John Stewart.

 

JOHN STEWART/San Diego (Californie)

 

John stewart

 

 

Né John Coburn Stewart, dit John Stewart.

Né le 5 septembre 1939 et mort le 19 janvier 2008 à SanDiego (CA)        

Label:Capitol,Decca,Warner Bros,RCA,LRO,Polydor…

Genres:folk,pop,Americana,country alternative.

 

Le patriarche du folk.

Mort en 2008 d’un AVC, John Stewart avait 68 ans. En faisant ses premiers pas dans le métier avec le Cumberland Trio, ce troubadour est en quelque sorte le patriarche du folk. Sa mort et les remous qu’elle engendre à fouiller sa dense discographie, permet de faire le constat que le natif de San Diego (Californie) affiche une cinquantaine d’albums pour son propre compte et qu’il est à l’aise dès lors qu’il s’agit de composer.

John stewart 1

John stewart 2Mort en 2008 à 68 ans.

Daydream Believer, c’est lui.

Révélé par le Trio Kingston (1961), avec lequel il signe 16 albums studio en 7 ans et montre de belles dispositions en qualité d’auteur-compositeur, charge d’écriture qu’il assume préalablement  au sein du Cumberland Three, John Stewart, fin 67, concède un de ses titres, Daydream Believer, aux Monkees qui le transforme en succès dès 1968.

N’ayant besoin de personne pour pondre un succès, John Stewart se lance dans une carrière solo l’année même du Summer Of Love. A sa mort, le compteur de son brillant parcours personnel reste figé sur une quarantaine de pièces.

Après une pige avec John Denver, cet américain pur jus qui voue une passion sans bornes à son pays auquel il a consacré de très grandes chansons, appuie activement la campagne électorale du démocrate Robert Fitzgerald Kennedy pour l’accession à la présidence des Etats-Unis (1968). Complètement enraciné dans la folk music et l’Americana, ses univers de prédilection, il aborde ce parcours solo par un duo très convaincant avec sa future épouse, Buffy Ford (Signals Through The Glass/1968) avant que le superbe California Bloodlines (mai 1969) ne vienne échouer dans les bacs.

Je dis échouer parce que l’album ne rencontre pas le succès escompté auprès du public, comme c’est de coutume dès lors que la critique, elle, le flatte. La reconnaissance de l’artiste et du travail sont certes tardives, mais elles sont. Aujourd’hui, California Bloodlines a la reconnaissance qu’il mérite  et j’en suis fort aise. Pour Rolling Stone Magazine, il trône dans les 200 meilleurs disques de tous les temps. Normal.

John stewart buckingham

« J’ai noué une grande amitié avec John Stewart. Il était un de mes auteurs-compositeurs préférés. J’ai adoré le Kingston Trio et j’étais un grand fan du John Stewart en solo. Comme j’avais fait part de la sympathie que j’avais pour lui dans la presse, il m’a contacté à la fin des années 70 et j’ai travaillé avec lui. Nous sommes toujours restés en contact depuis. » (Lindsey Buckingham)

Une belle vitrine et un magasin richement achalandé.

Mais c’est toute sa discographie qui vaut le coup d’œil, et la tranche des 70’s qui enchaîne  derrière California Bloodlines se révèle, à une ou deux exceptions près, être de très grande qualité : Willard (1970), The Lonesome Picker Rides Again (1971), Cannons In The Rain (1973), The Phoenix Concerts (1974) et Boms Away Dream Babies (1979). Sunstorm (1972) et Wingless Angels (1975) sont un ton en dessous tandis que Fire In The Wind (1977) est à oublier.

Un formidable manieur de mots.

Les années 80 voient Stewart fonder son propre label et continuer à amasser les albums sous son nom. Il en sera ainsi jusqu’à sa mort. Deux ans avant cette triste disparition, John Coburn Stewart, décrit par le Billboard comme un admirable manieur de mots qui, dans ses paroles, capture l’âme de l’Amérique, publie son dernier disque, The Day The River Sang (2006), preuve s’il en est que le californien continuait à faire de la belle et grande musique américaine. Beaucoup le pleurent encore aujourd’hui, son épouse Buddy Ford également à laquelle il est toujours resté fidèle. John Stewart, c’est aujourd’hui une marque dans le patrimoine musical de l’Oncle Sam (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 2 - 1969

 

John stewart california

 

JOHN STEWART

CALIFORNIA BLOODLINES – 1969  5/5

 

Publié en mai 1969.

Produit par Nik Venet.

Durée:41:31.

Label:Capitol.

Genre:folk,country alternative.

 

A faire chavirer Nashville.

 

Enregistré à Nashville, le folk traditionnel de Stewart s’accompagne ici d’un agréable grain country. Produit par le dissident Nik Venet (Beach Boys notamment) de Capitol Records, qui ne lésine jamais sur les moyens consentis à ses poulains, California Bloodlines (en écoute intégrale ici) bénéficie du renfort des requins de Nashville, pour partie les mêmes que ceux qui ont vaqué au Skyline Nashville du Zim.

Pourtant Stewart n’est pas vraiment chaud pour combiner ses compositions finement ciselées pour porter haut son folk, au jeu des countrymen de Nashville. La peur de voir dénaturer l’authenticité de sa musique s’installe alors.

Nik Venet, habile interlocuteur, fait passer le message auprès des musiciens chevronnés (Fred Carter Jr, Norbert Putnam, Charlie McCoy, Lloyd Green, Hargus « Pig » Robbins, Kenneth A. Buttrey) qui mettent plus d’enthousiasme et d’inspiration dans leur jeu, au point que le studio baigne dans une euphorie magique.

C’est tout bénéfice  pour California Bloodlines qui devient ce que John Stewart fera de meilleur. Les ceusses qui connaissent le bonhomme et son œuvre, la finesse de son songwriting (Some Lonesome Picker, Razor-Back Woman,  July You’re A Woman, Missouri Birds, The Pirates Of Stone County Road, Mother Country), plus particulièrement celui de cet opus de belle et vraie musique américaine, savent la difficulté qu’il y a à privilégier un titre plus qu’un autre…

Mais Mother Country, Some Lonesome Picker, Never Goin’ Back, Missouri Birds, c’est quelque chose. L’histoire dit que les durs à cuire de Nashville ont parfois versé une petite larmichette. La bière ? Le Jack Daniels ? La Tequila ? Et si c’était tout simplement l’émotion ? Je vous laisse apprécier à sa juste valeur cet artiste merveilleux, parmi les meilleurs songwriters que l’Amérique ait connu.

John Stewart ne s’imagine même pas ce qu’il a réalisé là, pas plus qu’il n’a la moindre idée du plaisir qu’il m’a fait passer à son écoute. Qu’il soit dans les 200 meilleurs LP de tous les temps, relève de l’anecdote. Waouh !  (RAZOR©)

 

1. California Bloodlines.

2. Razor-Back Woman.

3. She Believes in Me.

4. Omaha Rainbow.

5. The Pirates of Stone County Road.

6. Shackles and Chains.

7. Mother Country.

8. Some Lonesome Picker.

9. You Can't Look Back.

10. Missouri Birds.

11. July, You're a Woman.

12. Never Goin' Back.

 

John Stewart:guitare.

Kenneth A. Buttrey:batterie.

Fred Carter Jr:guitare.

Norbert Putnam:basse.

Charlie McCoy:harmonica.

Lloyd Green:pedal steel.

Hargus "Pig" Robbins:piano.

1 vote. Moyenne 5.00 sur 5.