Bobby Hebb.

BIOGRAPHIE.

 

BOBBY HEBB/ Nashville (Tennessee - USA)

 

Bobby hebb intro

 

Né le 26 juillet 1938 à Nashville.

Décédé le 3 août 2010 à Nashville.

Actif de 1955 à 2010.

Labels:Cadet,Crystal Bar,Epic,Laurie,Mercury,Philips,Specter,Tuition.

Genre:R & B,soul,pop.

 

Sunny : un hymne aux jours meilleurs.

Fin novembre 1963, l'Amérique a la gueule de bois. Son président John Fitzgerald Kennedy vient d’être assassiné dans le bastion de la droite radicale, Dallas, par des conspirateurs de l'ombre.

L'afro-américain Robert Von Hebb, comme nombre de ses compatriotes, est sous le choc, mais il va sombrer un peu plus quand, le lendemain de cette dramatique exécution, son frère aîné Harold, son héros, auprès duquel il débute sa carrière, succombe de plusieurs coups de couteau, au sortir d'une du Baron's Club de Nashville.

Ces deux événements tragiques et la double douleur qu'ils ont générée pour son auteur, ont très profondément inspiré Sunny à Bobby Hebb. Dans ce contexte personnel douloureux, celui-ci, effondré, a besoin de relever la tête, de reprendre ses esprits ; il va faire de son désespoir et de Sunny sa thérapie et, parallèlement, un cadeau au monde entier.

Pour sortir de cette pénible et insupportable spirale individuelle, Hebb recherche résolument l'optimisme dans l'écriture de ce titre. L'artiste, à l'époque âgé de 25 ans, signe alors un hymne pop soul aux jours meilleurs qui raconte comment le sourire d'une femme peut égayer la vie et atténuer les peines.

Bobby hebb grand ole opryBobby Hebb au Grand Ole Opry.

Bobby hebb 1Un enfant de Nashville.

Bobby hebb sunnySunny, un hymne aux jours meilleurs.

Bobby hebb love games seminalLove Games, un LP séminal.

Bobby hebb that s all i wanna know 2005That's All I Wanna Know, dernier LP (2005).

Standard du répertoire américain.

En août 1966, le morceau, parmi les plus interprétés de son époque, connaît un succès retentissant sur la planète en se plaçant à la 2ème place du Billboard.

Il se vend à plus d'un million d'exemplaires.

Considérée depuis comme un standard du répertoire américain, la chanson de Hebb le conduit à se produire en première partie de l'ultime tournée américaine des Beatles (1966), commencée à Chicago et achevée à San Francisco.

Aujourd'hui, on recense plusieurs centaines de versions différentes de Sunny parmi lesquelles, entre autres, James Brown, Marvin Gaye, Cher, Frank Sinatra, Johnny Rivers, Stevie Wonder, Boney M., Wilson Pickett, Del Shannon, José Feliciano, The Ventures, The Four Seasons, Nancy Wilson, Dusty Springfield, Richard Anthony ou Ella Fitzgerald, cette dernière en faisant une interprétation lumineuse en 1969. Bobby Hebb, lui-même, a réenregistré une version disco en 1976.

Hebb, enfant de Nashville.

Hélas, bien qu'auteur de singles marquants par la suite (A Satisfied Mind, Love Me, Love Love Love, A Natural Man), Hebb ne parviendra jamais à répéter la magie de Sunny, ce qui provoque son retrait de la scène musicale..

Hebb sombre alors dans l'alcoolisme (il en viendra à bout bien plus tard) mais fera un retour remarqué dans le nouveau millénaire en créant son propre label (Hebb Cats), en signant son premier album depuis 1970, son troisième du catalogue seulement, That's All I Wanna Know (2005) et en engageant une tournée japonaise derrière (2008).

Enfant de Nashville, Hebb s'est éteint le 30 août 2010 dans sa ville natale, victime d'un cancer du poumon...

Robert Von Hebb voit le jour le 26 juillet 1938 à Nashville. Son environnement familial est propice à son éclosion dans la musique puisque son père William, aveugle, pratique la guitare et le trombone, tandis que sa mère Ovalla, également non-voyante, joue de la guitare et du piano.

