John Mayall

BIOGRAPHIE.

 

JOHN MAYALL/Macclesfield (Angleterre)

 

Mayall 0

 

Né le 29 novembre 1933 à Macclesfield (Angleterre).

Actif depuis 1956.

Label:DeccaDJMABCEagleSnapper, One-Way Records, PolydorSilvertone, GNP Crescendo,Forty Below Records.

Genre:blues,blues-rock,rock,british blues,blues électrique,R & B,jazz.

Site internet:www.johnmayall.com

 

Toujours verts à 83 ans.

John Mayall est actif dans la musique depuis 1956. Malgré la redondance que peut induire une longévité ancrée essentiellement dans le blues, en dépit de la fatigue et de l'usure nées de l'avancée dans l'âge (83 ans), le guitariste-claviériste-harmoniciste-auteur-compositeur-chanteur maxonien (habitant de Macclesfield), en rebondissant en 2013 auprès du label angelin Forty Below Records créé par Eric Corne, a, du même coup, donné un second souffle à sa carrière.

Si, pour la maison de disques, décrocher une telle prise de guerre relève du pari audacieux, la manœuvre marketing s'avère finalement fructueuse puisque le premier album du Godfather of The Blues pour l'étiquette californienne, A Special Life (2013), s'avère d'emblée une réussite autant critique que commerciale. Entre les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l'Europe, le Japon et l'Australie, 150 dates sont assurées à sa suite.

Depuis, cette collaboration n'a jamais failli, s'enrichissant même de nouveaux et brillants jalons discographiques. Les uns rappellent le passé glorieux de l'artiste : c'est le cas de Live 67 (2015) et de son volume 2, sorti un an plus tard (2016). Intercalé entre les deux, Find A Way To Care, énième LP studio, révélant un artiste frais et toujours vert. Oui, John Mayall, pionnier du blues british et icône incontestable du blues moderne est toujours dans le coup...

Mayall gratteJohn Mayall, le parrain du british blues.

Mayall guitareDes débuts il y a près de 60 ans.

Mayall 2Un seul crédo : le blues.

Mayall bluesbreakers claptonSes Bluesbreakers en mode Clapton...

Mayall beano...avec lesquels il signe un LP culte (Beano album).

Mayall bluesbreakers greenLes Bluesbreakers version Peter Green.

Mayall bluesbreakers taylorLes Bluesbreakers façon Taylor.

Une seule et vraie passion : le blues.

C'est au sud et à une heure de Manchester, à Macclesfield, que germe, entre jazz et blues, la passion de John Mayall pour la musique. Les disques du père Murray, guitariste de jazz amateur, les airs diffusés sur les radios l'orientent principalement vers des jazzmen comme Django Reinhardt, Eddie Lang, Charlie Christian, Pete Johnson, Albert Ammons, vers des bluesmen comme Big Bill Broonzy et Laedbelly, mais son influence principale s'appelle J.B Lenoir. Il dédiera au mississippien, dans les 60's, deux titres : The Death Of J.B Lenoir et I'm Gonna Fight For You que l'on trouve respectivement sur Crusade (1967) et The Turning Point (1969).

Autodidacte et original.

A 13 ans, il apprend seul le piano et développe son propre style tout en peaufinant sa maîtrise du boogie-woogie. L'apprentissage de la guitare et de l'harmonica viennent plus tard, toujours en autodidacte. Pour ce, il utilise le piano du voisin, des grattes d'occasion ou des guitares qu'il bricole et décore lui-même.

Ses premiers contacts avec la célébrité, John Mayall ne les connaît pas pour autant dans la musique. Profondément original, il fait une première fois parler de lui quand on découvre qu'il vit dans une cabane perchée dans un arbre qu'il a équipée d'un frigo et d'un pick-up.

Côté scolaire, il a une prédilection pour les activités artistiques et aime tout spécialement le dessin. Il a 14 ans quand il intègre un lycée spécialisé qui va le former à une carrière dans les arts graphiques. Après avoir passé trois années en Corée pour remplir ses obligations militaires, il revient, dès 1954, dans sa région natale et s'inscrit au Manchester College Of Art ; il y reste de 1955 à 1959. Sa passion pour la musique reste intacte, il se paie sa première guitare électrique à cette époque.

D'abord musicien en dilletante...

N'ayant pas de fenêtre de tir pour devenir musicien professionnel, John Mayall joue en dilletante avec des formations amateurs. Après avoir obtenu son diplôme, il répond favorablement à une offre de dessinateur pour un magasin, puis de graphiste en agence de pub, emplois qui l'occupent jusque l'âge de 30 ans. La roue tourne alors et la musique va progressivement prendre le dessus sur les arts. De hobby, il va progressivement en faire un métier.

En 1956, il fonde d'abord le Powerhouse Four avec Peter Ward, Ray Cummings, Roger Woodburn, Ricky Blears et que John Hammer rejoint ponctuellement. Le groupe évolue surtout dans les bals régionaux. Au début des 60's, il crée ensuite le Blues Syndicate, toujours avec Ray Cummings. Ils sont rejoints par John Rowlands, John Masarak et Hughie Flint. Le Blues Syndicate devient le groupe résident de La Bodega, club de jazz en vogue sur Cross Street.

C'est à Manchester qu'il est remarqué par Alexis Korner. Ce dernier lui demande d'ouvrir son passage au Twisted Wheel, autre club huppé mancunien et, convaincu du talent de John Mayall, l'invite à tenter sa chance sur Londres.

Persuadé que son avenir professionnel est dans la capitale, il accède à la proposition de Korner, lequel le met en relation avec des musiciens de la place et des directeurs de clubs comme le Ricky-Tick ou le Flamingo, antres du blues et du R & B de l'époque.

...puis pro avec les Bluesbreakers.

Ca tombe bien, c'est la musique qu'il aime jouer et, grâce à Alexis Korner et Cyril Davies, elle devient populaire. John Mayall va alors prendre toute sa part dans le développement de ce nouveau courant en passe de devenir le british blues.

Une fois dans la place, le mancunien se met en quête de monter une formation qui tienne la route dans le blues. Fin 1963, une première mouture se dégage autour de John Mayall. Elle comprend l'ami batteur Peter Ward, le guitariste Bernie Watson et le bassiste John McVie ; il lui donne le nom de Bluesbreakers, un label pour ce qui est de la pépinière pour jeunes talents se profilant, une référence qui va durer jusqu'en 2008. A 30 ans, John Mayall lance enfin sa carrière.

Les Bluesbreakers tapent dans l'oeil de Mike Vernon de la maison Decca Records et qui compte à son actif la production de quasiment tout le gratin blues des 60's. John Mayall et ses Bluesbreakers sortent très vite un single, Crawling Up A Hill.

Partie prenante du développement du british blues.

Il sort début mai 1964 et implique Mayall, McVie, Watson et Martin Hart (batterie), un line-up différent de celui figurant derrière le même titre apparaissant sur le premier album du groupe John Mayall Plays John Mayall (1965).

Ce premier disque est live, enregistré à Klooks Kleek le 7 décembre 64. L'incarnation des Bluesbreakers est alors réaorganisée comme suit : John Mayall et John McVie, Roger Dean à la guitare et Hughie Flint à la batterie constituent déjà la quatrième version des Bluesbreakers.

Roger Dean quitte les Bluesbreakers en avril 1965 ; il rebondira avec le succès que l'on connaît dans les arts graphiques devenant le concepteur-illustrateur de nombreuses pochettes du rock, celles de Yes notamment. Il est remplacé par Eric Clapton, transfuge des Yardbirds avec lesquels il tombe en disgrâce pour divergence artistique.

De Beano à Taylor.

Avec Clapton, Mayall décroche le gros lot. Musicalement comme en termes de popularité. L'opus Bluesbreakers With Eric Clapton, sorti en juillet 1966, traduit la réussite de cette collaboration. L'album est un succès commercial énorme. Considéré comme culte, il est enregistré par une septième légion des Bluesbreakers : Mayall, McVie, Flint et Clapton.

Eric Clapton, parti former Cream avec Jack Bruce, lui-même un ancien de la maison Bluesbreakers, a déjà quitté le groupe quand l'album, appelé aussi « Beano », sort dans les bacs. Ce disque est aujourd'hui une référence du british blues boom.

La perte de Clapton est compensée par l'arrivée de Peter Green en lequel John Mayall croît beaucoup. Moins le public qui le siffle à chacune des apparitions publiques des Bluesbreakers. A Hard Road, deuxième LP studio, publié en février 1967, met tout le monde d'accord.

Peter Green est un très grand guitariste ; Mayall a vu juste. Côté Bluesbreakers sont alors recensés Mayall, Green, McVie, Flint relayé par Aynsley Dunbar, John Almond et Alan Skidmore, Ray Warleigh. A Hard Road figure en 8ème place des charts britanniques, un des meilleurs scores de la carrière du bluesman blanc.

Mick Fleetwood, pigiste sur l'album précédent et Peter Green partent alors fonder Fleetwood Mac renforçant un peu plus le statut de formateur de Mayall. Ces turn-over incessants n'affectent en rien le leader des Bluesbreakers qui, dès la fin de l'année 67, rebondit sur un LP solo, The Blues Alone.

Intime, son premier album personnel, enregistré en une journée, se démarque de sa production avec les Bluesbreakers. Réalisé pour Ace Club Of London Records, une division de Decca, ce jet de Mayall revient au blues dans toute sa simplicité. Il assure tous les instruments, accompagné du seul Keef Hartley à la batterie.

Mayall 3

« Le blues a emporté l’enthousiasme de toute la jeunesse à l’époque. C’était nouveau et ça se passait dans les clubs. Plein de gamins y ont vu une nouvelle façon de parler, le moyen de pouvoir enfin exprimer des choses jusque là indéfinissables dans leurs vies. Et ce n’était pas que sur le plan musical : cela s’est traduit dans la mode, dans le cinéma, dans la littérature, la poésie… Ca a déboulé comme ça, ça collait parfaitement aux besoins d’une époque. C’était une vraiment nouvelle vague qui a déferlé de  façon tellement soudaine. » (John Mayall)

Le parrain du blues.

Mayall n'abandonne pas l'idée des Bluesbreakers pour autant. Il les réactive même en reformant une onzième incarnation, celle qui donne au jeune Mick Taylor, futur Rolling Stones, l'occasion de s'exprimer alors qu'il n'a que 18 ans.

Cette nouvelle version (Mayall, Taylor, McVie, Hartley et les saxophonistes Chris Mercer et Rip Kant) signe Crusade (septembre 1967), troisième volet d'une trilogie mémorable. Taylor reprend avec talent et culot le flambeau porté par Clapton et Green.

John Mayall, devenu multi-instrumentiste, est le liant qui propulse une nouvelle fois les Bluesbreakers sous les projecteurs. Tout cela en deux ans. De quoi mériter la reconnaissance du blues tout entier dont il est devenu le Godfather, autrement dit le parrain.

(Suite page suivante)

La tournée américaine consacre Mayall et sa formation (1968). Sur les terres où le blues est né, tout un symbole. En janvier de cette année apparaît sur le marché un live, The Diary Of A Band (volume 1 et 2) ; il dévoile un groupe encore chamboulé dans lequel pointent désormais des têtes nouvelles comme Dick Heckstall-Smith, Keith Tillman (basse).

Ce line-up évolue encore dès Bare Wires (juin 1968) avec les arrivées de Henry Lowther (cuivres), Tony Reeves et Jon Hiseman, ces derniers constituant la nouvelle rythmique. Mick Taylor en est toujours le guitariste. Bare Wires, pour la première fois, se classe au Billboard 200 (N°59), signe de la réussite du passage des Bluesbreakers chez l'Oncle Sam.

Le Mayall de Laurel Canyon.

