Jesse Colin Young.

BIOGRAPHIE.

 

JESSE COLIN YOUNG/New York (USA)

 

Jcyoung

 

Né Perry Miller, le 22 novembre 1941 dans le Queens (New York),

Actif depuis début 1960.

Genre:folk,blues,folk-rock,rock psychédélique.


Dans le cénacle des grands songwriters américains.

C'est par la légendaire scène de Greenwich Village que Jesse Colin Young met le pied à l'étrier du folk dont il est, dans la première partie des 60's, un de ses plus brillants et originaux représentants. La preuve par les deux LP personnels qu'il signe à cette période, The Soul of a City Boy et Young Blood qui préfigure les Youngbloods, un des meilleurs groupes de la place west coast, après qu'il ait pris la direction de San Francisco.

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Jesse Colin Young, Perry Miller de son vrai nom, est natif de New York, du Queens plus particulièrement, où il a passé l'essentiel de sa jeunesse et ciré les mêmes bancs d'école que Paul Simon et qu'Art Garfunkel, avec lequel il entretient une longue et durable amitié.

Fils d'une violoniste et d'un père comptable et qui en pinçait pour le classique, Jesse grandit dans un environnement propice à son épanouissement dans la musique.

Adolescent sans problèmes, studieux même, l'obtention d'une bourse le dirige vers la Phillips Academy d'Andover, lycée renommé préparant à l'équivalent du baccalauréat ; il y reçoit un enseignement strict, mais s'en accommode mal, au point d'être viré de l'école.

Cette mésaventure va énormément influer sur son avenir et précipiter son basculement vers le blues, genre dans lequel, pendant quelques années, il reprend à son compte le répertoire des maîtres du moment comme John Lee Hooker, Muddy Waters ou T.Bone Walker.

De Greenwich Village...

Il débarque en voisin là où tout se passe à l'époque : Greenwich Village. Au Folk City, il est repéré par le musicien américain de jazz, Louis Prima et par Bobby Scott qui, en 1964, le signe pour Capitol et lui suggère dans le même temps d'adopter le nom de Jesse Colin Young.

The Soul of a City Boy (1964), enregistré seul avec sa guitare et en à peine 4 heures, ponctue ce partenariat.

Consistant en un lot de 13 titres visitant folk et blues, l'album, dans le style de ce qui se pratique alors entre Washington Square et Bleeker Street, révèle un artiste original, créatif, moderne et déjà talentueux au regard de son songwriting prometteur, de sa voix agréable et de sa technique de guitare bien maîtrisée.

Un deuxième LP folk-rock vient enrichir son catalogue dès le début de l'année 1965 : Young Blood, articulé autour d'originaux et de reprises. Mélange de folk, de blues et d'influences country, il se fait avec le jeune harmoniciste John Sebastian, également acteur de la mythique scène revival new yorkaise et avec une section rythmique venue du jazz (Osie Johnson et George Duvivier). Même s'il n'est pas le meilleur opus de Jesse Colin Young, il confirme les bonnes dispositions du compositeur.

C'est alors qu'il fait la rencontre de Jerry Corbitt, guitariste, rapprochement qui va donner le jour aux Youngbloods. De duo, la formation évolue en quatuor avec les arrivées de Lowell Banana Levinger (guitare rythmique) et de Joe Bauer (batterie).

… à San Francisco.

Jesse Colin Young est l'élément moteur de cette formation. Le natif du Queens est le plus expérimenté du lot. Sous la direction de son chanteur et songwriter, les jeunes Youngbloods entrent dans les charts grâce à Get Together (Forrest Gump), hymne hippie emprunté à Dino Valenti (Quicksilver Messenger Service). L'interprétation des Youngbloods, plus profonde, fait top 10, mais en 1969 seulement.

