Graham Bond.

BIOGRAPHIE.

 

GRAHAM BOND/Londres (Angleterre)

 

Graham bond 4

 

Né Graham John Clifton Bond,le 28 novembre 1937 à Romford,mort par suicide le 8 mai 1974 à Londres.

Actif entre 1960 et 1974.

Label:Decca.

Genre:rythme & blues,blues,blues-rock,jazz,jazz-rock.

 

Pas le plus illustre des Bond, mais...

Dans la famille des Bond, il n'est pas le plus illustre ; le téméraire James lui vole la vedette sans discussion. Néanmoins, dans le cénacle du blues ou de la musique rock plus globalement, quand vous évoquez le nom de Graham Bond, tous les avis convergent vers le rôle important que ce contributeur et acteur a joué dans la construction et dans la propagation du british-blues dans les années 60.

Si les 6 specimen ayant revêtu le costume de son homologue espion ont toujours échappé à toutes les morts aux quatre coins de la planète depuis 1962, le bluesman anglais, alors dans une situation personnelle trouble et malaisée a décidé de la sienne : chez lui, à Finsbury Park Station, sur les rails et sous le train de la ligne Piccadilly Line.

Mort à 37 ans, Graham Bond, figure tutellaire du blues boom, avec John Mayall et Alexis Korner, est l'initiateur de quelques itinéraires musicaux prestigieux comme ceux des futurs Cream Jack Bruce et Ginger Baker. Le natif de Romford est également un expérimentateur précoce, ayant introduit le Mellotron auprès du public britannique, ainsi qu'un des premiers utilisateurs de l'Hammond sur scène.

Graham bond 1

Graham bond 3

Graham bond organisation

Graham bond organisation 3

Grâce à Alexis Korner.

Malheureusement, celui qui fut repéré par Alexis Korner, n'a jamais réellement fait décoller sa carrière, passant son temps à gaspiller son talent, malgré une musique respectueusement classée comme bruyante, hypnotique et névrotique : la faute à de graves problèmes d'origine psychologique, aggravée par une ingestion abusive d'alcools et de drogues dures et des mauvais choix professionnels ou artistiques ; pire, à des écarts sexuels horribles l'ayant mené à agresser des jeunes filles, y compris celle de sa dernière épouse.

Dès sa venue au monde en octobre 1937, Graham John Clifton Bond, enfant adopté, souffre de problèmes d'asthme qui vont se révéler chroniques et affecter sa capacité respiratoire.

Initié très tôt et jusqu'à ses 14 ans au piano, de formation plutôt classique, le jeune Bond intègre l'orchestre de l'école qu'il fréquente, étend ses aptitudes instrumentales aux hautbois et violoncelle.

Au début des années 50, son intérêt pour le Dixieland, l'amène à partager d'abord une première expérience de groupe avec des potes de l'école, The Modern Aires (1953), avant qu'il ne fonde, en 1954 et avec le batteur Terry Lovelock et le pianiste Colin Wild, le Terry Graham Trio, au sein duquel il occupe le poste de saxophoniste pour juguler enfin le mal qui jusque là l'a affaibli.

Le trio évolue en quatuor, dès 1956, avec l'arrivée du bassiste Bob Veale (Terry Graham Quartet).

Très actif sur la scène jazz-blues.

A partir de là, Bond commence à être de plus en plus présent et partout sur la scène jazz londonienne ; son jazz, jugé un peu trop avant-gardiste, ne lui permet pas de décrocher les contrats qu'il espère, aussi travaille-t-il parallèlement comme commercial et vend des frigos pour limiter la casse financière.

Il répond même favorablement à un engagement en qualité de pianiste de bar, sur l'île de Majorque (1957) avant de revenir dans sa ville anglaise de prédilection, un an plus tard. Il reprend alors sa place dans le Terry Graham Quartet.