Il est alors temps pour Mayall de s'octroyer une trêve de quelques semaines, histoire de souffler un peu. Son congé, il le met à profit en s'accordant un séjour en Californie. A Los Angeles où il s'installe, et Laurel Canyon dont il s'éprend. C'est le quartier où vit le gratin de la musique du moment et où règne un esprit libertaire et quelque peu débridé. Autrement dit, à des années-lumière d'une Angleterre alors sur le déclin. Il y vivra de 1969 à 1979.

Mayall 1Toujours vert en 2016.

Mayall 4Relancé par Forty Below Records.

Mayall find a way to careFind A Way To Care, dernier LP en 2015.

Dernier LP pour Decca avant de rebondir chez Polydor et premier après avoir mis un terme aux Bluesbreakers (juillet 68), Blues From laurel Canyon (décembre 1968) est le reflet de cette expérience californienne et de ses rencontres, notamment avec Canned Heat (The Bear).

Inspiré, imaginatif, visionnaire, transcendé, John Mayall, toujours secondé par l'étincelant Taylor, fait passer le blues dans une dimension supérieure et signe là un des plus grands disques de british blues des 60's, pour ne pas dire de tous les temps.

Dès lors, professionnellement, John Mayall se produit sous son seul nom.

Pour ses nouveaux desseins, il met sur pied une nouvelle formation dont la première surprise est de constater qu'elle est acoustique et sans batteur. Jon Mark (guitare), Steven Thompson (basse) et John Almond (saxophone et flûte) encadrent son projet articulé entre folk, jazz et blues. Mick Taylor, parti pour les Stones, n'est plus dans les plans.

Le blues poussé dans ses retranchements...

Si John Mayall joue la carte de l'audace et de la surprise, force est de reconnaître que sa nouvelle offre, une fusion jazz/blues, est séduisante.

The Turning Point (novembre 1969), enregistré au Fillmore de New York dans le cadre d'une tournée américaine et constitué d'un répertoire d'originaux, installe l'artiste dans la légende.

Personne n'avait poussé le blues dans de tels retranchements avant lui, ce qu'il livre ici est prodigieux. On peut s'avancer sans risques en disant que The Turning Point (11 des charts britanniques, 32 aux Etats-Unis ) est sa dernière grande œuvre.

Avec plus de 500.000 exemplaires écoulés, c'est, en tout cas, son disque se vendant le plus.

Les 70's n'ont pas la même saveur, même si Empty Rooms (avril 70), supposé donner une suite studio au live précédent, et le blues électrique USA Union (avec Don Sugarcane Harris, Harvey Mandel et Larry Taylor), toujours la même année, limitent la casse. Au-delà, la carrière de Mayall, désormais habitant de Laurel Canyon, prend, à quelques exceptions près, une tournure moins intéressante.

puis une longue traversée du désert.

Un album commémoratif avec tous les musiciens l'ayant côtoyé depuis ses débuts avec les Bluesbreakers (Back To The Roots/1971), un remarquable LP de fusion jazz/blues (Jazz/Blues Fusion/juin 1972) avec de nouveaux musiciens américains, une prolongation live dans la même veine et aussi réussie (Moving On/1973), une oeillade discographique nostalgique sur sa décennie traversée depuis Manchester (Ten Years Are Gone/septembre 1973) sauvent les meubles de ses seventies musicales.

Celles-ci, malgré le passage chez ABC Records (New Year New Band New Company, Notice To Appear, A Banquet In Blues, Lots Of People, A Hard Core Package, The Last Of British Blues), puis chez DJM (Bottom Line, No More Interviews et Road Show), ne sont incontestablement pas ses années. Pour couronner le tout, un incendie ravage sa maison de Laurel Canyon et DJM fait faillite.

John Mayall renaît de ses cendres en relançant un nouveau Bluesbreakers en 1984 ; il en conserve l'usufruit jusqu'en 2008 avant de l'abandonner à nouveau, au motif qu'il ne colle plus à l'idée qu'il a de ses projets ; depuis, il continue à les développer sous sa propre identité et s'en sort plus qu'honorablement au regard de ses derniers albums. Il est redevenu John Mayall et il est toujours aussi peu disposé à passer la main. Que voulez-vous, il est connecté au blues depuis sa jeunesse et c'est impossible de l'en débrancher (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE JOHN MAYALL & THE BLUESBREAKERS.

LP Studio 1 - 1966

 

Mayall beano

 

JOHN MAYALL BLUESBREAKERS

WITH ERIC CLAPTON – 1966  5/5

 

Publié en juillet 1966.

Produit par Mike Vernon.

Durée:37:06.

Label:Capitol Records.

Genre:blues-rock.

 

Sur le cul !

 

PHE-NO-ME-NAL! C’est le moins qui puisse être dit à propos de cet album de blues-rock, réunissant un parterre d'acteurs explosif : Mayall, Clapton (ex-Yardbirds et futur Cream), McVie et Flint. Les deux premiers ne sont ni plus, ni moins que les légendaires artistes que l’on connaît, respectivement le parrain du blues et le plus grand guitariste du moment ; McVie est un bassiste de grand talent qui s’exprime toujours sous Fleetwood Mac et Hughie Flint (futur Manfred Mann), batteur, certes moins connu, mais à la hauteur de ses collaborateurs.

D’entrée de jeu, All Your Love (Willie Dixon et Otis Rush) vous colle au plafond. Mais ça sort d’où ce son ? C’est ce que je me suis dit, en 1966, quand le LP est sorti. Jamais entendu un truc pareil ! Sidérant ! Toute notre génération est sur le cul. Un souffle balaie tout sur son passage.

C’est infernal. La rythmique est lourde et le jeu de guitare de Clapton chaloupé, fluide. La Gibson Les Paul, couplée à un ampli Marshall, n’avait jamais sonné ainsi. Le son du rock va prendre date dans ce déferlement de Panzer Division. Inutile de dire que ce disque de blues-rock a influencé des flopées de musiciens.

Composé de standards du blues empruntés au catalogue des sommités en la matière, Freddie King, Robert Johnson, Otis Rush, de titres composés par John Mayall seul, ou conjointement avec Clapton, cet album sert bien les intérêts du God qui, une fois le disque achevé, referme la parenthèse John Mayall/Blues Breakers, prend le cigare et s’en va créer les Cream avec Bruce et Baker, tandis que Peter Green, un autre futur Fleetwood Mac, prend la suite.

Ce disque, appelé l'album Beano (en écoute intégrale ici) au regard du magazine illustré que feuillette Clapton sur la pochette, a donc une double casquette : historique et culte. Et Mayall là dedans ? Sa voix fait le reste. Multi instrumentaliste, on le trouve aux claviers, au piano, à la guitare et au chant.

50 ans plus tard, c’est toujours aussi chaud. S’il est un Mayall que vous devez avoir, c’est celui-ci. C’est culte, vous dis-je. Culte ! C’eut été un disque de blues supplémentaire, sans la performance de Clapton mais là… je n’ai pas connaissance de mieux dans le genre (RAZOR©).

 

1. All Your Love
2. Hideaway.
3. Little Girl.
4. Another Man.
5. Double Crossing Time.
6. What'd I Say.
7. Key To Love.
8. Parchman Farm.
9. Have You Heard.
10. Ramblin' On My Mind.
11. Steppin' Out.
12. It Ain't Right.

John Mayall:chant,orgue,piano,harmonica.

Eric Clapton:guitare,chant,

John McVie:basse.

Hughie Flint:batterie.

 

LP Studio 2 - 1967

 

Mayall a hard road

 

JOHN MAYALL & THE BLUESBREAKERS

A HARD ROAD – 1967  5/5

 

Publié en février 1967.

Produit par Mike Vernon.

Durée:37:13.

Label:Decca, London (U.S.A).

Genre:blues,blues-rock.

 

L’heure du Green God.

 

Après le fracassant Bluesbreakers With Eric Clapton (1966), John Mayall apporte une deuxième pièce de choix et consécutive au patrimoine du blues british : A Hard Road (en écoute intégrale ici), publié en février 1967. Le line-up change, la performance demeure.

Mayall a cette particularité de s’entourer, et de révéler surtout, de jeunes musiciens talentueux. Exit The God à la guitare, Peter Green s’y colle à son tour. Aynsley Dunbar à la batterie, John Almond et Alan Skidmore au saxo, ainsi que John McVie entourent ici un John Mayall, très attendu par la critique et qui doit rendre des comptes en cas d’échec d’A Hard Road.

Ne remplace pas Clapton qui veut. Seulement voilà, le God a plus la tête à faire fructifier son talent au plus vite et Papy Mayall, en fixant son choix sur Peter Greenbaum, dit Green sait qu’il joue gagnant, tant le Green God (surnom de Peter) est monstrueusement doué. B.B King, sommité en la matière, disait de lui que le futur Mac était le seul dont il avait réellement peur.

John Mayall, rompu aux choses de la musique, ne fait jamais les choses à la légère. Au travers de l’écoute de ce troisième album, la décision du chef s’avère donc judicieuse. Peter Green, charmant compagnon de travail et partageant aussi le domicile du Maître, s’intègre vite et bien, colle au plus près des desseins des Bluesbreakers.

La remarque vaut moins pour Dunbar (voir sa prestation en solo sur Rubber Duck), plus démonstratif, formant, avec McVie, une rythmique très efficace, mais qui ne dure pas. A Hard Road, derrière lequel on retrouve Mike Vernon à la production, révèle un blues électrique dans toute sa splendeur.

Ouvert avec le morceau titre par lequel Peter Green (qui chante aussi) montre, sans trop en faire et sans tarder, que le costume qu’il endosse n’est pas trop grand pour lui, l’album est partagé entre les bons originaux de Mayall (A Hard Road, It’s Over, Another Kinda Love, Hit The Highway, Leaping Christine, There’s Always Works, Top Of The Hill et Living Alone), l’apport croustillant de Green (The Same Way, l’extraordinaire The Supernatural) et les reprises bien senties de classiques du Chicago Blues (You Don’t Love Me de Willie Cobb, The Stumble et Someday After A While de Freddie King, Dust My Blues d’Elmore James).

Ce Peter Green prépare le terrain au futur Fleetwood Mac C’est un grand disque, avec de grands acteurs, pour de superbes moments…(RAZOR©).

 

1. A Hard Road.

2. It's Over.

3. You Don't Love Me.

4. The Stumble.

5. Another Kinda Love.

6. Hit The Highway.

7. Leaping Christine.

8. Dust My Blues.

9. There's Always Work.

10. The Same Way.

11. The Supernatural.

12. Top of The Hill.

13. Someday After a While (You'll Be Sorry).

14. Living Alone.

 

John Mayall:chant,guitare,harmonica,piano,orgue.

Peter Green:guitare,chant.

John McVie:basse.

Hughie Flint,Aynsley Dunbar:batterie.

John Almond,Alan Skidmore:saxophones.

Ray Warleigh:instruments à vent.

 

LP Studio 3 - 1967

 

Mayall crusade

 

JOHN MAYALL & BLUEBREAKERS

CRUSADE – 1967  3,5/5

 

Publié le 1er septembre 1967.

Produit par Mike Vernon.

Durée:45:50.

Label:Decca (UK),London (USA).

Genre:blues-rock.

 

Les Bluesbreakers en mode Taylor.

 

Après Dean, Clapton et Green, les Bluesbreakers de Mayall voient un quatrième guitariste de rang rejoindre le groupe, et pas des moindres : Mick Taylor, 19 ans à peine (il remplacera Brian Jones chez les Stones, suite au décès de ce dernier, en 1969).

L’album qui accueille ce jeune surdoué, déniché par le fin limier qu’est John Mayall, s’appelle Crusade (en écoute intégrale ici) et s’inscrit dans le sillage d’un EP de 4 titres, fait pour Decca Records, avec Paul Butterfield.

