F.J. McMahon.

BIOGRAPHIE.

 

F.J. MCMAHON/Santa Barbara (Californie)

 

F j mcmahon

 

Actif 1968/1975

Genre:folk,folk-rock,psych folk.

Songwriter,chanteur,musicien.

Label:Eye Of Tiger,Accent.

 

Sorti d’on-ne sait-où.

F.J. McMahon était un artiste extrêmement doué comme le rappelle l’écriture et l’interprétation du seul album qu’il ait bien daigné laisser au rock, histoire de faire naître d’éternels regrets de ne pas accoler une suite à Spirit Of The Golden Juice (1969), une petite gâterie psych folk, folk-rock moissonnée lors d’un séjour contraint en Asie du Sud et au Vietnam notamment, alors qu’il servait dans l’U.S. Air Force.

Cette délicatesse d’hier, passée sous le nez des anciens, est aujourd’hui culte pour la nouvelle génération folk chevillée à Internet. Spirit Of The Golden Juice, habillé d’une noble profondeur émotionnelle, hélas découverte pour beaucoup sur le tard, a donc son public au troisième millénaire.

Fjmcmahon

Dans l’esprit des Clark, Hardin, Neil...

Ce seul document depuis exhumé des entrailles du rock des 60’s et ressuscité par les dénicheurs du web parvenus à remonter jusqu’à lui (Rev-Ola), ne s’accompagne pas de beaucoup d’informations sur son talentueux auteur. Cependant, ce que l’on sait, on le sait.

Originaire de Santa Barbara, F.J. McMahon, F comme Fred, se situe dans l’esprit des Fred Neil, des Tim Hardin, des Gene Clark, des Townes Van Zandt.

Il grandit dans un univers musical orienté surtout vers le rock de la fin des années 50 et ses héros sont Duane Eddy, guitariste au jeu fortement réverbéré, Hoyt Axton au style truculent et à la voix puissante, le légendaire guitariste ténnesséen Scotty Moore.

F j mcmahon spirit

« Spirit Of The Golden Juice ne répond pas à un processus de réalisation particulier. Ses puissantes chansons contestataires ne sont que des réactions épidermiques à ce qui se passait dans l’Amérique d’alors. La guerre, l’injustice sociale, les mensonges d’Etat ; les choses n’ont pas beaucoup changé depuis » (FJ McMahon)

 

L’impact du Vietnam.

Son environnement du moment baigne également dans la surf music instrumentale des Ventures et de Dick Dale, le pionnier du genre. Fortement influencé par ses modèles d’alors, puis par les acteurs du folk revival et les Beatles, F.J. McMahon, qui a commencé la guitare en 1958, intègre les Cordels (1961), groupe de surf qu’il quitte en 1963 pour les Golden Guitars avant d’intégrer les Checkmates.

En 1965, le devoir l’appelle. La guerre du Vietnam le retient quelque temps en Asie, période au cours de laquelle le jeune homme, non content de contracter une hépatite à son retour, vit des expériences terribles qui vont alimenter son unique disque. L’impact du conflit brise l’homme mais nourrit l’artiste. Fred en ressort remonté comme un coucou suisse et fervent militant au service de la cause antimilitariste.

Spirit Of The Golden Juice : dans l’esprit actuel.

Ces épreuves douloureuses sont consignées dans Spirit Of The Golden Juice au nom hérité d’un bourbon circulant pendant la guerre. L’écriture contestataire qui en émerge est d’une grande simplicité, mais aussi d’une force considérable. Il n’est pas étonnant que, dans le contexte conflictuel actuel, les paroles de McMahon agissent sur les jeunes générations. Elles n’ont peut-être jamais été aussi contemporaines. La guerre, l’injustice sociale, les promesses non tenues, les turpitudes du monde dirigeant, finalement rien n’a changé ; Spirit Of The Golden Juice est bien dans l’esprit de notre temps.

En revenant à Santa Barbara, McMahon réalise cet album pour lequel Tigereye Productions, un petit label local, investit dans l’enregistrement et l’impression, mais c’est Accent Records qui le publie. Le californien y signe les parties de guitare, chante les textes qu’il signe intégralement ici. Il exploite les années suivant la publication de son œuvre à porter ses chansons auprès d’un public régional, cantonné essentiellement dans les bars, les salles de bal sans jamais vendre un seul de ses disques. Sa galère dans la musique dure 8 ans. Aujourd’hui, McMahon est un ingénieur en informatique et électronique à la retraite (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio unique - 1969

 

F j mcmahon spirit

 

F.J MCMAHON

SPIRIT OF THE GOLDEN JUICE – 1969  4/5

 

Publié en 1969.

