Happy & Artie Traum.

BIOGRAPHIE.

 

HAPPY & ARTIE TRAUM/New York (U.S.A)

 

Traum 1

 

Actif dans les années 60/70 principalement, réuni en 1994.

Label:Capitol Records.

Genre:folk,world music,country.

Site internet:www.happytraum.com/home

Quand Pete Seeger fait des émules.

La musique folk américaine jette très tôt son dévolu sur Happy Traum, new-yorkais du Bronx. La faute à Pete Seeger sous le charme duquel Happy tombe après avoir assisté à un de ses légendaires concerts en 1954. En effet, il n’est encore qu’un ado quand lui vient le démon de la guitare et du banjo à 5 cordes. Passé, dès le printemps 1958, entre les mains du chanteur et guitariste expert qu’est Brownie McGhee dont il écoute en boucle les albums, au point de connaître par cœur tout son répertoire, Happy apprend les bases du fingerpicking et du blues dont son mentor est un des meilleurs exécutants de la place et du moment. Son apprentissage couvre alors toutes les composantes musicales qui font la spécificité du jeu de son précepteur musical.

Happy, le pluridisciplinaire.

Nanti de cet enseignement privilégié, Happy Traum, accède à la scène folk revival de Greenwich dont il devient un des acteurs majeurs seul ou au sein des New World Singers avec Gil Turner et Bob Cohen qui a pour lui d’être le premier interprète de Blowin’ In The Wind de Dylan, le 16 avril 1962 au Gerde’s ; il fait ses premiers pas en studio d’enregistrement dès 1963, aux côtés du même Bob Dylan et des illustres Pete Seeger et Phil Ochs.

Happy artie traum 1

Dès 1965, Happy Traum, alors interprète et artiste reconnu, contribue activement au développement de l’enseignement de la musique en publiant le premier volume d’une importante série de livres pédagogiques et de cassettes (Homespun Tapes) destinés aux guitaristes en herbe.

Parallèlement, il collabore aussi au magazine folk new-yorkais Sing Out!, consacré au renouveau du folk américain dont il devient rédacteur en chef en 1967 et duquel il doit démissionner en 1970 quand la carrière du duo décolle ; il signe également quelques articles pour Rolling Stone, Guitar Player et Acoustic Guitar.

1967 est l’année de son déménagement avec femme et enfants vers la terre de prédilection des artistes, musiciens et peintres (Van Morrison, le Band, Dylan, Full Tilt Band de Joplin), à savoir Woodstock, et celle qui le voit former un duo avec Artie, son frère cadet de 5 ans aujourd’hui décédé (2008).

La fluidité du jeu de guitare d’Artie.

Artie Traum est également un personnage central de la scène folk et acoustique dite de la côte Est des Etats-Unis et un guitariste tout aussi accompli que Happy. Par ailleurs compositeur et producteur, Artie, aspiré par son frère, est passé, comme beaucoup d’artistes du moment, par Washington Square et les clubs de Greenwich.

Ses influences principales se situent plus du côté de John Coltrane, Miles Davis, Jim Hall et du Modern Jazz Quartet ; il ne donnera libre cours à son intérêt  pour le jazz qu’à partir de 1994 avec l’album Letters From Joubee, suivi de deux LP consacrés au genre en question, The Last Romantic (2001) et Acoustic Jazz Guitar (2004). Artie compte une dizaine d’albums à son compte et 4 avec Happy.  

Musicien de session, Artie fait ses vrais débuts avec The True Endeavor Jug Band (1963), puis collabore avec Judy Roderick, une des plus belles chanteuses de folk et de blues du milieu des 60’s. Cette association débouche sur le fantastique Woman Blue (1965 chez Vanguard) où l’on peut apprécier la fluidité du jeu de guitare d’Artie.

Artie, après qu’il ait rejoint son frangin à Woodstock, et Happy constituent  un duo, tantôt appelé Bear, tantôt The Children Of Paradise. Repéré par l’homme derrière Dylan Albert Grossman (le partenariat dure jusqu’à la mort d’Artie), Capitol les signe en 1968.

Happy traum

« J’ai été prof de guitare depuis le Collège et ce, environ 10 ans. C’est ce qui me faisait vivre entre deux concerts. J’ai enseigné dans le privé, dans les écoles de musique, dans les camps d’été, les magasins de guitare. J’ai même, commencé ma propre école, avec Dick Weissman ; ça a duré deux ans.