La particularité des line-up de Mayall étant de tourner, la formation qui assure les enregistrements de Crusade s’articule autour de Mayall, bien sûr, de McVie, pas encore parti pour Fleetwood Mac (ce qui ne saurait tarder), de Keef Hartley, une nouvelle trouvaille du Godfather of British Blues, de Taylor, ainsi que des saxophonistes Rip Kant (sax baryton) et Chris Mercer (sax ténor).

Mayall, comme dans l’album précédent, intègre quelques cuivres. Toute l’attention porte ici sur la prestation du gamin de Hatfield, Taylor. N’est pas Clapton ou Green qui veut, le petit l’apprend à ses dépens.

Moins bon que les deux LP précédents, Bluesbreakers et A Hard Road, Crusade, mélange les standards du blues et les originaux de Mayall, parmi lesquels un hommage à JB Lenoir, dont la mort dans l’anonymat provoque une réaction épidermique chez Mayall.

Remonté comme un coucou suisse contre la presse rock coupable, à ses yeux, de marginaliser le blues, le bluesman de Manchester part en croisade pour réhabiliter la musique qu’il défend et témoigner toute sa gratitude à cette minorité artistique. D’où le titre, Crusade.

Moins bon, Crusade brasse les genres mais n’en propose pas moins quelques merveilleuses offrandes, telles que Snowy Wood, la piste-phare de l’album, instrumental coécrit par le tandem Mayall/Taylor et dont la prestation du dernier, tout en fluidité, en maturité, en habilité, en originalité, en sensibilité et en improvisation, n’est pas loin de faire oublier les anciens titulaires au poste.

Son jeu sur Driving Sideways (Freddie King) est surprenant pour un jeune de son âge. Oh Pretty Woman (Albert King), Me And My Woman (Little Joe Blue), I Can’t Quit You Baby de Willie Dixon, le Sonny Boy Williamson du nom de Checkin’ Up On My Baby et My Time After A While (Buddy Guy) sont toutes des reprises bien ficelées et restituées à l’identique.

Dans son ensemble, Crusade accroche, mais, personnellement, je ne partage pas l’apport de la section cuivres, fut-elle bonne. Pour amoureux du blues et de Mayall (RAZOR©).

 

1. Oh, Pretty Woman.

2. Stand Back Baby.

3. My Time After A While.

4. Snowy Wood.

5. Man Of Stone.

6. Tears In My Eyes.

7. Driving Sideways.

8. The Death Of J.B. Lenoir.

9. I Can't Quit You Baby.

10. Streamline.

11. Me And My Woman.

12. Checkin' Up On My Baby.

 

John Mayall:chant,claviers,harmonica,guitare slide.

John McVie:basse.

Mick Taylor:guitare solo.

Keef Hartley:batterie,percussion.

Rip Kant:saxophone bariton.

Chris Mercer:saxophone tenor.

 

LP Studio 4 - 1968

 

Mayall bare wires

 

JOHN MAYALL & THE BLUESBREAKERS

BARE WIRES – 1968  5/5

 

Publié en juin 968.

Produit par Mike Vernon,John Mayall.

Durée:45:20.

Label:Decca (UK),London (USA).

Genre:jazz-rock,blues-rock,blues,jazz/blues.

 

Jazz-blues ou blues-jazz.

 

Bare Wires (en écoute intégrale ici), sorti sur Decca Records, en 1968, n’est pas l’album de Mayall (et des Bluesbreakers) le plus facile d’accès. Cet hermétisme explique la raison pour laquelle il est généralement et toujours sous-estimé. Mais qu’est-ce qu’il est bon…

John Mayall, c’est le blues dont il est le précurseur sur le sol européen, l’ambassadeur et le défenseur. Il en est tellement imprégné qu’il part en croisade contre ceux qui ne lui accordent pas le crédit et la place nécessaires, comme en témoigne son album Crusade, le dernier qu’il ait réalisé avec les Bluesbreakers.

Ces derniers reviennent une dernière fois aux affaires pour Bare Wires, autour d’un line-up encore une fois chamboulé. Depuis Crusade, seuls Mick Taylor et le saxophoniste Chris Mercer demeurent fidèles au bluesman blanc.

La section rythmique est partie : le batteur Keef Hartley est remplacé par Jon Hiseman, tandis que John McVie, jusqu’alors fidèle, a été séduit par les arguments de Peter Green et Mike Fleetwood (ex-Bluesbreakers) pour s’engager dans Fleetwood Mac. Tony Reeves reprend la basse laissée vacante. Dick Heckstall-Smith et Henry Lowther, respectivement au sax et au violon, intègrent également l’équipe.

John Mayall, c’est le blues, disais-je. C’est ce que l’on pense jusqu’à ce que l’on écoute les premières phases de ce disque. A la surprise générale, Bare Wires commence de manière étrange, avec des sons venus tout droit d’instruments avec lesquels l’univers musical du Mayall d’alors, ne nous a jamais familiarisés : harmonium, clavecin, violon, instruments exotiques, cuivres.

La randonnée de 22 minutes, scindée en six mouvements, dans laquelle il nous entraîne sans sommations, tient plus du jazz–rock de Colosseum (Reeves, Heckstall-Smith et Hiseman fonderont ce groupe la même année) que de son répertoire habituel.

Le John Mayall de Bare Wires se veut expérimental, audacieux ; élevé au biberon du Delta du Mississippi, Papy John ne s’éloigne pas pour autant du blues qu’il affectionne et pour lequel il mourra, c'est sûr. Il cherche son concept, comme c’est en vogue en cette fin des sixties.

Sa suite expérimentale étirée (la pièce principale du disque) évoque diverses atmosphères, différents styles et laisse l’initiative aux musiciens, qui y vont de leur exhibitions instrumentales (Taylor frise l’excellence à la guitare), de leur solis de sax (Heckstall-Smith fut un membre très actif de la scène jazz londonienne des années 50, avec Graham Bond et Alexis Korner), de batterie (Jon Hiseman) et de basse (de Reeves ; c’est plus surprenant). Comme c’était courant dans le jazz du papa de Mayall et par lequel, il fut indéniablement influencé…

La deuxième partie de Bare Wires est plus variée et plus classique. I’m A Stranger est un émouvant blues à combustion lente, No Reply, plus blues-rock, et Hartley Quits, un bel instrumental jazzy. Killing Time, blues jazzy, voit une participation très inventive à la slide de Mick Taylor (excellent aussi sur I Started Walking), pour soutenir la voix grave de Mayall, pas forcément le meilleur chanteur que j’ai connu.

She’s Too Young a du rythme et Sandy clôture sur une excellente note un disque oublié, pourtant 3ème dans les classements UK et N° 59 du Bilboard 200 US (RAZOR©).

 

1. Bare Wires (Suite).

- Where Did I Belong.

- I Started Walking.

- Fire.

- Open Up A New Door.

- I Know Now.

- Look In The Mirror.

2. I’m A Stranger.

3. No Reply.

4. Hartley Quits.

5. Killing Time.

6. She’s Too Young.

7. Sandy.

 

John Mayall:chant,harmonica,piano,clavecin,orgue,harmonium,guitare.

Mick Taylor:lead guitare,guitare hawaïenne.

Chris Mercer:saxophone ténor et baryton.

Dick Heckstall-Smith:saxophone ténor et soprano.

Jon Hiseman:batterie,percussions.

Henry Lowther:cornet,violon.

Tony Reeves:basse.

DISCOGRAPHIE JOHN MAYALL STUDIO 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1967

 

Mayall the blues alone

 

JOHN MAYALL

THE BLUES ALONE – 1967  3,5/5

 

Publié en 1967.

Produit par Mike Vernon,John Mayall.

Durée:40:17.

Label:Ace Of Clubs Records.

Genre:blues.

 

Le blues basique.

 

Paru tout de suite après Crusade, The Blues Alone (en écoute intégrale ici) est le premier album de John Mayall, pour lequel il se prive des Bluesbreakers. Pour bien démarquer son travail en solitaire de celui collectif, ce LP intime, est réalisé sous label Ace Of Clubs Records, une division de Decca au Royaume-Uni (1967).

Il y privilégie le blues dans ce qu’il a de plus simple et basique en assurant lui-même tous les instruments (guitare, orgue, piano, basse, harmonica et même batterie) et le chant, avec pour seul allié Keef Hartley, batteur ayant intégré les Bluesbreakers, lors du dernier disque.

The Blues Alone, censé le mettre enfin en évidence, après les épisodes Clapton, Green et Taylor, n’atteint pas toujours sa cible, malgré un lot de titres de qualité. De là à faire l'impasse...

Broken Wings, Sonny Boy Blue, No More Tears, Brown Sugar, Cancelling Out, Marsha’s mood… accordez-vous ces petits plaisirs et faites-fi des avis qui tendent à descendent en flèche ce premier disque solo (RAZOR©).

 

1. Brand New Start.

2. Please Don't Tell.

3. Down The Line.

4. Sonny Boy Blow.

5. Marsha's Mood.

6. No More Tears.

7. Catch That Train.

8. Cancelling Out.

9. Harp Man.

10. Brown Sugar.

11. Broken Wings.

12. Don't Kick Me.

 

Keef Hartley:batterie.

John Mayall:chant,piano,célesta,orgue,harmonica,guitare,basse,batterie.

 

LP Studio 2 - 1968

 

Mayall blues from laurel canyon

 

JOHN MAYALL

BLUES FROM LAUREL CANYON – 1968  5/5

 

Publié en novembre 1968.

Produit par Mike Vernon,John Mayall.

Durée:47:59.

Label:Decca.

Genre:blues.

 

Parfait !

 

Après l’intermède expérimental jazz blues constitué par l’excellent Bare Wires, John Mayall poursuit sans ses Bluesbreakers, sans la section de cuivres, mais avec Mick Taylor.

Les nouvelles têtes encadrant les deux rescapés de la mouture précédente sont Steve Thompson, jeune et talentueux bassiste, ainsi que Colin Allen à la batterie (ex Zoot Money avec Andy Summers de Police et futur Stone The Crows).

Le Mayall de Blues From Laurel Canyon (en écoute intégrale ici) refait du bon vieux blues de derrière les fagots en revenant à ses racines. Le moins que l’on puisse dire est que cet artiste, au top de son art, meilleur chanteur que dans le passé (c’est la première fois que je le trouve vraiment bon à ce poste), parfait quel que soit l’instrument qu’il joue (orgue, guitare, harmonica), n’a pas perdu ses repères avec le genre qu’il affectionne.

A croire que le séjour angelin (Los Angeles) de trois semaines (chez Zappa et ses potes) qu’il s’est octroyé au milieu d’harassantes tournées, l’a revigoré, tant Blues From Laurel Canyon (nom du quartier alors en vogue à L.A.), enregistré en à peine trois jours à Londres (entre le 26 et le 28 août 1968), est une merveille musicale.

Ces vacances chez l’Oncle Sam, si elles ont exorcisé ses états d’âme du moment, elles lui ont également ouvert les yeux sur la suite à donner à sa carrière ; c’est la raison pour laquelle Mayall recentre l’affaire sur sa personne, en écartant une formation devenue trop lourde à porter et en ne laissant qu’une infime part aux autres accompagnateurs restants.

Dans ce contexte, Mick Taylor, le plus doué du line-up en place, parvient à tirer son épingle du jeu en exploitant les rares possibilités qui lui sont offertes, de s’exprimer. Il s’y engage sans retenue, avec maîtrise et fluidité.

L’album, sorte de journal intime, y gagne en excellence. A feuilleter comme le récit chronologique de cette expérience américaine, Blues From Laurel Canyon débute par le vrombissement d’un réacteur, aveu de son décollage anglais et de son envol pour la terre californienne.

Lui, un des pères fondateurs du British Blues, que va-t-il chercher de l’autre côté de l’Atlantique ? La réponse est dans ce deuxième album solo (après The Blues Alone), autobiographique, composé de vignettes affichant l’humeur du moment. Mayall relate, avec simplicité et sans pudeur, son expérience américaine, avec des mots et des notes.

