Doc Watson.

BIOGRAPHIE.

 

DOC WATSON/Deep Gap (Caroline du Nord-USA)

 

Doc watson 1

 

Né Arthur Lane Watson le 3 mars 1923 à Deep Gap, mort le 29 mai 2012 à Winston-Salem (Caroline du Nord).

Actif entre 1953 et 2012.

Labels:Folkways Records,Vanguard Records, United Artists Records, Flying Fish, Sugar Hill Records.

Genre:bluegrass,country,folk,blues,gospel.

Site:www.docsguitar.com


Doc watson : porte-étendard de la mouvance folk.

Arthel Watson, les anciens vous le confirmeront, a compté parmi les folksingers les plus célèbres des années 60. Grâce à un exceptionnel jeu de guitare tant en fingerpicking qu'en flatpicking, celui que l'on surnomme Doc en référence au personnage de Conan Doyle, est devenu un porte-étendard de la mouvance folk, un mentor influant sur des générations de guitaristes folk, rock, country et bluegrass.

A l'origine, rien ne laisse présager que ce chanteur-guitariste non-voyant de naissance, retiré dans les Blue Ridge Mountains, par ailleurs excellent banjoïste et harmoniciste, va autant peser sur le genre et sur l'Americana en général. Incontournable dès lors qu'un festival est organisé, Doc Watson attire l'attention sur lui quand, dans un folk qui se renouvelle, il vient déposer une touche d'authenticité dans un mouvement sclérosé par les chansons contestataires ou politiques et les airs traditionnels un peu désuets.

Découvert en 1960 par Ralph Rinzler, à un âge où certains artistes ont déjà remisé l'instrument au grenier, lui va être porté par la vague folk revival et se poser comme une des figures les plus aimées du genre. En très peu de temps, dans les cœurs américains, il devient l'égal des Merle Travis, des Bill Monroe, Earl Scruggs. Autrement dit une icône.

Précoce dans la musique.

Né aveugle suite à une infection oculaire, Arthel Watson, sixième d'une fratrie de neuf gosses, grandit en baignant dans la musique grâce à des parents impliqués dans la chorale de l'église locale. Entre la maman Annie berçant ses jeunes enfants sur des airs de la Carter Family, qui lui apprend Omie Wise, ballade traditionnelle américaine, et le père, Dixon Watson, joueur de banjo et grand amateur des 78 Tours de Jimmie Rodgers, une des premières stars de la country, des Delmore Brothers, de Riley Pickett, le petit Arthel bascule précocement dans la musique.

Doc watson 2Doc Watson, porte-étendard de la mouvance folk.

Doc watson banjoUn banjoïste confirmé.

Doc watson ralph rinzlerRalph Rinzler, le musicologue qui a tout déclenché.

Doc watson merle watsonDoc et son fils Merle avec lequel il partage 20 LP.

Doc watson richard watsonDoc et Richard, fils de Merle.

Dès l'âge de 5 ans, l'enfant Watson joue du banjo et de l'harmonica. Son père lui fabrique son premier banjo à 11 ans avec une peau de chat crevé et l'encourage à aller au-delà de son handicap en le faisant travailler dans la ferme familiale.

Arthel se fend progressivement d'un petit coup de cœur pour la guitare ; il en joue plutôt bien et son père l'exhorte à maîtriser parfaitement l'instrument au motif que cet apprentissage lui permettra, plus tard, de parcourir le monde. Il lui achète sa propre gratte et lui enseigne lui-même, après ses dures journées à la ferme, une série de chansons. La guitare lui ouvre alors grand les portes ; il va en faire son métier.

A 18 ans, il intègre une formation évoluant régulièrement dans le cadre d'une émission radiophonique dans la périphérie de Lenoir, en Caroline du Nord. Il passe semi-professionnel. Un soir, alors que le groupe se produit en duplex depuis un magasin de meubles local, il hérite de son surnom de Doc watson, patronyme aujourd'hui synonyme d'une véritable institution chez l'Oncle Sam.