J’ai toujours aimé enseigner, surtout la guitare mon instrument de prédilection. J’ai écrit des livres et des articles sur les techniques de guitare, avant de passer à la pédagogie sur bandes magnétiques via ma propre société, fondée avec mon épouse, Homespun Tapes. » (Happy Traum)

Une belle discographie en duo.

Après une double participation au Festival Folk de Newport 1968 et 1969, la fratrie Traum édite un premier disque éponyme en 1970 sur lequel on retrouve une version de Bessie Smith du Band (Going Down To See Bessie), Band dont les frères sont très proches. Le Band collaborera aux disques d’Artie et d’Happy dans les années 80 et 90.

Double Back (1971) est le deuxième LP de leur discographie qui en recense 4. Comme son prédécesseur, l’album dominé par le subtil mélange de leurs voix et de leurs instruments, par des harmonies délicieuses, n’affiche aucune faiblesse et le plaisir d’en découdre avec ce répertoire est bien réel, à l’image de Scavengers, The Ferryman ou de Brother Thomas. La carrière du duo prend du volume ; sa popularité nouvelle l’amène à sillonner la planète.

Après une tournée américaine, l’Europe leur ouvre les bras et notamment l’Angleterre où, en 1972, le duo est invité au Cambridge Folk Festival au sein d’un plateau relevé (The Dubliners, Ralph McTell, Alan Taylor, Peter Bellamy…). La France, et plus particulièrement la Bretagne, n’est pas en reste qui, par le biais de la première édition du Festival folk celtique de Kertalg 72, permet aux  frères Traum d’évoluer au milieu de la filière folklorique bretonne des Alan Stivell, Sœurs Goadec, Tri Yann et Gabriel Yacoub (Malicorne).

Happy artie traum 3

Woodstock Mountains Revue.

En 1973, Happy et Artie produisent le décontracté et récréatif Mud Acres Music Among Friends (Rounder Records/1973), album à la seule vocation de réunir des amis et de s’éclater. Cerise sur le gâteau, les invités sont tous de talentueux musiciens et des pontes des scènes folks de Boston, Greenwich Village et de Washington.

Nous tenons là le premier super groupe folklorique de tous les temps. Jugez plutôt : outre les Traum, on pointe selon les reunions, Eric Andersen, Bill Keith, John Herald, Pat Alger, Jim Rooney, Rolly Salley, Maria Muldaur, Eric Kaz, Lee Berg, John Sebastian, Ceci Sebastian, John Holbrook, Paul Siebel, George James, Ron Sutton, Rory Block, Andy Robinson, Tony Brown, Gordon Titcomb, Larry Campbell,  and Caroline Sutton. Il se réunit occasionnellement sous l’identité de Woodstock Mountains Revue.

Cet intermède ludique précède le troisième album studio du tandem, Hard Times In The Country (1975). Quatre ans après Double Back, le travail de Happy et Artie conserve le même charme.

Pour l’anecdote, l’ancien batteur des Mothers Of Invention, Billy Mundi et l’harmoniciste de blues Paul Butterfield figurent parmi les acteurs de ce disque. Hard Times In The Country, dont les notes de la pochette sont signées Allen Ginsberg, est leur dernier disque studio de l’ère 60/70. Un quatrième est toutefois épinglé à leur discographie ; Test Of Time (1994).

Une des belles pages de la musique folk américaine.

Dans cet intervalle entre 1975 et la première moitié des 90’s, les deux frères optent pour une carrière solo, même s’ils continuent à se produire ponctuellement en couple. Happy, de son côté, sort Relax Your Mind (1975), puis enchaîne avec American Stranger (1977), Bright Morning Stars (1980), Friends And Neighbors (live/1983), Bucket Of Songs (Compilation/1988)

Artie ouvre son compteur discographique personnel avec l’excellent Life On Earth (1974) auquel son suivant From The Heart n’a rien à envier en terme de qualité. Il se referme en 2007 avec Thief Of Time. Avec sa mort en 2008 se tourne définitivement une des très belles pages de la musique folk américaine (RAZOR©).  

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1970

 

Happy artie traum happy artie traum 1969

 

HAPPY & ARTIE TRAUM

HAPPY & ARTIE TRAUM – 1970  5/5

 

Publié en 1970.

Produit par Charlie Tallent,Happy & Artie Traum.

Durée:36:19.

Label:Capitol Records.

Gernre:folk,world,country.

 

Tous les voyants au vert.

