Bonnie Raitt.

BIOGRAPHIE.

 

BONNIE RAITT/Burbank (Californie-USA)

 

Bonnie raitt 1

 

Née Bonnie Lynn Raitt, le 8 novembre 1949.

Active depuis 1971.

Label:Warner Bros,Capitol,Redwing.

Genre:blues,blue-eyed soul,blues-rock,roots rock,americana.

Site Internet:bonnieraitt.com

 

N'est pas déca-grammies qui veut.

Bonnie Raitt est une artiste respectée dans le cénacle blues et Americana. N'est pas déca-grammies qui veut. Pour la référence rock Rolling Stone, la dame appartient, les deux sexes confondus, à l'élite des 100 meilleurs guitaristes (89) et au gratin des chanteurs (50) de tous les temps. Agée de 67 ans, la californienne aux racines écossaises, née dans une famille d'artistes, est aujourd'hui une véritable institution dans la musique américaine.

Politiquement engagée depuis ses débuts dans la musique au début des 70's, Bonnie Raitt est de tous les combats menés par No Nukes, groupe activiste opposé au nucléaire, qu'elle a contribué à fonder avec Graham Nash et James Taylor. Son engagement politique n'a jamais nui à la qualité de sa discographie, forte d'une vingtaine d'albums.

Dernier en date, l'excellent Dig In Deep (2016), par lequel cette grande perfectionniste montre sa détermination à continuer à ne pas céder un pouce de terrain à ces messieurs du rock, et ce, malgré les coups du sort douloureux qui l'ont affectée depuis une dizaine d'années au cours desquelles elle perd successivement sa mère, son père et son frère.

Chapeau bas Madame Raitt.

Au lieu de se désagréger, Bonnie Raitt s'accorde une année sabbatique, se repose et se pose les questions de son après. Sa réflexion vaut thérapie car la chanteuse et musicienne se replonge rapidement dans l'écriture de nouvelles chansons, chose qu'elle n'a plus faite depuis 10 ans, et reprend la route en 2011, confortée qu'il n'est pas meilleur moyen de rendre hommage à ses chers disparus, que de replonger dans sa vie rock & roll.

Depuis, elle pète le feu. La voix est forte, puissante et émotionnellement profonde comme jamais ; la guitare, mordante, ne prend pas une ride, fut-ce une charmante petite patte d'oie. Chapeau bas Madame Raitt.

Elevée dans un milieu de musiciens.

Bonnie a grandi dans la Cité des Anges, dans un environnement familial propice à son épanouissement artistique ; Marge (Marjorie Haydock), sa maman, est une pianiste réputée, son frère aîné Steve fut un ingénieur du son très prisé sur la scène de la Twin Cities (Minneapolis) entre les années 70 et 90, son grand-père jouait de la slide guitare hawaïenne et de la cithare, tandis que son père, John a été l'un des acteurs majeurs du théâtre musical américain et une figure célèbre de l'âge d'or de Broadway (Carousel, Oklahoma!, The Pajama Game). Elle était, à ses débuts, la fille de John Raitt ; son brillant parcours professionnel a depuis contribué à inverser les rôles, au point que son géniteur est devenu le père de Bonnie Raitt.

Bonnie rait folkUne artiste respectée dans le cénacle blues et Americana.

Bonnie raitt no nukes john hall nash j taylor jackson browne bonnieJohn Hall, Graham Nash, James Taylor, Jackson Browne et Bonnie.

Bonnie rait give it upAvec Give It Up (1972), Bonnie Raitt franchit un palier.

Bonnie raitt sippie wallaceSippie Wallace, son influence majeure.

Bonnie raitt john lee hookerGrammy pour son duo avec John Lee Hooker (1989).

Bonnie raitt guitareDans les 100 meilleurs guitaristes (89) de tous les temps.

Bonnie rait dig in deepDernier Lp en 2016, Dig In Deep.

La carrière paternelle oblige l'enfant Bonnie à suivre sa famille et c'est à New York qu'elle passe les premières années de sa vie avant que le ménage ne déménage sur Los Angeles en 1957.

Bonnie a 8 ans et passe tout son temps avec une mère qui, compte tenu des absences répétées de son mari, doit également endosser le costume de père. La petite fille aime chanter. Comme son père, que Marge Raitt, devenue Goddard de par son remariage en 1976, accompagne au piano pour ses répétitions.

Bercée par cette ambiance, les grands-parents offrent à Bonnie une guitare pour Noël. Ce cadeau lui donne le goût à la musique, en plus du plaisir de chanter. Elle souscrit à un enseignement de piano pendant 5 ans, mais se passionne pour d'autres instruments.