Le début des années 60 marque sa rencontre (importante) avec le saxophoniste Dick Heckstall-Smith, déjà un vieux de la vieille pour Bond, malgré leurs trois ans de différence.

A la même période, il prend pour épouse Diane Eton, une modeste pianiste, avant d'intégrer les banlieusards londoniens du Goudie Charles Quintet où, pendant une année, il prend à son compte le saxophone alto.

En 1961, Bond se retrouve dans le Don Rendell Quartet (puis Quintet), où il retrouve Terry Lovelock, lequel souffle gentiment le nom de son ami à l'oreille de Rendell, lui-même figure notoire et un des pionniers du moderne-jazz british. Le groupe connaît alors un franc succès jusqu'aux Etats-Unis.

L'étape suivante s'appelle John Burch Octet et tient plus du Big Band : auprès de John Burt pointent Graham Bond, Dick Heckstall-Smith, Peter King, Ray Warleigh, Hank Shaw ainsi que, plus occasionnellement, Jack Bruce et Ginger Baker (1962). En intégrant à ce stade de son parcours, comme organiste (Hammond) et suite au départ de Cyril Davis, le Blues Incorporated (dont font partie la future rythmique de Cream et le sax de Colosseum), Bond s'attache les bonnes graces d'un réseau de fidèles habitués à se retrouver sur des jams organisées par Alexis Korner, parmi lesquels les noms précédemment évoqués de Heckstall-Smith, Bruce et Baker.

Le Graham Bond Organisation, son truc bien à lui.

On commence à voir Bond partout ; il en arrive même à jouer simultanément pour Burch, Korner et pour son compte en fondant le Graham Bond Quartet (1963) qui consiste,, en quelque sorte, en un pillage en règle du Blues Incorporated auquel prend part aussi le guitariste John Mc Laughlin et qui va évoluer, la même année, vers le GBO, alias Graham Bond Organisation.

Cette mouture, encore transitoire, dans laquelle McLaughlin ne fait qu'une apparition, devient vraiment le GBO influent et réussi que l'on connaît et ayant inspiré des artistes comme Steve Winwood, Elton Jogn, Rick Wakeman ou Ian Dury, quand le guitariste est remplacé par Heckstall-Smith à la fin de l'été 1963. Le GBO expérimente alors avec une tête à deux saxophones, constat contrebalancé par le fait que Graham Bond double les postes sax alto et orgue Hammond ; GBO reste actif jusqu'en 1968, mais subira d'autres modifications jusqu'à son terme.

Néanmoins le Graham Bond Organisation de l'ère Bond, Bruce, Baker et Heckstall-Smith est le line-up légendaire du groupe, un groupe vu par son leader comme un vrai collectif , sans star et dans lequel chaque acteur est indispensable.

Une passionnante discographie studio réfère à cette remarquable formation  : le superbe The Sound of 65, mélange blues d'originaux et de reprises américaines, situant la percée de la musique étonnante et unique imaginée par le GBO et There's A Bond Between Us, dont le choix du titre s'avère finalement assez malheureux, le lien (Bond dans la langue de Beckam) entre Baker et Bruce se distendant peu après la sortie du disque.

Tous deux sont sortis en 1965, pour Columbia et produits par Robert Stigwood. Un troisième album, le Live At Klooks Kleek de 1964 est, quant à lui, publié bien après (1988), tandis que certains enregistrements sont édités quand les différents acteurs accèdent à la notoriété.

Graham bond pete brown

« J'ai eu l'occasion de voir souvent le Graham Bond Organisation jouer en live et j'ai adoré. Il n'y avait rien de tel. Dans leurs prestations, il y avait beaucoup de l'esprit du jazz, mais avec l'énergie féroce propre au blues et au rock. » (Pete Brown)

Après l'Hammond, le Mellotron.

Après le deuxième LP, l'introduction controversée du Mellotron par Graham Bond, désormais techniquement à la tête d'une sorte de mini-orchestre, ses dérives dans les drogues et alcools ainsi que les tensions entre Baker et Bruce bouleversent le groupe qui doit, dès décembre 1965, essuyer les départs successifs de sa rythmique Bruce et de Baker.