Il marque surtout la fin d’une époque qui a vu le bluesman blanc s’effacer devant ses élèves, perdant, dans le sillage de ce disque, le dernier surdoué de la classe, en la personne d’un Mick Taylor attiré par les sirènes stoniennes. Il clôt aussi la relation contractuelle avec Decca, au profit de Polydor.

Cela fait beaucoup de choses pour un seul homme, décidé à laisser son avenir entre ses seules mains et qui rebondit, un peu plus tard à… Laurel Canyon. De cette époque déterminante sur le plan artistique et professionnel, il reste ce disque culte, enregistré par un quatuor vieux de deux semaines seulement.

Chronologiquement vécu par l’homme et merveilleusement restitué par l’artiste en une sorte de concept, ce pèlerinage récréatif personnel génère des travaux qui confinent au sublime. Son blues rock enchaîné (tous les titres s’imbriquent l’un dans l’autre), teinté de notes psychés, révélé par ses humeurs américaines, a valeur de référence pour le blues.

Vacation (et son vrombissement de moteur) situe le départ de cette aventure américaine. Mayall arpente le fameux boulevard (à l’harmonica, sur Walking On Sunset), évoque le lieu de villégiature dont Frank Zappa est le proprio (au piano pour Laurel Canyon Home et 2401), y rencontre une charmante dame, (Ready To Ride), vraisemblablement la Miss James (titre N°9) qui lui tourneboule la tronche et le cœur, contre laquelle il s’emporte (Somebody’s Acting Like A Child), pour laquelle il s’émeut (First Time Alone), ou dont il s’éprend dans un corps à corps torride (Long Gone Midnight), implore Medecine Man (psychédélique) pour panser ses plaies d’amour, témoigne sa sympathie à Canned Heat (avec lequel il a joué) et plus particulièrement au gros, Bob Hite (The Bear), avant de reprendre, le cœur gros, un vol pour l’Angleterre (Fly Tomorrow).

Blues From Laurel Canyon est un très grand disque du leader du blues british ; son chant est en tous points remarquable, tendre, révélateur des émotions vécues et des plaisirs partagés ; son passage d’un instrument à l’autre se fait au rythme et à l’intensité de ses humeurs.

Soutenu par des minots domestiqués, Mayall, qui rappelle Peter Green pour une pige (First Time Alone), accorde un unique blanc-seing à Mick Taylor. Il n’aura jamais à le regretter. Son solo dans Vacation est éternel et son intervention dans The Bear (dont l’intro rappelle quelque chose…) fait des merveilles. Le meilleur de Mayall (RAZOR©)

 

1. Vacation.

2. Walking On Sunset.

3. Laurel Canyon Home.

4. 2401.

5. Ready To Ride.

6. Medicine Man.

7. Somebody's Acting Like A Child.

8. The Bear.

9. Miss James.

10. First Time Alone.

11. Long Gone Midnight.

12. Fly Tomorrow.

 

John Mayall:guitare,harmonica,claviers,chant.

Mick Taylor:guitare,guitare hawaïenne.

Colin Allen:batterie.

Steve Thompson:basse.

 

LP Studio 3 - 1969

 

Mayall empty rooms

 

JOHN MAYALL

EMPTY ROOMS – 1969  3,5/5

 

Publié en 1969.

Produit par John Mayall.

Durée:46:29.

Label:Decca.

Genre:blues.

 

Solitude, bourdon, cafard…

 

Jon Mark à la guitare, John Almond au saxo (à écouter sur Something New, Counting The Day et Waiting For The Right) et à la flûte, Steven Thompson à la contrebasse, John Mayall aux claviers, harmonica, guitares et au chant, constituaient le line-up de l’énorme The Turning Point, l’album live précédent, dont la particularité est de ne compter ni batteur, ni percussionniste.

John Mayall reconduit cette idée originale et, comme l’a révélé l’accueil de la presse et du public à la sortie de ce live exceptionnel, concluante. C’est Empty Rooms (en écoute intégrale ici) qui fait l’objet de l’insistance du Maître à laisser la contrebasse du talentueux Thompson assurer, pour la seconde fois consécutive, le rythme et l’impulsion.

Les absents de Turning Point peuvent se référer à l’entame du disque, Don’t Waste My Time pour se rendre compte qu’une rythmique sans fûts, ça tient la route. L’effet sonore n’est évidemment pas le même, musicalement, c’est la légèreté qui prime.

Il se dégage de ce disque un sentiment de grande solitude, de bourdon de chambre d’hôtels, de nuits passées à fumer, à ressasser les idées noires, de cafard de tournées. Mayall sait décrire ce blues, Mayall sait jouer le blues.

Cette ambiance profondément triste et savoureuse à la fois, est merveilleusement restituée par le jeu délicat et riche d’une formation enthousiaste. La plupart des pistes se consomment religieusement. Mayall a beaucoup appris de son séjour américain (Blues From Laurel Canyon) et enfile désormais les perles.

Empty Rooms aurait pu être la troisième levée d’un grand chelem discographique commencé avec Blues From Laurel Canyon. Many Miles Apart, Don’t Pick A Flower, Lying In My Bed et People Cling Together ne le permettent malheureusement pas. Empty Rooms n'en demeure pas moins un passage obligé dans le catalogue du mancunien (RAZOR©).

 

1. Don't Waste My Time.

2. Plan Your Revolution.

3. Don't Pick a Flower.

4. Something New.

5. People Cling Together.

6. Waiting for the Right Time.

7. Thinking of My Woman.

8. Counting the Days.

9. When I Go.

10. Many Miles Apart.

11. To a Princess.

12. Lying In My Bed.

 

John Mayall:chant,harmonica,guitares,claviers.

Jon Mark:guitare.

John Almond:saxophone,flûte.

Larry Taylor,Steven Thompson:basse.

 

LP Studio 4 - 1970

 

Mayall usa union

 

JOHN MAYALL

USA UNION – 1970  3,5/5

 

Publié en 1970.

Produit par John Mayall.

Durée:47:18.

Label:Polydor.

Genre:blues,blues-rock.

 

Mayall en chef d’orchestre.

 

Personne ne sera surpris d’apprendre, qu’à l’appel de ce nouvel enregistrement de studio de John Mayall, le line-up de The Turning Point et d’Empty Rooms n’est plus là, dissous en juin 1970.

Le bluesman mancunien attaque les seventies en changeant, une nouvelle fois, son fusil d’épaule, bien décidé à faire comme il l’entend, au risque de laisser sur le bord de la route certains fans de la première heure.

Direction la Californie, qui, depuis le mémorable Blues From Laurel Canyon, hante son esprit. Il y pose ses valises et réunit des musiciens du crû, pas n’importe lesquels cependant : Don « Sugarcane » Harris (au violon), Harvey Mandel, guitariste, et Larry Taylor, bassiste, venus de Canned Heat. Et toujours pas de batteur, pour la troisième fois de rang.

Mayall préfère, pour l’heure, un travail « à l’oreille », au rythme impulsé par la basse uniquement et continuer à expérimenter, les sons, les styles, les instruments. Il résulte de cette énième volte-face de Mayall, un LP, USA Union (en écoute intégrale ici), enregistré les 27 et 28 juillet 1970 et sorti chez Polydor.

L’affaire se veut paisible, gorgée de poésie et de douceur, dans un mix de blues, jazz, pop, rock et psyché. USA Union est le genre de médoc à prendre pour décompresser d’une putain de journée de taf, pour mettre de la distance avec bobonne et la belle-doche, qui commencent à vous les faire grosses comme ça.

A consommer avec un petit godet de Sky et deux cubes, vautré dans le fauteuil, les pieds sur la table du salon… Et on écoute. On écoute un Don « Sugarcane » Harris hors normes brûler son violon, un Harvey Mandel prendre le dessus sur ses cordes, en force ou en finesse, un Larry Taylor qui n’en finit pas de faire balancer tout son monde et un chef d’orchestre écolo, finalement pas si mauvais chanteur que ça, l’œil posé sur tout, enthousiaste comme un gamin, chahutant son piano, titillant sa rythmique, enflammant son harmonica.

Cet album est dans la lignée de la production récente de Mayall, conforme à sa logique du moment et surtout un des atouts majeurs de son catalogue des 70's. Hormis le dernier titre, Deep Blue Sea, USA Union ne révèle pas de failles. Qu’importe ! A ce stade de l’écoute, Morphée m’a déjà accaparé. Mayall et le Whisky ne font pas bon ménage (RAZOR©).

 

1. Nature's Disappearing.

2. You Must Be Crazy.

3. Night Flyer.

4. Off the Road.

5. Possessive Emotions.

6. Where Did My Legs Go.

7. Took the Car.

8. Crying.

9. My Pretty Girl.

10. Deep Blue Sea.

 

Don "Sugarcane" Harris:violon.

Harvey Mandel:guitare.

John Mayall:guitare,harmonica,claviers,chant.

Larry Taylor:basse.

 

LP Studio 5 - 1971

 

Mayall back to the roots

 

JOHN MAYALL

BACK TO THE ROOTS – 1971  3,5/5

 

Publié en mars 1971.

Produit par John Mayall.

Durée:92:42.

Label:Polydor.

Genre:blues.

 

Réunion de notables.

 

Mayall en a toujours une derrière la tête. Il ne fait jamais comme les autres. En cette fin d’année, il s’offre un retour aux sources avec un double LP, Back To The Roots (en écoute intégrale ici), publié en 1971 chez Polydor, dont l’ambition première est de réunir l’intégralité des musiciens qui ont contribué à sa discographie.

Vaste programme, dont il ne vient que partiellement à bout, tout le monde n’ayant pas répondu à ce souhait. Eric Clapton, Mick Taylor, Keef Hartley, ceux qui constituent sa classe biberon, sont là. Larry Taylor et Harvey Mandel, Don “Sugarcane” Harris, membres de la période en cours sont également présents, ainsi que John Almond et Steve Thompson, respectivement le sax (la flûte aussi) et la basse de Turning Point et Empty Rooms, le guitariste Jerry McGee que l’on retrouve dans l’entourage de Mayall (Bluesbreakers). Joe Yuele et Paul Lagos, batteurs, complètent la liste des familiers de l’artiste anglais. Belle brochette, isn’t ?

Tous ont pignon sur rue. Cette réunion de notables associés, qui à Londres (IBC Studios), qui à Los Angeles (Larrabee Studios), y interprète l’écriture de Mayall, enracinée autour du blues (mais pas traditionnel ici) et de ses expérimentations du moment. Son original ayant posé des contraintes d’écoute, Mayall a remixé l’affaire (1988) qui, remasterisée et complétée dans un double LP élargi, a une autre gueule que celle de départ.

On y décèle depuis des subtilités alors difficilement audibles. Il eut été dommage de saborder un tel parterre réuni dans le dur. Si ce point technique a été revu, on ne peut plus rien faire pour améliorer un répertoire vu comme un banquet décevant eu égard au niveau des étoiles conviées. Par ailleurs, aucune des pistes ajoutées ne supplante les originaux.

Les nanans à la carte de ce Back To The Roots se déclinent comme suit : Accidental Suicide (sur l’usage excessif des stupéfiants), à trois guitares (Mandel, Taylor et Clapton), en hommage à un Hendrix qui aurait été là si…, Prisons On The Road (Clapton sort le grand jeu), Marriage Madness (un Taylor époustouflant), Unanswered Question (Harvey Mandel n’a rien à envier à Taylor et Clapton), Dream With Me, Television Eye (un sublime Don « Sugarcane » Harris au violon).

Bien évidemment, ce disque s’avère indispensable, ne serait-ce que par son côté éducatif pour des jeunes qui n’ont pas la chance d’avoir connu ces monstres sacrés du rock, réunis pour le plaisir de déambuler sur les terres du blues (RAZOR©).

