Billy Paul.

BIOGRAPHIE.

 

 

BILLY PAUL /Philadelphie (Pennsylvanie – USA)

 

Billypaul1

 

Né le 1er décembre 1934 à Philadelphie (USA), décédé le 24 avril 2016 à Blackwood (New Jersey – USA).

Actif entre 1952 et 2016.

Labels:Jubilee,New Dawn,Finch,Gamble,Epic,Neptune,Philadelphia International Total Experience,Ichiban.

Genre:soul,funk,R&B,jazz.

 

Un concentré de soul et de sensualité.

Difficile de plébisciter un slow plus qu'un autre dans la longue liste des chansons voluptueuses et nostalgiques ayant marqué les 60's et les 70's.

En dépit d'avoir été des hits planétaires et d'être depuis ancrées dans la mémoire collective, chacune d'entre elles a infusé auprès de son public de manière différente et personnelle, selon leurs propres rencontres ou événements.

Le seul point commun entre les Imagine, Hotel California, A Whiter Shade Of Pale, Love Hurts, Angie, Europa (Earth's Cry Heaven's Smile), Bridge Over Troubled Water, Rain And Tears, Stand By Me, Many Rivers To Cross, Nights In White Satin, When A Man Loves A Woman, Sympathy, I'm Not In Love, Honesty, If You Leave Me Now, Still Loving You, L'été indien, Je t'aime Moi non plus, Your Hair... c'est leur faculté à noircir les pistes de danse au tamisage des lumières et à voir les couples, toutes générations confondues, se constituer dès que leurs premières notes s'égrènent.

Cette ambiance sert souvent de cadre au premier baiser de nombreux adolescents qui vivent là leurs émois sexuels initiaux, voire jettent les bases d'une romance qui peut durer toute une vie.

Billy paul 2Concentré de soul et de sensualité.BillypaulsceneUne voix spécifique.Billy paul2De Paul Williams à Billy Paul.Billy paul me and mrs jones 72Intemporel Me & Mrs Jones.Billy paul deathMort en 2016.

Mémorable Me And Mrs Jones.

Dans cette liste prestigieuse et mémorable, Billy Paul contribue un peu plus à élever le slow, faisant, en 1972, de son Me And Mrs Jones, concentré de soul, un des succès les plus sensuels de la pop-music.

Les disc-jockeys d'un temps qui se définit comme celui de l'émancipation et de la liberté savent bien qu'en déposant le single sur leur platine, l'histoire d'amour interdite chantée d'une voix suave et émouvante et sur un rythme langoureux par Billy Paul, va générer les audaces les plus folles, les tentations les plus osées.

L'adultère de Billy et de Madame Jones, propice à tous les rapprochements, c'est alors l'assurance d'une intimité inoubliable.

Pour l'artiste, fort de son mémorable succès (N°1 des charts pendant trois semaines en 1972), c'est le gros lot.

Les ventes du titre s'écoulent alors à plus de deux millions d'exemplaires et générent, dans la foulée, un Grammy Award, raflant la mise dans la catégorie R&B, à une époque où Curtis Mayfield, Isaac Hayes ou Ray Charles rayonnaient sur le genre.

Une voix spécifique.

Décédé en avril 2016 à l'âge de 81 ans, Paul Williams, alias Billy Paul, grandit dans le nord de Philadelphie, bercé, dès ses premières heures, au rythme de la collection de disques conséquente de sa mère.

Leur diffusion dans la maison familiale suscite l'envie de l'enfant Paul de chercher à imiter les artistes qu'il entend, surtout Nat King Cole ou Johnny Mathis.

Du fait de sa tessiture, il est plutôt attiré par les voix douces, suaves et soyeuses des Sarah Vaughan, Ella Fitzgerald, Nina Simone, Billie Holiday, Sam Cooke, Jessie Belvin... La spécificité de son organe vocal (il est placé dans les aigus) l'oriente naturellement vers le R&B, la pop et le jazz et, dès l'âge de 11 ans, Paul débarque sur les ondes de la radio locale WPEN.

Grâce au soutien de sa mère, il suit une formation vocale poussée dans des établissements spécialisés de Philadelphie comme la West Philadelphia Music School et la Granoff School Of Music.

Se battre pour avancer.

Ces bases lui permettent de se lancer dans le grand bain et, à 16 ans, il pointe, une semaine durant, à l'affiche aux côtés du saxophoniste Charlie Parker (Harlem Club de Philadelphie).

En quelques jours, au contact de Bird, il en apprend plus qu'en plusieurs années d'apprentissage.

Il fait sien les judicieux conseils de son précepteur d'alors et, comme le lui prône son aîné, n'oubliera jamais de se battre pour espérer aller de l'avant dans sa carrière.

Fort de ses principes, le philadelphien devient un habitué des clubs et des campus nationaux.

Afin d'éviter toute confusion avec le saxophoniste Paul Hucklebuck Williams, il fait, un soir à l'Apollo Theater, temple new yorkais de la musique noire, le choix du pseudo de Billy Paul pour mener sa carrière.

De Paul Williams à Billy Paul.

Big Apple est aussi l'endroit où, dans les studios de Jubilee Records, il enregistre ses premiers titres (1952).

Why Am I/That's Why I Dream et You Didn't Know/The Stars Are Mine sont publiés avant que la carrière de Billy ne soit interrompue, jusqu'à la fin de la décennie, pour des raisons de service militaire.

A son retour d'Allemagne où il était mobilisé, il rebondit dans un groupe de jazz (Jazz Blues Symphony Band), avant de s'engager avec le label New Dawn sur lequel il donne le jour à Ebony Woman, puis de signer chez Finch où il enregistre There's a Small Hotel/I'm Always A Brother (Finch/janvier 1960).

