Bridget Saint John.

BIOGRAPHIE.

 

BRIDGET ST JOHN/Surrey (Angleterre – Royaume-Uni).

 

Bridget saint john intro

 

Née Bridget Anne Hobbs, le 4 octobre 1945 à Surrey.

Active entre 1968 et 1976,depuis 1999.

Label:Dandelion,Chrysalis.

Genre:folk.

 

La protégée de Peel.

Si John Robert Parker Ravenscroft, ça n'évoque pas grand chose à la grande majorité des fidèles de musique des 60's/70's, le nom de John Peel est autrement plus mémorable pour le commun des mortels qui a vécu cette période.

Ancien journaliste et animateur-radio, le DJ le plus célèbre de la planète, grand dénicheur de talents devant l’Éternel et véritable catalyseur de la scène musicale indépendante britannique, est une légende du rock.

Il est un Dieu pour tous les teenagers british du passé, religieusement scotchés au transistor à écouter ses émissions passionnées et parfois borderline, ouvertes à la musique sous toutes ses formes.

Bridget saint john jeuneDu Nick Drake en elle.Bridget saint john john peelDans les bons papiers de John Peel.Bridget saint john ask me no questionsPremière artiste Dandelion.Bridget saint john take the 5thUn retour en 1995.

Animateur historique de la BBC, Peel était aussi un producteur avisé et un éditeur indépendant.

Ce dernier a, en effet, créé le label Dandelion avec Clive Selwood mais en a également assurer la direction entre 1968 et 1972.

Bien que cette activité d'éditeur discographique ne soit pas celle qui ait fait le plus pour sa popularité, elle lui permet néanmoins de donner leur chance à des nombreux laissés-pour-compte du moment.

Certains d'entre eux doivent même leur carrière à Peel (The Misunderstood, T. Rex, David Bowie, Robert Wyatt, Fairport Convention, Gong, Syd Barrett, Captain Beefheart, Sex Pistols ou plus récemment White Stripe...).

Première artiste Dandelion.

Il faut admettre que, quand il a un coup de foudre pour l'un d'entre eux, Peel le défend mordicus, ardemment, sans calculs, n'hésitant pas parfois à s'affranchir parfois des codes en vigueur pour parvenir à ses fins.

Exemple avec Bridget St. John, en laquelle il croît avant tout le monde et dont personne ne se bouscule au portillon pour l'attirer sur son étiquette.

L'homme de radio franchit le cap et la native de Surrey devient ainsi la première artiste à signer sur Dandelion. La dame a des choses personnelles à chanter, elle le fait avec talent et Peel est prêt à la laisser s'exprimer, à faire jouer son influence pour pousser sa carrière.

Il se dit même, qu'à l'origine, le label est spécialement fondé pour publier la musique de Bridget, une de ses chanteuses préférées du moment.

Entre les mains de Peel, sa protégée tient un rôle essentiel dans le développement du folk britannique...

Le coup de pouce de Martyn.

Née le 4 octobre 1946 à Surrey, Bridget Anne Hobbs grandit dans une famille où la musique et le piano, plus particulièrement, tiennent une place prépondérante.

Sa sœur et sa mère sont, en effet, des pianistes de talent et c'est donc tout naturellement vers cette instrument qu'elle est orientée dès son enfance.

Malheureusement, Bridget ne supporte pas l'enseignement de son professeur et abandonne le piano alors qu'elle a 11 ans. Pour sa mère, il est hors de question qu'elle s'en tire comme ça et qu'elle laisse tomber la musique.

Sa génitrice la pousse alors vers l'apprentissage du violon, bien que la jeune fille ait principalement la guitare en tête.

Après deux années à pratiquer à contrecœur l'alto, Bridget reçoit de sa grand-mère de quoi s'offrir sa première guitare.

Elle en apprend les rudiments au contact d'autres étudiants de l'université de Sheffield qu'elle fréquente. Au cours de sa deuxième année, elle peaufine un peu plus sa technique.