A 10 ans, elle apprend de son grand-père le maniement de la slide avant, un an plus tard, de s'offrir sa première guitare (une Guild) payée sur ses deniers personnels, en échange de repassage. Etant élevée dans la rigueur de la tradition Quacker, son éducation est très stricte ; ne pouvant pas sortir comme bon lui semble, elle passe des heures dans sa chambre avec sa guitare.

Passée par le folk, poussée par l'activisme.

Passée par un camp de vacances (Camp Regis Applejack dans la région de New York) géré par des amis quackers de ses parents, elle commence à en jouer sérieusement jeune. Elle fréquente ces camps d'été de 8 à 15 ans et côtoie de jeunes étudiants plus âgés et déjà bien ancrés dans les mouvements pacifistes.

La jeune Bonnie s'éprend alors de la musique folk protestataire et de ses messagers comme Joan Baez, Dylan et Pete Seger. Son intérêt pour le folk et le blues est attisé par l'album Blues At Newport (1963).

De plus en plus souvent, elle prend part aux concerts et réunions organisés dans les coffeehouses locaux, endroits qui vont développer en elle l'activisme politique dont elle sera actrice très impliquée.

Etudiante spécialisée dans les relations sociales et les études africaines à Cambridge (Radcliffe College) à la fin des années 60, l'idéaliste Bonnie a dans l'idée de rejoindre la Tanzanie et l'humanitaire, se refusant à travailler pour un pays qui l'insupporte avec ses riches, sa pollution, son racisme.

Et puis vint Dick Waterman...

Au cours de sa deuxième année de collège, la rencontre avec Dick Waterman, de 15 ans son aîné, journaliste et promoteur de blues influent, change radicalement ses plans. Elle met ses études de côté un semestre et prend la route de Philadelphie avec son conseiller, ce dernier l'ayant convaincu de lancer sa carrière. On sait ce qu'il est advenu de ce parcours aujourd'hui. Bonnie, alors très sensible au blues, adhère au projet qui va transformer sa vie. Elle donne l'exclusivité à la musique.

Rapidement, elle ouvre pour les plus grands du blues : Sippie Wallace, alias le Rossignol du Texas, qui ne tarde pas à devenir son influence majeure, Son House, relancé par Dick Waterman, Muddy Waters, John Lee Hooker, desquels elle apprend la technique et le métier.

Lors de l'ouverture pour Fred McDowell au Gaslight new yorkais, Bonnie est remarquée par un journaliste de Newsweek Magazine qui, sous le charme de sa prestation, fait un papier élogieux et relaie l'information autour de lui. L'artiste braque dès lors les projecteurs sur elle, les éditeurs discographiques se précipitent à ses concerts. Sollicitée de toutes parts, elle répond favorablement à une offre émanant de Warner Bros pour lequel elle signe au printemps 1971.

La reconnaissance du milieu.

La même année sort son premier LP, sobrement intitulé Bonnie Raitt (1971). Constitué de reprises de ses idoles ou influences, il est favorablement reçu par la critique ; moins par le public, les ventes étant encore assez faibles malgré la qualité de l'album, enregistré sur un 4 pistes, dans le garage d'une ferme du Minnesota avec un groupe de bar local.

Bonnie Raitt s'y montre à son avantage, renforçant sa réputation d'excellente guitariste, et déterminée à garder autant de contrôle créatif que possible sur sa carrière. Par ce premier jet, elle gagne la reconnaissance du milieu et du public.

Avec Give It Up (1972), Bonnie Raitt franchit un palier et commence une entreprise de séduction qui va l'installer à être la cow-girl (en référence aux vraies valeurs terriennes qu'elle véhicule) la plus aimée d'Amérique. De l'avis général, c'est son meilleur travail, mais il ne pèse pas plus, commercialement parlant, que son prédécesseur. Il pointe néanmoins dans le top 500 des meilleurs disques de rock de tous les temps pour Rolling Stone Magazine (495).

Une discographie très honorable.

Takin' My Time, en 1973, année de son déménagement à Los Angeles, et Streetlights, en 1974, sont qualitativement dans la même lignée, la maturité en plus. Plus inégal est Home Plate (1975), une petite déception par rapport à sa production antérieure. Sweet Forgiveness (avril 1977) est l'autre maillon faible du catalogue des 70's de Raitt en raison de son lot de chansons moins efficaces.

La discographie de la décennie se referme avec The Glow (1979) pas plus en réussite dans les bacs, en dépit d'une belle brochette de titres et de la qualité de sa voix. A dire vrai, Warner n'a jamais vraiment poussé derrière sa protégée.

