Bobby Blue Bland.

BIOGRAPHIE.

 

BOBBY BLUE BLAND/Barretville (Tennessee – USA)

 

Bobby blue bland intro

 

Né Robert Calvin Bland, le 27 janvier 1930 (Barretsville),décédé le 23 juin 2013 à Memphis.

Actif entre fin des 50's et 2013.

Label:Duke Records.

Genre:blues,soul blues,R&B,soul.

 

Le Sinatra du blues.

Bien que le nom de Bobby Blue Bland soit peu familier aux fans de musique, sauf aux passionnés de blues, ce dernier n'en a pas moins été une figure influente pour les rock & rollers de la première heure.

Ses titres, tels que I Pity The Fool ou Further On Up The Road, ont été repris par de jeunes loups du moment, Eric Clapton et David Bowie notamment. Le Band, le Dead, Aretha Franklin, John Hammond Jr, Robin Trower ou Michael Bloomfield comptent également parmi les interprètes du répertoire de Bland.

Bobby blue bland beale streetersThe Beal Streeters.

Bobby blue bland 2Le Sinatra du blues.

Bobby blue bland further on up the roadUn titre repris par Eric Clapton.

Bobby blue bland 1Disparu en 2013.

Bobby blue bland two steps from the bluesSon album le plus abouti.

Dans les bons papiers de Van.

Pour d'autres artistes de cette génération, la musique du tennesséen tient une importance particulière dans leur parcours.

Ainsi Van Morrison a le Bland chevillé au cœur et lui voue une reconnaissance personnelle et une fidélité constante.

Alors qu'il démarre dans la carrière avec Them, l'irlandais décroche son premier contrat d'enregistrement avec Decca Records, en s'appropriant Turn On Your Love Light (1966), laquelle deviendra, par ailleurs, une base des concerts de Grateful Dead.

Le rouquin de Belfast voue un tel culte à celui que le milieu surnomme « le Sinatra du blues », qu'il reprend, 12 ans plus tard, Ain't Nothin' You Can Do sur son mémorable double opus live It's Too Late To Stop Now (1974). Il partage également un duo avec lui, sur une revisite de Tupelo Honey (2007).

Sur son 36ème LP publié en septembre 2016 (Keep Me Singing), Van met à nouveau Bobby Blue Bland à l'honneur en s'appropriant Share Your Love With Me et rend ainsi un hommage appuyé au bluesman décédé 3 ans plus tôt (2013).

Une reconnaissance tardive.

Bien que sa carrière musicale ait mis du temps à décoller, Bobby Blue Bland, découvert par le dénicheur de talents hors pair qu'était Ike Turner, n'a été véritablement reconnu qu'au début des années 80, date à partir de laquelle il a été nominé à sept reprises aux Grammy Awards : meilleur album de blues traditionnel pour You've Got Me Loving You (1984) et l'année suivante, pour Members Only (1985) ainsi que pour Memphis Monday Morning (1997), meilleur album de blues contemporain pour After All (1987), Blues You Can Use (1988) et Midnight Run (1989).

La dernière nomination de celui qui aura laissé une empreinte essentielle dans la musique noire américaine, l'a été au titre de l'ensemble de son œuvre (Lifetime Achievement Award) en 1999.

Bobby Blue Bland a également été intronisé au Blues Hall Of Fame (1981) et au Rock And Roll Hall Of Fame (1991).

Un des derniers liens vivants avec les racines de blues.

Contemporain de B.B. King avec lequel il a initié, à la fin des années 40, l'assemblage informel des Beale Streeters (des illustres musiciens de la Beale Street de Memphis), Bobby Blues Bland, mort en 2013 à 83 ans, était l'un des derniers liens vivants avec les racines du blues...

Né Robert Calvin Brooks le 27 janvier 1930 (Barretville/Tennessee), Bobby Blue Bland grandit dans la communauté cotonnière de Rosemark où, plutôt que de cirer les bancs de l'école, il préfère aller chanter dans les petits groupes de gospel qui foisonnent autour de Memphis.

