Dr. Strangely Strange.

BIOGRAPHIE.

 

DR STRANGELY STRANGE/Dublin (Irlande)

 

Dr strangely strange intro

 

Actif entre 1967 et 1971, de 1976 au début des 80's,depuis 2007.

Labels:Island,Vertigo,Hux,Hannibal,Witchseason.

Genre:pop folk,folk-rock,folk progressive,folk psychédélique,underground,expérimental.

 

Digne représentant de la folk des 60's.

Bien que moins populaire que l'Incredible String Band pour l’œuvre duquel il avait les yeux de Chimène, que Steeleye Span ou Fotheringay, Dr Strangely Strange n'en a pas moins été un acteur important de la scène folk expérimentale et progressive de la fin des 60's. Pas un leader dont on cite spontanément le nom, mais un très digne représentant plutôt.

Dr stangely strange 1969Digne représentant de la folk des 60's...

Dr strangely strange 2bDr Strangely Strange a été très actif sur la scène de Dublin.

Dr strangely strange heavy petting2 LP dont Heavy Petting (1970).

Ensemble dublinois fondé en 1967, le trio constitué de Tom Booth, Ivan Pawle et Brian Trench (puis Tim Goulding) s'est montré très actif et influent sur la scène britannique, irlandaise notamment.

En prenant ses quartiers dans une aile de l'ancien orphelinat (The Orphanage) de la périphérie de Dublin (Mount Street Lower) et en permettant à tous les musiciens de la région de squatter chez eux, les trois compères font de l'endroit, sans le vouloir, le point de rendez-vous des artistes en herbe du crû et favorisent ainsi l'émergence d'une nouvelle génération de folk/rock irlandais.

L'anglo-irlandais Phil Lynott et Gary Moore, débarqué de Belfast, y passeront les premières heures qui mènent à Thin Lizzy.

Ils y côtoient alors Frank Murray et Paul Scully qui vont respectivement devenir, dans les 80's, le manager pour l'un, l'ingénieur du son, pour l'autre, des Pogues.

Des débuts difficiles...

Tim Booth est, en quelque sorte, celui par lequel tout arrive. Guitariste talentueux et original, il est fait appel à lui, en 1967, pour animer une soirée de bienvenue pour les étudiants du Trinity College.

Ce dernier sollicite alors son ami bassiste Ivan Pawle avec lequel ils improvisent un set de quelques titres repris aux répertoires de Bobbie Gentry (Ode To Billie Joe), de Jimi Hendrix (Hey Joe, Wild Thing), de Bob Dylan et des New Lost City Ramblers.

Cette animation réussie convainc le duo de prolonger l'expérience ; dans cette optique, ils se rapprochent du claviériste Brian Trench et commencent à répéter quelques compositions originales et à travailler sérieusement leurs harmonies vocales.

Quand Trench passe la main, Tim Goulding s'invite au milieu de l'année 1968. Il a son propre harmonium et c'est par sa relation intime avec la locatrice de la bâtisse de l'orphelinat que ce petit monde s'y installe.

Plus acoustique qu'électrique, les débuts du trio s’avèrent difficiles, leur musique, plus à écouter que propice à danser, ne passant pas du tout auprès d'un public essentiellement issu des clubs folkloriques de Dublin et de ses environs.

Tim Booth, le déclencheur.

Tim Booth, natif du comté de Kildare en 1943, à proximité de Dublin, a alors une double casquette. Outre la musique qu'il a apprise en commençant par le piano puis par la guitare, sa seconde passion est la peinture.

Booth a une formation en Arts et expose déjà ses toiles. Passé par le groupe scolaire des Romans, cet admirateur de Dylan est depuis devenu un illustrateur et auteur de BD.

Ivan Pawle est anglais. Il a grandi dans une ferme du Suffolk et fait sa formation musicale sur le piano à queue familial, avant de se retrouver à la tête de The Virtues, le groupe de son école.

