Joni Mitchell.

BIOGRAPHIE.

 

JONI MITCHELL/Canada

 

Joni mitchell

 

Née Roberta Joan Anderson,dite Joni Mitchell.

Née le 7 novembre 1943 à Fort Macleod (Canada).

Années actives:1967/2009 (Greenwick,Laurel Canyon),quelques rares apparitions depuis.

Label:Reprise,Asylum,Geffen,Nonesuch,Hear Music.

Genre:folk,folk-rock,,folk-jazz,jazz,pop.

Site officiel:www.jonimitchell.com

 

Dylan, rhabillé pour l’hiver.

Langue de bois, elle ? N’y pensez même pas. Joni Mitchell, auteur-compositeur-interprète, pionnière de la scène folk de Greenwich n’a jamais eu sa langue dans la poche et ce n’est pas l’avancée dans l’âge, ni le statut de l’autre qui risquent de tempérer sa légendaire véhémence verbale et son sens de la provoc’.

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A 71 ans, la canadienne, qui se veut femme affranchie, sort rarement de sa tanière, mais quand elle se prête à une des rares interviews qu’elle accorde aujourd’hui, elle ne tourne pas autour du pot pour faire savoir ce qu’elle a sur le cœur, même avec ceux dont elle a partagé le quotidien pendant ses heures de gloire.  

Bob Dylan en a récemment fait l’amère expérience, venant de se faire rhabiller pour l’hiver par la frondeuse canado-américaine qui considère aujourd’hui que celui, entre autres, avec lequel elle a popularisé la scène de Greenwich Village, partagé les messages universels, ouvert la voie à la liberté d’expression, à l’amour libre et à l’engagement politique, tenté de changer le monde, n’est ni un musicien de talent, ni un sublime guitariste et qu’il s’est inventé un personnage. Dur dur, d’autant que ce n’est pas la première fois qu’elle se paie le barde.

En rupture avec son passé.

Faut-il voir dans la charge verbale de cette artiste peintre installée

dans le quartier cossu de Beverley Hills, une forme de reniement d’un passé bohème et dont elle a hérité du surnom de la déesse du folk et du hippie ? Celle qui est revancharde avec l’industrie de la musique d’aujourd’hui, qui a annoncé à je-ne-sais-combien-de-reprises ne plus jamais y mettre les pieds mais qui, en 2006, repointe un minois joliment ridé dont on devine qu’il fut charmant, pour un nouveau disque, règle ses comptes avec tout ce qui la relie à la popularité induite par cette scène influente et prolifique, avec cette musique qui a marqué toute une génération.

C’est tout juste si cette grande poétesse du folk ne s’assoit pas sur Woodstock. Son emblématique Woodstock, celui que des songwriters aussi avisés que pouvaient alors l’être les étoiles du moment, David Crosby, Stephen Stills, Graham Nash et Neil Young, canadien comme elle, ont fait briller mais pas pensé à écrire. La dame ne supporte plus ce symbole d’une génération, né sous sa plume, dans une chambre d’hôtel new yorkaise, après le légendaire festival et dans le seul but de s’identifier à lui et de tempérer la déception générée par son absence de l’événement planétaire.

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« Je n’ai jamais recherché le succès et je ne me suis jamais attendu à ce qu’il soit tel. Pour moi, la musique était surtout un hobby, mais au fil du temps, après un album, tout ce que je considérais comme des faiblesses sur le disque enregistré, je m’en suis servie pour avancer et rendre meilleur celui à venir. J’ai écrit des poèmes aussi, j’ai peint toute ma vie. J’ai toujours voulu jouer de la musique, mais je n’ai jamais imaginé mettre tout ça ensemble. Le déclic s’est fait quand Dylan a commencé à écrire des chansons poétiques ; c’est là que je me suis mis en tête de pouvoir réellement chanter mes poèmes moi aussi. »  (Joni Mitchell)

Dans son sillage, les Lennox, Bjork, Morrissette…

La Joni Mitchell du nouveau millénaire a tourné le dos au flower power, balayant du revers de la main toutes ces utopies qu’elle voit aujourd’hui comme d’une grande stupidité. Mais l’histoire est têtue et garde en son sein les preuves que cette femme intelligente, cette musicienne inoubliable, qui apparaissent en filigrane derrière l’artiste-peintre septuagénaire du vingt-et-unième siècle, a laissé une empreinte indélébile dans la musique et dans les cœurs de toute une génération. Même si elle s’en défend depuis et qu’elle n’aime pas réécouter ses disques, on n’échappe pas à son passé, à son histoire et Joni a, au travers de la sienne, suscité les vocations d’Annie Lennox, de Madonna, de Bjork, d’Alanis Morissette, des Counting Crows, de Seal. Alors, fausse modestie ou vrai désir de tourner une page, madame Mitchell, accordez-vous au moins le mérite de cette prestigieuse succession.

