Howlin' Wolf.

BIOGRAPHIE.

 

 

HOWLIN' WOLF/West Point (Mississippi – USA)

 

Howlin wolf intro

 

Né Chester Arthur Burnett, le 10 juin 1910 à West Point (Mississippi), mort le 10 janvier 1976 à Hines (Illinois).

Actif entre 1930 et 1975.

Label:Chess Records.

Genre:blues,Chicago Blues, blues électrique.

 

Un enfant du Delta.

L'afro-américain Chester Arthur Burnett était ce que l'on appelle une force de la nature. Pensez-donc, quand on affiche six pieds et trois pouces sous le galurin, qu'on chausse du 53 et que la bascule reste bloquée à 300 livres, on ne fait pas partie du club des danseuses étoiles.

A cette silhouette impressionnante s'ajoute une voix caverneuse, puissante, féroce, rauque, gutturale, à la limite du rugissement, du beuglement, du meuglement, qui lui vaut d'être surnommé Bull Cow, mais c'est sous le nom de Howlin' Wolf qu'il est resté ancré dans la légende du blues.

Big Foot, comme on le surnomme également, fait le choix de Howlin' Wolf pour mener sa carrière, mais pas pour les critères énoncés précédemment.

Les références à ce sobriquet passé à la postérité de la petite note bleue viennent du fait que son grand-père lui racontait souvent des histoires de loups, nombreux dans le Mississippi. Si l'enfant Chester n'était pas sage, alors les loups le poursuivraient jusque dans son sommeil...

Chanteur et musicien que Charley Patton, le Père du Delta Blues, initie à la guitare à la fin des années 20 et que Sonny Boy Williamson II forme à l'harmonica, la décennie suivante, Howlin Wolf est un enfant du Delta du Mississippi dont l'univers quotidien gravite autour des champs de coton et des conditions de vie brutales et difficiles des noirs du sud des États-Unis.

Howlin wolf physiqueUn physique de déménageur...

Howlin wolf voix...une voix caverneuse et profonde...

Howlin wolf 1...Chester Arthur Burnett devient Howlin' Wolf.

Howlin wolf moanin in the moonlight 59Premier LP en 1959.

Howlin wolf hubert sumlinHubert Sumlin, un complice très influent...

Sur la voie du blues...

Cet environnement, Chester refuse qu'il devienne le sien. Ramasser les gousses de coton, très peu pour lui, aussi il tient tête à sa mère divorcée en rejetant l'idée de travailler pour la ferme familiale. Celle-ci le jette dehors de la maison.

Il est encore très jeune quand il quitte le domicile maternel et part en quête d'un autre avenir auprès de son oncle Will Young, alcoolique et violent.

De ce dernier, il ne récolte que mauvais traitements et s'en éloigne pour retrouver son père. Il a 13 ans et parcourt une centaine de kilomètres pour le rejoindre et goûter enfin à la stabilité et au bonheur d'un foyer.

...dont il devient un acteur influent.

En lui offrant sa première guitare à l'âge de 18 ans, son paternel le met sur la voie de la musique, du blues plus particulièrement, auquel son rejeton va se consacrer corps et âme, à la mort de ce dernier en 1949.

Il en devient un acteur majeur et influent, notamment auprès des artistes rock britanniques (Clapton, Rolling Stones, Yardbirds...). Entre 1951 et le 10 janvier 1976, jour de sa disparition suite aux complications d'une maladie rénale, il n'a jamais cessé, avec une saveur et une énergie constante, de chanter et de jouer ce blues du Delta qu'il affectionne et qu'il alimente de 42 albums...

L'adoubement de Charley Patton et de Sonny Boy Williamson.

Le jeune Chester Arthur (1910/1976), né dans la communauté traîne-misère de White Station, au nord de West Point, ne peut pas échapper à son destin dans le blues. Dès qu'il tourne la tête, tout est blues : les ouvriers dans les plantations, son voisinage, son milieu familial.

Charley Patton vit à deux pas de la ferme familiale tandis que Sonny Boy Williamson est marié à sa demi-sœur Mary et que Chester lui-même prendra pour épouse la sœur de Willie Brown, un des grands noms du blues de l'entre-deux guerre. Puisque le blues s'impose à lui ; il s'y engage sans aucune retenue en 1948 en formant, à Memphis, son premier groupe, histoire de limiter les charges et de répartir les dépenses entre tous.