Bruce d'abord, éjecté non sans mal et sous la menace du couteau de Baker, car considérant que ce groupe était aussi le sien. Le Trompettiste nigérien Mike Falana entre alors. Ginger Baker en sort dans la première moitié de l'année 1966, alléché par le projet Cream avec Clapton et...Bruce. Jon Hiseman saute alors dans la brèche, mais le GBO perd en contrepartie Falana à l'automne 1966 et devient trio.

Cahin-cahan, le groupe de Bond poursuit sa route et l'année 1967 le voit prendre une part active sur la scène psychédélique anglaise. Le guitariste de blues John Moorshead (Shotgun Express, Aynsley Dunbar Retaliation) y fait alors une courte pige durant l'été 1967. Toutefois, la formation tend de plus en plus à se liquéfier et le départ de Hiseman pour Georgie Fame & The Fames, avant de rejoindre les Bluesbreakers, puis Colosseum, ainsi que celui de Heckstall-Smith pour le même Colosseum, scellent la fin du BGO, miné par les drogues et les dettes.

Un final en queue de poisson.

Le guitariste Ray Russell et le batteur Alan Rushton offrent bien une solution de repli pour le GBO ou plutôt de ce qu'il en reste, mais elle s'avère trop instable pour espérer qu'elle soit crédible. Malgré le talent et l'originalité de Bond, le public finit par s'en détourner ; Bond tombe progressivement dans l'oubli.

Fin 1969, Ginger Baker, revenu de ses légendaires implications dans Cream et Blind Faith, fonde le Ginger Baker Airforce. Graham Bond en est occasionnellement, continuant parallèlement à travailler seul, à enregistrer des chansons jusqu'à ce qu'il ne s'envole pour les Etats-Unis où il collabore aux projets discographiques de Harvey Mandel (Cristo Redentor/68) ou de Dr John (The Sun, Moon & Herbs/71) et coopère également avec Hendrix, l'Airplane ou le Dead.

A son retour en Angleterre, Graham Bond prend pour femme la chanteuse Diane Stewart et tente de réactiver un GBO complètement désagrégé ; cette relance passe par le Graham Bond Initiation dans lequel il implique sa nouvelle épouse, mais rien ne redémarre vraiment et sa carrière devient de plus en plus confuse et erratique entre une collaboration avec Pete Brown (Two Heads Are Better Than One/1972) et des formations qui se font et se défont aussitôt (Holy Magick/71, Magus/73), le tout sur fond de drogue, de dettes, de prison et de placement en milieu psychiatrique (1973).

Début 1974, Graham Bond est alors au plus bas, moralement, financièrement. Son comportement est de plus en plus trouble. En dépit d'une rémission au printemps de cette année 74, il est retrouvé mort en gare de Finsbury le 8 mai. La scène musicale britannique perd du même coup un de ses piliers les plus influents, un de ses acteurs les plus originaux et novateurs. L'héritage qu'il lui a laissé est inestimable (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE GRAHAM BOND ORGANISATION 60'S.

LP Studio 1 - 1965

 

Graham bond organization the sound of 65

 

THE GRAHAM BOND ORGANIZATION

THE SOUND OF 1965 – 1965  4,5/5

 

Publié en mars 1965.

Produit par Robert Stigwood.

Durée:34:17.

Label:Columbia.

Genre:jazz,blues,rhythm & blues.

 

Album influent.

 

Sans le British Blues Boom, le blues ne serait pas ce qu'il est. Grâce à ses précurseurs blancs comme John Mayall, Alexis Korner, Cyril Davis, le blues américain, alors moribond et qui ne passionne plus grand monde, aurait mis la clé sous la porte.

