John Lee Hooker.

BIOGRAPHIE.

 

JOHN LEE HOOKER/Mississippi (USA)

 

John lee hooker 1

 

Né, sous réserves, le 22 août 1912 à Tutwiler (Mississippi), décédé le 21 juin 2001 à Los Altos (Californie).

Actif entre 1943 et 2001.

Labels:Modern,VeeJay,Chess,Savoy,Atlantic,Verve,Bluesway,Atco,King,Specialty,Impulse,Point Blank.

Genre:blues.

 

L'enfant du Delta devenu superstar du blues.

Superstar du blues, il est difficile de situer avec exactitude l'année de naissance de John Lee Hooker. Entre le 17 et le 22 août 1912. Encore que l'année demande confirmation car certaines biographies avancent aussi 2017. Sur le lieu également, les avis autorisés ne convergent pas forcément. A Clarksdale, à côté de Clarksdale, à Tutwiler, dans le comté de Coahoma, dans celui voisin de Tallahatchie. Bref, c'est le flou complet et ce dont dont peut être quasi certain, c'est qu'il est né dans le Mississippi.

John Lee Hooker est un enfant du Delta dont il a hérité des premières influences musicales. Guitariste et chanteur, le King Of The Boogie fait l'unamité sur au moins deux points : son impact sur la musique moderne est déterminant et il est bien mort le 21 juin 2001, à Los Altos en Californie. Mais à quel âge ? A 83 ou à 88 ans ? Entre les deux ?

Fils de William Hooker, un métayer doublé d'un pasteur de confession chrétienne, et de Minnie Ramsey, John Lee naît dans une famille pauvre mais riche de nombreux musiciens ; c'est donc tout naturellement qu'il vient à la musique, le blues en l'occurence, mais c'est par son cousin Earl Hooker, un des plus grands guitaristes de blues de la scène de Detroit, qu'il est le plus influencé.

Sous l'oeil de William Moore.

Mais d'abord il en passe par le gospel pratiqué en chorale paroissiale, la musique religieuse étant le seul biais que le paternel, très autoritaire et strict, autorise à ses enfants. Au divorce du couple Hooker, John Lee franchira le cap qui le mène au blues et à la guitare dont il se révèle bon manieur. Sous l'oeil avisé de son beau-père William Moore, il apprend à maîtriser parfaitement l'instrument ; ce dernier lui enseigne la manière de jouer le blues primitif tel que chanté et joué par les esclaves.

John lee hooker jeuneJohn Lee Hooker, un enfant du Delta.

John lee hooker 1978John Lee Hooker en 1978.

John lee hooker elliottlandyUne centaine de chansons.

John lee hooker larry wilsonAvec Alan Wilson de Canned Heat...

John lee hooker hooker n heat..un Canned Heat qui relance sa carrière.

John lee hooker john belushi dan aykroyd the blues brothersLe John Landis des Blues Brothers (1980).

John lee hooker boom boomBoom Boom (1962), 16ème  du Billboard 100.

John lee hooker chapel of the chimes oaklandThe Chapel of The Chimes (Oakland).

Il sera la caractéristique du style John Lee Hooker durant toute sa carrière, style qui, au fil des décennies, trouve un écho favorable auprès de nouvelles générations de fans et dont bon nombre de ses contemporains artistes s'inspireront.

L'électricité pour se faire entendre.

Orphelin de son père à 15 ans, ce benjamin d'une famille de 10 enfants quitte très tôt, et sans jamais se retourner, le domicile maternel. Direction Memphis où le fugueur s'installe dans un premier temps, à Cincinatti ensuite, puis à Detroit où il vit en occupant de petits métiers souvent ouvriers dans l'industrie automobile. Ceux-ci lui permettent de bosser le jour et de se produire dans les clubs locaux le soir (1943), moyennant quelques engagements décrochés dans les bouges mal famés et grouillants de Black Bottom.

Dans ce cadre nocturne peuplé, comme il a acquis une petite popularité régionale, John Lee opte pour une guitare électrique afin de mieux se faire entendre d'un public bruyant et indiscipliné. Pour jouer des coudes dans cet univers musical impitoyable, l'option choisie s'avère déterminante pour la suite de son parcours : le son John Lee Hooker, agressif et énergique, vient se greffer sur son style déjà primitif et hypnotique, hérité du Delta rural.