Le groupe de Jesse Colin Young devient le groupe maison du fameux night-club Cafe Au Go-Go du 152 de la Bleeker Street ; ils sont alors populaires pour pratiquer un folk-rock psychédélique généreux, se posant même en prototype même du flower power. Les Youngbloods deviennent une valeur sûre de la musique américaine et plus spécialement de la cote ouest.

Si Young est la poutre maîtresse du groupe à ses débuts, Jerry Corbitt prend rapidement du galon en contribuant également à l'écriture sur le premier excellent LP éponyme réalisé pour RCA et produit par Felix Pappalardi. Corbitt s'affirme comme l'égal de Young, même si le deuxième LP, Earth Music (1968) ne le montre pas trop, étant par trop inégal.

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« Un dimanche après-midi, je rentre au Cafe Au Go-Go de Bleeker Street pour voir si quelqu'un répétait. Je tombe sur un certain Buzzy Linhart des Seventh Suns, un protégé de Fred Neil. Il interprétait Get Together de Dino Valenti ; je suis tombé sous le charme de cette chanson et j'ai insisté auprès de Linhart pour qu'il me refile les paroles afin que je puisse l'avoir à mon répertoire. J'ai mémorisé la mélodie, les accords, appris les paroles. Le lendemain, on l'a répété avec les Youngbloods. Je savais que ce titre allait marcher. Get Together a changé ma vie. » (Jesse Colin Young)

Elephant Mountain, la référence des Youngbloods.

Est-ce la raison qui pousse Corbitt à quitter le groupe ? Mystère, Toujours-est-il que son départ réduit le groupe à un trio, que Jesse Colin Young cumule écriture et chant, Au final, il s'en sort plutôt pas mal comme l'illustre le troisième jet du catalogue, le jazzy Elephant Mountain (1969) qui, pourtant, ne fédère pas beaucoup autour de son nom.

Charles Daniels succède à Pappalardi à la production d'un disque commencé début 1967 du côté de New York et achevé quand les Youngbloods débarquent à San Francisco, soit un peu avant les sessions d'enregistrement d'Elephant Mountain. Ce numéro 3 du catalogue n'est publié qu'en 1969 ; c'est leur référence et met en avant certaines des plus belles chansons de Young.

Après Elephant Mountain, il est difficile de s'enflammer pour la discographie du groupe, trop inégal et incohérent, passé chez Warner Brothers. L'éditeur crée spécialement une branche de distribution dérivée, Raccoon (1971), pour publier, un peu à la manière des Dead ou de l'Airplane, les LP des Youngbloods et de tout ce qui gravite de près autour.

Entre deux live quelconques et deux compils pour faire patienter, Good And Gusty (1971), avec un nouveau bassiste (Michael Kane), et son suivant High On A Ridge Top (1972) tentent d'exister ; en vain, car trop axés sur les reprises et peu inspirés.

Song For Juli, le graal de Young.

En mars de cette année 72, Jesse Colin Young sort parallèlement son premier disque studio depuis 1965, le dénommé Together. Il est suffisamment bien accueilli pour justifier sa décision de relancer sa carrière solo et de mettre fin aux Youngbloods, devenus artistiquement incohérents.

La suite lui donne raison car son 4ème jet, Song For Juli (1973) est une vraie réussite. Le disque a tout pour lui : des chansons consistantes, un interprète qui a le vent en poupe et derrière lequel toutes les presses poussent, un line-up convaincant.

Cet opus extraordinaire, mêlant subtilement pop, rock, jazz et country, rehaussé de quelques vapeurs de cajun, reste un an dans le Billboard 200. Elégant, passionné, sensuel, pertinent, Young entre dans le cercles fermé des immenses compositeurs.

Light Shine (1974) confirme Song For Juli et le talent qu'on lui prête. Au delà, l'artiste connaît une période moins faste, même si encore de bonne tenue : Songbird (1975), On The Road (1976) ; Love on the Wing fait encore top 100.

Toujours actif.