Au rayon des artistes ayant accompagné cette revitalisation du genre, il convient d’associer le nord-londonien Graham (John Clifton) Bond, passé subrepticement par le Blues Incorporated d’Alexis Korner (1962).

Initiateur du Graham Bond Quartet, pour lequel il recrute Ginger Baker et Jack Bruce, les futurs Cream, et que John McLaughlin accompagne un temps (jusqu’en 63), puis fondateur du Graham Bond Organisation avec les mêmes Baker et Bruce, rejoints par le saxophoniste Dick Heckstall-Smith (qui migrera vers Colosseum), Graham Bond est le compositeur principal de la formation et pratique un jazz influencé par le R & B jusqu’en 1966, date du départ de Baker et Bruce pour Cream.

Affecté par des problèmes de drogue, il ne le supporte pas et ferme la boutique GBO (1967), laissant comme seules traces une poignée de singles et deux LP : The Sound Of ’65 et There’s A Bond Between Us chez Columbia.

Après un passage encore acceptable dans l’Air Force de Ginger Baker, un parcours cahotique en solo, quelques sessions à gauche, à droite, son état mental se dégrade (syndrome bipolaire) et ses finances sont au plus mal. Il met alors fin à ses jours en se jetant sous le métro londonien en 1974.

De Graham Bond, pionnier du mellotron et de la structure orgue/basse/saxo/batterie sur le sol anglais, il faut surtout retenir The Sound Of ’65, un des disques les plus intéressants des sixties et dont les jeunes Steve Winwood et Bill Bruford sont les meilleurs clients. C’est dire la haute estime qui leur est accordée.

Doté d’un son puissant et agressif, même s’il n’a pas le côté excitant qui se dégage des disques du contemporain Mayall ou des Stones, rien n’empêche d’aller y pêcher quelques trésors de cette époque comme Time Train (repris plus tard par les Cream), comme Baby Make Love To Me, Early In The Morning, Wade In The Water ou Tammy.

Sans compter que les versions de Hoochie Coochie Man (Willie Dixon) et de Got My Mojo Working sont des plus sympas. Pour ceux que les premières heures du British Blues Boom intéresse, l’influent Sound Of ’65 constitue une belle curiosité. Pour moi, c'est un incontournable de la production discographique anglaise du moment (RAZOR©).

 

Face 1.

1. Hoochie Koochie Man.

2. Baby Make Love to Me.

3. Neighbour, Neighbour.

4. Early in the Morning.

5. Spanish Blues.

6. Oh Baby.

7. Little Girl.

 

Face 2.

8. I Want You.

9. Wade in the Water.

10. Got My Mojo Working.

11. Train Time.

12. Baby Be Good to Me.

13. Half a Man.

14. Tammy.

 

Graham Bond:chant,orgue,saxophone alto.

Jack Bruce:basse,harmonica,chant.

Terry "Ginger" Baker:batterie.

Dick Heckstall-Smith:saxophone ténor.

DISCOGRAPHIE SOUS GRAHAME BOND 60'S.

LP Studio 2 - 1968

 

Grahame bond mighty

 

GRAHAME BOND

MIGHTY – 1968  3/5

 

Publié en 1968.

Produit par Graham Bond.

Durée:36:27.

Label:Pulsar.

Genre:blues-rock.

 

Quand les défauts deviennent qualités.

 

Mighty (en écoute intégrale ici), qualificatif que Graham Bond, donne à son sixième album de 1968 (Mighty Grahame Bond ; j’insiste sur le e final de Graham), signifie puissant. Le co-précurseur du British Blues Boom et fondateur du Graham Bond Organisation (groupe de blues sans guitares) qui a vu passer Ginger Baker et Jack Bruce avant qu’ils ne forment le mythique Cream avec Clapton, est une figure musicale importante du rock ; Bond, en effet, a grandement contribué à y introduire l’orgue, générant certainement la révolution la plus phénoménale dans cette musique.