C'est dans ce cadre universitaire qu'elle apparaît pour la première fois devant un parterre d'étudiants (1964/1965), avant de donner un spectacle plus officiel dans un pub de Rotherham.

Ses études la mènent en France où, à Aix-En-Provence, elle côtoie Buffy Sainte Marie dans un cabaret local et rencontre Robin Frederick, auteur-compositeur et interprète américaine.

Par son intermédiaire, elle fait la connaissance de John Martyn, lequel va lui ouvrir la porte à un public plus large (1967) et lui permettre, via le poète et journaliste Peter William Roche, de nouer un premier contact avec John Peel.

Roche est alors un songwriter très actif sur la scène folk anglaise. Il dépose sur le bureau de l'animateur-radio, une démo réalisée par Bridget (sur un magnéto appartenant à Al Stewart).

Du Nick Drake en elle.

Peel est séduit et propose en retour à la chanteuse de passer en direct dans son émission du moment, Night Ride (BBC).

Malgré l'appui de ce dernier, elle ne trouve pas de label ; qu'à cela ne tienne, John Peel lui installe les conditions pour se lancer, en créant Dandelion Records.

Associé à Clive Selwood (Elektra), il offre à Bridget l'opportunité de réaliser un premier album.

Ask Me No Questions sort en 1969. D'ambiance pastorale, il y a du Nick Drake dans ce travail plutôt sobre, au jeu de guitare subtil et raffiné taillé pour la voix fragile et profonde de Bridget. John Martyn vient y poser sa guitare, c'est un plus indéniable.

Bridget st john1

« Nick Drake et moi avons souvent joué ensemble. Nous nous ressemblions beaucoup et étions très complémentaires. Nous n'écrivions pas les mêmes choses mais il y avait un équilibre entre nous, surtout au niveau de l'interprétation. » (Bridget St John)

Ce disque entièrement acoustique sur lequel Peel n'a jamais cherché à influer, est d'une grande beauté.

Sous le charme, il ne laisse le soin à personne d'en faire la promotion et profite de sa plage horaire sur les ondes pour soutenir ardemment sa pouline, serinant ses auditeurs comme quoi Bridget est la meilleure chanteuse qu'il ait jamais entendue.

Une belle discographie.

Bridget St John enregistre un second disque pour Dandelion. Produit par Ron Geesin (collaborateur de Pink Floyd), il est publié en 1971.

Il obéit, une nouvelle fois, à la liberté totale promise à sa favorite lors de leur accord de partenariat. Ce choix permet à Bridget de grandir à son rythme et d'apprendre un peu plus.

Disque de folk pastorale sereine, aux compositions finement ciselées, Songs For The Gentle Man, enrichi des arrangements de cordes sublimes de Geesin, marque une avancée notoire dans le style de St John. Elle signe là son album le plus abouti.

La troisième levée discographique, Thank You For (1972), se place dans une veine identique à ses prédécesseurs et reste tout aussi agréable.

Chrysalis avant les States.

S'il est de nature plus complexe et ambitieuse, il n'en reste pas moins un disque qui émeut encore à défaut d'être une réussite commerciale.

La musique de Bridget n'étant pas très vendeuse, à l'instar des artistes que Dandelion a signés, la maison de disques connaît des ennuis financiers qui la contraignent à déposer le bilan en 1972.

Bridget rebondit chez Chrysalis (1974) pour lequel elle publie un excellent Jumble Queen.

D'obédience folk-rock, son N°4 est produit par Leo Lyons (Ten Years After) et bénéficie du soutien de quelques fines lames du moment comme l'américain Stephan Grossman, Chick Churchill (Ten Years After), Mike Giles (King Crimson), Bernie Marsden (Whitesnake) ou Beverley Martin, l'épouse de John.

Cet album est le dernier de son catalogue. Elle déménage aux États-Unis (Greenwich Village) à sa suite et s'éloigne progressivement du milieu de la musique, même si elle coopère encore à des projets d'artistes-amis comme Mike Oldfield (Ommadawn/1974 et Amarok/1975).