Déçue de n'avoir pu réaliser l'album tel qu'elle aurait voulu qu'il sonne, Bonnie se met en marge quelque temps, avant de revenir en 1982 avec Green Light où, là, elle trouve enfin la bonne combine. Si la sortie de Nine Lives (1986) s'accompagne de critiques et de ventes particulièrement mauvaises, Nick Of Time (1989), pour Capitol Records, nous confronte à une Bonnie Raitt nouvelle qui a tourné le dos à ses addictions (drogue et alcool) depuis 1987.

Avec ce disque plus pop-rock, elle renoue, au-delà de ce qu'elle espérait certainement, avec le succès critique et populaire : 3 Grammys en 1990, N° 1 des charts, 5 fois certifié platine, 230 du classement Rolling Stone.

Bonnie croule sous les honneurs.

La même année, elle remporte le Grammy du meilleur disque de blues traditionnel pour son duo I'm In The Mood avec John Lee Hooker (The Healer). Bonnie Raitt rentabilise, vingt ans après, son énorme potentiel. Nick Of Time n'est pas un coup de chance, puisqu'elle récidive avec l'album suivant, Luck Of The Draw (1991), sept fois platine et des dizaines de millions d'exemplaires écoulés. C'est la plus grosse vente de son catalogue.

Bonnie rait portrait

« Un Grammy vous transporte hors de votre corps. On ne sait pas si l'on rêve ou pas. Quand votre nom tombe, tout est ralenti dans les gestes, les oreilles bourdonnent. C'est la récompense la plus étonnante qu'il m'ait été donnée de recevoir. Il valide tous les efforts et les sacrifices consentis pour promouvoir la musique que ma génération aime.Qui aurait pu imaginer qu'un jour, je repartirais avec un Grammy ? » (Bonnie Raitt)

Cerise sur le gateau, Something to Talk About, single extrait de l'album, lui permet de décrocher un nouveau Grammy pour la meilleure performance vocale pop féminine.

Douzième LP, Longing In Their Hearts (1994) maintient une qualité identique. Double platine, il permet à son auteur de toucher encore du Grammy, celui du meilleur album pop en l'occurence.

Fundamental (1998) n'offre pas le même intérêt, mais l'artiste reste sur une bonne dynamique et intègre le Rock and Roll Hall Of Fame en 2000.

Le début du troisième millénaire n'a pas le même impact que la décennie précédente. Si Silver Lining (2002) et Souls Alike (2005) sont moins prétexte à s'enthousiasmer, il faut attendre 2012 et Slipstream pour retrouver la guitariste au meilleur de sa forme.

Une pêche incroyable, malgré ses déboires personnels.

Elle le devait à ses fans après ce long silence de 7 ans, mais surtout à ses proches décédés, dont l'ombre plane plus que jamais au dessus du disque. Cela fait alors longtemps que Bonnie Raitt n'a pas évolué à un tel niveau. Le fait d'avoir créé son propre label, Redwing Records, semble avoir reboosté l'artiste ; Slipstream est un classique de son répertoire. Il lui rapporte un énième Grammy (meilleur album Americana).

Plus personnel, Dig In Deep (2016), réalisé avec le groupe qui l'accompagne de longue date sur la route, ramène à une Bonnie forte, audacieuse et que rien ne semble devoir démonter, ni dévier de la route qu'elle s'est tracée depuis les malheurs qui se sont abattus sur elle.

Tant vocalement qu'à la guitare, l'artiste à la crinière rouge témoigne d'une pêche incroyable. Depuis, elle est partie défendre sur la route son 17ème album studio. Le programme s'annonce chargé avec 5 dates par semaine sur 7 mois, mais elle aime tant ça. La Grammy Lady est tout, sauf une poule mouillée (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 2 - 1972

 

Bonnie rait give it up

 

BONNIE RAITT

GIVE IT UP – 1972  5/5

 

Publié en septembre 1972.

Produit par Michael Cuscuna.

Durée:36:04.

Label:Warner Bros.

Genre:blues,rock,blues-rock.

 

Entreprise de séduction réussie.

 

La californienne Bonnie Raitt, artiste de blues, est sur le pont depuis plus de 40 ans et ne s’en lasse pas. Son crédo, c’est la scène, les festivals de blues. Ses disques, comme elle le revendique, sont ses meilleurs arguments pour pouvoir partir dans les tournées qu’elle affectionne.

Le quotidien de cette chanteuse et guitariste de blues américaine, fille de John Raitt, chanteur de Broadway et de Marge Goddard, pianiste et chanteuse, est rythmé sur cette façon de travailler et elle n’a pas du tout l’intention à son âge (elle est née en 1949) de changer quoi que ce soit à une vie artistique qui semble la combler.

Son goût pour la guitare lui vient de la scène folk de Greenwich Village et notamment de Bob Seger et Joan Baez, ses premières influences. Le blues ? Elle tombe dans son chaudron alors qu’elle n’est encore qu’une ado pubère (14 ans), la faute aux Robert Johnson, Muddy Waters ou autres John Lee Hooker, ainsi qu’à l’album Blues At Newport de 1963, réalisé dans le cadre du festival du même nom.