Précepteur de Jon Lord, membre fondateur de Deep Purple, auquel il a enseigné l’essentiel de la technique de cet instrument, Graham John Clifton Bond, et c’est là tout le paradoxe de cet artiste, n’a pourtant pas fait une carrière fracassante.

Il est vrai qu’il consomme outre mesure des drogues dures, qui le fragilisent et le mènent à la dépression d’abord, avant de le diriger progressivement vers l’internement psychiatrique, puis le suicide (1974).

Ce n’est pas une raison pour oublier tout ce que les Steve Winwood (Traffic), Manfred Mann, Brian Auger, Vincent Crane (Atomic Rooster) ou feu Keith Emerson (ELP) lui doivent.

Dès 1968, Bond, moins prophète en son pays qu’il ne le fut du temps du british blues boom, s’envole pour les States où il enregistre pour Pulsar, deux LP, Love Is The Low et Mighty Grahame Bond (1968). C’est la raison pour laquelle on retrouve dans l’environnement discographique américain cité la crème des musiciens de studios US (le bassiste Harvey Brooks, le guitariste Harvey Mandel ou encore Eddie Hoh).

Malgré ce soutien technique, Mighty Grahame Bond, comme son prédécesseur, ne sont pas mémorables et ne valent vraiment que pour les collectionneurs. La faute à des problèmes de promotion, de précipitation et à une préparation bâclée (c’est ce qui fait l’intérêt de ce LP).

Ce compositeur, chanteur, saxophoniste et claviériste au talent valorisé au fil de l’avancée dans le temps, vaut bien mieux que ce que l’on veut bien en dire. Les défauts deviennent parfois des qualités, aussi il ne faut pas tirer à boulets rouges sur ce disque aux accents brutaux et spontanés, à la lourdeur organique gothique.

Mighty n’est pas le disque parfait, loin s’en faut, il est surtout authentique. Il n’est pas le disque puissant que son titre veut bien vendre, car l’artiste n’est pas en paix avec ses écarts démoniaques, mais il conforte cependant la thèse selon laquelle ce chef de file du blues anglais des sixties fut essentiel et révolutionnaire dans l’introduction de l’orgue dans le rock.

L’Hammond, ici miroir d’une âme mise à mal par les excès, est richement, sinistrement et librement dispensé dans un blues psychédélique, saupoudré de notes jazzy, funk et gospel. Bond chante aussi, avec un organe qui n’est pas forcément adapté au style, mais qui reste convaincant malgré tout.

La guitare d’Harvey Mandel apporte une touche américaine moderne, la rythmique (Brooks/Hoh) travaille avec efficacité. Freaky Beak est extraordinaire et vaut le détour à lui seul. Mais Magic Mojo, Pictures in The Fire, Baroque ou l’ouverture Water Water sont à classer parmi le meilleur de l’héritage laissé par un désespéré de 36 ans décédé sur les rails de Finsbury Park.

Les légendes ne meurent jamais et cet album, s’il n’est pas le plus grand du rock, a ce quelque chose de puissant qui m’a séduit. J’aimerais qu’il vous touche aussi, ne serait-ce que pour rendre à cet habile novateur que fut Graham ce qui lui appartient (RAZOR©).

 

1. Water, Water.

2. Oh Shining One.

3. Pictures In The Fire.

4. Baroque.

5. Sisters And Brothers.

6. Stiffnecked Chicken.

7. Freaky Beak.

8. Walk Onto Me.

9. Magic Mojo.

10. Brothers And Sisters.

 

Graham Bond:chant,orgue,Mellotron,saxophone alto,arrangements.

Harvey Mandel:guitare.

Harvey Brooks:basse.

Eddie Hoh:batterie.

DISCOGRAPHIE AVEC PETE BROWN 70'S.

LP Studio  - 1972

 

Graham bond pete brown two heads are better than one

 

BOND & BROWN

TWO HEADS ARE BETTER THAN ONE – 1972  3,5/5

 

Publié en 1972.