Son passage chez Elektra (American Dreams/1978 et The Perfect Stranger/1982) s'accompagne de moins de succès. A l'instar de la majorité des artistes de folk-rock, les 80's sont difficiles pour lui, aussi les Youngbloods sont réactivés brièvement en 1984, autour de ses trois membres fondateurs, Young, Levinger et Corbitt (mort d'un cancer en mars 2014).

La reformation dure un an, jusqu'en 1985. Jesse reprend alors son parcours solo et s'investit parallèlement dans des actions caritatives ou politiques, avant de fonder, avec son épouse, son propre label (Ridgetop Music), parti en fumée quelques années plus tard.

Il se relance alors du côté de Hawaï au début des années 2000. Depuis 2006, il vit en Caroline du Sud où il travaille encore et toujours sur de nouvelles chansons et se rétablit lentement de la maladie de Lyme (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 1 - 1964

 

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JESSE COLIN YOUNG

THE SOUL OF A CITY BOY – 1964 4/5

 

Publié en avril 1964.

Produit par Bobby Scott.

Durée:30:48.

Label:Capitol Records.

Genre:folk-rock.

 

Pas de fumée sans feu.

 

Avant de pouvoir bénéficier d’un statut d’auteur-compositeur-interprète qui puisse lui permettre d’intégrer le cénacle des meilleurs élèves ricains de sa génération (1941) et d’en récolter, dans le même mouvement, tous les avantages en termes de notoriété et d’espèces sonnantes et trébuchantes, et ce par l’entremise de son chef d’œuvre Song For Juli (1973), Jesse Colin Young, alors acteur de la place de Greenwich Village et du Folk City, a dû en passer par des disques comme celui qui nous intéresse aujourd’hui : son premier.

Pour être précis, c’est le premier des deux LP sous son nom qu’il publie avant l’épisode Youngbloods, l’autre étant le prémonitoire Young Blood qui met John Sebastian en vedette. Il répond au titre de The Soul Of A City Boy (en écoute intégrale ici) et entame son catalogue en solo, apparaissant sur le marché en 1964.

Le new yorkais du Queens, né Perry Miller, n’est alors pas encore le leader des Youngbloods, cet excellent groupe de folk-rock psych U.S qu’il crée en 1965 et dont il s’émancipe en 1972 pour retravailler seul et bien (Together/72, Song For Juli/73 et Light Shine/74).

The Soul Of A City Boy voit le jeune homme de Manhattan (22 ans), repéré par le producteur Bobby Scott et signé par la maison Capitol Records, s’accompagner à la guitare acoustique. Enregistré dans les conditions du direct en une prise unique d’à peine quatre heures, il figure, dans le haut du panier de ce que Jesse a pu faire.

Aussi quand on repasse en revue le parcours de Young entre les 11 pistes de 64 et son aboutissement en 73 (Song For Juli), on se dit que c’était écrit, que c’est tout sauf une surprise. Mieux : que les signes avant coureurs positifs révélés par The Soul Of A City Boy finiraient pas aboutir un jour ou l’autre à une œuvre qui lui amène la reconnaissance du milieu.

L’artiste est plutôt bon chanteur de registre ténor, techniquement à l’aise avec son instrument (jeu en fingerpicking) et pratique l’écriture avec bonheur, même si on est encore loin de son apogée fixée à l’après Youngblood.

Le répertoire ici interprété se répartit à peu près équitablement entre 6 originaux de bonne composition et 5 standards de blues (Rye Whiskey) ou folk trad (Black Eyed Susan). Dans son style, The Soul Of A City Boy s’inscrit dans la lignée des autres LP folk du moment et de la place de Manhattan, dans le sillage des Dave Van Ronk ou Fred Neil.

En dehors des clubs de folk new yorkais, on ne peut pas dire que ce disque se soit vraiment exporté. Commercialement, il reste un échec en dépit du fait qu’il est, il me semble, le seul opus de Young a s’être installé dans les charts.