Des priorités ailleurs.

Jusqu'à la fin des 70's, on n'entend alors plus parler de Bridget que par intermittence, quand elle se produit dans les clubs de Manhattan (Bitter End, Kenny's Castaways, Bottom Line, The Cat Club), au Carnegie Hall (1978) ou quand elle est à l'affiche du Schaefer Music Festival de Central Park Central Park.

La musique qu'elle pratique n'étant plus en odeur de sainteté dans les 80's, Bridget prend du recul et se consacre à sa fille venue au monde en 1983.

Bien qu'elle se fasse plus rare, elle n'en délaisse pas moins la musique et assure encore quelques spectacles jusqu'à ce qu'elle soit relancée par un label britannique mineur qui lui propose d'enregistrer un LP de titres jusque là inédits.

Take The 5th vient alors enrichir sa discographie en 1995, plus de vingt ans après Jumble Queen. Il est encore très convaincant.

Bien que ses priorités soient désormais ailleurs, Bridget honore, en 2006, une tournée nippone avec la française Colleen, un spectacle new-yorkais avec les Electric Strawbs, l'année suivante, accompagne, en 2016, Michael Chapman sur son 50 Years On The Road Tour. Au regard de ses apparitions, elle n'a rien perdu de sa superbe (RAZOR©2022).

MON CHOIX DISCOGRAPHIQUE.

LP Studio 2 - 1971

 

Bridget st john songs for the gentle man

 

BRIDGET ST JOHN

SONGS FOR THE GENTLE MAN – 1971  4/5

 

Publié en 1971.

Produit par Ron Geesin.

Durée:36:07.

Label:Dandelion.

Genre:folk.

 

Nico n'a jamais été aussi proche.

 

Je ne parlerais pas de chef d’œuvre à propos du deuxième opus studio de Bridget St John mais il s'approche néanmoins de très près de ce statut.

Le folk ici distillé est d'une telle sérénité et d'une si agréable douceur que Songs For The Gentle Man peut sans conteste prendre place parmi les disques britanniques étalons du genre, chacune de ses pièces étant finement ciselées.

A défaut d'être le prodigieux LP vanté ça-et-là, il n'en demeure pas moins la pièce maîtresse de la discographie de la protégée de John Peel.

Nourri par de belles et subtiles instrumentations (cordes et cuivres), par une écriture mélancolique, posée et sensuelle, ce travail délicat, lumineux, fluide et apaisé est mis en valeur par la voix d'une raucité tendre et caressante de Bridget.

Disque de jour de pluie, Songs For The Gentle Man est brillant de A à Z mais, plus particulièrement, Making Loser Better et la courte pièce baroque It Seems Very Strange, endroit où elle s'approche de Nico comme jamais auparavant (RAZOR©2022).

 

1. A Day A Way.

2. City Crazy.

3. Early Morning Song.

4. Back To Stay.

5. Seagull-Sunday.

6. If You'd Been There.

7. Song For The Laird Of Connaught Hall Pt 2.

8. Making Losing Better.

9. he Lady And The Gentle Man.

10. Downderry Daze.

11. The Pebble And The Man.

12. Seems Vey Strange.

 

Bridget St John:chant,guitare,claviers.

Chris Nicholls:flûte alto.

Brian Etheridge:basse,voix.

Gwydion Brooke,Robert Bourdon:basson.

Angela East,Charles Tunnell,Derek Simpson,Haf Lidi Hallgrimsson:cello.

Geoffrey Mitchell:voix de contre-ténor.

Edward Beckett:flûte.

William Bennett:flûte,flûte alto.

Alan Sivil:cor.

Peter Hall:voix ténor.

Colin Busby,Derek James,John Pritchard,Tony Parsons:trombone.

John Thompson:viola.

Elizabeth Edwards,Kate Jacobs:violon.

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