Quand Chester Arthur devient Howlin' Wolf.

Jusque là il se satisfait de jouer seul, avec sa guitare et son harmonica, au plus profond de son sud natal et pour peanuts, malgré des sets de plusieurs heures qui font tomber dans sa poche une cinquantaine de malheureux dollars.

Les deux années et demi passées sous les drapeaux (avril 1941/novembre 1943) interrompent momentanément une carrière qui n'a pas encore vraiment décollé. En revenant à la vie civile, il reprend ses activités et réunit autour de lui, le groupe évoqué ci-dessus.

Willie Steel, batteur, les guitaristes Willie Johnson et M.T. Murphy, l'harmoniciste Junior Parker, le pianiste William Destruction Johnson en constituent l'ossature avec Chester qui alterne entre chant,guitare et harmonica. Il prend alors le surnom de Howlin' Wolf.

Acteur du blues électrique de Chicago.

Soutenu par la radio KWEM de West Memphis, celui-ci attire l'attention d'un certain Ike Turner, mississippien de Clarksdale, dénicheur de talents, producteur de RPM Records et assistant de production pour Sun Studio.

Ce dernier label a pour vocation de signer les artistes du Sud comme Howlin' Wolf, dont Turner produit les premiers enregistrements, à savoir How Many More Years et Moanin' At Midnight ; Sun les revend à Chess Records, éditeur discographique de Chicago, où s'installe l'artiste en 1952.

A l'instar d'autres musiciens noirs, comme Muddy Waters, partis vers le nord durant la Grande Migration pour éviter la violence raciale, l'oppression et en quête d'opportunités économiques, Howlin' Wolf va contribuer à faire de Chicago la place forte d'une approche moderne et électrique du blues du Delta ; celle-ci aura une influence majeure dur le développement du rock 'n' roll.

Un artiste épanoui.

Howlin' Wolf s'engage avec Chess vers 1952/53, partenariat qui se traduit par la publication de nombreux classiques comptant parmi les pièces maîtresses du blues et enregistrées avec les pointures du genre comme Willie Dixon, Otis Spann, Earl Phillips, Jody Williams, Otis Smothers ou le guitariste Hubert Sumlin, engagé en 1954 pour un long bail.

L'apport de ce dernier, jusqu'à la fin de la carrière du Wolf, s'avère très influent sur sa musique : Smokestack Lightnin', Baby How Long, All Night Boogie, Evil ou Moanin' For My Baby.

Howlin' Wof devient un habitué des charts et ses disques se vendent bien. La popularité du bluesman va crescendo. A 50 ans et à l'aube des 60s, le musicien est épanoui comme jamais, surtout quand il fait équipe avec Willie Dixon.

Howlin wolf hubert sumlin portrait

« Quand je suis arrivé à ses côtés pour la première fois, Wolf m'a dit que je n'étais pas prêt à jouer sa musique. Il me fallait être prêt à jouer ses trucs sans quoi je n'étais pas pris. Je suis rentré chez moi, j'ai prié et j'ai dormi avec ma guitare sous mon oreiller en essayant de comprendre, parce que je savais que cet homme ne plaisantait pas.» (Hubert Sumlin)

Jusqu'au milieu des 60's qui le voit tourner régulièrement en Europe où ses chansons sont ciblées par les Stones et Them notamment, il signe la période la plus féconde de sa carrière : Poor Boy, Spoonful, Little Red Rooster, Back Door Man, The Natchez Burning, Killing Floor, Louise, My Country Sugar Mama, Three Hundred Pounds Of Joy, How Many More Years, Sittin On The Top Of The World ou Ooh Baby Hold Me.

Quand la santé s'en mêle...

Sur la fin de la décennie, après un intermède psychédélique catastrophique (The Howlin' Wolf Album/Chess - 1969), le Wolf rencontre des problèmes de santé.

Après une grosse alerte cardiaque, il est victime, en 1973, d'un grave accident de la route qui lui occasionne de lourds problèmes rénaux et qui affecte sa voix. Ceux-ci suscitent une admission en soins intensifs, en 1975, où il est mis sous dialyse, y compris à domicile où sa femme Lille Burnett relaie les soins hospitaliers.