En épousant en 1947, Rosa Lee Carlton, de 8 ans sa cadette, Doc, par l'entremise de Gaither Carlton, violoniste, se constitue un solide répertoire de chansons traditionnelles avec lequel il part gagner sa vie au coin de la rue. Pas suffisant toutefois pour en vivre décemment, aussi le nord-carolinien double son activité musicale d'un emploi d'accordeur de piano. Il passe également l'essentiel des 50's à fréquenter des groupes de bal et de rockabilly, où il occupe la guitare électrique.

La rencontre décisive avec Clarence Tom Ashley.

A l'aube des 60's, alors que la musique folk bat son plein, Watson fait équipe avec le joueur de banjo Clarence Tom Ashley et ce partenariat va s'avérer crucial pour le lancement de sa carrière. Ashley est un musicien chevronné dont les débuts sur le circuit remontent aux années 1910/1920.

Ce dernier, une sommité dans le métier, est relancé par deux musicologues folk, Ralph Rinzler et Eugene Earle, pour revenir en studio, ce qu'il n'a plus fait depuis 20 ans. Ils facilitent la démarche et Ashley recrute le jeune Watson afin de le seconder à la guitare pour ces sessions d'enregistrement. Son choix donne le jour à la légende Doc Watson qui, entre 60 et 62, enregistre avec son mentor deux albums pour Folkways : Old Time Music To Clarence Ashley Volume 1 et 2.

Rinzler, lui, le va plus le lâcher, à condition qu'il revienne à la guitare acoustique et au banjo, ce que Watson admet de bonne grâce ; avec Rinzler, Watson entre de plain pied dans la vie d'artiste. Celle-ci se matérialise par un premier LP pour Folkways, le truculent The Watson Family, sorti en 1963, l'année de sa première participation au festival folk de Newport. Ce disque qui compile des enregistrements de 1960 à 1963 est un véritable plaidoyer pour la musique américaine et plus particlulièrement pour celles des Appalaches.

L'odeur du bois fumant dans la montagne, le crépitement des feuilles et des brindilles sous le pied, l'atmosphère des soirées rythmées par les chants traditionnels, voilà ce que restitue la musique de Watson, détenteur par ailleurs d'une voix très chaude et personnage charismatique, droit, honnête, humain et vrai.

Grâce à Newport 63.

Sa prestation exceptionnelle à Newport 63 fait de lui un artiste populaire, un invité incontournable des manifestations consacrées au folk.

Cette popularité nouvelle se traduit par un contrat pour le label Vanguard avec lequel il signe une flopée de LP entre 1964 et 1971. C'est sur ce créneau que se situe la grande majorité des très bons albums de Doc, ceux les plus influents : Doc Watson (1964), Treasures Untold (1964), Southbound et Home Again (1966), Ballad From Deep Gap (1967).

Avec son garçon Merle (alors âgé de 15 ans), prénom hérité de son admiration pour Merle Travis, il joue en duo dès 1964 et enregistre une vingtaine d'albums durant les 20 ans que le père et le fils se côtoient entre scène et studio.

Doc watson warren haynes

« Quand vous entendez ce que Doc est capable de faire avec une guitare, ça vous frappe tout droit au cœur et à l'âme. » (Warren Haynes)

 

En 1972, alors que l'engouement pour la musique folk se perd, le binôme apparaît sur le double LP du Nitty Gritty Dirt Band, Will The Circle Be Unbroken, réunion séminale du gratin de l'Americana. La paire est récompensée par des Grammy Awards pour Then And Now (1974), Two Days In November (1975) et Big Sandy/Leather Britches (1980). La mort accidentelle, à 36 ans (en 1985), de Merle met un terme à ce duo.

Grammy, Grammy, Grammy...

Malgré la peine qui l'affecte au plus au degré, Doc Watson se donne la force de continuer. En l'honneur d'Eddy Merle, une semaine après les funérailles, il repart sur la route. Pour lui aussi, Doc contribue en 1988 à l'organisation d'un festival musical à Wilkesboro, le Merlefest et s'implique personnellement pour faire venir à la musique qu'il pratique, les jeunes générations.

