Jesse Fuller.

BIOGRAPHIE.

 

JESSE FULLER/Jonesboro (Georgie - U.S.A)

 

Jesse fuller 1

 

Né le 12 mars 1896 à Jonesboro (Georgie).

Décédé le 29 janvier 1976 à Oakland (Californie).

Actif entre 1950 et 1976.

Labels:World Song,Good Time Jazz,Arhoolie.

Genre:blues.

Un Rémi Bricka avant l’heure.

Ce genre d’artistes comme Jesse Fuller, ça vous réconcilie avec la musique ; ça renvoie à leurs chères études les bricoleurs d’aujourd’hui qui pensent avoir tout inventé, les ceusses persuadés de faire de la musique et d’être bons. Il est des moments où il faut avoir l’humilité de se regarder dans une glace et de s’incliner sur le parcours de ceux qui l’ont façonné.

Jesse Fuller, homme-orchestre américain, chanteur de blues, est de cette race qui, avec quelques bouts de ficelle, du bidouillage et un peu d’imagination, construit matière à s’accompagner. Là où il rencontre des difficultés à réunir autour de lui d’autres musiciens pour pouvoir travailler, il crée son propre One-Man Band, jouant plusieurs instruments simultanément par la sollicitation de nombreuses parties de son corps. Belle leçon de détermination.

Couvert par les stars du moment.

Repris par des formations comme le Dead (Monkey And The Engineer et Beat It On Down The Line) ou par Hot Tuna et des artistes comme Clapton, Richie Havens, Peter Paul & Mary, qui ont tous couvert son chef d’œuvre, San Francisco Bay Blues, par Dylan qui ouvre son premier album avec un You’re no Good qui est de sa plume, Jesse « The Lone cat » Fuller devient rapidement l’idole de la génération hip de la côté ouest.

Né en Georgie à la fin du dix-neuvième siècle, Jesse a le parcours typique du black mal né. Maltraitance, malnutrition, racisme, fugue, enchaînement de petits boulots mal payés… il n’est que la musique qui peut éclairer son quotidien de gosse orphelin, abandonné puis adopté, finalement toujours livré à lui même.

Jesse fuller 2

Sur la scène de la baie de frisco.

On le retrouve alors, très jeune, à gratter au coin de la rue jusqu’à ce qu’il ne décroche un contrat dans un club de la Baie au début des années 50.

Avant d’en arriver là il enchaîne les boulots rudes : il casse des pierres dans une carrière, travaille durement dans un moulin à maïs, transporte péniblement de l’eau pour les équipes de la Southern Pacific Railway. Dans cet environnement quotidien, il croise la route de Big Estelle qui lui enseigne les rudiments de la guitare. Le reste il l’apprend en autodidacte.

Grâce à son titre le plus connu, San Francisco Bay Blues, il émerge sur la scène de l’Area Bay. C’est approximativement à cette époque que Fuller, qui a besoin d’une aide à l’accompagnement, donne le jour à un instrument de son invention : le fotdella, sorte de contrebasse activée via une pédale à partir de son pied droit, le gauche étant occupé à actionner des cymbales. En rajoutant un harnais pour l’harmonica et le kazoo, il dote son chant et son jeu de guitare (12 cordes) du soutien instrumental de base pour se lancer dans le grand bain. D’autant plus qu’il écrit ses propres textes.

Figure respectée du blues revival.

D’original régional, l’homme-orchestre Jesse Fuller passe à un statut d’artiste respecté, l’Europe lui réservant un accueil mérité à la fin des fifties. Concerts, festivals, contrats dans des clubs, il devient une figure de proue incontournable du blues revival américain. En Angleterre, Fuller se paie le luxe d’ouvrir pour les Stones et les Animals. Les années 60 et 70 sont celles pendant lesquelles il brille le plus, participant notamment au festival folk de Newport 1964.