 

Du Bronx dont ils sont originaires à Manhattan, la scène qui a favorisé leur éclosion, les frères Traum, Artie et Happy, n’avaient que quelques bourroughs à traverser. Au plus chaud de l’effervescence folk revival new yorkaise, ils jouaient carrément à domicile.

Ce qui me ramène vers eux aujourd’hui, alors que cela fait belle lurette que le patronyme de Traum n’était pas remonté jusqu’à moi au point de ne plus me souvenir de les avoir connus un jour, c’est l’annonce, par le plus grand des hasards et par le biais d’un modeste entrefilet sur un site lamda, du décès d’Artie en 2008.

Familiers de la tribu du Band et de Dylan du temps où ceux-ci squattaient du côté de Woodstock durant leur phase Big Pink et Basement Tapes, proches des Ochs, des Seeger, Havens de Greenwich, les Traum étaient des folksingers brillants, constitués en duo vers la fin des années 60, d’où l’intérêt que leur a porté Albert Grossman le manager derrière le Band, Dylan et Peter Paul & Mary, et plus particulièrement après leur prestation convaincante au festival folk de Newport 68 et 69.

Respecté de ses pairs de par le monde, aimé de son public, Artie (10 albums à son crédit et 4 avec Happy) était un guitariste délicat doublé d’un compositeur et d’un arrangeur novateur, un interprète sincère et convaincant ainsi qu’un producteur de disques expert. Accessoirement, ce pionnier de la scène acoustique ambiante officiait dans l’enseignement de la guitare.

Happy, de cinq ans son aîné (né en 1938), pratiquait le banjo et la guitare à 5 cordes dès son plus jeune âge. Il fut également un acteur du théâtre Greenwich Village, seul et en groupe. Chroniqueur en parallèle pour le magazine folk new yorkais Sing Out et pour Rolling Stone Magazine, Happy, mondialement connu, est apparu dans les projets d’artistes comme Dylan, Eric Andersen, Jerry Jeff Walker, le gratin de Greenwich quoi…, avant de s’installer à Woodstock où le tandem fut alors constitué. Avec son épouse, il fut le fondateur du label Homesun Tapes (1967).

Happy et Artie, c’est donc une histoire qui aura duré grosso modo une quarantaine d’années. Elle est ponctuée de beaux jalons discographiques, notamment les trois premiers LP, l’éponyme du jour (1969), son suivant Double-Back (1971) et Hard Times In The Country (1975).

L’album Happy & Artie Traum est réalisé par Capitol Records. Les brothers y assurent à deux exceptions près, l’intégralité du songwriting. Deux titres échappent donc à leur écriture : l’excellent Uncle Jedd Say et Going Down To See Bessie, tapé, du fait de leur proximité, au tandem Danko/Robertson du Band.

Mélange sophistiqué de folk, de country et de rock, doté de belles voix qui se marient très bien, de succulentes harmonies, de brillants arrangements et superbement produit, il reflète bien tout le talent que l’on prêtait à ce duo soutenu, pour l’occasion par Weldon Myrick (pedal steel guitare), Kenneth Buttrey (batterie) notamment ou encore par un Eric Kaz (claviers et harmonica), venu en voisin de Woodstock.

Devenu un classique dont on ne soupçonne pas l’influence qu’il a pu avoir, Happy & Artie contribue fortement à l’émergence du country-rock. Cette reconnaissance vaut tous les discours du monde. C’est une merveille, faites-moi confiance. Il n’est pas meilleur disque pour rendre hommage au regretté Artie et pour rappeler Happy à notre bon souvenir (RAZOR©).

 

1. Rabbit's Luck.

2. Farmers Almanac.

3. Going Down To See Bessie.

4. Mama, It's Such A Long Ride Home.

5. Misty Dreams.

6. State Line.

7. Uncle Jedd Say.

8. The Hungry Dogs Of New Mexico.

9. Brave Wolf.

10. Trails Of Jonathan.

11. Golden Bird.

 

Happy Traum:chant,guitare acoustique.

Artie Traum:chant,guitare acoustique.

Michael Esposite:basse.

Eric Kaz:harmonica,piano,orgue.

Jerry Carigan:batterie.

Buddy Spicher:violon.

Bob(Thompson:dobro.

Weldon Myrick:pedal steel guitare.

Wayne Butler:saxophone.

Ken Lauber:piano.

Ken Buttrey:batterie.

Ferrell Morris:percussions.

Tracy Nelson:chant.

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