Comme ses prédécesseurs, aucun d'entre eux n'a de succès. Ebony Woman et Small Hotel seront rééditées ultérieurement. Sa carrière décolle réellement quand Billy croise la route de Kenny Gamble.

Après deux albums, l'un jazz (Feelin' Good At The Cadillac Club/1968) pour Neptune, l'autre plus commercial (Ebony Woman/70) pour Gamble (Neptune et Gamble sont des sociétés de Gamble et Huff), Billy publie Going East (1971) sur Philadelphia International Records, symbole du son soul de Philadelphie.

Billypaul 2016

« Une formation vocale, c'était quelque chose dont ma mère disait que j'avais besoin. Tenir mes notes et restituer mes notes, ça m'a donné de l'assurance. Ma mère était à 100% derrière moi. Cela a créé le style et l'unicité de Billy Paul. Toute ma vie, j'ai voulu ressembler à moi-même, je n'ai jamais voulu ressembler à quelqu'un d'autre. » (Billy Paul)

Billy trouve son équilibre et sa voie.

Tout est alors mis en œuvre pour que l'artiste entrevoit son équilibre entre jazz et soul et touche enfin du doigt le succès. Billy Paul trouve enfin sa voie, il ne tarde pas à la faire fructifier dès l'album suivant, 360 Degrees Of Billy Paul (1972).

L'opus est porté par deux titres majeurs de Billy Paul, le N°1 et Grammy Award Me And Mrs Jones, et le funky Am I Black Enough For You ? (N°29 des charts soul et 79 du Billboard 100).

L'américain ne parviendra plus jamais à atteindre ce niveau malgré des des titres plutôt réussis comme Thanks For Saving My Life (top 10 en 1974) ou Let'em In (1977).

Ce dernier, repris aux Wings de Paul McCartney atteint la 91ème place du Billboard tandis qu'elle se classe 26 au Royaume-Uni.

Un bilan favorable.

Jusqu'à la fin des 70's, Billy Paul enchaîne une grosse poignée d'albums : War Of The Gods (1973), un live enregistré lors de la tournée européenne 73 (Live In Europe/1974), Got My Head On Straight (1975), 20ème des classements d'albums soul (USA), When Love Is New (1975) avec Let's Make a Baby (Hot 100), Let'Em In (1976), Only The Strong Survive (1977) et First Class (1979) par lequel il quitte Philadelphia International Records de la meilleure manière qui soit.

Plus heureux de chanter dans les clubs intimes et enfumés, Billy Paul est moins prolifique dans la décennie suivante, se satisfaisant de deux opus seulement, Lately (Total Experience Records/1985) et Wide Open (Ichiban Records/1988) ainsi que de nombreuses compilations.

Lately referme sa discographie studio, Paul passant alors l'essentiel de sa carrière sur le circuit des sixties à feuilleter les meilleures pages de sa vie d'artiste ; un cancer du pancréas vient le faucher à son domicile de Blackwood le 24 avril 2016 (RAZOR©2022).

MON CHOIX DISCOGRAPHIQUE.

LP Studio 5 - 1973

 

Billy paul war of the gods

 

BILLY PAUL

WAR OF THE GODS – 1973  4,5/5

 

Publié en novembre 1973.

Produit par Kenny Gamble,Leon Huff.

Durée:38:28.

Label:Philadelphia Records.

Genre:soul,Philadelphia soul,funk,soul psychédélique,R&B,disco.

 

Au sommet de son art.

 

J'adore ce disque que j'ai usé jusqu'à la corde depuis que je l'ai acquis, au milieu des 70's.

J'en ai fait une copie que j'écoute partout, dès que la possibilité m'en est offerte : en voiture, quand je vais marcher, le soir avant de m'endormir, pour mettre une ambiance, me détendre...

Plus je le passe et plus je lui découvre de la grandeur, plus il me file le frisson et me saisit. La fusion de jazz, soul, funk, latino, rock et pop chichement arrangée et un tantinet alambiquée qu'il développe ici en six longues suites soul psychédélique et progressive est pour le moins monstrueuse.

Disque ô combien sous-estimé, voire méconnu, War Of The Gods est un des fleurons du genre soul psychédélique.

Rajoutez-y la voix délicieuse de son auteur et interprète Billy Paul (Me And Mrs Jones), un son tellement beau et pur, une ambiance mélancolique et vous avez entre les mains toutes les clés pour passer un moment récréatif exceptionnel.

Sa voix unique, malgré une tessiture restreinte, donne une dimension supplémentaire à cette collection qui explore des territoires où la spiritualité domine, à l'instar de I See The Light (la foi), War Of The Gods (la prédiction), Peace Holy Peace (l'Evangile) et qui bénéficie d'une production de premier ordre du tandem Gamble/Huff.

Billy Paul est ici au sommet de son art et, putain, qu'est-ce que c'est beau, que celle soul passionnée est magique... (RAZOR©2022).

 

1. I See The Light.

2. War Of The Gods.

3. The Whole Town's Talking.

4. I Was Married.

5. Thanks For Saving My Life.

6. Peace Holy Peace.

Billy Paul:chant,chœurs.

 

Bobby Eli,Bunny Sigler,David Bay,Norman Harris,Roland Chambers:guitare.

Eddie Green,Leon Huff:piano.

Vincent Montana Jr:vibraphone.

Anthony Jackson,Ronnie Baker:basse.

Earl Young,Norman Farrington:batterie.

Lenny Pakula:orgue.

Don Renaldo:cordes,cuivres.

Larry Washington:congas.

Carla Benson,Evette Benton,Barbara Ingram:chœurs.

The Dandridge Choral Ensemble:chœurs sur 6.

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