 

Disque 1

1. Prisons On The Road.

2. My Children.

3. Accidental Suicide.

4. Groupie Girl.

5. Blue Fox.

6. Home Again.

7. Television Eye.

8. Marriage Madness.

9. Looking At Tomorrow.

 

Disque 2

1. Dream With Me.

2. Full Speed Ahead.

3. Mr. Censor Man.

4. Force Of Nature.

5. Boogie Alert.

6. Goodbye December.

7. Unanswered Questions.

8. Devil's Tricks.

9. Travelling.

 

John Mayall:chant,guitare,harmonica,orgue,synthétiseur,batterie.

Eric Clapton,Mick Taylor,Harvey Mandel,Jerry McGee:guitares.

Johnny Almond:flûte,saxophones alto et ténor.

Don Sugarcane Harris:violon.

Larry Taylor,Steve Thompson:basse.

Keef Hartley,Paul Lagos,Joe Yuele:batterie.

 

LP Studio 6 - 1971

 

Mayall memories

 

JOHN MAYALL

MEMORIES – 1971  3,5/5

 

Publié en 1971.

Produit par John Mayall.

Durée:46:09.

Label:Polydor.

Genre:blues,blues-rock.

 

Mayall vide son sac.

 

Pour Memories (en écoute intégrale ici) publié chez Polydor en 1971, Papy Mayall revisite une nouvelle fois son line-up: pas de batterie, pas de Don « Sugarcane » Harris, pas de Harvey Mandel. Jerry Mc Gee est son suppléant. Le bassiste Larry Taylor est l’autre membre d’une formation désormais réduite à un trio.

Mayall ? Il fait le reste. Il chante le blues (juste et bien), joue de la guitare rythmique, de la 12 cordes, du piano, de l’harmonica et il dévoile ses bleus à l’âme.

Son écriture introspective évoque son enfance marquée par le divorce de ses parents (Memories). Il vide son sac sur une adolescence grêlée d’échecs avec les nanas (Wish I Knew A Woman), son aversion pour la ville (The City) et de sa vie dans les arbres (Home In A Tree), sa peur de la pollution.

Il s’interroge sur le sens des relations (Separate Ways), parle de la Corée où il effectue sa période militaire The Fighting Line), lui l’antimilitariste, de son retour du front (Back From Korea). Il relate ce papy (Grandad) qu’il perd sans avoir eu le temps de le revoir une dernière fois et la solitude (Nobody Cares). Il referme son autobiographie sur une mention plus optimiste et plus confuse (Play The Harp).

Memories est bon parce que naturel, sincère et simple. Revu quarante ans après sa sortie et abordé sous un angle différent, fort d’une plus grande connaissance de l’artiste, il s’avère bien mieux que ce que certains en disent. Au prix où l’on trouve ces albums aujourd’hui (à condition d’être vigilant), c’est un beau cadeau à offrir à votre dame. Madame n'est pas Mayall ? Alors mettez le mouchoir dessus, c'est toujours ça de pris (RAZOR©).

 

1. Memories.

2. Wish I Knew A Woman.

3. The City.

4. Home In A Tree.

5. Separate Ways.

6. The Fighting Line.

7. Grandad.

8. Back From Korea.

9. Nobody Cares .

10. Play The Harp.

 

John Mayall:chant,harmonica,guitare rythmique,claviers.

Jerry McGee:guitare,steel guitare,dobro,sitar.

Larry Taylor:basse.

 

LP hybride 7 (studio et live) - 1973

 

Mayall ten years are gone

 

JOHN MAYALL

TEN YEARS ARE GONE – 1973  3,5/5

 

Publié en septembre 1973.

Produit par John Mayall.

Durée:82:59.

Label:Polydor.

Genre:jazz blues.

 

Disque commémoratif.

 

Ce double LP, Ten Years Are Gone (en écoute intégrale ici), je ne l’ai découvert que plus tard. Sorti en 1973, mal desservi par les réseaux de distribution locaux (une vielle disquaire ayant ouvert boutique pour passer le temps ou pour apporter un complément de salaire à son homme qui bossait à l’usine, en face), il fallait avoir recours à l’importation pour le faire sien.

Comme les thunes (un maigre argent de poche) de l’étudiant glandeur que j’étais, passaient dans les chopes, les Gauloises Bleues et dans les seuls vinyles intéressants qui avaient échoué, par le plus grand des hasards, dans les bacs de cette commerçante totalement hermétique aux cheveux longs, il était difficile, pour un gars de province, d’avoir accès au nectar, plus cher, concentré sur Paris généralement, ou accessible en le commandant dans des lieux spécialisés.

Encore fallait-il avoir le quitus du paternel, qui s’opposait souvent à ces achats « à la con »… La mission était périlleuse. J’ai du attendre la fin des années 70 pour tomber dessus. Grâce au CD, je l’ai dans ma panoplie du fan de Mayall et il ne dépare en rien, quoi que d’un niveau inférieur.

Simplement, il a été enregistré à Sunset Sound (L.A), et consiste, comme son titre l’indique, en une œillade à la décennie qu’il vient de traverser depuis ses débuts à Manchester, jusqu’à l’évolution qu’il a prise en s’orientant vers le blues-jazz, en passant par les épisodes Bluesbreakers.

C’est le cadeau de commémoration de sa riche carrière. Ce double permet à Mayall de reconduire un line-up anthologique (celui de la période Jazz Blues Fusion/Moving On, avec Freddy Robinson, Blue Mitchell, Keef Hartley, Victor Gaskin, mais sans le fidèle Larry Taylor), de le compléter avec le flûtiste Red Holloway et de rappeler pour l’occurrence, le violoniste talentueux qu’est Don « Sugarcane » Harris.

Il est scindé en une partie première studio et une seconde live, enregistrée à New-York. Pour la partie studio, Mayall a écrit de nouveaux titres, blues, of course ; la démarche est cool, simple, agréable. Du déjà vu, certes, mais bien exécuté. On ne va pas s’en priver, ni faire la fine bouche.

La phase en public est prétexte à impros. Mayall relâche la bride sur le cou de ses musiciens qui, vite rappelés à l’ordre en cas de débordement, se font plaisir et font valoir leur talent dans des solos a minima (en terme de durée). Au final, ça vaut ses 3,5/5 et ça conforte ce qui précède. En dix ans, avouez que le bilan est plutôt élogieux, non ? (RAZOR©)

 

1. Ten Years Are Gone.

2. Driving Till The Break Of Day.

3. Drifting.

4. Better Pass You By.

5. California Campground.

6. Undecided.

7. Good Looking Stranger.

8. I Still Care.

9. Don't Hang Me Up.

10. Introduction (live).

11. Sitting Here Thinking (live).

12. Harmonica Free Form (live).

13. Burning Sun (live).

14. Dark Of The Night (live).

 

Freddy Robinson:guitare,chant sur 6.

John Mayall:piano,guitare,harmonica, chant.

Victor Gaskin:basse.

Keef Hartley:batterie.

Blue Mitchell:trompette,cor.

Sugarcane Harris:violon.

Red Holloway:saxophone alto et ténor,flûte.

 

LP Studio 8 - 1974

 

Mayall the latest edition

 

JOHN MAYALL

THE LATEST EDITION – 1974  2,5/5

 

Publié en 1974.

Produit par John Mayall.

Durée:

Label:Polydor.

Genre:blues,blues-rock.

 

Une fin en eau de boudin.

 

La raison d’être de Mayall a été, est, et sera toujours le blues. Après une incursion dans une fusion jazz/blues plutôt convaincante, il revient aux racines qu’il affectionne par-dessus tout.

Pour aborder The Latest Edition sorti en 1974, il injecte à son blues électrique des doses de funk, de soul, l’ensemble entretenant une ambiance particulière à laquelle je n’adhère pas vraiment.

Il me semble bien que ce disque est la première vraie bûche que prend Mayall. Jamais, précédemment, je n’avais entendu un produit estampillé Mayall, aussi mou, ennuyeux, faible dans sa matière et même jusqu’à son interprétation.

De cet album, je n’ai le béguin que pour The Pusher Man. Terne, inapproprié, The Latest Edition signe l’arrêt avec Polydor. Pour avoir suivi la carrière du vieux jusqu’à aujourd’hui, cet album n’a pas beaucoup d’intérêt.

N’ayons pas peur des mots et des réactions, il est le pire des Mayall à ce jour (RAZOR©).

 

1. Gasoline Blues.

2. Perfect Peace.

3. Going To Take My Time.

4. Deep Down Feelings.

5. Troubled Times.

6. The Pusher Man.

7. One Of The Few.

8. Love Song.

9. Little Kitten.

10. A Crazy Game.

 

Randy Resnick:guitare.

Soko Richardson:percussion,batterie.

Hi Tide Harris:guitare.

Larry Taylor:basse.

John Mayall:orgue,guitare,harmonica,piano,claviers,chant,vibraphone.

Red Holloway:flûte,saxophone.

 

LP Studio 9 - 1975

 

Mayall new year new band new company

 

JOHN MAYALL

NEW YEAR NEW BAND NEW COMPANY – 1975  3/5

 

Publié en 1975.

Produit par John Mayall.

Durée:43:22.

Label:ABC Records.

Genre:blues,blues-rock.

 

Guère convaincant.

 

John Mayall est désormais chez ABC Records, qui va le suivre sur 6 albums (en 3 ans).

New Year New Band New Company (en écoute intégrale ici) veut bien dire ce qu’il veut dire : à nouvelle année (1975), nouveau line-up et nouvelle maison de disques. Le père Mayall se la coule douce depuis quelque temps, lézardant au soleil de Californie, aussi n’est-il pas surprenant que The Latest Edition ait fait un bide.

New Year New Band New Company reprend quelque peu les choses par le bon bout. Autour d’un line-up complètement renouvelé et qui n’a peut-être jamais été aussi étoffé (les plus connus sont Larry Taylor, Rick Vito, Soko Richardson et Gary Rowles), Mayall se montre un peu plus inspiré, plus enthousiaste mais ne convainc pas grand monde.

Les meilleurs moments : Step In The Sun, Taxman Blues, Driving On et le furieux My Train Time. Moyen de gamme (RAZOR©).

 

1. Sitting On The Outside.

2. Can't Get Home.

3. Step In The Sun.

4. To Match The Wind.

5. Sweet Scorpio.

6. Driving On.

7. Taxman Blues.

8. So Much To Do.

9. My Train Time.

10. Respectfully Your.

 

John Mayall:guitares,harmonica,piano.

Pepper Watkins,Dee McKinnie:choeurs.

Gary Rowles,Rick Vito:guitare.

Ann Patterson:flûte,oboe, saxophone alto.

Jimmy Roberts,Red Holloway:saxophone ténor.

David II:saxophone baryton.

Jay Spell:piano électrique,clavinet,synthétiseur Moog.

Larry Taylor:basse.

Soko Richardson:batterie.

Warren Bryant:percussion.

 

LP Studio 10 - 1975

 

Mayall notice to appear 75

 

JOHN MAYALL

NOTICE TO APPEAR – 1975  3/5

 

Publié en 1975.

Produit par John Mayall,Allen Toussaint.

Durée:40:10.

Label:ABC Records.

Genre:blues,blues-rock.

 

Un temps de Toussaint.

 

Mayall s'est rarement croûté. Je parle de la grosse gamelle, de celle dont on se relève difficilement. Mais il a eu une période américaine assez décevante dans laquelle se concentre l'essentiel de ce qui alimente le ventre mou de son catalogue.

Jamais réellement mauvais, il a néanmoins traversé une période, on va dire, délicate. Depuis The Latest Edition, force est de reconnaître que le mancunien n'avance plus ; rares sont les occasions de se réjouir, la période de disette s'installe et Mayall devient ennuyeux.

Cette phase de moins bien se poursuit avec Notice To Appear (1975) et ce n’est pas le fait que le néo-Orléanais Allen Toussaint, compositeur de 7 des 10 titres, producteur, soit à ses côtés qui rehausse beaucoup le niveau du moment.