Cet engouement pour le chant amène l'adolescent Robert à profiter de ce que sa famille s'installe à Memphis pour fréquenter le cœur de la ville et notamment Beale Street, alors berceau du blues.

Beale Street comme centre d'apprentissage.

A la fin des 40's, l'endroit grouille de musiciens de blues lesquels, pour certains d'entre eux, se constituent en un ensemble inorganisé et changeant, les Beale Streeters, dont on peut légitimement considéré que B.B King en est l'initiateur. Au même moment, Bobby Blue Bland, passé préalablement par The Miniatures (gospel), rejoint ce collectif en qualité de chanteur et en est un des premiers membres.

Les Beale Streeters, groupe star de la place, attirent l'attention du « pif » qu'est Ike Turner qui les signe sur le label Modem pour lesquels ils enregistrent.

Rattrapé par ses obligations militaires, Bobby Blue Bland y reste jusqu'à la fin de 1952, année au cours de laquelle il réalise, pour Duke Records, ses premiers 45T personnels (Lovin' Blues/I.O.U Blues et No Blow No Show/Army Blues - 1963).

De retour de l'armée, il travaille au service de B.B. King et Junior Parker (1954), avant de se rapprocher de Bill Harvey (1955) et de l'arrangeur Joe Scott au contact desquels il va effectuer une progression époustouflante.

Bobby blue bland lawrence boo mitchell portrait

« Bobby Blues Bland a apporté une certaine classe au blues ». (Lawrence Boo Mitchell)

 

Joe scott, son pygmalion.

Duke Records reconduit leur partenariat (1957). Bien lui en prend dans la mesure où Farther Up The Road, par lequel se constate la transformation de l'artiste, devient N°1 au Billboard R&B (1957) et se maintient 14 semaines dans les classements. Au Billboard 100, le titre, dont Eric Clapton réalise plusieurs versions, prend place au 43ème rang.

Little Boy Blue (1958) et I'll Take Care Of You (1959) ainsi que deux albums, Blues Consolidated (avec son groupe de tournée), en 1958, et Like Er Red Hot (sélection de divers artistes du label Duke Records), en 1959, alimentent le catalogue de la fin des 50's.

En déménageant à Chicago, Bland y va d'un troisième opus, le premier pour son compte, Two Steps From The Blues (Duke Records), publié dès janvier 1961.

Celui-ci, dans une veine blues électrique, est un double succès, commercial et critique, porté par les singles I Pity The Fool, N°1 du Billboard R&B et Don't Cry No More, N°2 des mêmes charts.

La voix forte et pleine d'émotion du bluesman ainsi que les arrangements mémorables de Joe Scott, son pygmalion, donnent ici leur pleine mesure.

Des 60's à son avantage...

Two Steps From The Blues est l'album le plus abouti de Bobby Blue Bland ; il est recensé parmi les 500 meilleurs albums (N° 217) de tous les temps pour le magazine Rolling Stone.

Cette réussite amorce une décennie qui lui est favorable et qui se traduit par une enfilade de très bons albums comme Call On Me (1963), The Soul Of The Man (1966), Touch Of The Blues (1967).

...avant une traversée du désert.

La fin de ses 60's est plus difficile pour lui. Les 70's par lesquelles il est éloigné de son mentor Joe Scott du fait de la revente par Don Robey, de Duke à ABC (Bland Fait partie de la transaction) confortent un peu plus une traversée du désert dont il ne sort que juste avant le milieu des 80's.

Sur ce créneau qu'il met à profit en accompagnant B.B. King sur ses tournées, sa production discographique est plutôt moyenne. Il faut attendre le milieu des années 80 pour que Bobby Blue Bland voit sa cote remonter.

Regain de popularité.

