James Cotton.

BIOGRAPHIE.

 

JAMES COTTON/Tunica (Mississippi – USA)

 

James cotton intro

 

Né James Henry Cotton, le 1er juillet 1935 à Tunica, décédé le 16 mars 2017 à Austin (Texas).

Actif entre 1953 et 2017.

Labels:Buddah Records,Alligator,Telarc International.

Genre:blues,Chicago blues,Delta blues,blues électrique,Memphis blues,rock,jazz.

Site officiel:jamescottonsuperharp.com

 

Une sommité du blues.

La fin de la onzième semaine de 2017 a été particulièrement impitoyable avec la musique américaine pour avoir, à deux jours d'intervalle, mis au tapis pour l'éternité deux de ses légendes : James Cotton (16 avril), bluesman virtuose de l'harmonica mais aussi ancien sideman de Muddy Waters et Chuck Berry (18 avril), guitariste, chanteur et pionnier du rock 'n' roll. La notoriété du second est assurément la raison pour laquelle la disparition de l'harmoniciste du blues est passée quasiment inaperçue dans les presses.

Emporté à l'âge de 81 ans par une vilaine pneumonie alors qu'il avait combattu prélablement un cancer de la gorge, James Henry Cotton, un vrai dur à cuire, était un artiste majeur de la petite note bleue, une sommité dans la pratique de son instrument de prédilection, l'harmonica, qu'il a contribué à populariser dans le blues.

James cotton 2017 2Mort en 2017...

James cotton intro 2 James Cotton était une sommité du blues...

James cotton sonny boy williamson       Formé par Sonny Boy Williamson...

James cotton muddy waters....et embauché par Muddy Waters.

James cotton deep in the blues 1996Deep In The Blues, sorti en 1996.

Mr Superharp, géant de la petite note bleue et de l'harmonica.

Comptant parmi les derniers artistes à faire encore le lien avec une époque aujourd'hui échue, le mississippien a, au cours de sa carrière (6 décennies), publié plus d'une trentaine d'albums, recevant même un Grammy Award pour Deep In The Blues (1996) au titre du meilleur album de blues traditionnel. A cet honneur suprême s'ajoutent 6 Living Blues Awards et 10 Blues Music Awards.

Par ailleurs, deux autres opus se sont classés dans le top 200 du Billboard, ce qui est une vraie performance pour un bluesman : The James Cotton Blues Band (1967) et 100% Cotton (1975).

Celui que le milieu affuble du surnom de M. Superharp au regard de son style de jeu virtuose, puissant, précis et très tonique, a également été intronisé au Blues Of Hall Fame de Memphis en 2006

Il a aussi été honoré, quatre ans plus tard, par le Lincoln Center de New York qui a, pour l'occasion, réuni pour lui, le gratin du blues, Shemekia Copeland, Taj Mahal, Pinetop Perkins ou encore Hubert Sumlin.

Le festival international de jazz de Montréal n'est pas en reste qui a décerné à Cotton le prix B.B. King, au titre de l'ensemble d'une carrière vouée entièrement au blues. Cotton est donc un géant du genre dans tous les sens du terme...

Un précepteur du nom de Sonny Boy Williamson...

C'est à Tunica, dans le Mississippi, dans la pauvreté des plantations de coton... que James Cotton voit le jour le 1er juillet 1935.

Il est encore très jeune (4/5 ans) quand il reçoit en cadeau de sa mère un harmonica.

Les premiers usages qu'il en fait consistent à imiter, avec l'instrument, le son des trains et les poules qui caquettent.

Dans un environnement où le blues tient toute sa place, il cède aux sirènes de la musique du diable, prenant bien soin d'éviter de le faire dans la maison familiale très superstieuse et croyante.

Son oncle Wiley Green, célibataire et quelque peu marginal, se charge de le laisser jouer comme il l'entend jusqu'à ce que le musicien en herbe ne soit présenté à Sonny Boy Williamson, The Father Of Modern Blues Harp (Rice Miller).

… Howlin' Wolf comme formateur...

A ses côtés, il fourbit ses premières armes, partageant même, pendant plusieurs années (6 ans), le quotidien de son mentor dont il apprend la technique de l'harmonica, avant de suivre Howlin' Wolf qui lui permet de lancer sa propre carrière.

Tout en occupant parallèlement de petits boulots (vendeur de glaces, cireur de chaussures, chauffeur de camion, cuisinier), Cotton, au début des 50's, se rapproche de ce dernier pour lequel il pose son harmonia sur Saddle My Pony (1952), avant d'enregistrer, en qualité de chanteur, ses premiers titres pour Sun Records (Sam Phillips) comme Straighten Up Baby et Cotton Crop Blues (1953/54).