Produit par Graham Bond.

Durée:33:05.

Label:Chapter One.

Genre:rock,blues-rock,rock progressif.

 

So British.

 

A force de croiser leur route et de partager des cercles d’amis et des scènes communes dans l’Angleterre blues-jazz nocturne des années 60, il était inéluctable que Graham Bond, claviériste et saxophoniste et Peter Brown,chanteur et trompettiste, en arrivent un jour à bosser ensemble.

Graham Bond, on connaît. Précurseur du British Blues Boom, fondateur du Graham Bond Organisation dans lequel on retrouve Jack Bruce et Ginger Baker, il est le catalyseur de formations comme Cream et Colosseum. Un monument chez les Rosbeefs.

Cream est un des éléments qui lie Brown à Bruce. Le parolier Pete Brown en est le quatrième membre officieux, signant avec Jack Bruce la grande majorité des temps forts du power trio le plus célèbre de tous les temps : White Room, I Feel Free, Politician, Sunshine Of Your Love.

Au sortir de son expérience Piblokto (1971), Pete Brown se rapproche d’un Graham Bond en proie à des problèmes internes liés à la drogue, végétant et bricolant tantôt avec le Ginger Baker’s Air Force, puis, de l’autre côté de l’Atlantique, avec Harvey Mandel et Dr John.

Une collaboration s’engage, sous l’impulsion de Jack Bruce, qui rassemble autour d’un même projet Brown et le couple Bond, Graham s’étant, entre temps, marié avec Diane Stewart. De celle-ci naît un LP, Two Heads Are Better Than One (en écoute intégrale ici), réalisé en 1972.

Pour Bond, usé jusqu’à la corde, le moral dans les chaussettes, vulnérable, c’est le dernier ; il meurt sous les roues d’un métro londonien, en mai 1974, sans jamais avoir la reconnaissance qu’il méritait.

Album inventif qui fusionne jazz, rock et blues et qui réunit en backing band quelques beaux spécimen instrumentaux de la scène anglaise et du moment, Two Heads Are Better Than One amène à regretter que l’expérience entre les deux vieux potes n’ait pas été reconduite.

Il ne laisse rien transpirer, en tous cas, de la faiblesse physique et mentale affectant Bond à cette période. Au contraire, ce dernier déborde d’énergie et de rythme, comme en atteste sa performance globale au piano. Bond paraît dérouler sans difficultés tandis que Brown s’avère un chanteur acceptable, ne manquant pas de sel dans son écriture. Dans la lignée so british de ce qui se faisait alors, Two Heads Are Better Than One attirera plus volontiers les fans de ces deux anglais atypiques et renforcera un peu plus le mystère qui nimbe le cas Bond.

Lost tribe, Amazing Grass (l’herbe qui fait rire), C.F.D.T (ça ne s’invente pas !) autrement dit Colonel Fright’s Dancing Terrapins, Mass Debate et Looking For Time sont les centres d’intérêt d’un travail bien dans l’esprit des années 60. Au final, c'est plutôt sympa à écouter (RAZOR©).


1. Lost Tribe.

2. Ig the Pig.

3. Oobati.

4. Amazing Grass.

5. Scunthorpe Crabmeat Train Sideways Boogie Shuffle Stomp.

6. C.F.D.T. (Colonel Frights’ Dancing Terrapins).

7. Mass Debate.

8. Looking for Time.

 

Graham Bond: pianos,orgue,saxophone alto,chant.

Pete Brown: trompette,percussions,chant.

Diane Stewart-Bond: congas,percussions,chant.

Lisle Harper:basse,congas,chant.

Ed Spevock:batterie,percussions,choeurs.

Derek Foley:guitares sur 1/2/3/4/5/7/8.

Mick Hutchinson:guitare sur 6.

Mick Walker:percussions,chœurs.

Sue Woolley,Erica Bond:chœurs.

1 vote. Moyenne 5.00 sur 5.