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Le plus joli vibrato de Greenwich Village et de Laurel Canyon.

Joni Mitchell voulait être chanteuse de folk et la polio qui l’a affectée jusqu’à ses 9 ans, n’était pas un frein suffisant pour contrecarrer son choix, même si la célébrité n’a jamais été son objectif.

Avec sa gratte pour alliée et le beau vibrato de sa voix pour argument, elle va alors se mettre à chanter les sentiments, d’abord du côté de Manhattan puis sur la côte ouest, à Los Angeles où elle devient une des artistes en vue de Laurel Canyon.

Une quinte vinylique mémorable.

Elle se disait simple chanteuse de folk, sans aucun talent particulier. Foutaises, elle est hyper douée et sa voix est une finesse rare. Qui plus est, elle ne veut rien faire comme tout le monde mais, dans ce milieu machiste, elle ne rebute pas à se faire une place ; pour mieux montrer de quel bois elle se chauffe, elle signe, entre 1969 et 1973, non pas 1, ni 2, ni 3 ni 4, mais 4 albums magnifiques, époustouflants souvent : Clouds (1969), Ladies Of The Canyon (1970), référence à Laurel Canyon, le légendaire Blue (1971), For The Roses (1972) et Court And Spark (1974).

Et derrière, ça continue à voler très haut comme en témoignent The Hissing Of Summer Lawns (1975) et Hejira (1976). Pendant 7 ans, elle est au sommet de son art. Quand vous l’évoquez avec elle, elle ne trouve pas mieux d’objecter que si c’était à refaire, elle le referait différemment ; c’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle n’écoute jamais ses disques.

Rendez-vous compte, on parle ici d’une œuvre sur laquelle critiques et fans convergent favorablement et à l’unanimité. Et elle, elle vous rétorque qu’elle regrette surtout, de cette décennie, le manque d’intérêt accordé à Mingus (1979).

Garde quelque chose pour toi-même.

Kris Kristofferson lui dit un jour : « Garde quelque chose pour toi-même ». Elle semble ne pas s’appliquer ce conseil. Peut importe, si Joni Mitchell ne veut rien garder d’elle, comme pour mieux continuer à provoquer et à s’aimer sous les traits d’une l’arrogance délibérée plutôt que sous le visage d’une fausse modeste, gardons pour nous toute l’émotion qu’elle nous a procurée. Nous le ferons pour elle avec plaisir et respect (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 4 - 1971

 

Joni mitchell blue

 

JONI MITCHELL

BLUE – 1971  5/5

 

Publié en juin 1971.

Produit par Joni Mitchell et Henry Lewy.

Durée:35:41.

Label:Reprise.

Genre:folk-rock.

 

Le plus introspectif de ses chefs d’œuvre.

 

Le folk a ses chefs d’œuvre et Blue (en écoute intégrale ici) de Joni Mitchell, paru en juin 1971, en est incontestablement un des plus éminents. Blue évoque le fameux blues, la mélancolie, le bourdon, le cafard. Tout est bleu dans son album, y compris la pochette.

Au regard de ce type d’albums, éléments parmi tant d’autres d’une longue et belle liste de disques qui accompagnaient alors mon quotidien d’ado des années 60/70, il me réapparaît aujourd’hui à l’esprit le constat que notre génération a été franchement privilégiée d’en découdre avec ce gratin d’artistes.

Joni Mitchell, la belle canadienne, en faisait partie et, avec le quatrième tome de sa discographie, la déesse du folk y va aussi de son petit joyau. Blue fait preuve d’une belle maturité, d’un tel aboutissement qu’il constitue le top de sa grande carrière musicale.

Avec une guitare et un piano, soutenue par James Taylor, son amant du moment, Stephen Stills et Pete Kleinow, compagnons de route de la scène californienne, dotée d’une voix unique et caractéristique entre mille, Joni Mitchell se confie en douceur, se met à nue et nous transporte dans un album intimiste dans lequel son amour passionné s’accompagne de tendresse et de vulnérabilité.

Blue, c’est un désir d’épanouissement, c’est la rupture douloureuse, les coups bas réglés avec son ex, Graham Nash, les regrets, les remords, la douleur… Joni Mitchell, qui dit ne pas savoir aimer à cette époque, est grave, ironique, son écriture est acérée. Elle va jusqu’au plus profond de son âme et ça donne cette pépite qu’est Blue. Déchirant ! (RAZOR©).