L’album de cette collaboration est à peine meilleur que ce qui précède et n’est, en aucun cas, un grand disque même si sur celui-ci Toussaint pose un manifestement sa patte. Ce sont donc vers les pistes signées A.T qu’il convient de s’orienter (Mess Of Love, That Love, Hale To The Man Who Lives Alone).

Mayall est entouré d’une formation solide (Taylor, Vito,Harris, Spell, McKinnie, Richardson…), mais cela ne suffit pas. Notice To Appear a parfois du bon mais ne révèle rien d’extraordinaire et le succès n’est pas au rendez-vous.

La tendance au fléchissement se poursuivra dans les prochains albums. Les seventies, à quelques exceptions près (de USA Union à Moving On), n’auront pas été les années Mayall (RAZOR©).

 

1. Lil Boogie In The Afternoon.

2. Mess Of Love.

3. That Love.

4. The Boy Most Likely To Succeed.

5. Who's Next, Who's Now.

6. Hale To The Man Who Lives Alone.

7. There Will Be A Way.

8. Just Knowing You Is A Pleasure.

9. A Hard Day's Night.

10. Old Time Blues.

 

John Mayall:chant,harmonica,piano,slide guitare.

Larry Blouin:saxophone baryton.

James Carroll Booker III:orgue.

Tony Broussard:basse.

Herman Ernest:batterie.

Don "Sugarcane" Harris:violon.

Steve Hughes:guitare.

Kim Joseph:congas.

Dee McKinnie,choeurs.

Nick Messina:trompette.

Lon Price:saxophone ténor,flûte.

Soko Richardson:batterie.

Jay Spell:orgue,piano électrique.

Larry Taylor:basse.

Rick Vito:guitare.

 

LP Studio 11 - 1976

 

Mayall a banquet in blues

 

JOHN MAYALL

A BANQUET IN BLUES – 1976  3/5

 

Publié en 1976.

Produit par John Mayall.

Durée:

Label:ABC.

Genre:blues.

 

Sans émotions.

 

A Banquet In Blues de 1976 serait, selon les spécialistes, ce que John Mayall a pu faire de mieux dans la seconde moitié des années 70. Ce professeur, qui a parrainé d’autres légendes mythiques (Clapton, Taylor, Green) plus qu’il n’aura pensé à sa gueule et à sa carrière, aurait donc toujours la petite note bleue en lui ? Celle-ci a toujours été le fondement même de sa musique, si ce n’est de sa vie.

A Banquet In Blue arriverait donc à point nommé pour extirper sa carrière d’un engluement dans lequel elle plonge irrémédiablement, et pour donner à l'artiste un regain d'intérêt et de crédibilité ? Il lui maintiendrait la tête hors de l’eau ? Je demande à voir car, personnellement, j’ai écouté ce disque plusieurs fois sans ressentir la moindre émotion, sans avoir la moindre attraction vers lui. Mon sentiment est très mitigé.

A Banquet In Blues n’est pas mauvais (Fantasyland est intéressant), et j’accepte l’idée que certains puissent en pincer pour ce genre de disques, mais le Mayall faisant une incursion dans le disco, n’est pas le Mayall que je préfère.

Après avoir sélectionné un line-up accusant principalement le retour de John McVie à la basse (sur un titre) et la reconduction de Rick Vito à la guitare sur tout l’album (sauf sur Lady), Mayall invite une pléiade de musiciens dans les studios angelins de Total Experience Records (Mercury) et se plonge dans un énième opus.

Ce casting exceptionnel est le seul fait important ici car, pour le reste, les pistes s’enchaînent sans éveiller quoi que ce soit chez moi. Il s’écoute, c’est tout. Sur 20, ça se situe vers les 11/12. Pas plus. La tête est donc maintenue hors de l’eau, mais si on lâche…(RAZOR©).

 

1. Sunshine.

2. You Can't Put Me Down.

3. I Got Somebody.

4. Turn Me Loose.

5. Seven Days Too Long.

6. Table Top Girl.

7. Lady.

8. Fantasyland.

 

Roy McCurdy,Soko Richardson:batterie.

Lenny McDaniel,John McVie,Larry Taylor,Alex Dmochowski,Larry Gales:basse.

Dee McKinnie;choeurs.

Novi Novag:viola.

Benny Powell:trombone.

Jay Spell:piano,synthétiseurs,clavinet,claviers.

Mike Coolly,Rick Vito:guitare.

John Almond:flûte,saxophone.

Ronnie Barron:claviers,choeurs.

Doug Bare:orgue,synthétiseur,claviers,piano.

Buck Clarke:percussion.

Phil Despommier:batterie.

Don "Sugarcane" Harris:violon.

Jon Mark:guitare,guitare acoustique.

John Mayall:guitare,harmonica,piano,claviers,chant.

Red Holloway:saxophone.

Blue Mitchell:trompette.

 

LP Studio 12 - 1977

 

Mayall a hardcore package

 

JOHN MAYALL

A HARD CORE PACKAGE – 1977  3,5/5

 

Publié en 1977.

Produit par John Mayall.

Durée:

Label:ABC Records.

Genre:blues,funk,soul.

 

Mayall redore son blason.

 

5ème des 6 albums réalisés pour ABC Records, A Hard Core Package (1977) est le meilleur de cette seconde période, celle post 1975. On y retrouve de belles choses, classiques, sans surprises, mais belles.

Mayall fait le métier comme il l’entend. Il est libre, enthousiaste et cet album lui correspond, d’après ses dires. Cela se ressent. Le plaisir est là, autour d’excellents moments comme An Old Picture, The Last Time, Make Up Your Mind, Now And Them, Give Me A Chance.

Le line-up est réduit à de plus justes proportions: outre Mayall, on retrouve Soko Richardson (batterie), le bassiste Steve Thompson (la vieille garde) et un étonnant guitariste, James Quill Smith.

En revenant à la simplicité et aux choses qu’il maîtrise parfaitement, Papy en arrive à redorer son blason. (RAZOR©).

 

1. Rock And Roll Hobo.

2. Do I Please You.

3. Disconnected Line.

4. An Old Sweet Picture.

5. The Last Time..

6. Make Up Your Mind.

7. Arizona Bound.

8. Now And Then.

9. Goodnight Dreams.

10. Give Me A Chance.

 

John Mayall:chant,clavinet,harmonica,guitare.

Soko Richardson:batterie.

James Quill Smith:guitare,choeurs.

Steve Thompson:basse.

 

LP Studio 13 - 1979

 

Mayall the bottom line 79

 

JOHN MAYALL

BOTTOM LINE – 1979  2/5

 

Publié en 1979.

Produit par John Mayall,Bob Johnston.

Durée:46:21.

Label:DJM Records.

Genre:blues.

 

Mayall aufond du trou.

 

Sa relation avec ABC Records ayant pris fin avec le précédent Last Of The British Blues, John Mayall, qui est au blues ce que Miles Davies l’est au jazz, doit repartir sous un nouveau label : ce sera DJM Records, distribué par Pye au Royaume-Uni, qui abrite notamment Elton John (Dick James Music).

A une époque où le blues peine à subsister dans l’humeur punk et disco ambiante, et où sa carrière en est à un stade très discret, John Mayall voit la vie pépère qu’il mène alors au soleil de Californie, à côté de Maggie Parker, troublée par l’incendie de sa maison de Laurel Canyon.

Humainement et artistiquement, Mayall est à la rue. Une main devant, une main derrière, il fait preuve de persévérance et se reconstruit, déterminé qu’il est à renaître de ses cendres. Infatigable légende, là où d’autres ont renoncé, lui, va relever la tête. Ce mec là, il faut le statufier !

Bottom Line (1979) s’inscrit dans ce contexte. Hélas, la collaboration entre DJM (pour trois disques) et le bluesman blanc va se solder par un échec cuisant. DJM a des idées précises sur le produit qu’il attend, tandis que notre artisan du blues préféré veut du blues ou broder autour du blues.

Des sommes conséquentes sont investies dans ce projet désastreux, pour rameuter la fine fleur des musiciens de New-York et de Californie (Steve Lukhater, Cornell Dupree, Steve Jordan, Paul Shaffer, Michael et Randy Brecker, Cheryl Lynn, Jeff Porcaro, Lee Ritenour…), alors que Mayall, pour ce qui est censé être un de ses albums solo, est réduit à la portion congrue : le chant et l’harmonica. Fort de café, non ?

Le résultat, indépendant de la volonté du vieux, est que l’album sonne comme un produit disco. Le public le lui fait d’ailleurs payer cash, en France notamment, où il est hué comme jamais. Heureusement qu’il est quasi introuvable car s’il en est un à éviter comme la peste, c’est ce Bottom Line (RAZOR©).

 

1. Bottom Line.

2. Dreamboat.

3. Desert Flower.

4. I'm Gonna Do It.

5. Revival.

6. The Game of Love.

7. Celebration.

8. Come With Me.

 

John Mayall:chant,harmonica.

Vivian Cherry, Ullanda McCullough, Janice Gadson Pendarvis:choeurs.

Allan Ralph:trombone.

George Young:saxophone alto,flûte.

Michael Brecker:saxophone ténor.

Ron Cuber,Howard Johnson:saxophone baryton.

Paul Shaffer,Leon Pendarvis,Rob Mounsey:claviers.

Lew Soloff,Randy Brecker,Virgil Jones,John Faddis:trompette.

Ben Benay – guitar

Steve Foreman,Arthur Jenkins,Errol Bennett:percussion.

Lee Holdridge:cordes.

John Jarvis:piano.

Bernie Krause:synthétiseur Moog.

Cheryl Lynn,Delbert Langston,Pepper Watkins:choeurs.

Alejandro Neciosup,Rubens Bassini:percussion.

Jeff Porcaro,Steve Jordan:batterie.

David Shields,Tim Drummond,Gordon Edwards,Frankie Centano,Bob Babbitt:basse.

Lee Ritenour,Ben Benay,Steve Lukather,Jeff Layton,Cornell Dupree,John Tropea,Jeffrey Miranov,Sid McGinnis:guitare.

 

LP Studio 14 - 1979

 

Mayall no more interviews 79

 

JOHN MAYALL

NO MORE INTERVIEWS – 1979  2,5/5

 

Publié en 1979.

Produit par John Mayall,John Stronach.

Durée:38:53.

Label:DJM records.

Genre:blues.

 

Décousu et dispensable !

 

Produit par John Mayall et John Stronach, No More Interviews (enregistré en 1979 à L.A.) est le deuxième des trois disques pour DJM Records, qui ne sont pas répertoriés comme faisant partie de la période faste du père du British Blues. Loin s'en faut !

Digne de peu d’intérêt, même s’il permet à Mayall de revenir au blues et de proposer autre chose que l’album pitoyable précédent (le disco The Bottom Line), ce disque est difficile à trouver (comme ceux de l’ère DJM) et il ne faut pas se torturer le ciboulot pour en comprendre les raisons.

Cette tranche discographique mérite-t-elle au moins un regard, tant elle est insignifiante? C’est du Mayall décousu, qui ne touche que très rarement sa cible, côté blues (ce qui est inquiétant), lui, l’initiateur de ce genre musical sur le Vieux Continent.

Mayall y est passable, dépourvu de son légendaire sens de l’improvisation, voire vieillissant ou blasé. Les années 70 (la deuxième partie surtout), à quelques rares occasions, n’ont pas été aussi prolifiques (en qualité) que la décennie antérieure. No More Interviews en est l’exemple type. Circulez y a rien à voir (RAZOR©).

 

1. Hard Going Up.

2. Bigger Slice Of Pie.

3. Falling.

4. Take Me Home Tonight.

5. Sweet Honey Bee.

6. Stars In The Night.

7. Consideration.

8. Gypsy Lady.

9. Wild New Lover.

 

John Mayall:chantharmonica,guitare.