Simple, fortement bluesy, on a là le (premier) disque d’un artiste pas encore connu (mais qui s’affirmera comme un grand contributeur chez l’Oncle Sam), qui maîtrise vocalement et musicalement, déjà bon songwriter, sans chichis, sans tralalas.

Le résultat est concluant pour l’acteur de clubs et de coffee-houses qu’il est alors et qui ouvre une carrière toujours active en 2013. Dépouillée, la musique peut aussi être belle ainsi (RAZOR©).
 

1. Four in the Morning.

2. You Gotta Fix It.

3. Rye Whiskey.

4. Whoa Baby

5. Susanne.

6. Black Eyed Susan (Traditional).

7. Same Old Man.

8. Drifter's Blues.

9. Talk to Me.

10. Stranger Love.

11. I Think I'll Take to Whiskey.

 

Jesse Colin Young:guitare acoustique,chant.

DISCOGRAPHIE 70'S..

LP Studio 4 - 1972

 

Jcyoung song for juli

 

JESSE COLIN YOUNG

SONG FOR JULI – 1973 5/5

 

Publié en septembre 1973.

Produit par Jesse Colin Young,David Bean.

Durée:39:58.

Label:Warner Bros.

Genre:country-rock,folk-rock.

 

Le vinyle de la zénitude.

 

Objectez-moi une seule raison qui me ferait en pas en pincer pour le quatrième LP de Jesse Colin Young ? Song For Juli (en écoute intégrale ici) a tout pour lui : des chansons consistantes, un interprète, Jesse Colin Young, qui a le vent en poupe et derrière lequel, dans le sillage d’albums précédents déjà très convaincants, toutes les presses poussent, un line-up en soutien très brillant. Ce disque mêlant subtilement et en douceur, pop, rock et jazz, rehaussé de quelques touches de country et qui bénéficie d’incursions remarquées dans le cajun, est extraordinaire.

A moins de débarquer subitement sur la planète rock 60/70 sans en avoir approfondi les contours ou d’être depuis sujet à amnésie, l’évocation du nom de Jesse Colin Young doit immanquablement faire tilt sous les crânes.

En référant au new yorkais, on revoit défiler les grands moments des Youngbloods (7 albums) qu’il a créés de ses propres mains, notamment ceux exceptionnels de leur belle discographie, Elephant Mountain, publié en 1969, ou on se prend à fredonner les paroles de Get Together, la chanson de Dino Valente, dont il s’offre le luxe d’en faire un véritable hymne hip-pacifiste en plein Summer Of Love, avant d’en faire un tube deux ans plus tard.

Impliqué dès les premières heures dans la scène de Greenwich puis la maturité et le nom aidant, dans le mouvement anti-nucléaire « No Nukes » avec Crosby Stills & Nash, Bruce Springsteen, Carly Simon, James Taylor et les Doobie Brothers notamment, Jesse Colin Young a alimenté toutes les générations en sublimes chansons d’amour et de rébellion. Son compteur discographique personnel va au-delà de la vingtaine d’albums.

Song For Juli symbolise à merveille la richesse du catalogue de ce fils de violoniste et de diplômé de Harvard féru de classique. Absolument rien n’est à jeter de sa période solo des seventies, de Together (72) au politisé American Dreams (79).

Venons-en à ce que je considère comme son chef d’œuvre : Song For Juli. Même remarque que précédemment, rien n’est à occulter. L’entièreté de ce qui est ici proposé se situe à un haut degré d’excellence et s’écoule le plus naturellement du monde.

Le dithyrambe n’a ici rien d’usurpé ou de démesuré. En une quarantaine de minutes, Jesse Colin Young, par la justesse et la pertinence de ses compositions, par l’élégance et le raffinement qui en résultent, par la passion et la sensualité qu’il véhicule, rejoint le cercle fermé des grands auteurs-compositeurs-interprètes : les Clark (Gene), Young (Neil), les Taylor (James) ou South (Jo).