En adaptant ceux-ci à sa vie sur la route, il reprend le cours de sa carrière, quelques mois plus tard, mais l'aggravation de son état sanitaire l'oblige à une nouvelle hospitalisation et à une incontournable opération.

Diagnostiqué atteint d'un cancer des reins, Howlin' Wolf décède, le 10 janvier 1976 ; sa disparition ne laisse pas le milieu insensible.

Un bluesman inventif et original.

Tandis qu'Eric Clapton prend les frais de sa pierre tombale à sa charge, une statue grandeur nature est élevée à sa mémoire, à Chicago, une vingtaine d'années après sa mort.

Très impliquée dans ce projet, sa veuve Lillie s'emploie alors activement à faire entrer un peu plus son homme dans l'histoire.

54ème artiste de tous les temps pour Rolling Stone, Howlin' Wolf est finalement doublement intronisé à titre posthume au Blues Foundation Hall Of Fame (1980) et au Rock And Roll Hall Of Fame de Cleveland en 1992, avant de voir son effigie trôner sur un timbre-poste américain.

Une fondation à son nom pérennise et préserve depuis un legs exceptionnel qui fait la fierté et la richesse des américains, alors qu'un festival (le Howlin' Wolf Memorial Blues Festival) est organisé, dès 1996, chaque mois mois d'Août, à West Point.

Juste retour des choses pour un musicien parmi les plus originaux et les plus inventifs du 20ème siècle (RAZOR©2021).

MON CHOIX DISCOGRAPHIQUE.

LP Compilation - 1972

 

Howlin wolf 1972 chester burnett aka howlin wolf

 

CHESTER BURNETT

AKA HOWLIN WOLF – 1972  4,5/5

 

Publié en mars 1972 (double LP).

Durée:62:56.

Label:Chess Records.

Genre:blues,Chicago blues.

 

Très belle collection.

 

J'aurai pu jeter mon dévolu sur l'excellent LP de début de carrière Moanin' In The Moonlight (1959), sur son suivant (The Rocking Chair Album/1962) qui ne lui est pas inférieur, loin s'en faut, voir sur Big City Blues (1966) ou Evil (1969), autres pièces maîtresses du catalogue d'Howlin' Wolf.

J'ai fait le choix de Chester Burnett AKA Howlin' Wolf, une compilation de Chess Records sortie en 1972 ; à l'époque où le vinyle est encore roi, l'offre consiste en un double album.

Le matériel compilé par Chess Records fait partie, si je ne m'abuse, d'une série de disques consacrés aux géants du blues parmi lesquels Little Walter ou Muddy Waters.

Jusque là, les rééditions sur le Wolf n'ont pas brillé par leur qualité, leur pertinence ou leur originalité. Avec Chester Burnett Aka Howlin' Wolf, on tient une belle collection de titres émis en 45 ou en 78 tours, par le label de Chicago pendant les 50's et les 60's.

On y retrouve ainsi son premier single, Moanin' At Midnight (1951) et ses signatures telles que les classiques Smokestack Lightnin', Back Door Man, Spoonful ou Killing Floor (1965).

Sans trop m'étendre sur le sujet, c'est, pour moi, la meilleure compil' de l'artiste, ce qui est généralement confirmé par d'autres.

De la musique du Diable dans toute sa splendeur, de l'émotion, du blues de haut niveau, brut, joué par des cadors du genre. On prend (RAZOR©2021).

 

1. Smokestack Lightnin'.

2. Down In The Bottom.

3. No Place To Go.

4. Moanin' At Midnight.

5. Forty-Four.

6. My Country Sugar Mama.

7. Spoonful.

8. The Red Rooster.

9. Moanin' For My Baby.

10. I Asked For Water.

11. How Many More Years.

12. Louise.

13. Killing Floor.

14. Evil.

15. Back Door Man.

16. Sitting On Top Of The World.

17. Tail Dragger.

18. Tell Me.

19. Wang-Dang Doodle.

20. Who's Been Talkin'.

21. Built For Comfort.

22. Ooh Baby, Hold Me.

23. Baby, How Long.

24. Three Hundred Pounds Of Joy.

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