Pig, Argo...

Les festivals folk/blues l'invitent partout en Europe et aux Etats-Unis. Le Chicago Blues All Stars de Willie Dixon (1969), le Fleetwood Mac de Peter Green (1969), puis, vers la fin des 70's, le guitariste John Nicholas s'offrent ses services. Horton est une star.

L'exceptionnel Fine Cuts.

Il fait des débuts tonitruants en publiant un sublime premier LP solo, Fine Cuts (1977) pour Blind Pig, relayé derrière par une contribution remarquée sur l'album de Muddy Waters, produit par Johnny Winter : I'm Ready (1978/Blue Sky). Cette double réussite conduit John Belushi et Dan Aykroyd à intégrer Horton au casting du film The Blues Brothers (1980).

Un second LP personnel, Can Not Keep Lovin' You, sortira à titre posthume (1984). Si tous deux (ainsi que son opus Big Walter Horton with Carey Bell chez Alligator/1972) sont des incontournables du catalogue de l'harmoniciste, il ne faut pas pour autant passer sous silence ses enregistrements de la fin des 50's et du milieu des 60's, autrement dit ceux qui ont façonnés la légende Horton.

Big walter hornton charlie musselwhite

« Walter Horton a été un très grand joueur d'harmonica. Le premier à avoir porté l'instrument aussi haut et aussi loin. Il pouvait jouer tout ce qu'il voulait. Des morceaux comme In The Mood ou String Of Pearls mais aussi des valses viennoises. Il a enseigné l'harmonica à Sonny Boy Williamson II et à Little Water. Ceux-ci ont fait le déplacement à Memphis pour rencontrer Shakey Walter en personne et apprendre l'instrument avec lui et nul autre. Big Walter Horton était l'harmoniciste avec un grand H. » (Charlie Musselwhite)

Plus particulièrement ceux crédités à la réunion d'artistes (Various Artists) derrière l'album Chicago-The Blues-Today, volume 3 (Vanguard/1967). C'est un monument du Chicago Blues et une vitrine pour Big Walter Hornton. Il faut en être.

La beauté grisante de sa musique tranche malheureusement avec les maux et les drames de sa vie personnelle. Atteint d'une insuffisance cardiaque et affecté de problèmes récurrents d'alcoolisme, Big Walter s'éteint le 8 décembre 1981. Un an plus tard, il est intronisé au Blues Hall Of Fame. Juste retour des choses (RAZOR©).

 

COMPILATION 70'S.

Compilation - 1972

 

Big walter horton an offer you can t refuse

 

WALTER HORTON & PAUL BUTTERFIELD

AN OFFER YOU CAN’T REFUSE – 1972  4/5

 

Publié en 1972.

Produit par Peter Shertser.

Durée:49:06.

Label:Red Lightnin'.

Genre:blues.

 

D’un côté Walter Horton, alias Big Walter Horton. De l’autre Paul Butterfield. Leur point commun ? Tous deux sont des pionniers de l’harmonica et chanteurs de blues. Le premier est noir, né dans le Mississippi et compagnon de route de Muddy Waters. Il n’a atteint la consécration que tardivement, mais a été un des harmonicistes les plus créatifs du blues moderne. Horton a développé un style unique, fait de fluidité et de douceur. Depuis, il est considéré comme l’égal des références du genre, les Jacob, Miller et surtout Sonny Boy Williamson.

Le second est blanc, mais a du sang black qui coule dans ses veines. Il est le premier harmoniciste blanc à avoir fusionné le blues avec le rock, avec Elvin Bishop et la section rythmique d’Howlin’ Wolf (le bassiste Jerome Arnold et le batteur Sam Lay), à l’avoir ainsi porté au Panthéon du genre.

Sa technique, assez atypique, consistait en une tenue à l’envers de son instrument (les notes basses à droite), ce qui ne l’a pas empêché, comme vous pouvez en juger ici, de créer des sons originaux et des pistes mélodiques.

Les deux virtuoses croisent le fer dans un album de 1972, An Offer You Can’t Refuse (en écoute intégrale ici), sorti chez Red Lightnin. Walter Horton anime la première face, Paul Butterfield apparaissant dans six pistes sur la seconde, enregistrées au Big John de Chicago (1963), le creuset de la scène blues américaine, autour d’un line-up constitué, outre Butterfield, de Smothers Smokey (guitare), Jerome Arnold (basse) et Sam Lay (batterie).

Parmi celles-ci Got My Mojo Working et Loaded. Les huit morceaux de la face A se font sans basse ni batterie, avec pour seul accompagnateur le guitariste Robert Nighthawk : les instrumentaux Easy, West Side Blues ont mes faveurs avec Louise et Tin Pan Alley sur lequels Horton fait montre de bonnes dispositions au chant. En termes d’harmonica et de blues, cette compil' s’avère être très enrichissante et particulièrement brillante. C’est un classique du genre (RAZOR©).

 

1. Easy.

2. Have A Good Time.

3. Mean Mistreater.

4. In The Mood.

5. West Side Blues.

6. Louise.

7. Tin Pan Alley.

8. Walters Boogie, This Is It.

9. Everythings Gonna Be All Right.

10. Poor Boy.

11. Got My Mojo Working.

12. Last Night.

13. Loaded.

14. One Room Country Shack.

 

Big Walter Horton:harmonica,chant.

Robert Nighthawk:guitare.

Paul Butterfield:harmonica,chant.

Jerome Arnold:basse.

Smothers Smokey:guitare.

Sam Lay:batterie.

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