A partir de là, elle glisse du folk au blues et plus particulièrement celui pour lequel elle se trouve le plus d’affinités, celui du Delta. Elle n’a pas vingt ans qu’elle croise déjà la route des bluesmen vieillissants et alors en fin de cycle, dans les bars et clubs locaux où elle se produit de plus en plus.

C’est là qu’elle se fait remarquer par le producteur de Warner Bros (Willie Murphy), visiblement sous le charme de cette guitariste rousse extrêmement douée et, par ailleurs, excellente chanteuse. Ce contact s’accompagne d’un premier album éponyme (1971) que la critique accueille favorablement.

S’il ne révèle pas encore la femme dotée d’une excellente maîtrise de la technique de slide guitare, il ouvre grand les portes à la superbe carrière de Bonnie Raitt, marquée du sceau de la longévité et de la qualité. Give It Up de 1972 (en écoute intégrale ici) permet de mieux apprécier cet aspect essentiel du jeu de celle qui fut une grande militante durant son parcours.

Give It Up est un délicieux mélange de blues, de folk, de R & B, de rock californien et de funk. La matière qui régit ce disque est puisé dans le répertoire d’autrui (Jackson Browne, Slippie Wallace, Rudy Clarke, Eric Kaz, Chris Smither, Barbara George), mais sans que cet emprunt ne transparaisse tant Bonnie magnifie ces reprises.

Les trois titres crédités à Bonnie Raitt, alors jeune demoiselle de 22 ans, démontrent une belle confiance en elle tant dans son écriture, que dans son jeu spectaculaire et que dans son chant plutôt doux. Elle sait ce qu’elle veut alors et comment elle compte l’obtenir.

A l’appui de cet excellent deuxième disque, apparait un line-up particulièrement pointu, parmi lequel le fidèle Freebo (bassiste), les guitaristes Kal David et Amos Garrett, Paul Butterfield à l’harmonica, John Hall, Wells Kelly, Merl Saunders, TJ Tindall, Mark Jordan et John Payne (de l’entourage de Van Morrison), complété par une belle section de chœurs et soutenu par une extraordinaire cellule de cuivres.

Il s’en ressent un grand plaisir d’en découdre autour de Bonnie. Dans ce contexte, chaque piste, mûrement sélectionnée et ici proposée, gagne à être découverte, même si le fougueux Give It Up Or Let Me Go, très proche de ce que Bonnie propose encore aujourd’hui, Love Like A Man (beau travail de slide), Under The Sky Falling de Browne (la performance de l’harmoniciste Butterfield est fantastique), la ballade Too Long At The Fair et le triste Love Has No Pride final dominent nettement le lot proposé.

Avec Give It Up, Bonnie Raitt commence une entreprise de séduction qui va l’installer à être la cow-girl (en référence aux vraies valeurs terriennes qu’elle véhicule) la plus aimée d’Amérique. Personne ne le contestera au vu de la longévité de sa carrière et de l’engouement qu’elle suscite encore dans les festivals contemporains (RAZOR©).

 

1. Give It Up or Let Me Go.

2. Nothing Seems to Matter.

3. I Know.

4. If You Gotta Make a Fool of Somebody.

5. Love Me Like a Man.

6. Too Long at the Fair.

7. Under the Falling Sky.

8. You Got to Know How.

9. You Told Me Baby.

10. Love Has No Pride.

 

Bonnie Raitt:guitare acoustique,guitare,piano,guitare électrique,steel guitare,chant,guitare 12 cordes,bottleneck guitare.

Paul Butterfield:harmonica.

Kal David:guitare,guitare électrique.

Terry Eaton:saxophone ténor.

Peter Ecklund:cornet.

Freebo:basse,guitare 12 cordes,tuba,chant,choeurs.

Amos Garrett:guitare,trombone.

Marty Grebb:saxophones ténor et alto.

John Kingsley Hall:guitare électrique,steel guitare,choeurs.

John Hall:guitare,guitare électrique,choeurs.

Dave Holland:basse.

Mark Jordan:piano,claviers,vibraphone.

Eric Kaz:piano,vibraphone,choeurs.

Wells Kelly:conga,cloches,batterie,choeurs.

Jackie Lomax,Tim Moore:choeurs.

Chris Parker,Dennis Whitted:batterie.

John Payne:clarinette,soprano saxophones.

Merl Saunders,Lou Terrciano:piano.

Gene Stashuk:cello

T.J. Tindall:guitare,guitare électrique.

Jack Viertel:guitare,guitare rythmique,steel guitare.

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