David Blue.

BIOGRAPHIE.

 

DAVID BLUE/Providence (Rhode Island – USA)

 

David blue 2


Né Stuart David Cohen, le 18 février 1941 à Providence, mort le 2 décembre 1982 à New York.

Actif entre 1964 et 1982.

Labels:Elektra,Reprise,Asylum,Wounded Bird.

Genre:folk.

Site officiel:folk.uio.no/alfs/blue.html

 

Il voulait être Dylan.

Quand on évoque la scène folk revival de Greenwich de la première partie des 60's, alors à son apogée, on pense spontanément à Bob Dylan, Joan Baez, Peter Seeger, Peter Paul & Mary, Phil Ochs, Eric Andersen, Dave Van Ronk, Tom Rush, Judy Collins, Gordon Lightfoot, John Denver, voire Harry Chapin ou Tom Paxton.

Le nom de David Stuart Cohen, alias David Blue, est rarement évoqué. Pourtant, ce proche de Dylan et de l'autre Cohen, Leonard, a été un membre actif et influent de la communauté des chanteurs-compositeurs de la place de Manhattan qu'il a intégrée en 1964.

David blue introQuand David Cohen voulait être Dylan...

David blue dylan...dont il était très proche.

David blue lp 1966David Blue, LP de 1966 (Elektra).

David blue cupid s arrow last lpCupid's Arrow, son dernier album en 1976.

David blue outlaw manOutlaw Man, repris par Eagles sur Desperado.

David blue 3Une belle gueule avec de beaux yeux bleus.

Au regard de la qualité du profil de Blue, les plus anciens de ce cercle huppé des singers-songwriters ont très vite adopté ce petit nouveau, tandis que la jeune génération aux dents longues lui a fait une place privilégiée en son sein, sans sourciller.

Il en deviendra un élément important, même si il est souvent resté dans l'ombre de ses amis. Destiné au succès, il ne flirtera avec lui que rarement, mais il compte beaucoup dans ce mouvement.

Très largement sous-estimé, David Blue n'en a pas moins à son actif une discographie de qualité, comme en atteste son premier LP, l'éponyme de 1966, vu par les fans de l'artiste comme l'un des plus grands LP signé par un débutant dans la folk music ou Nice Baby And The Angel, dix ans plus tard.

David Blue était très apprécié des critiques musicaux, les six albums de son catalogue méritant une profonde attention. Mort en 1982 des suites d'un arrêt cardiaque durant son jogging dans Washington Square Park, à quelques centaines de mètres des cafés de Greenvich où il a brillé, David Blue était surtout connu pour ses titres I Like To Sleep Late In The Morning et Outlaw Man (repris par The Eagles).

Trop peu cependant, au regard de l'immense talent et de l'implication importante sur cet échiquier du renouveau du folk, de celui qui voulait être Dylan, tout simplement...

Une envie d'ailleurs et d'autres choses permanente.

David Stuart Cohen est né juif de par son paternel, handicapé depuis la seconde guerre mondiale d'où il revient mutilé, et catholique par la voie de sa mère, une irlandaise d'origine franco-canadienne. C'est son arrivée, le 18 février 41, qui force le mariage de ses parents.

Il a une demi-sœur, Suzanne, plus âgée que lui, issue d'une union précédente de sa mère, avec laquelle il s'entend très bien et à laquelle il confie régulièrement son mal être d'adolescent (il est en surpoids et très turbulent), ainsi que son envie permanente de fuir le domicile familial de Pawtucket où il a grandi. Ce que sa sœur a fait au début des 60's, avant de tomber rapidement dans la prostitution en 1963.

Sa mort accidentelle (voiture), quelques mois plus tard après son émancipation, affecte profondément le jeune homme dont les relations avec ses parents se dégradent, d'autant plus qu'il découvre que ces derniers lui ont caché l'existence de deux autres demi-sœurs.

Greenwich Village, son jardin.

David quitte également la maison et lâche des études jusque là peu brillantes pour rejoindre la Marine et démarrer dans la vie active. Son caractère rebelle, sa grande gueule et son incapacité à s'adapter à un mode de vie militaire font qu'il est vite refoulé de ce milieu.