Il pratique aussi bien la basse que les claviers, la guitare, la mandoline, la flûte ou le violon. Ses premières influences ont été le skiffle, Buddy Holly, Bob Dylan mais ce sont les écossais de l'Incredible String Band qui le sensibilisent le plus.

Né à Hatch Street (1945), Tim Goulding, du comté de Wicklow, est multi-instrumentiste et artiste-peintre. Ses premiers pas avec la musique (le violoncelle) se font dès 7 ans, quand il est à l'internat en Angleterre. Il complète sa formation avec le piano cinq ans plus tard.

Il est aussi très épris de la formation écossaise mais le LSD est également l'autre influence. C'est lui qui introduit Carole Linus Greville, chanteuse-percussionniste, laquelle pointe deux fois dans le groupe entre 1968 et 1969.

Celle-ci fait partie (et Jay Myrdal) du line-up réuni autour du trio Goulding/Booth/Pawle pour les besoins du premier album de Dr Strangely Strange. Avant d'en arriver là, encore faut-il convaincre une maison de disques de le réaliser.

Dr strangely strange ivan pawle portrait

« Nous avons joué dans des clubs folkloriques plutôt que ceux beat parce que nous étions acoustiques plutôt qu'électriques et que notre répertoire ne contienne que des morceaux folkloriques. C'était de la musique à écouter vautrés par terre plutôt que de la musique pour danser. (Ivan Pawle).

 

Un premier LP qui n'imprime pas.

L'américain Joe Boyd débloque la situation. Producteur de l'Incredible String Band, il est sollicité, au printemps 1968, pour assister à un concert de Dr Strangely Strange, à Carlow, en ouverture du Skid Row de Gary Moore et Phil Lynott.

L'audition laisse Boyd sceptique, bien qu'il pressente un potentiel à cette formation. Il lui donne toutefois sa chance en l'invitant à Londres, au motif d'enregistrer quelques titres (janvier 1969).

En découle l'album Kip Of The Serenes, réalisé via la société Witchseason Productions de Boyd et dont les droits sont revendus à Island Records, label de Fairport Convention. Le disque ne marque pas les esprits, aussi la maison de disques ne les retient pas.

Dr Strangely Strange, nommé d'après le héros de Marvel, est repêché par Vertigo, filiale de Phonogram, bien que peu intéressé par les artistes de folk underground.

Dave Mattacks, Gary Moore et Roger Dean...

Autour du quintet de l'album précédent, la formation irlandaise signe un second LP, l'électrique Heavy Petting (1970). Pour la circonstance, l'effectif contribuant à ce disque à la pochette à rabats magnifique signée Roger Dean (Yes), recense pas moins d'une douzaine d'invités.

Parmi les plus représentatifs, Dave Mattacks, batteur de Fairport Convention et le guitariste Gary Moore. Dr Strangely Strange perd son identité et part en sucette, au point de voir Tim Goulding, lassé de cette vie, le quitter (début 71) pour la spiritualité bouddhiste et de pousser Caroline Greville vers la sortie. Heavy Petting est aujourd'hui essentiellement un disque de collectionneurs.

La perte de Goulding est un choc pour les membres restants. Le groupe tente de se relancer dans une tournée (Pays-Bas, Danemark, France, Belgique) avec les frères Gay et Terry Woods. Le batteur Neil Hopwood est recruté à sa place, des dates étant déjà engagées.

Après avoir donné un ultime concert en ouverture d'Al Stewart, le groupe se sépare une première fois en 1971 (il fera un retour furtif en 73), sans avoir vraiment pu vivre de sa musique, malgré le soutien de John Peel et des critiques souvent élogieuses du milieu folk/rock progressive britannique (RAZOR©2020).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 1 - 1969

 

Dr strangely strange kip of the serenes 69

 

DR. STRANGELY STRANGE

KIP OF THE SERENES – 1969  3,5/5

 

Publié en 1969.

Produit par Joe Boyd.

Durée:49:21.

Label:Island Records.