Le label mississippien Malaco lui accorde un intérêt nouveau dès 1985, qui vaut à Bland de signer une dizaine d'albums supplémentaires (After All/1986, Blues You Can Use/1987, Midnight Run/1989, Portrait Of The Blues/1991, Years Of Tears/1993, Sad Street/1995, Memphis Monday Morning/1998 et Live On Beale Street/1998).

Blues At Midnight (2003), sa dernière levée discographique studio appuie un peu plus le constat que, malgré l'avancée dans l'âge (il a 73 ans) qui altère quelque peu son organe vocal, Bland n'en reste pas moins un des grands interprètes de blues que l'Amérique ait connu (RAZOR©2022).

MON CHOIX DISCOGRAPHIQUE.

LP Studio 1 - 1961

 

Bobby blue bland two steps from the blues

 

BOBBY BLUE BLAND

TWO STEPS FROM THE BLUES – 1961  5/5

 

Publié en janvier 1961.

Produit par Don Robey.

Durée:30:16.

Label:Duke Records,MCA.

Genre:blues,soul,R&B.

 

Classique du blues.

 

Classique du blues, Two Steps From The Blues n'est pas, à proprement parler, ce que l'on appelle un album studio.

Il consiste plutôt en une compil' réunissant l'essentiel des singles réalisés par Bobby Blue Bland (de son vrai nom Robert Calvin Bland) sur la fin de la décennie précédente et un lot de titres enregistrés durant la deuxième moitié de l'année 1960.

Ne vous attendez pas à des envolées de guitare ici, mais à un lot de chansons arrangées autour de cuivres. La star, c'est la voix de Bobby Blue Bland, dont on appréciera plus particulièrement les Don't Cry No More, Lead On Me et St. James Infirmary

La période couvre le créneau 1956/1960 tandis que le disque de ce gosse des quartiers noirs de Memphis est publié en 1961.

Chanteur dans des formations de gospel locales dès l'âge de 7 ans, il rejoint très vite un cercle de musiciens de Beale Street, épicentre de la scène blues de la place.

Il y fait la connaissance de B.B King et Johnny Ace, via les Beale Streeters, groupe en vogue à Memphis qu'il intègre en 1949 comme chanteur.

Au sein de cet effectif, puis en solo, Bobby Blue Bland s'affirme comme un des plus grands interprètes d'un blues qui s'habille alors de gospel, de soul et de R & B. Sa manière de chanter est assez particulière, sa voix douce spécifique et son style séduisant.

Avec de tels atouts, sa voie est toute tracée pour parvenir au succès. Une poignée de singles dont Little Boy Blue, I Pity The Fool ou Cry Cry Cry l'installent comme une figure populaire du blues jusqu'au milieu des 60's.

L'émergence d'une nouvelle génération de bluesmen le fait rentrer dans le rang jusqu'au milieu des années 80 ; sa traversée du désert l'affecte profondément au point de sombrer quelque temps dans l'alcool.

A partir de 1985, l'artiste émerge de son silence et publie une dizaine d'albums qui le replacent sur le devant de l'actualité. Sa carrière est alors relancée et récompensée par un Grammy Award en 1997. Juste retour des choses, en vérité (RAZOR©2022).

 

1. Two Steps From The Blues.

2. Cry Cry Cry.

3. I'm Not Ashamed.

4. Don't Cry No More.

5. Lead On Me.

6. I Pity The Fool.

7. I've Just Got To Forget You.

8. Little Boy Blue.

9. St. James Infirmary.

10. I'll Take Care Of You.

11. I Don't Want No Woman.

12. I've Been Wrong So Long.

 

Bobby Bland:chant.

Joe Scott,Melvin Jackson:trompette.

Pluma Davis:trombone.

Robert Skinner,L.A. Hill:saxophone ténor.

Rayfield Devers:saxophone baryton.

Teddy Reynolds:piano.

Wayne Bennett:guitare.

Hamp Simmons:basse.

John Starks:batterie.

  • 1 vote. Moyenne 5 sur 5.

Commentaires