Jesse fuller elijah wald

« Les musiciens étaient occupés à jouer, à courir le jupon ou à boire, alors Jesse Fuller a décidé de s’accompagner lui-même. Il a conçu un rack réunissant un harmonica, un kazoo et un micro, puis une basse activée via une pédale à partir de son pied droit, le gauche étant occupé à actionner des cymbales. Le fotdella, comme il l’a appelé, était une curiosité qui lui a assuré un fond musical solide. C’est ainsi qu’est né le premier homme orchestre du blues. » (Elijah Wald)

Artiste unique, digne et drôle, Jesse Fuller devient réellement musicien professionnel très tardivement, en 1951 ; cet anticonformiste notoire a 54 ans quand il écrit San Francisco Bay Blues, son titre majeur, et 58 ans quand il enregistre son premier 33 Tours (Folk Blues : Working On The Railroad With Jesse Fuller/1955).

Auteur et interprète de blues, Fuller compte aussi dans son répertoire des pièces de ragtime, des chansons folk, des airs populaires hérités de ses expériences de travailleur noir et des titres plus gospels. Plus qu’un bluesman, il est avant tout un chansonnier qui chante alors tout ce que le public du moment lui commande, persuadé qu’en répondant à ses désirs, cet ancien figurant du Voleur de Bagdad (Douglas Fairbanks) aurait ainsi la chance d’être entendu.

San Francisco Bay Blues.

Le titre qui a popularisé Jesse Fuller est couvert par une palanquée de folkeux en herbe au point de devenir une norme dans la profession. Enregistré en 1954 mais publié en 1955 pour World Song, le label de Margaret et Irwin Goldsmith. De Clapton à Dylan, en passant par les Flatlanders de Joe Ely, Lennon et McCartney, Janis Joplin, Mungo Jerry ou Paul Jones pour ne citer qu’eux, de nombreux artistes se sont approprié cette chanson originale qui n’a, hélas, pas percé dès sa sortie. Il faut attendre 1963 pour qu’il en soit ainsi, elle permet de relancer la carrière exubérante de son auteur, décédé en janvier 1976 dans une Californie qui avait son Jesse Fuller chevillée au cœur (RAZOR©).

LP Studio 1963

 

Jesse fuller san francisco bay blues

 

JESSE FULLER

SAN FRANCISCO BAY BLUES – 1963  5/5

 

Publié en 1963.

Produit par Lester Koenig.

Durée:35:56.

Label:Good Time Jazz.

Genre:blues,blues revival,country-blues,folk-blues,west coast blues.

 

One-Man Band.

 

L’album San Francisco Bay Blues (en écoute intégrale ici) paraît en 1963 sur l’étiquette Good Time Jazz, alors que le titre qui lui donne son nom brille depuis longtemps sur l’échiquier international.

C’est un classique dans tous les sens du terme et Jesse Fuller est alors le symbole de la West Coast Blues de cette époque 50’s/60’s.

L’intérêt de ce disque est de bien capturer la démarche du Fuller homme-orchestre et de saisir, dans une grande qualité sonore, les différentes composantes de son judicieux fotdella, sa géniale invention pour pallier le refus des musiciens de l’accompagner.

Son chant étant par ailleurs remarquable, il en résulte un LP authentique et vivant qui ne bénéficie d’aucun overdub. Dans cet environnement brut de décoffrage, on se délectera de toute la pièce, avec un coup de cœur pour Jesse’s New Midnight Special, John Henry, Stealin’ Back To My Old Time Used To Be, I Got A Mind To Ramble, Crazy About A Woman, Brownskin Girl et bien évidemment pour San Francisco Bay Blues.

A son écoute, on comprendra mieux pourquoi Jesse Fuller a été une source d’inspiration pour des générations entières de musiciens (RAZOR©).

 

1. San Francisco Bay Blues.

2. Jesse's New Midnight Special.  

3. Morning Blues.       

4. Little Black Train.   

5. Midnight Cold.

6. Whoa Mule.

7. John Henry.

8. I Got A Mind To Ramble. 

9. Crazy About A Woman.   

10. Where Could I Go But To The Lord.

11. Stealin' Back To My Old Time Used To Be.

12. Brownskin Girl.

       

Jesse Fuller:chant,guitare,guitare 12 cordes,harmonica,kazoo,cymbales.

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