William et Ovalla ont fait partie d'une formation de washboard, Hebb's Kitchen Cabinet Orchestra. Harold « Hal », son frère aîné de 6 ans, est, quant à lui, danseur de claquettes.

A l'occasion d'un spectacle de la Jerry Jackson Revue au Bijou Theater impliquant Harold, Bobby, 3 ans, apparaît pour la première fois sur scène.

Il joue des cuillères, chante et danse dans les théâtres et les clubs de la capitale de la country.

La bienveillance des stars de la country.

Au début des années 50, alors qu'il entretient l'espoir d'être auditionné pour passer dans le Grand Ole Opry sur les ondes de WSM, Hebb est mis en relation avec le musicien et producteur Owen Bradley, un des architectes du son de la country de Nashville, et intègre son orchestre.

Le gamin de 12/13 ans est repéré par Roy Acuff, star du genre. Impressionné par la multiplicité des talents de Robert, celui-ci le prend sous sa coupe et en fait un acteur régulier de la célèbre émission radiophonique et télévisée du samedi soir.

Au sein du Roy Acuff And His Smokey Mountain Boys, le talentueux adolescent cumule les cuillères, les claquettes et, de temps en temps, les choeurs.

Pour un afro-américain dans une Amérique larvée par le racisme, être ainsi mis en valeur et respecté par une star de la country, c'est alors inimaginable.

Mieux, embauché par Acuff, Bobby Hebb a le privilège de toujours partager les mêmes hôtels que son mentor. Si d'aventure, l'accès à l'établissement n'est pas autorisé au jeune noir, le violoniste-vedette de la country refuse alors d'y séjourner.

En ce sens, Acuff a été une sorte de précurseur en matière de droits civils... Tous les monstres sacrés du milieu ont le petit Bobby à la bonne. Ainsi Chet Atkins et Hank Garland lui donnent des leçons de guitare, tandis que Hank Williams lui distille de précieux conseils pour composer.

Chicago, New York...

Hebb déménage à Chicago en 1954 pour faire avancer sa carrière. Il est amené à travailler avec Bo Diddley et Little Walter avant, un an plus tard, de rejoindre l'US Navy pour ses obligations militaires.

Au sein de la marine américaine, il intègre un jazz band, deux ans durant (US Pine Island Pirates) et y joue de la trompette. A sa libération, il retourne à Nashville où il travaille comme musicien de sessions, pour le label Excello notamment. Dans le même temps, son frère Hal se rapproche des Marigolds, un groupe de détenus.

Bobby Hebb enregistre alors son premier single, une version soul de Night Train To Memphis (You Gotta Go en face B) de Roy Acuff, sortie en 1960 sur Rich Records, le label de John Richbourg, un ancien DJ de Nashville.

Bobby hebb portrait

« J'étais très excité et aussi très heureux d'être sur la tournée américaine des Beatles. Leur dernière. Se retrouver devant des foules gigantesques avec un public qui a eu la sagesse de m'écouter et de chanter Sunny avec moi, c'est inoubliable. » (Bobby Hebb)

L'année suivante, le partenariat donne le jour à un deuxième single : Feel So Good /Cherry (1961). En 1961, Hebb signe également Atlanta G.A/I Found Somebody pour FM Records.

En déménageant à New York, Hebb se voit offrir un engagement au Blue Morocco Club, une boite de nuit huppée de Manhattan. Pressenti pour faire une courte pige, le partenariat entre Hebb et le club new yorkais dure deux ans.

Le ténnesséen rejoint ensuite la tournée de la chanteuse Sylvia Robinson, laquelle vient de mettre un terme au duo Mickey & Sylvia (Love Is Strange) qu'elle forme depuis 1955 avec Mickey Baker.

Hebb saute dans la brèche, Mickey & Sylvia devenant Bobby & Sylvia, managé par Buster Newman. Leur rapprochement débouche sur You Broke My Heart And I Broke Your Jaw/I Wanna Know (Battle Records/1962).