 

1. All I Want.

2. My Old Man.

3. Little Green.

4. Carey.

5. Blue.

6. California.

7. This Flight Tonight.

8. River.

9. A Case Of You.

10. The Last Time I Saw Richard.

 

Joni Mitchell:dulcimer,guitare,piano,chant.

Stephen Stills:basse,guitare sur4.

James Taylor:guitare sur 1/6/9.

Sneeky Pete Kleinow:pedal steel guitare sur 6/7.

Russ Kunkel:batterie sur 4/6/9.

LP Studio 6 - 1974

 

Joni mitchell court and spark

 

JONI MITCHELL

COURT AND SPARK – 1974  5/5

 

Publié en janvier 1974.

Produit par Joni Mitchell, Henry Lewy.

Durée:36:58.

Label:Asylum.

Genre:folk-jazz,folk-rock.

 

En roue libre.

 

De c’temps là, en 1974, la mère Mitchell c’était un monument. Avant Court And Spark (en écoute intégrale ici) qui nous réunit autour de cette nouvelle chronique, cette grande dame du rock s’est préalablement constitué un répertoire que beaucoup lui envient et que le rock n’a pas boudé, loin s’en faut. Jugez plutôt : hormis le Song To A Seagull initial de 1968, que l’on peut considérer comme un moyen de gamme et qui renvoie à sa période de folkeuse, toute la production discographique qui suit est flamboyante.

Clouds (1969), Ladies Of The Canyon (1970), For The Roses (1972) culminent dans le haut du panier de l’artiste. Ajoutez-y le déchirant Blue de 1971, estimé comme le chef d’œuvre de la canado-californienne et artiste touche-à-tout par ailleurs.

L’ex-partenaire de Graham Nash, avide de nouveaux horizons depuis For The Roses, donne un autre sens à sa carrière en s’intéressant de près au rock et au jazz. Court And Spark, publié au début de l’année 1974, traduit cette mutation.

Alors à la croisée des chemins entre son passé d’artiste folk et ses aspirations vers le jazz rock, alors qu’elle affiche une belle confiance en elle, une franche maturité, une grande exigence, Mitchell la trentenaire attire à elle une belle brochette de musicos et de proches pour travailler ce nouveau projet : les fidèles Crosby et Nash pour assurer les chœurs, Jose Feliciano, Robbie Robertson, Wayne Perkins d’une part, mais surtout les pointures du jazz-rock du moment, ceux qui sont à même d’étoffer solidement sa nouvelle orientation jazz.

Il y a là le saxophoniste Tom Scott, déjà présent sur For The Roses, le claviériste Joe Sample, le guitariste Larry Carlton, le bassiste Max Bennett (plus Wilton Felder et Jim Hughart), John Guerin à la batterie et l’inimitable Milt Holland aux percus. Avec les moyens dont elle s’est dotée, Joni Mitchell donne le jour à un sixième LP qui lui permet d’atteindre son pic de popularité et de créativité.

Bâti sur un folk-pop jazz léger, les onze plages qui l’habillent s’imbriquent merveilleusement les unes dans les autres. Des fleurons en émergent : le raffiné Help Me, pierre angulaire de l’album ; le narquois Free Man In Paris, écrit pour David Geffen d’Asylum Records, après un voyage à Paris et mettant en avant les pressions induites par l’industrie discographique ; Raised On Robbery, sorti préalablement en single, avec Robbie Robertson (du Band) à la guitare ; l’optimiste Car On A Hill ou son opposé, le pessimiste et complexe Down To You.

Accessible, limpide, regorgeant de poésie, intimiste, Court And Spark nous livre une Mitchell qui ne se cache pas, caustique, perspicace, qui raille même (People’s Parties), mais dont la beauté de chant est incomparable.

Du très haut niveau, qui touche au cœur et qui annonce surtout la carrière à venir de la canadienne. Rolling Stone le place au rang 111. Croyez moi, c’est justifié ! (RAZOR©)

 

1. Court and Spark.

2. Help Me.

3. Free Man in Paris.

4. People's Parties.

5. Same Situation.

6. Car on a Hill.

7. Down to You.

8. Just Like This Train.

9. Raised on Robbery.

10. Trouble Child.

11. Twisted.


Joni Mitchell:chant,piano,clavinet.

Larry Carlton,Dennis Budimir,Robbie Robertson,Jose Feliciano,Wayne Perkins:guitare.

Tom Scott:bois,anches.

Chuck Findley:trompette.

Joe Sample:piano électrique.

Max Bennett,Jim Hughart,Wilton Felder:basse.

John Guerin:batterie,percussions.

Milt Holland:percussions,carillons.

David Crosby,Graham Nash,Cheech Marin,Tommy Chong,Susan Webb:choeurs.

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