Dans l’esprit, il flirte même dans un registre proche d’un autre immense songwriter, Van Morrison. Faut-il y voir un hasard total, une décision tombée du ciel que de compter parmi ses musiciens des Jim Rothermel, David Hayes, Pat O’Hara, John Tenney, des familiers du rouquemoute irlandais ? Jesse Colin Young a bien soupesé son affaire.

Les 7 minutes de Ridgetop pourraient décrocher le pompon de ce lot merveilleux pour disposer en son sein d’un époustouflant solo de sax, mais cela ramènerait à pencher plus pour un titre que pour un autre, ce qui ne se conçoit pas pour l’écriture de cet artiste très imprégnée de jus west-coast : Mornin’ Sun, Song For Juli pour sa fille, Evenin’, Miss Hesitation et Country Home…, le titre Jesse Colin Young, lumineux, enjoué, vitaminé, cote fort sur les marchés musicaux.

On prend donc tout ou que dalle. Y compris les traductions dans la langue de Young du T. Bone Shuffle de T.Bone Walker, du Lafayette Waltz de Clifton Chenier et du frénétique Jambalaya de Hank Williams.

Derrière Jesse Colin Young, toute la clique instrumentale brille de mille feux : cellule rythmique, cuivres (saxo, trompette, clarinette, trombone), piano, vibraphone, harmonica, flûte, violon… C’est du pur bonheur à faire sien sans la moindre restriction, d’autant plus qu’il a une voix chiadée le bougre. Alors, opposez-moi un seul argument qui puisse me détourner de cette rareté. Un seul ? J’attends (RAZOR©).

 

1. Mornin' Sun.

2. Song for Juli.

3. Ridgetop.

5. Evenin'.

6. Miss Hesitation.

7. T.Bone Shuffle.

8. Lafayette Waltz.

9. Jambalaya.

10. Country Home.

 

Jesse Colin Young:guitare,chant.

Suzi Young:choeurs.

David Hayes:basse,choeurs.

Eddy Ottenstein:guitare.

Jeff Myer:batterie.

Scott Lawrence:piano,vibraphone.

Rick Anderson,Earthquake:harmonica.

John Tenney:violon.

Jim Rothermel:clarinette,saxophone.

Bob Ferreira,Mel Martin:saxophone.

Tom Harrell:trompette.

Gordon Messick,Pat O’Hara:trombone.

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S THE YOUNGBLOODS.

LP Studio 1 - 1967

 

The youngbloods lp

 

THE YOUNGBLOODS

THE YOUNGBLOODS – 1967  4/5

 

Publié en janvier 1967.

Produit par Felix Pappalardi.

Durée:33:38.

Label:RCA.

Genre:folk-rock.

 

Album à freaks.

 

En 1967, le New-Yorkais Colin Young, Jerry Corbitt, Lowell Levinger, Joe Bauer, tous trois de Boston, ont déjà déroulé du câble lorsqu’ils débarquent au studio pour l’enregistrement du premier album des Youngbloods.

Le premier s’est fait un nom dans les clubs de Greenwich Village, a collaboré avec John Sebastian et revendique déjà deux disques à son actif. Les  autres font valoir un solide acquis technique dans le jazz, le folk et le bluegrass.

RCA les prend sous son aile et publie cet album éponyme (en écoute intégrale ici), réédité en 1971 sous le nom de Get Together (nom du titre figurant sur ce LP, qui n’a contribué à leur popularité qu’en 1969). Pour une première levée, les Youngbloods s’en sortent finalement plutôt bien.

Bien foutu, son côté folk-rock psychédélique ambiant est le miroir de l’idéal hippie du moment (certaines pistes sont toutefois plus rock ou bluesy). Les titres accrochent, les guitares se montrent (Corbitt est un élément prépondérant), le chant est enjôleur, la voix est belle ; le son est bien attaché à cette période.

Disque agréable et diversifié, que les freaks nostalgiques s’empresseront d’acquérir, il balance bien et est propice à enjouement, n’étant pas sans rappeler, parfois, les Beatles du milieu des années 60.