Au début des 60's, il rebondit alors du côté de Greenwich Village, antre de la bohème, où les règles disciplinaires n'existent pas.

Cet environnement festif est fait pour lui, il va en devenir un acteur impliqué, même s'il n'en touchera pas personnellement les dividendes, restant toujours en retrait par rapport à ses confrères de la profession.

Toujours en retard d'un train, il n'en est pas moins alors un artiste en avance sur son époque. C'est son drame de musicien, comme de comédien qu'il rêve également d'être.

Ses premiers pas à Manhattan le mènent au côté du Gaslight où il trouve un job à la plonge. Le fameux club de la Mac Dougal Street étant un des endroits culturels majeurs de Greenwich Village, David observe, apprend des poètes, beatniks et musiciens qu'il croise et enrichit son carnet d'adresses.

Adoubé par Dylan et les songwriters...

Il se met au théâtre, puis à l'écriture de chansons et de poésie avant, poussé par Bob Dylan notamment, de commencer à chanter dans les clubs des alentours, comme le Kettle Of Fish ou le Fat Black Pussycat.

David Cohen devient désormais David Blue, nom suggéré par une autre figure de la place folklorique new yorkaise, Eric Andersen, au motif que ses yeux étaient bleus. L'histoire du rock avance même que le Baby Blue du It's All Over Now Baby Blue de Bob Dylan ferait référence à David Blue...

David Blue intègre rapidement le cercle des artistes et songwriters de la place, aidé en cela par Dylan dont Blue va devenir très proche. Il rejoint alors les monstres sacrés du genre et de l'endroit : Bob Dylan, Phil Ochs, Dave Van Ronk, Eric Andersen, Tom Paxton...

Ses premiers enregistrements apparaissent dès 1965. Il ouvre son compteur discographique avec un lot de (ses) titres paru pour une compilation d'artistes d'Elektra Records, nommée Singer Songwriter Project. Certaines de ses chansons sortent sous le nom de David Cohen. Les débuts sont probants et l'influence de Dylan très présente.

Richard Farina, Patrick Sky et Bruce Murdoch complètent ce disque mal promu et qui ne connaîtra pas le succès auquel il pouvait prétendre au regard de l'intérêt qu'on lui prête depuis.

De la folk au folk-rock.

Le passage du folk au folk-rock amène Blue à constituer son propre groupe, l'American Patrol. Son style évolue et gagne en agressivité. David Blue & The American Patrol enregistre le premier véritable album personnel de l'artiste, l'éponyme David Blue, qui sort en 1966, toujours chez Elektra.

Dylan étant l'influence majeure de Blue, le disque se place, toutes proportions gardées, dans la lignée des Highway 61 Revisited et Blonde On Blonde. David Blue installe le style de sa discographie à venir...

Celui-ci enchaîne ensuite avec un These 23 Days In September (1968/Reprise), toujours aussi dylanesque mais, hélas, toujours aussi peu vendeur. Il déménage alors sur Los Angeles avec sa petite amie du moment Sara Morris ; leur relation est alors des plus instables.

Cette dernière s'éloigne de lui et part vivre à San Francisco. Blue, très épris de sa belle, fait tout pour ne pas la perdre et la rejoint à Frisco ; il veut repartir à zéro et essaie de la persuader de revenir à L.A. Peine perdue, le couple explose.

David blue ronee blackley

« Il avait un beau visage. De superbes yeux bleus. David était un poète romantique original, cynique, mais avec un cœur vulnérable. Il connaissait tout le monde et était à Greenwich depuis le début, mais il n'a jamais atteint la plénitude de son talent et le degré de succès qu'il méritait incontestablement. Je ne comprends pas vraiment pourquoi... » (Ronee Blakley)

Dans les bons papiers d'Eagles.

Les deux opus enregistrés durant cette période troublée, Me, S. David Cohen (1969/Reprise) et l'excellent Stories (1972/Asylum) traduisent la situation personnelle de l'artiste. Malgré une bonne réception auprès des critiques, ce dernier ne se vend pas plus que ses prédécesseurs.