...et embauché par Muddy Waters.

Quand Muddy Waters fait savoir qu'il a besoin d'un harmoniciste pour pourvoir au remplacement de Junior Wells, James Cotton est recruté. Ent

re Howlin' Wolf et Waters, celui-ci passe une douzaine d'années sur les routes.

Au milieu des 60's, le bluesman des rives du Mississippi forme son propre groupe, le Jimmy Cotton Blues Quartet (1965) qu'il alterne en restant simultanément impliqué dans la formation de Muddy Waters. Sa carrière commence à prendre forme alors.

Une solide réputation auprès des hippies.

Ce partenariat cesse en 1966 quand Cotton se rapproche du manager Albert Grosman, qui a alors sous sa coupe Paul Butterfield, Bob Dylan et Janis Joplin. Cette proximité le fait sortir du blues pour se fondre dans le rock via son James Cotton Blues Band (1967).

Très vite, il se construit une solide réputation, devenant un des interprètes de blues live parmi les plus puissants jamais vus. En partageant les podiums avec les groupes-stars comme Grateful Dead, Santana, Led Zeppelin ou Janis Joplin, il est adopté par le public hippie de l'époque.

James cotton 3

« Je voulais être comme Sonny Boy. J'ai scruté chacun de ses mouvements, j'ai bu chacune de ses paroles. Ce qu'il jouait le soir, je le jouais le lendemain. » (James Cotton)

Dans la deuxième moitié de la décennie, sa discographie se pare de trois LP pour Verve (The James Cotton Blues Band – 1967, Pure Cotton et Cotton In Your Ears – 1968) et d'un pour Vanguard (Cut You Loose – 1968).

La décennie suivante voit Cotton enregistrer pour Capitol (Taking Care Of Business/1970) mais l'essentiel de son catalogue est alimenté par son partenariat avec Buddah Records lequel donne naissance à 100% Cotton (1974), High Energy (1975) et Live & On The Move (1976). Il collabore aussi à Hard Again de Muddy Waters (Grammy Award 1977).

Un monstre sacré du blues s'éteint en 2017.

Pour le label Alligator, il enchaîne peu avant le milieu des 80's avec High Compression (1984), suivi, deux ans plus tard, de Live From Chicago : Mr Superharp Himself (1986).

L'année suivante, chez Blind Pig, il publie Take Me Back. Ce disque qui le ramène à ses racines, s'il a le mérite de l'authenticité, n'est pas son plus convaincant, du fait du choix discutable des reprises de Chicago Blues qui l'alimentent. Il a toutefois le mérite de favoriser une nouvelle nomination pour les Grammy Awards.

Les abus de boissons provoquent une altération de sa gorge. Un cancer est alors décelé au milieu des 90's qui influe énormément sur ses prestations studio comme publiques.

Il délaisse d'abord le chant avant de modifier, contraint par le passage du bistouri, sa façon de jouer. Bien que moins puissant, son jeu s'enrobe de plus de relâchement sans pour autant perdre en efficacité et en intérêt.

Il reste un des meilleurs harmonicistes de tous les temps et continue, jusqu'à sa mort (2017), à perpétuer l'héritage de ses maîtres es blues, à diffuser le souffle de Chicago sur la planète. M. Superharp était un géant du blues dans tous les sens du terme (RAZOR©2022).

MON CHOIX DISCOGRAPHIQUE.

LP 32 - 2013

 

James cotton mouth 201

 

JAMES COTTON

COTTON MOUTH MAN – 2013  5/5

 

Publié en 2013.

Produit par Tom Hambridge.

Durée:48:49.

Label:Alligator Records.

Genre:blues,blues-rock,Chicago Blues.

 

Un régal.

 

Un harmonica plaintif, passionné, puissant, énergique et acéré qui met à mal le souffle et les lippes, des notes sorties d’on ne sait où, mais promptes à te filer des sueurs palmaires, James Cotton ne peut presque plus chanter depuis son cancer de la gorge, alors le bluesman du Mississippi mise tout sur son instrument buccal, dont il apprend les rudiments auprès de Sonny Boy Williamson II.

A 78 balais, chapeau bas, d’autant plus que ses cordes vocales sont en piteux état, si l’on s’en réfère aux quelques mots qu’il balance pour introduire Midnight Train. On en a mal pour lui.