Il s’appuie sur un sympathique et léger rigtime, Grizzly Bear, All Over The World (La-La), sur le classique intemporel  à coloration Peace And Love, Get Together (de Dino Valenti, qui a fondé Le Quicksilver Messenger Service), sur Tears Are Falling.

Les seuls éléments discutables de ce disque sont les reprises pas toujours judicieuses comme Statesboro Blues, Ain’t That Loving You Baby et surtout C.C Rider. Pris dans son ensemble, ce LP pour lequel Felix Pappalardi a assuré la production, est des plus respectables (RAZOR©).

 

1. Grizzly Bear.

2. All Over The World (La-La).

3. Statesboro Blues.

4. Get Together.

5. One Note Man.

6. The Other Side of This Life.

7. Tears Are Falling.

8. Four In The Morning.

9. Foolin' Around (The Waltz).

10. Ain't that Loving You, Baby.

11. C.C. Rider.

 

Jesse Colin Young:basse,guitare,chant.

Jerry Corbitt:basse,guitare.

Lowell Levinger:claviers.

Joe Bauer:batterie.

LP Studio 2 - 1967

 

Youngbloods earth music

 

THE YOUNGBLOODS

EARTH MUSIC – 1967  3,5/5

 

Publié en 1967.

Produit par Felix Pappalardi,The Youngbloods.

Durée:34:04.

Label:RCA Records.

Genre:folk-rock.

 

Alterne bon et moins bon.

 

Les Youngbloods ne se résument pas au seul single à succès Get Together, devenu un classique du groupe. Même s’ils n’ont pas été un groupe majeur des années 60, leur carrière est malgré tout jalonnée de  quelques passages mémorables. Dans le concert rock du moment, ils ont tenu leur rang.

Dire qu’un de leurs albums a l’étoffe pour figurer au pinacle du rock, je ne le dirais pas. Par contre, pour une bonne compil de ce groupe, j’adhère et je signe des deux mains. Je ne connais pas, en effet, un seul de leurs LP qui ne soit pas inégal.

Earth Music (en écoute intégrale ici) va dans cette direction et alterne le bon et le moins bon. Tout ce qu’ils ont fait mérite, et le respect, et que l’on s’y intéresse. A l’image de beaucoup de leurs congénères du moment, la musique englobait alors tout et souvent n’importe quoi. Aligner trois sons de suite, beugler dans un microphone et utiliser, sans la moindre maîtrise, des instruments venus d’ailleurs, suffisaient parfois à faire un microsillon, sous le prétexte psychédélique et l’influence lysergique.

Les Youngbloods n’en sont pas là.  Eux, ils touchent leur bille question zizik, mais leur répertoire est quelquefois surprenant. Ce deuxième LP de 1967 possède de quoi passer un bon moment, à l’instar d’un Euphoria, jugband nerveux, d’un geignant All My Dreams, du gémissant  pop Dreamer’s Dream, de l’ardent standard country rock Sugar Babe, de la belle reprise de Tim Hardin, Reason To Believe, de Long And Tall et d’I Can Tell.

Personnellement, je le trouve moins attachant que son devancier, quoi que j’aie toujours autant de plaisir à écouter les temps forts de ce disque (RAZOR©).

 

1. Euphoria.

2. All My Dreams Blue.

3. Monkey Business.

4. Dreamer's Dream.

5. Sugar Babe.

6. Long and Tall.

7. Can Tell.

8. Don't Play Games.

9. The Wine Song.

10. Fool Me.

11. Reason to Believe.

 

Jesse Colin Young:basse,guitare,chant.

Jerry Corbitt:basse,guitare.

Lowell Levinger III “Banana”:claviers.

Joe Bauer:batterie.

LP Studio 3 - 1969

 

Youngbloods elephant mountain

 

THE YOUNGBLOODS

ELEPHANT MOUNTAIN – 1969  3,5/5

 

Publié en 1969.