Boogie Chillen.

Le Hook se fait progressivement un nom sur la place, au point d'attirer l'attention d'un disquaire métis répondant au nom d'Elmer Barbee ; ce dernier le met, en 1948, en relation avec Bernie Besman, lui-même producteur et fondateur du label Sensation Records, démarré un an plus tôt (août 1947).

John Lee Hooker, bègue, mais qui ne laisse rien paraître de son handicap dès qu'il chante, enregistre une démo en été 1948 (United Sound Studio). Une dizaine de titres publiés pour Sensation voit alors le jour. Parmi ces derniers, Boogie Chillen, un vieux standard de jazz appelé Mama Don't Allow, son premier single. Le hasard veut que cette chanson enregistrée une première fois dans de piètres conditions bénéficie d'une seconde chance. Besman demande alors à John Lee de rejouer ce morceau sur une cadence plus rapide. La guitare est amplifiée ; la voix agrémentée d'un écho et le bluesman équipé d'une capsule de soda logée sous le talon de sa chaussure.

Martelée par son pied, elle rythme ses mélopées pour donner le résultat musical que l'on connaît et faire de Boogie Chillen (Sally May en face B) un énorme succès  : plus d'un million d'exemplaires vendus et première place des charts R & B américains, en février 1949. Pour l'anecdote, en cédant les droits de Boogie Chillen à Modern Records, label de Los Angeles, ni Bernie Besman, ni John Lee Hooker, ne profiteront du jackpot.

Une centaine de chansons.

Derrière Boogie Chillen (Chillun à l'origine), le mississippian enchaîne avec une belle série de hits : Hobo Blues/Hoogie Boogie, Crawlin' King Snake/Drifting From Door To Door, tous top 10, cette même année 1949.

A l'instar de nombreux artistes du genre, le Hook connaît des années 50 difficiles à cause du racisme, d'une part, mais en raison de la poussée marquée du Rhythm & Blues, plus dansant. Il n'en publie pas moins quelques titres qui, une fois encore, prennent place dans les charts : en 1950, Sensation Records sort Huckle Up Baby/Canal Street Blues qui fait 15 ; L'année suivant, Modern Records y va d'un nouveau single, In The Mood/How Can You Do It qui se positionne en tête du Hot R & B. Ce même single occupe alors un honorable 30ème rang dans le Billboard 100.

I Love You Honey/You've Taken My Woman (1958/N°29) amorce le partenariat avec Vee-Jay Records pour lequel John Lee enregistre une flopée de chansons. On parle d'une centaine.

Boom Boom avant l'Europe.

Au début des 60's, Vee-Jay, label des premiers disques des Beatles chez l'Oncle Sam, compte alors parmi les plus prestigieuses maisons de disques noirs américains. La collaboration s'avère rapidement fructueuse, l'artiste, prolifique bien qu'illettré, signant sa chanson la plus populaire, Boom Boom.

Boom Boom (1962) se classe 16ème du Hot R & B et 60ème du Billboard 100. Trente ans plus tard (1992), ressortie pour les besoins d'une campagne publicitaire pour les jeans Lee, elle fait 16 dans les hits US, tandis qu'en 1995, elle est inscrite au Rock And Roll Hall Of Fame au titre des chansons ayant façonné le rock.

Néanmoins, le succès est mitigé et John Lee se pose mille fois la question de savoir s'il ne va finalement pas retourner travailler comme métayer. Dans le sillage de John Mayall et du British Blues Boom, des artistes anglais comme les Animals, les Stones ou les Yardbirds lui redonnent du crédit, ainsi qu'aux bluesmen américains comme Howlin' Wolf ou Muddy Waters. Hooker est alors régulièrement invité aux festivals européens où il fait grosse impression.

Hooker 'n' Heat relance JLH.

Grâce à ces formations britanniques émergentes, il retrouve un statut plus en rapport avec l'influence qu'il suscite partout ; aux Etats-Unis notamment, où il est installé depuis 1970 (en Californie) et où Canned Heat, star du blues-rock et du boogie, le sollicite pour réaliser un double album en commun : le brillant Hooker'N'Heat (1971), premier de ses LP à entrer dans le Billboard 200 : gros coup commercial, il s'y classe au 78ème rang. La carrière de John Lee Hooker est relancée.