Buster Newman facilite l'entrée de Hebb dans le giron de Mercury où il enregistre un autre single, Just A Little Bit More, pour la filiale du groupe en question, Smash Records (1962).

Un séminal Love Games.

Quatre ans plus tard après les événements dramatiques connus, Hebb enregistre Sunny, pour une autre division de Mercury (Phillips). Le titre est produit par Jerry Ross.

Le succès étant au rendez-vous, le label demande aussitôt un album et l'artiste y souscrit en publiant un travail soigné ; on est donc loin de ce genre de disque capitalisant sur le succès d'un single.

L'éponyme Sunny sort en 1966 qui, outre son titre-phare, est alimenté par un lot (12 titres) de bons originaux parmi lesquels notamment A Satisfied Mind (N°39 du Billboard) et You Don't Know What You Got Until You Lose It.

Il faut attendre 4 ans pour que Bobby Hebb, plus mature, revienne en studio pour Love Games (Epic/1970). Il effectue un come-back tonitruant en publiant un album d'une grande qualité, dans lequel il fusionne à merveille tous les univers musicaux qu'il maîtrise.

Son écriture, pleine d'émotion, génère des ambiances enivrantes très agréables que les amateurs de Marvin Gaye ou d'Isaac Hayes trouveront à leur goût. Love Games est un disque séminal de soul.

Retour en grâce.

Après avoir contribué (avec Sandy Baron) à A Natural Man pour Lou Rawls (il décroche un Grammy pour ce titre en 71), Hebb place pour la dernière fois de la décennie, un de ses morceaux dans les charts britanniques : Love Love Love (N°32).

Perturbé par son alcoolisme, Hebb reste actif dans les 80's et 90's et tente, chaque fois qu'il le peut, d'enregistrer et de faire des chansons, mais sans jamais revenir sous les projecteurs.

Son retour en grâce (That's All I Wanna Know/2005) et les commentaires qui l'accompagnent montrent bien le respect que son public continuait à lui témoigner jusqu'à son dernier souffle en 2010 (RAZOR©2021)

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 2 - 1967

 

Bobby hebb love games seminal

 

 

 

 

 

 

 

 

 

BOBBHEBB

LOVE GAMES – 1970  4/5

 

Publié en 1970.

Produit par James Flemming.

Durée:43:42.

Label:Epic Records.

Genre:soul,pop-soul,funk.

 

Voyage enivrant dans le monde de l'émotion.

 

On connaît Bobby Hebb pour son sublime et intemporel Sunny (1966), hymne aux jours meilleurs tel que ce dernier le présentait. C'est le titre qui a tout changé dans la vie et la carrière de l'enfant de Nashville.

On connaît moins I'll Be Anything For You et The Charms Of The Arms Of Love, tout aussi émotionnellement profondes et aussi mélodiquement belles que Sunny.

Love Games, deuxième LP de Bobby Hebb, publié en 1970 pour Epic, offre la possibilité à ceux qui les ignorent encore de les découvrir. Elles sont ici les piliers d'un disque dans lequel Hebb croone magnifiquement sur une pop-soul alors en vogue au début des 70's.

A l'instar du lot très sophistiqué et brillant de chansons présentes par ailleurs, son auteur montre une maturité nouvelle que l'on ne trouve pas encore sur son premier album, Sunny. Love Games, via la palette des styles que l'artiste maîtrise, propose un enivrant voyage dans le monde de l'émotion.

Cette R&B chichement orchestrée et noyée de cordes, toujours aussi fraîche aujourd'hui qu'hier, est séminale pour la direction que le genre allait à la fin de cette même décennie. En ce sens, Hebb est un précurseur et un influenceur pour le Barry White qui s'annonce alors (RAZOR©).

 

1. The Love Bird Has Flown.

2. I've Learned To Care.

3. Good Morning World.

4. Grin And Bear It.

5. S.S. Soul part 1.

6. S.S. Soul Part 2.

7. I'll Be Anything For You.

8. Flower.

9. She Broke My Heart.

10. A Better Love.

11. The Charms Of The Arms Of Love.

 

Bobby Hebb:chant.

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