Produit par Charlie Daniels,The Youngbloods,Bob Cullen.

Durée:40:06.

Label:RCA Records.

Genre:folk-rock,west-coast psych.

 

Un disque à l’image du groupe.

 

Des Darkness, Darkness, j’en r’demande ! Ouaouh ! Le moins que l’on puisse dire, c’est que les Youngbloods démarrent pied au plancher Elephant Mountain (en écoute intégrale ici), leur troisième LP studio, sorti en 1969 et produit par le countryman Charlie Daniels. L’intro est sublime et Smug qui s’engage derrière, est également très bon.

C’est incontestablement ce que Jesse Colin Young et ses jeunes sangs ont fait de plus marquant à ce stade de l’écoute, mais On Sir Francis Drake, l’instrumental flemmard et inconstant qui prend le relais, nous emmène dans un univers jazzy dans lequel je ne me retrouve pas et qui sur ce seul  titre saoule et ennuie.

Si Sunlight, la belle ballade qui suit, tend à remettre les Youngbloods sur des rails plus familiers et plus intéressants, on se demande ce que peut procurer comme plaisir l’acoustique Double Sunlight et sa quarantaine de secondes.

Beautiful, sixième levée de l’album, relève le niveau certes, mais maintient le groupe dans un registre jazzy qui est la note dominante d’Elephant Mountain. Parfois ça passe (Rain Song, Quicksand, Sham, Ride The Wind), mais il arrive aussi que non, comme c’est le cas de l’instrumental soporifique Trillium, une sorte de copié/collé d’On Sir Francis Drake.

Ce disque est à l’image de ce que fut ce groupe : inconstant, irrégulier, inégal. Une alternance de hauts et de bas, de l’incohérence. Quand c’est d’un disque à l’autre, passe encore, on zappe le disque bâtard, mais au sein d’un même album, cette sensation de montagnes russes est lassante, pénalisante pour l’écoute, parce qu’on n’arrive jamais à vraiment entrer dans la musique. D’où une bonne compil’ préférable à n’importe quel album et ce, même si le bon ici est très bon (RAZOR©).   

 

1. Darkness, Darkness.

2. Smug.

3. On Sir Francis Drake.

4. Sunlight.

5. Double Sunlight.

6. Beautiful.

7. Turn It Over.

8. Rain Song (Don't Let the Rain Bring You Down).

9. Trillium.

10. Quicksand.

11. Black Mountain Breakdown.

12. Sham.

13. Ride the Wind.

 

Jesse Colin Young:basse,guitare,chant.

Joe Bauer:batterie.

Lowell Banana Levinger:claviers,guitare.

David Lindley:violins.

Joe Clayton:trompette.

Plas Johnson:saxophone ténor.

Victor Feldman:effets.

LP Studio 4 - 1971

 

Youngbloods good and dusty

 

THE YOUNGBLOODS

GOOD AND DUSTY – 1971  3/5

 

Publié en 1971.

Produit par Stéphanie Kennedy.

Durée:44:05.

Label:Warner Bros.

Genre:folk-rock,country-rock,Rhythm & Blues.

 

Que de regrets.

 

Avec à la basse, une nouvelle tête, Michael Kane, les Youngbloods poursuivent leur petit bonhomme de chemin. Depuis Elephant Mountain, leur premier vrai bel effort, deux live (Rock Festival en 1970 et Ride The Wind en 1971) et deux compils (Two Trips et un Best Of) sont venus alimenter la discographie du groupe.

Good And Dusty (en écoute intégrale ici) est donc leur quatrième LP studio. La venue de Kane fait glisser Jesse Colin Young à la guitare. Il y retrouve son instrument de prédilection. Que dire du fruit de ce quatuor ? Malheureusement, pas grand-chose.