Pour les besoins de Nice Baby And The Angel (1973/Asylum), David Blue s'entoure d'une cohorte de musiciens chevronnés et populaires comme Graham Nash (qui produit le disque), Dave Mason, David Lindley, Bob Rafkin, John Barbata, Chris Ethridge, Glenn Frey. Du beau linge, en effet.

L'album renforce un peu plus la crédibilité de son auteur qui, pour l'album Com'n Back For More (Asylum/1975), septième du nom, fait appel à Don Felder en remplacement de David Lindley, engagé dans une tournée avec Crosby & Nash, et ce, juste avant que le natif de Gainesville ne rejoigne Eagles, aidé en cela par Blue.

Très proche des californiens pour être leur voisin de palier chez Asylum, David Blue voit son titre Outlaw Man figurer sur Desperado (2ème LP des Eagles). Maigre reconnaissance pour un artiste adoubé par les siens mais passé sous le radar commercialement, malgré le talent ainsi qu'une application à toujours se remettre en question et à donner le meilleur de lui-même.

Cupid's Arrow (1976/Asylum) clôt sa discographie, sans changer quoi que ce soit au désintérêt que lui témoigne le public. Le milieu de l'industrie du disque lui referme alors progressivement les portes. Il s'éteint un jour de décembre 1982 sans que sa disparition n'émeuve beaucoup de gens.

Quelques maigres lignes dans les presses rappelaient tout juste son implication dans la scène de Greenwich... A 41 ans, il part alors sans jamais être devenu la star qu'il rêvait d'être, bien qu'ayant été un acteur séminal du folk revival et de la place new yorkaise (RAZOR©2020).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 1 - 1966

 

David blue lp 1966

 

DAVID BLUE

DAVID BLUE – 1966  4/5

 

Publié en 1966.

Produit par Arthur Gorson.

Durée:43:57.

Label:Elektra Records.

Genre:folk.

 

Il voulait être Dylan.

 

David Cohen voulait être Bob Dylan et son premier album personnel, David Blue, publié en 1966, ne trompe personne ; il a, en effet, tous les ingrédients qui montrent que celui-ci vouait un culte au Zim.

Les influences folk-rock, induites par le coup de sang de Dylan à Newport qui, prenant à revers ses fans de la première heure, passe sans transition de l'acoustique à l'électrique, sont là.

Un style vocal, à cheval entre parlé et chanté, un songwriting imagé et aussi surréaliste que celui de son modèle, des musiciens (Harvey Brooks, Paul Harris et Herbert Lovelle) très impliqués dans la maison Dylan, une proximité quotidienne avec le barde dont il a les mêmes racines, il n'en fallait pas plus pour que David Blue se confonde ici avec son maître et ami, d'autant qu'il reprend à son compte le look cheveux bouclés de son idole. En même temps, à trop vouloir faire comme lui, il se tire une balle dans le pied pour la suite de sa carrière.

Le disque qui dévoile pour la première fois le parallèle avec Dylan n'en demeure pas moins un album de très grande qualité et surtout très cohérent.

Publié en août 1966, quand Dylan est alors immobilisé chez lui suite à son accident de moto, l'album, se situe dans la lignée des Highway 61 Revisited et de Blonde On Blonde de Bob.

Convaincant, il vaut principalement par ses belles pièces que sont So Easy She Goes By, Midnight Through Morning, Grand Hotel, The Street. David Blue le Lp se situe dans le moule du folk-rock du milieu des 60's qui a pris naissance du côté de Greenwich. Très agréable, il permet de passer un excellent moment (RAZOR©).

 

1. The Gasman Won't Buy Your Love.

2. About My Love.

3. So Easy She Goes By.

4. If Your Monkey Can't Get It.

5. Midnight Through Morning.

6. It Ain't The Rain That Sweeps The Highway Clean.

7. Arcade Love Machine.

8. Grand Hotel.

9. Justine.

10. I'd Like To Know.

11. The Street.

12. It Tastes Like Candy.
 

David Blue:chant,guitare acoustique,guitare électrique.

Monte Dunn:guitare électrique,guitare acoustique.

Paul Harris:piano,piano électrique,orgue,célesta.

Harvey Brooks:basse.

Herbert Lovelle,Buddy Saltzman:batterie.

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