Il en faut plus pour déstabiliser l’ex-harmoniciste d’Howlin’ Wolf et partenaire de Muddy Waters (pendant 12 ans), une force de la nature, un dur à cuire. Cotton Mouth Man (2013) tombe à pic pour le rappeler. James Cotton, né au milieu des plantations de coton de Tunica, est une des dernières légendes vivantes du blues.

Contrairement à certains de ses confrères bluesmen de la même génération, d’une stature similaire qu’on ressort des placards pour les entendre ressasser inlassablement le répertoire du genre ou leur catalogue, lui repique au truc en déboulant sur le marché avec un disque ambitieux, composé d’une majorité d’originaux (13) co-écrits pour la grande majorité avec celui qui produit l’album, Tom Hambridge (et Richard Fleming, Gary Nicholson, Delbert Mclinton ou encore Monk Higgins et Morris Dollison). A 78 berges quand même… faut être salement piqué par le blues.

Compte tenu que Cotton limite, contraint et forcé, sa contribution à Cotton Mouth Man au seul harmonica, sauf pour le dernier titre, compte tenu aussi qu’il laisse le chant libre à des invités, ce disque aurait pu lui échapper. Il n’en est rien et s’avère une probante prestation de Chicago blues et sa présence n’est pas étouffée pour autant.

Parmi ceux qui assurent le chant, Darrell Nulisch, ancien Anson Funderburgh’s Rockets et qui bosse avec Cotton depuis le milieu des années 90, est le plus souvent sollicité (Cotton Mouth Man, He Was There, Saint On Sunday, Young Bold Women, Bird Nest On The Ground, Blue Is Good For You). Warren Haynes (Something For Me) et Gregg Allman (Midnight Train) les A.B.B de service, le bluesman Keb’ Mo (Mississippi Mud, Wasn’t My Time To Go), le multi-instrumentiste Texan Delbert Mc Clinton (Hard Sometimes) et Ruthie Foster (Wrapped Around My Heart), passée par le Warren Haynes Band, le relaient ponctuellement.

Comme dit précédemment, Cotton assure le chant (il murmure surtout) sur Bonnie Blue qui clôture le disque, et ça fait froid dans le dos d’entendre cette voix qui a de la peine à être expulsée.

S’appuyant sur la propre histoire de M. Superharp Cotton, des champs de coton du Mississippi aux juke-joints du Michigan, cet opus réalisé à Nashville confirme le retour en grande forme de l’artiste, ce que laissait déjà entrevoir son disque de 2010, Giant.

Il bénéficie de la force d’un noyau de musiciens rompu au blues, comme Chuck Leavell aux claviers, Glenn Worf à la basse (et Tommy MacDonald) et Rob McNelley à la guitare, Hambridge assurant la batterie en plus de l’écriture et de la production, ainsi que du renfort de Tom Holland, Noel Neal et Jerry Porter, ses fidèles soldats sur la route.

Pour être complet, signalons la présence du guitariste Joe Bonamassa sur la chanson titre. Plus blues que ça, tu meurs ! L’harmonica jouisseur et besogneux de Cotton est une constante de ce disque simple, direct et festif. Ses attaques sont affinées comme jamais. L’intensité ne décline à aucun moment de l'écoute.

Autour de lui, partenaires et invités donnent le meilleur d’eux-mêmes, ouvrant la porte à de somptueuses ballades comme Wrapped Around My Heart. On a donc là un vrai et bon disque de blues avec des airs mémorables (Young Bold Women, Midnight Train, Saint On Sunday, Mississippi Mud, Something For Me…) qui se termine en blues acoustique (Colin Linden), sur un chant douloureux et fatigué, à bout de souffle. Il y a du Sonny Boy Williamson là-dessous.

James Cotton a certainement sorti ici un de ses meilleurs disques de toute sa longue carrière. Pour moi, c’est un régal et un disque de fortes émotions (RAZOR©2022).

 

1. Cotton Mouth Man.

2. Midnight Train.

3. Mississippi Mud.

4. He Was There.

5. Something For Me.

6. Wrapped Around My Heart.

7. Saint On Sunday.

8. Hard Sometimes.

9. Young Bold Women.

10. Bird Nest On The Ground.

11. Wasn't My Time To Go.

12. Blues Is Good For You.

13. Bonnie Blue.

 

James Cotton:harmonica.
Warren Haynes:guitare,chant.
Gregg Allman:chant.
Keb Mo:guitare,chant
Delbert Mc Clinton:chant.
Joe Bonamassa:guitare.
Ruthie Foster:chant.
Darrell Nulisch:chant.

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