Il est difficile de s’enflammer pour un album de reprises, fussent-elles de grands noms du répertoire américain (Will The Circle Be Unbroken, Stagger Lee, Let The Good Times Roll, Willie And The Hand Jive). Même si l’interprétation est sans fausse note, les Youngbloods ne nous démontrent  rien de plus que l’on ne connaisse déjà d’eux.

Il soulève des regrets et une grande frustration peut-être. Frustration que ces mecs aient pu s’en tenir au strict minimum, alors qu’ils affichaient de réelles dispositions instrumentales et lyriques (Circus Face notamment, mais aussi Drifting Drifting, Hippie From Olema de Banana et Light Shine).

Au risque de me répéter, Good And Dusty est à l’image de ce qu’est la production d’ensemble du groupe : inégale. Du très bon qui suscite une érection, cohabitant avec du vraiment mou du zob. Globalement, il n'y a pas de quoi fouetter un chat pour la énième fois (RAZOR©).

 

1. Stagger Lee.

2. That's How Strong My Love Is.

3. Willie And The Hand Jive.

4. Circus Face.

5. Hippie From Olema #5.

6. Good And Dusty.

7. Let The Good Times Roll.

8. Drifting And Drifting.

9. Pontiac Blues.

10. The Moonshine Is The Sunshine.

11. Will The Circle Be Unbroken.

12. I'm A Hog For You Baby.

13. Light Shine.

 

Lowell “Banana” Levinger:chant,guitare,banjo,mandoline,piano.

Jesse Colin Young:chant,guitare,saxophone tenor.

Michael Kane:basse,chant,cor français.

Rick Anderson:harmonica.

Joe Bauer:batterie.

LP Studio 5 - 1972

 

Youngbloods high on a ridgetop

 

THE YOUNGBLOODS

HIGH ON A RIDGETOP -1972  3/5

 

Publié en 1972.

Produit par Stuart Kutchins,Stephanie Kennedy.

Durée:41:47.

Label:Warner Bros.

Genre:folk-rock.

 

Dans le ventre mou.

 

Un Speedo à l’architecture qui me séduit complètement, démarré a capella avant de s’embraser, en guise d’appétissante mise en bouche, relayé par un bon She Caught The Katy & Left Me A Mule To Ride, puis un blues de bonne famille, Going By The River, nous amènent agréablement sur la piste de Running Bear, l’indien courageux, amoureux de sa squaw Little White Dove. I Shall Be released, repris à Dylan, consiste en une belle prestation du tandem Young/Banana. Jusque là rien à redire, High On The Ridgetop (en écoute intégrale ici), c'est du bon Youngbloods, mais pas vraiment original, exception faite de Speedo.

Dreamboat, seul original à verser à leur crédit sur cet album, est un premier contretemps, avant un lot de reprises globalement bien interprétées, mais qui ne constituent pas le genre de chansons que l’on aimerait avoir ici (le jazzy She Came In Through The Bathroom Window, Donna, La Bamba et le Kind Hearted Woman de Robert Johnson).

High On The Ridgetop est diversifié et s’écoute ; il est toutefois du même tonneau que Good And Dusty, autrement dit inégal, manquant d’une vraie inspiration et d’originalité. Normal, c’est le dernier LP des Youngbloods, une formation qui tire la langue, à bout de souffle.

Dans ce contexte de fin de cycle entrevu, ce disque n’est pas vilain, mais évitons d’en faire des tonnes, il n’est pas le disque de l’année 72. Il s’en faut de beaucoup (RAZOR©)

 

1. Speedo.

2. She Caught The Katy & Left Me A Mule To Ride.

3. Going By The River.

4. Running Bear.

5. I Shall Be Released.

6. Dreamboat.

7. She Came In Through The Bathroom Window.

8. Donna.

9. La Bamba.

10. Kind Hearted Woman.

 

Jesse Colin Young:chant,guitare.

Michael Kane:basse,chant.

Lowell Banana Levinger:guitare,mandoline,piano,claviers,chant.

Rick Anderson:harmonica.

Joe Bauer:batterie.

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