Ruben Alvarez:batterie,percussion,chant sur 4.

Ronnie Barron,Becky Burns,Maggie Parker:choeurs.

Chris Cameron:piano,clavinet,synthétiseur Moog.

Christiaan Mostert:saxophones ténor et soprano,flûte.

James Quill Smith:guitare.

Angus Thomas:basse.

Rick Vito:guitare rythmique, slide guitare,guitare 12 cordes.

DISCOGRAPHIE LIVE 60'S/70'S.

LP Live 1 - 1965

 

Mayall live klooks kleek 65

 

JOHN MAYALL

PLAYS JOHN MAYALL – 1965  3,5/5

 

Publié en mars 1965.

Produit par Tony Clarke.

Durée:34:50.

Label:Decca.

Genre:blues,R & B.

 

Arrêt de rigueur.

 

John Mayall Plays John Mayall (en écoute intégrale ici) fait l’objet de mon tableau noir du jour. Ce disque considéré comme son premier est live. Enregistré le 7 décembre 1964 et publié en mars 1965 chez Decca, il est appelé aussi Live At Klooks Kleek. Dans la chronologie, il précède l’album référence des Bluesbreakers With Eric Clapton (le Beano album).

John Mayall, d'abord derrière les Powerhouse Four, dès 1955, puis The Blues Syndicate sept ans plus tard, contribue à déployer le blues sur le Vieux Continent.

Sa contribution dans l’avènement de jeunes talents est incomparable (Jack Bruce, Aynsley Dunbar, Eric Clapton, Keef Hartley, Peter Green, Mick Taylor, puis, plus tard, Walter Trout ou Coco Montoya). Il crée les Bluesbreakers en 1963, les candidats aux instruments s’y bousculent, vont, viennent, repartent.

A l’âge où le Christ est mort, lui, ressuscite la musique traditionnelle américaine (notamment le Chicago Blues) sur une scène londonienne qui fourmille de jeunes talents et de formations adeptes du blues. Avant d’en arriver là, cet officier de l’Ordre de l’Empire britannique (2005) et artiste prolifique, toujours actif à 83 piges, auteur d’une soixantaine d’albums enregistre, live, en décembre 1964, le peu connu Plays Mayall.

Mayall et son groupe en sont alors à surchauffer le Marquee Club depuis plusieurs mois, tandis que Clapton trépigne alors à l’idée de faire prochainement ses classes chez les Bluesbreakers.

Pour l’heure, Roger Dean (guitare), John Mc Vie (futur Fleetwood Mac, dès Décembre 1967), bassiste et toujours inspecteur des impôts au moment d’adhérer au projet de Mayall, Hughie Flint (batterie) ainsi que le saxophoniste Nigel Stanger, en guest star, forment le line-up du premier « 33 tours » officiel.

Le Klooks Kleek de l’hôtel Railway sert de cadre à cet enregistrement très cocasse. En effet, le club de jazz et de blues du nord-ouest londonien (West Hampstead), est relié, pour la circonstance, aux studios voisins de Decca Records par des câbles entrant et sortant par les fenêtres, tandis que les murs et plafonds de la scène sont habillés de microphones.

Mayall, dans ce contexte public (un contingent restreint de night-clubers participent à la fête), est dans son élément. Il vit sa musique, tantôt guitariste, tantôt claviériste ou harmoniciste, exhorte de la voix, sans ne se poser aucune question.

Tony Clarke (futur producteur des Moody Blues) est aux manettes, capte ces premiers moments archaïques sous appellation John Mayall, lequel signe les très bons originaux de ce disque.

La qualité du son n’en a pas trop souffert, ce qui permet une bonne restitution de cette prestation plus rock et R&B, que blues, mais il faut garder à l’esprit cet aspect. Les fans savent donc à quoi s’en tenir.

Runaway, Heartache, Crocodile Walk, Crawling Up A Hill, When I’m Gone, What’s The Matter With You, I Need Your Love, Chicago Line… Mayall dévoile une belle gamme de R&B, blues et rock, comme peu de musiciens britanniques l’ont interprétée. C’est, évidemment, un arrêt obligatoire (RAZOR©).

 

1. Crawling Up a Hill.

2. I Wanna Teach You Everything.

3. When I'm Gone.

4. I Need Your Love.

5. The Hoot Owl.

6. R&B Time.

7. Crocodile Walk.

8. What's the Matter with You.

9. Doreen.

10. Runaway.

11. Heartache.

12. Chicago Line.

 

John Mayall:chant,harmonica,orgue,guitare.

Roger Dean:guitare.

John McVie:basse.

Hughie Flint:batterie.

Nigel Stanger:saxophone.

 

LP Live 2 - 1969

 

Mayall the turning point

 

JOHN MAYALL

THE TURNING POINT – 1969  5/5

 

Publié en novembre 1969.

Produit par John Mayall.

Durée:47:24.

Label:Polydor.

Genre:blues.

 

Unplugged avant l’heure.

 

Blues From Laurel Canyon, extraordinaire album de 1968, est l’album par lequel John Mayall a envoyé balader ses Bluesbreakers, qui le voit achever sa collaboration avec Mick Taylor et quitter le label Decca Records.

Dans la foulée, cette dernière maison de production publie cependant deux albums, une compil avec des inédits de la période Bluesbreakers (Looking Back) et un disque d’archives (Primal Solos), tandis que l’étiquette London sort Thru The Years, basé sur le même principe.

Donc, un an après ces ruptures professionnelles, c’est avec soulagement et étonnement que paraît The Turning Point (Polydor/1969), dans lequel le Godfather Of British Blues, comme on le surnomme, se veut novateur. Mayall n’en est plus à une prise de risques près.

En l’occurrence, il abandonne son fameux blues électrique, tout en restant dans un univers familier, opte pour un mix de jazz acoustique et limite son line-up à un guitariste (John Mark), un saxophoniste/flûtiste (Johnny Almond), un bassiste (Steve Thompson, dans le rôle du seul rescapé) et lui.

Dépourvu de batteur, The Turning Point (en écoute intégrale ici) enregistré live au Fillmore East new-yorkais de Bill Graham (1969), n’est pas dépourvu de rythme pour autant et n'engendre ni apathie ni ennui. Avouez que ce serait le comble pour un disque public…

Chaque instrument crée ici sa propre cadence. L’idée est culottée, originale et fraîche, l’effet subtil, la structure énergique, l’atmosphère détendue et palpable, le pari gagné.

Mayall laisse toute latitude (canalisée) à ses musiciens, tout le monde prend son pied. Nous aussi. « Chapeau ! », Monsieur Mayall, pour cet album mature, excitant et créatif. « Chapeau ! », Messieurs les zicos pour ce disque d’experts, interactif et stupéfiant, réalisé par des orfèvres.

John Almond est époustouflant, qu’il pratique le sax ou la flûte. Steve Thompson, aux influences jazz évidentes, est la base forte de ce quatuor atypique, lui donne la juste impulsion et en arrive à donner raison au chef qu’un batteur n’est pas indispensable pour ce projet.

John Mark (accompagnateur de Marianne Faithfull), guitariste plein d’imagination, dévoile une technique ahurissante. Enfin, Mayall reste Mayall.

En ce soir du 12 juillet 1969, il auréole le jeu complexe de ce line-up, d’un chant magnifique, d’un harmonica somptueux. Du The Laws Must Change d’ouverture à Room To Love et son sublime solo d’harmonica, sept titres envoûtants se succèdent dans un mélange unique et raffiné.

Oui, The Turning Point est anthologique. Oui, il est un chef d’œuvre. Oui, California, que Mayall définit comme ses improvisations et humeurs sur le thème de la nostalgie, est une des plus belles affaires dont le rock a héritée. Oui, oui, oui !!!

Ce 12 juillet 1969, un quatuor de passionnés a joué pour le plaisir, dans un esprit de liberté. Ce soir-là, il est entré dans l’Histoire dans le costume de The Turning Point, un des must de tous les temps (RAZOR©).

 

1. The Laws Must Change.

2. Saw Mill Gulch Road.

3. I'm Gonna Fight For You J.B.

4. So Hard To Share.

5. California.

6. Thoughts About Roxanne.

7. Room To Move.

 

John Almond:flûte,saxophone alto,saxophone ténor.

Jon Mark:guitare acoustique,guitare.

John Mayall:guitare,harmonica,claviers,tambourin,chant,slide guitare.

Steve Thompson:basse.

 

LP Live 3 - 1972

 

Mayall jazz blues fusion

 

JOHN MAYALL

JAZZ BLUES FUSION – 1972  5/5

 

Publié en 1972.

Produit par John Mayall.

Durée:45:25.

Label:Polydor.

Genre:blues,jazz-blues.

 

Faites silence et écoutez !

 

Pour faire simple, j’aurai pu être laconique et vous dire: taisez-vous et écoutez ! Je mettrai cinq étoiles, comme c’est de coutume pour un disque de cette exceptionnelle qualité, tout aurait été dit et on passerait à la chronique suivante.

Permettez-moi d’avoir des égards plus respectueux envers ce disque, un des meilleurs des 70's, que mon âge avancé m’a permis de découvrir à sa publication, à l’époque du microsillon et de ma première chaîne stéréo, une Telefunken, financée par mes primes de match de footeux. Mais l’intérêt est ailleurs…

Il se situe dans ce disque live, Jazz Blues Fusion (en écoute intégrale ici) de 1972 qui se partage entre, d’un côté, un concert à Boston, le 18 novembre 1971, et de l’autre, deux spectacles au Hunter College de New York, les 3 et 4 décembre 1971.

Le line-up, ici trié sur le volet, appartient à une caste musicale exceptionnellement surdouée : le guitariste Freddy Robinson, futur Abu Talib, du fait de sa conversion à l’Islam durant les années 70, différent des prédécesseurs au poste, fait dans la discrétion, la sobriété, la fluidité, l’efficacité, et le dévouement… sans s’exposer outre mesure.

Larry Taylor, à la basse, on connaît. C’est la fidélité même. Ron Selico aux percus, c’est un proche de Zappa (notamment sur Hot rats), James Brown, Shuggie Otis ; la carte de visite est belle. Blue Mitchell, trompettiste depuis l’école secondaire et appelé sur des projets d’artistes prestigieux pour y faire valoir son don, est remarquable sur ce disque dans lequel il tient la vedette. Clifford Solomon, saxophoniste (alto et ténor), plus anonyme, relève le défi en se mettant au diapason.

Ces musiciens sont des cadors qui investissent une scène et ne vous la rendent qu’une fois rassasiés. Leur degré technique et leur maturité leur permettent toutes les improvisations ; Mayall en chef d’orchestre avisé, gère la prestation d’ensemble avec clairvoyance, tout en installant la sienne à un haut niveau. Il en découle une grande performance collective et individuelle : Change Your Ways est le summum de cette prouesse discographique drapée dans la fusion Jazz/Blues. Les réactions du public sont les indiscutables révélateurs du plaisir que son écoute suscite. Taisez-vous et écoutez ! Cette fois, c’est pour de bon ! (RAZOR©).

 

1. Country Road.

2. Messin' Around.

3. Good Times Boogie.

4. Change Your Ways.

5. Dry Throat.

6. Exercise In C Major.

7. Got To Be This Way.

 

Freddy Robinson:guitare;

Larry Taylor:basse.

John Mayall:chant,piano,guitare,harmonica.

Ron Selico:percussion.

Blue Mitchell:trompette.

Clifford Solomon:saxophone alto et ténor.

 

LP Live 4 - 1972

 

Mayall moving on

 

JOHN MAYALL

MOVING ON – 1972  5/5

 

Publié en 1972.

Produit par John Mayall.

Durée:45:58.

Label:Polydor.

Genre:jazz-blues,fusion.

 

Le haut du panier.

 

Après Boston et New-York (Blues Jazz Fusion), John Mayall nous invite au Whisky-A-Go-Go de Los Angeles, cité dans laquelle il vit désormais, pour une autre prestation scénique exceptionnelle, consignée dans l’album Moving On de 1973.