Sans son fils, Doc Watson continue à enfiler les récompenses : Grammy pour Riding That Midnight Train (1987), Grammy pour On Praying Ground (1991), Grammy pour Legacy (2003), Grammy pour la meilleure performance instrumentale pour Whiskey Before Breakfast (2007 avec Bryan Sutton).

A partir de 2007, le fils de Merle, Richard Watson l'accompagne sur scène et Doc en est particulièrement fier. Hélas, ce dernier s'éteint en 2015 d'une crise cardiaque, à 49 ans, trois ans après son grand-père (29 mai 2012), un homme extraordinaire, un artiste incomparable qui, s'il n'avait pas eu son handicap, aurait pu devenir mécanicien auto et en être tout autant heureux (RAZOR©).


 

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 1 - 1964

 

Doc watson lp

 

DOC WATSON

DOC WATSON – 1964  5/5


 

Publié en 1964.

Produit par Ralph Winzler.

Durée:35:10.

Label:Vanguard.

Genre:folk,blues,country-blues.

 

Elémentaire, mon cher Watson.

 

J’aurais pu, pour célébrer la mémoire de celui qui nous a quittés fin mai 2012 à l’âge de 89 ans, jeter mon dévolu sur une autre pièce de son riche catalogue, mais c’est finalement sur l’éponyme Doc Watson (en écoute intégrale ici), celui qui apparaît au troisième rang de son répertoire discographique, que je me suis fixé. En fait, il est le premier sous son nom, les deux précédents étant crédités au collectif Watson Family.

Doc Watson, le nom est lâché : gourou emblématique du renouveau du folk, cheville ouvrière du bluegrass qui a suscité notamment les vocations de Tony Rice et de l’inoubliable Clarence White... On pourrait encore édulcorer le tableau. Pour fait simple, Doc, c'est une légende du folk revival.

Enfant aveugle des Appalaches, bercé par les airs de la Carter Family, guitariste évoluant aisément aussi bien en flatpicking, qu'en fingerpicking, banjoïste et harmoniciste, Doc Watson, alias Arthel Lane, est La référence américaine folk par excellence, l’éternel invité des soirées acoustiques autour du feu de camp, telles qu’en vogue dans les années 60/70.

Pas moins de huit grammys sont venus récompenser l’ensemble d’une œuvre enracinée dans le folk, la country music, le bluegrass, le gospel et le blues. Doté d’une formidable dextérité à la guitare, d’une voix de baryton particulièrement chaude et grave, ainsi que d’une forte personnalité, cet incontournable des festivals folk du moment (Newport notamment), naturellement doué, est l’auteur-compositeur-interprète de ballades mémorables, devenues cultes pour certaines (Nashville Blues, Doc’s Guitar, Deep River Blues, Intoxicated Rat, Tom Dooley) et pour les pratiquants de ce style musical.

L’album éponyme retenu date de 1964 ; il est le premier d’une longue collaboration avec l’étiquette Vanguard Records. Varié et simple dans sa conception, authentique, précis, créatif, cet album parle de lui-même quant au côté influent que l'artiste a eu sur des générations entières de folk rock.

Il est aujourd’hui le classique du genre que j’ai choisi d’exhumer à votre attention pour rappeler le grand artiste que fut Doc Watson dont les compétences ont été exploitées dans le cadre du fabuleux album de Nitty Gritty Dirt Band, Will The Circle Be Unbroken de 1972. Les initiés savent de quoi il retourne (RAZOR©).

 

1. Nashville Blues.

2. Sitting on Top of the World.

3. Intoxicated Rat.

4. Country Blues.

5. Talk About Suffering.

6. Born About Six Thousand Years Ago.

7. Black Mountain Rag.

8. Omie Wise.

9. Georgie Buck.

10. Doc's Guitar.

11. Deep River Blues.

12. St. James Hospital.

13. Tom Dooley.

 

Doc Watson:guitare,banjo,harmonica,chant.

John Herald:deuxième guitare sur 1 et 7.

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