Poussé par ABC Records, son nouveau label, il passe l'essentiel des années 70 à tourner et à enregistrer avec le milieu du rock : Joe Cocker (Free Beer And Chicken), Endless Boogie (Steve Miller) et Never Get Out Of These Blues Alive (Steve Miller, Van Morrison, Elvin Bishop, Mark Naftalin, Charlie Musselwhite). Mais à trop se disperser, il en perd ses fans traditionnels et, en 1974, ABC met un terme à son contrat.

John lee hooker fito parra

« Le meilleur artiste avec lequel j'ai jamais joué, c'est John Lee Hooker. Qui plus est, il était un excellent ami. » (Fito de la Parra)

 

Grammy avec Bonnie...

Il met à profit cet arrêt dans sa carrière pour, dans la deuxième moitié des 70's, sillonner le monde à la tête du Coast To Coast Blues Band, réunissant quelques jeunes musiciens san franciscains. En 1980, il incarne John Landis, un bluesman chicagoan, dans le film The Blues Brothers.

A la fin de la décennie, il collabore avec Carlos Santana, Los Lobos, George Thorogood, Charlie Musselwhite et Bonnie Raitt sur The Healer (62 au Billboard en 1989). Présent sur l'album, le titre I'm In The Mood (avec Bonnie Raitt) lui vaut de décrocher un Grammy au titre du meilleur enregistrement de blues traditionnel.

Un Lifetime Achievement Award pour finir en beauté.

En termes d'albums, la discographie de John Lee Hooker est conséquente (plus d'une centaine de LP). Les plus représentatifs de son œuvre sont House Of The Blues (1967), Hooker 'n' Heat (1971), Endless Boogie (1971), Never Get Out Of These Blues Alive (1972), The Healer (1989), Mr Lucky (1991), Chill Out (1995) et Don't Look Back, avec Van Morrison et en 1997 date à laquelle il se retire à 80 ans (sous réserves) et donne naissance à sa discothèque, le Boom Boom Room.

L'année précédant sa mort (2001), la cérémonie des Grammies lui décerne un Lifetime Achievement Award pour l'ensemble de son œuvre et de son parcours. Sa disparition laisse derrière lui 8 anfants, 19 petits-enfants et de multiples arrière-petits-enfants et referme une des pages séminales de l'histoire de la musique populaire américaine (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 14 - 1963

 

John lee hooker don t turn me from your door

 

JOHN LEE HOOKER

DON’T TURN ME FROM YOUR DOOR – 1963  5/5

 

Publié en février 1963.

Produit par Henry Stone.

Durée:31:52

Label:Atco Records.

Genre:blues.

 

De l'art à l'état brut.

 

Dépouillé et rugueux. C’est le moins que l’on puisse dire de cet excellent disque de John Lee Hooker, Don't Turn Me From Your Door (en écoute intégrale ici) mettant essentiellement l’accent sur l’organe vocal et la guitare électrique de l’enfant du Mississippi.

Don’t Turn Me From Your Door, publié en 1963, regroupe principalement des sessions de 1953 ne figurant pas parmi les titres les plus populaires du bluesman américain.

Cela ne justifie en rien de le bouder au risque de se priver d’un remarquable moment de vrai blues à l’ancienne, ce type de blues qui a influé sur les futurs pratiquants du genre.

La guitare est expressive, la voix, profonde, âpre mais sensuelle, vient de nulle part. Résultat : l’atmosphère est flippante, bien qu'un peu anarchique. C'est du JLH.

Partant de là, il s’impose à tout admirateur de ce maître es blues, un des plus grands du genre. Pour preuve: Stuttering Blues et son bégaiement délicieusement maîtrisé, Drifting Blues (de 1961 et repris à un confrere), Wobbling Baby, My Baby Don’t Love Me, Talk About Your Baby...(RAZOR©).

 

1. Stuttering Blues.

2. Wobbling Baby.

3. You Lost A Good Man.

4. Love My Baby.

5. Misbelieving Baby.

6. Drifting Blues.

7. Don't Turn Me From Your Door.

8. My Baby Don't Love Me.

9. I Ain't Got Nobody.

10. Real Real Gone.

11. Guitar' Lovin Man.

12. Talk About Your Baby.

 

John Lee Hooker:guitare,chant.

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