A peu de choses près, on prend les mêmes musiciens que ceux de Blues Jazz Fusion, à savoir Clifford Solomon (sax), Blue Mitchell (trompette), Freddy Robinson (guitare), Larry Taylor (basse) ainsi que John Mayall, et on recommence.

A la différence près que l’ex-Bluesbrakers Keef Hartley reprend possession de la batterie et que deux autres saxophonistes, Ernie Watts, un marginal touche-à-tout du jazz et Fred Jackson, musicien de session, de même que Charles Owens (flûte et sax), concertiste, artiste de jazz de renom international, prennent part à la fête.

Car c’est bien d’une fête dont il s’agit, même si la courte introduction du Roger Lanzac de service, ce soir du 10 juillet 1972, ne le traduit pas vraiment, et même si celle-ci a été plombée par des problèmes techniques qui ont obligé à un réenregistrement de certaines phases en studio. Peu importe, l’essentiel est ce qui s’y passe réellement et ce qu'il en reste.

Plus jazz que le Blues Jazz Fusion auquel il succède, Moving On ne s’éloigne pas pour autant du blues et du rock, styles qu’il synthétise merveilleusement ici. Il en est même le digne successeur. Cet album a une classe énorme, des acteurs portés par la grâce ; il s’impose, comme beaucoup de produits du catalogue de cet immense artiste. Blues, jazz, fusion, Papy John a encore du répondant…(RAZOR©)

 

1. Worried Mind.

2. Keep Your Country Green.

3. Christmas 71.

4. Things Go Wrong.

5. Do It.

6. Moving On.

7. Red Sky.

8. Reasons.

9. High Pressure Living.

 

Larry Taylor, Victor Gaskin:basse.

Keef Hartley:batterie.

Charles Owens:flûte.

Freddy Robinson:guitare.

Clifford Solomon:saxophone alto et ténor.

Fred Jackson:saxophone baryton et ténor.

Ernie Watts:saxophone ténor.

Blue Mitchell:trompette.

John Mayall:chant,piano,guitare,harmonica.

 

LP Live 5 - 1977

 

Mayall lots of people 77

 

JOHN MAYALL

LOTS OF PEOPLE – 1977  3/5

 

Publié en 1977.

Produit par John Mayall.

Durée:44:04.

Label:ABC.

Genre:blues.

 

Mayall retombe sur ses pattes.

 

Incubateur avisé de jeunes talents dont il a initié les exceptionnelles carrières (comme Clapton), John Mayall joue désormais plus les chefs d’orchestre moderne qu’il ne relance une carrière sérieusement écornée depuis son arrivée chez ABC Records.

Depuis quelques années (1975), il semble se retrancher derrière son statut pour se la couler douce et mener un parcours cahin-caha dans lequel il implique régulièrement la fine fleur des zicos. Seulement voilà, ce choix de carrière semble le mener nulle part.

Nul ne le sait où il cherche à aller et aucun signe avant coureur ne permet de deviner ses plans. Le seul sort dont on soit sûr, c’est qu’il file droit dans le mur, à force de stagner à ce point et d'avoir sa légendaire créativité en berne.

La qualité de ses derniers albums s’en ressent. Il masque cette carence derrière le blues qu’il pratique comme personne, en variant, en tournant autour mais sans apporter réellement d’idées novatrices, ni susciter d’intérêt.

Son penchant pour la bibine affecte-t-il à ce point cet artiste incomparable, un peu perdu, mais qui retombe toujours sur ses pattes, fort de son expérience. En regardant dans les rétroviseurs, il ne faut pas être grand clerc pour constater que le son Mayall, le label Mayall, l’esprit Mayall n’y sont plus.

Même Allen Toussaint (Notice To Appear/1975) lui vole la vedette sur le disque de leur collaboration, chose qu’il n’aurait jamais accepté dans les années 60. C’est dans le cadre d’une tournée venant à l’appui d’A Banquet In Blues (1976) qu’il souscrit à la demande de son éditeur pour que Lots Of People (en écoute intégrale ici) soit un live, genre dans lequel il a excellé récemment (Jazz Blues Fusion et Moving On), la scène étant le théâtre régulier de ses excessives libations. La majorité de ses shows durant les seventies l’a été sous empire alcoolique.

ABC Records espère ainsi refaire le coup gagnant de ces deux œuvres grandioses. Accompagné par des musiciens talentueux, qu’il a toujours soigneusement sélectionnés, Mayall et sa bande proposent un album plutôt agréable, enregistré à Los Angeles (Roxy/1976), duquel Changes In The Wind, Play The Harp, Burning Down, He’s A Travelling Man s’extirpent haut la main.

Moins savoureux et surprenant que les deux live de référence cités précédemment, il n’est pas à sous-estimer non plus. Le blues y est bien représenté ; Mayall s'en sort toujours (RAZOR©).

 

1. Introduction.

2. Changes In The Wind.

3. Burning Down.

4. Play The Harp.

5. A Helping Hand.

6. I Got To Get Down With You.

7. He's A Travelling Man.

8. Separate Ways.

9. Room To Move.

 

Larry Taylor:basse.

Frank Wilson:batterie

Gary Rowles:guitare électrique.

Ann Patterson:oboe,flûte,saxophone alto

Warren Bryant:percussion.

Jay Spell:piano,clarinette,synthétiseur.

David II:saxophone baryton.

Jimmy Roberts, Red Holloway:saxophone ténor.

Bill Lamb:trompette,trombone.

Nolan Smith:trompette.

Patty Smith, Pepper Watkins:choeurs.

John Mayall:chant,piano,harmonica.

 

LP Live 6 - 1978

 

Mayall last of the british blues 78

 

JOHN MAYALL

THE LAST OF THE BRITISH BLUES – 1978  3/5

 

Publié en 1978.

Produit par John Mayall.

Durée:40:21.

Label:ABC.

Genre:blues,rock.

 

La fin d'une période moins glorieuse.

 

The Last Of The British Blues (1978) est la dernière collaboration entre l’anglais et ABC Records. Elle se traduit par un live capté entre Baltimore, Cincinnati et New-York et gravé dans les studios de la maison de production à L.A. en mars 1977.

Le quatuor d’A Hard Core Package est reconduit : Mayall, Thompson, Richardson et Quill Smith. Le répertoire est plus rock, plus graveleux ; il traduit avec fidélité le Mayall des tournées de cette époque. Conclusion : ça déménage plus qu'à l'accoutumée.

Et ça change du Mayall plan-plan des derniers albums studios. La période ABC, 1975/78, se termine ainsi ; elle est certainement la moins glorieuse de la production Mayall, de ses débuts, en 1965 à la fin des seventies (RAZOR©).

 

1. Tucson Lady.
2. Parchman Farm.
3. There's Only Now.
4. The Teaser.
5. Hide Away.
6. The Bear.
7. Lonely Birthday.
8. Low Down Blues.
9. Another Man.
10. It Must Be Three.

 

Maureen,Donna Washburn,Pepper Watkins,Marty Gwynn,Coleen Vocals,Marilyn Scott,Judy Brown,Beckie Burns,Colleen:choeurs.

Soko Richardson:batterie.

James Quill Smith:guitare.

Steve Thompson:basse.

John Mayall:guitare,harmonica,claviers,chant,clavinet.

DISCOGRAPHIE ÈRE MODERNE.

LP Studio 58 - 2014

 

John mayall a special life 2014

 

JOHN MAYALL

A SPECIAL LIFE – 2014  4/5

 

Publié en mai 2014.

Produit par John Mayall,Eric Corne.

Durée:48:38.

Label:Forty Below Records.

Genre:blues-rock.

 

80 ans et tous ses dons.

 

Celui que les années 60/70 ont consacrées Godfather of The British Blues a gagné le droit de caner dans son lit, les bottes aux pieds, non sans avoir préalablement souscrit à une ultime rasade de Jack Daniels: John Mayall a tant apporté au blues que ce serait bien légitime qu’il finisse de la même manière que les plus fines gachettes du far west rêvent de s’éteindre.

Oui mais voilà, y a comme un blème : à 80 piges, il n’a pas la moindre envie de se retrouver en bonne place sur les convocations envoyées par la Grande faucheuse. Mieux que ça, il pète la forme le Papy et tient à le faire savoir autour de lui.

Toujours sur la route, l’ex Monsieur Loyal des Bluesbreakers a bien l’intention de faire du rab là où d’autres en sont depuis longtemps à soigner leurs rhumatismes inflammatoires, voire sont carrément rangés des bagnoles. Cette immense légende du blues-rock mérite le plus profond des respects.

Il est en forme comme il se plaît à le démontrer dans A Special Life (2014), sa dernière œuvre discographique. Comme s’il avait encore besoin de se justifier ou de montrer patte blanche… Non content de publier un énième album, il en fait un rendez-vous somptueux pour des fans qu’il a encore très nombreux et qui ne lui ont jamais tourné les talons, même au plus fort de ses coups de mou.

A Special Life, sorte d’aboutissement de 60 années de blues et de route, est très bon et son auteur au top de sa maîtrise instrumental et de son inspiration. Les plats qu’il sert ici, laissent augurer d’une motivation toujours aussi intense. Preuve supplémentaire s’il en est que le vieux n’est pas prêt de passer la main. Encore moins l’arme à gauche.

Fans de Mayall, fans de blues électrique, vous serez encore de cet opus personnel très expressif pour lequel il a accordé ses faveurs au line-up réuni sous Tough (2009) et reconduit régulièrement depuis, invité également le prodigieux accordéoniste zydeco CJ Chenier, fils du grand Clifton du même nom et dont le maniement virtuose du piano à bretelles donne une puissance supplémentaire à l’album. Il réunit par ailleurs le guitariste Rocky Athas, le bassiste Greg Rzab ainsi que le batteur Jay Davenport.

A 81 ans, je connais peu d’artistes n’ayant plus rien à prouver, ayant tout démontré, qui soient encore en état de composer, d’interpréter, de faire de la scène partout dans le monde et devant des parterres fournis, de réaliser des disques convaincants.

A Special Life (Forty Below Records) est la retranscription du travail de grande qualité et plein de vitalité que le parrain du blues britannique est encore en capacité de produire cinq ans après son dernier passage en studio pour les besoins de Tough.

Le répertoire d’A Special Life mêle originaux et reprises d’acteurs du genre parmi lesquelles Albert King et Eddie Taylor notamment. Il démarre en fanfare avec l’enjoué Why Did You Go Last Night sur lequel Chenier (chant et accordéon) donne sa pleine mesure et annonce quelques moments à privilégier impérativement comme Floodin’ In California, Heartache, Speak Of The Devil, World Gone Crazy, It’s Allright, Like A Fool, A Special Life ou Big Town Playboy.

Album éclectique axé essentiellement sur le blues, la raison d’être de Mayall, malgré quelques écarts rock et Americana, ce dernier opus de l’anglais place le papy préféré des bluesmen en bonne place dans la catégorie blues actuelle, malgré la mainmise opérée par la jeune génération du moment.

Toujours aussi bien foutu, aussi racé, le blues de Mayall n’est pas encore près à s’en laisser conter par ces blancs becs aux dents longues. A Special Life est sa réponse. Le boss, c’est lui et il le prouve (RAZOR©).

 

1. Why Did You Go Last Night.

2. Speak Of The Devil.

3. That's All Right.

4. World Gone Crazy.

5. Floodin' In California.

6. Big Town Playboy.

7. A Special Life.

8. I Just Got To Know.

9. Heartache.

10. Like A Fool.

11. Just A Memory.

 

Rocky Athas:guitare.

C.J. Chenier:accordéon,chant.

Jay Davenport:batterie.

John Mayall:guitare,harmonica,clavinet,orgue,piano,chant.

Greg Rzab:basse,percussions.

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