Genre:folk,folk psychédélique,folk progressive.

 

Dans le patrimoine gaélique.

 

Les étudiants irlandais (Trinity College de Dublin) du Dr. Strangely Strange nouaient une relation d’amitié si rapprochée avec les membres d’Incredible String Band qu’aux premières notes de Kip Of The Serenes (1969), il apparaît évident, comme le nez au milieu de la figure, que ces derniers sont également leur influence artistique dominante.

Créé en 1967 autour de Tim Booth (chant et guitare) et d’Ivan Pawle (chant, basse et claviers), le duo folklorique s’étoffe avec l’arrivée de Tim Goulding (chant et claviers) et de Caroline « Linus » Greville (chant et percussions), auxquels il faut adjoindre « Orphan Annie Mohan », choriste qui héberge tout ce joli monde.

Pratiquant un folk freak expérimental qui peine à trouver preneur auprès de la masse (Kip Of The Serenes – Island Records en 1969), Dr. Strangely Strange s’ouvre plus au rock dans un deuxième et ultime LP, Heavy Petting (1970).

Malgré l’apport ponctuel de Gary Moore, alors guitariste de Thin Lizzy, il connaît une destinée commerciale similaire à son prédécesseur. Ces échecs amènent Dr. Strangely Strange à déposer les armes en 1971.

Depuis, cette formation injustement étiquetée alors comme étant une pâle copie d’ISB, a retrouvé des couleurs, au point d’être encore dans le coup aujourd’hui autour de son trio fondateur et de drainer dans son sillage une belle cohorte de Strangelies.

Dr. Strangely Strange attire pourtant très tôt l’attention de Joe Boyd, producteur d’ISB, alors très friand de ce type de formations et artistes acoustiques.

Pour mémoire, outre Incredible String Band, ce dernier a lancé les carrières de Fairport Convention et de Nick Drake, produit le premier album de Vashti Bunyan, l’exceptionnel Just Another Diamond Day de 1970 (voir ma chronique)…

Il ne faut pas être grand clerc pour deviner les raisons de la présence de Boyd derrière Dr. Strangely Strange. En dépit de l’insuccès avéré à sa publication, leur maigre catalogue bénéficie d’un regain d’intérêt dans le nouveau siècle.

Pour en revenir à Kip Of The Serenes, son ambiance étrange et spontanée rappelle les soirées hippies improvisées autour d’un feu de camp, où seul le plaisir de jouer compte.

Des guitares sèches, une flûte à bec, un harmonium, un sifflet, un violon, une mandoline, quelques percussions, des harmonies de voix suffisent à entretenir une délicieuse atmosphère psychédélique à minima comme celle de cet album qui ouvre avec un surprenant Strangely Strange But Oddly Normal dont les multiples rebondissements réfèrent incontestablement à ISB.

Donnybrook Fair et ses huit minutes et des, Strings In The Earth And Air, Dark-Haired Lady (et sa petite touche jazzy), l’accrocheur Dr. Dim & Dr. Strange, le folklorique Ship Of Fools, A Tale Of Two Orphanages, le zarbi On The West Cork Hack continuent à explorer avec délicatesse cet acid folk un peu tortueux parfois, mais jamais inintéressant, ni redondant.

Autour de mélodies d’une grande simplicité et dans une démarche assez simpliste, ces artistes semblent prendre leur panard. Jamais ennuyeux, j’adhère totalement.

 

1. Strangely Strange But Oddly Normal.

2. Dr. Dim & Dr. Strange.

3. Roy Rogers.

4. Dark-Haired Lady.

5. On the West Cork Hack.

6. A Tale of Two Orphanages.

7. Strings in the Earth and Air.

8. Ship of Fools.

9. Frosty Mornings.

10. Donnybrook Fair.

 

Ivan Pawle:basse,chant.

Jim Booth:guitare,chant.

Tim Goulding:claviers,chant.

Caroline “Linus” Greville:percussions,chant.

1 vote. Moyenne 5.00 sur 5.