Produit par F.J. McMahon,Scott Seely.

Durée:28 :08.

Label:Tigereye,Accent,Rev-Ola.

Genre:psych folk,folk,folk-rock.

 

Album exutoire. 

 

C’est le hasard qui m’a confronté à cet artiste et à son seul fait d’armes. Le web a ceci de génial qu’il permet d’accéder à des œuvres et des artistes jusqu’alors inaccessibles. Certains, comme Rev-Ola, se sont fait les spécialistes de l’exhumation de disques inédits, rares ou produits en quantité négligeable.

Parfois sont déterrés de véritables trésors ; c’est rare. Généralement quand un disque était bon, l’info circulait suffisamment bien pour remonter jusqu’à qui de droit. Les seules barrières étaient les frontières et l’éloignement ; sur ce plan, la France était un peu le parent pauvre et ses régions mal desservies. Il fallait en passer par l’import et n’était importé que le plus croustillant, le plus susceptible de rapporter.

Le plus souvent, ces démarches de réhabilitation louables portent sur des disques dont l’originalité seule suscite la curiosité, sur des travaux venus trop tôt ou trop tard dans la carrière d’un artiste, sur des œuvres ou des auteurs manquant de moyens pour briller et qui ont préféré renoncer, sur des genres marginalisés, écartés et qui retrouvent des couleurs aujourd’hui. Les années 60 et 70 sont, en ce sens, un vivier inépuisable pour y dénicher ce que d’aucuns appellent la perle rare.

F.J. McMahon est un produit de ce défrichage en règle du catalogue des oubliés et des laissés-pour-compte du rock. J’ignorais tout de cet artiste, jusqu’à son existence.     

En me rancardant un peu, je sais maintenant qu’il est originaire de Santa Barbara, la Riviera américaine, qu’il a gratouillé dans des petits clubs locaux entre Los Angeles et San Francisco dans la seconde partie des sixties, du temps où il était sous les drapeaux à Hamilton, dans l’Armée de l’Air (1965) et avant d’être affecté pour aller défendre la patrie de l’Oncle Sam au Vietnam en 1967.

C’est en Asie qu’il se nourrit de l’expérience servant de trame à l’album Spirit Of The Golden Juice (en écoute intégrale ici) sorti en 1969, que j’ai découvert sur le site ricain d’un dingo de cette période et resté la seule et belle trace d’un passage très furtif dans la musique d’un mec qui s’est vite rangé des bagnoles, via la filière classique (job stable, mamours et mariage et chiares) et qui n’en est plus sorti.

Ce type de folk/psych est alors l’apanage de pointures comme Tim Hardin, Fred Neil ou autre Vince Martin auxquels il est, un peu hâtivement, souvent assimilé. Evoquer un rapprochement, fut-il toutes proportions gardées, avec ces références du genre, situe malgré tout, et l’ambiance particulièrement mélancolique (folk/pop/blues/country/psych) et le niveau supposé qui siéent à Spirit Of The Golden Juice. La vérité se situe quelque part entre ces éléments.

Spirit Of The Golden Juice (le nom du bourbon ingurgité à l’époque au Vietnam), sorte d’exutoire, est un très bon LP, je confirme.  Introspectif, authentique, inspiré par le sort d’un vétéran revenu brisé et déprimé de la terre jaune, d’un homme fatigué, seul, ce disque est doté d’une production réduite à son expression la plus simple : une guitare acoustique et rustique qui revient en boucle, une batterie minimaliste, une basse discrète et une voix rocailleuse de baryton

L’ombre de la guerre et ses séquelles plane sur cette œuvre au lyrisme empreint d’une belle poésie mais pas dans la lignée des écritures contestataires du moment, aux mélodies accaparantes, musicalement hypnotique à tendance parfois paresseuse et souvent linéaire (je n’ai pas dit monotone) donnant l’impression que ces chansons nostalgiques se ressemblent comme deux gouttes d’eau. Sensation seulement, l’ensemble est très cohérent et très intéressant. Cet artiste a des tas de choses à dire. Le moment de tendre l’oreille est venu. La chanson-titre, Early Blue, Black Night Woman ou Five Year Kansas Blues, c’est de la très bonne chanson et ça aurait mérité un meilleur sort (RAZOR©).

 

1. Sister Brother.

2. The Road Back Home.

3. Early Blue.

4. Black Night Woman.

5. One Alone Togethe.

6. Five Year Kansas Blues.

7. Enough It Is Done.

8. The Learned Man.

9. The Spirit of the Golden Juice.

 

Junior Nickles:batterie.

Jon Uzonyi (Pice Pipe):basse.

F.J. McMahon:guitares,chant.

Scott Seeley :claviers sur 3.

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