Judy Collins.

BIOGRAPHIE.

JUDY COLLINS/Denver (Colorado – USA)

 

Judy collins intro

 

Née Judith Marjorie Collins, le 1er mai 1939 à Seattle.

Active depuis 1959.

Labels:Elektra,Geffen,MCA,Mesa Bluemoon,Rhino,Atlantic,Wildflower,Cleopatra.

Genre:folk,americana,country,pop,pop-rock.

Site officiel:judycollins.com


L'hymne Judy Blue Eyes.

Judy Collins, dont il est question ici, c'est la fameuse Judy aux yeux bleus, Judy Blue Eyes dans la langue de Stephen Stills, l'auteur du titre qu'il lui a consacré, ouvrant simultanément le premier album de Crosby Stills & Nash (mai 1969) et le set du même trio (+ Neil Young) à Woodstock, le 17 août 69. A cette époque, le texan est raide dingue de la dame, trentenaire, et chasse derrière.

L'ex-Buffalo Springfield, de six ans son cadet, tombé sous le charme, noue alors une passion amoureuse compliquée avec son aînée. Il en souffre terriblement, surtout sur la fin de leur relation, au point qu'il compose cette chanson pour reconquérir sa belle.

Alors qu'il collabore à l'album de la native de Seattle, Who Knows Where The Time Goes (fin 1968), Stills bénéficie de la vacance du studio pour enregistrer des démos de nouvelles chansons, dont les premières ébauches de ce qui aboutira à Suite : Judy Blue Eyes, réalisées à l'insu de sa muse.

Il profite d'une visite dans la chambre d'hôtel de sa petite amie pour lui interpréter le fragment de la chanson la concernant. Celle-ci, inflexible, met malgré tout un terme à leur idylle et se marie avec Stacy Keach, alias Mike Hammer. Reste une chanson, mieux : un hymne...

La romance, au fil des ans, laisse place à une profonde amitié et, aujourd'hui, les vieux amants signent un album en commun, inspiré par leur liaison, Everybody Knows (septembre 2017) et engagent une tournée derrière. Leur histoire n'était donc pas complètement achevée...

Judy collins 1Judy Collins, figure majeure de la folk music.

Judy collins stephen stillsSon idylle avec Stephen Stills accouche...

Judy collins judy blue eyes csn...de l'hymne Suite : Judy Blue Eyes.

Judy collins 2Valoriser le répertoire d'autrui...

Judy collins wildflowers...avant de passer à sa propre écriture...

Judy collins stephen stills now...puis de retrouver Stills en 2017.

Du Colorado à Greenwich Village.

Née Judith Marjorie Collins à Seattle le 1er mai 1939, Judy Collins est l'une des rares artistes folk pointant au début des 60's et toujours active à ce jour. Elle affiche près 6 décennies de carrière, parcours commencé à l'âge de 13 ans par le piano (1952) et consacré essentiellement à interpréter les chansons des autres.

Poussée à l'écriture par Leonard Cohen qu'elle a contribué à rendre populaire en étant la première à chanter Suzanne, elle n'en a pas moins été une songwriter talentueuse (Secret Gardens, Albatross, Sky Fell, My Father ou Since You Asked, Houses, Song For Duke, Born To The Breed...), mais il lui faudra attendre 30 ans et son quatrième LP pour trouver trace de ses premiers originaux.

Fille aînée d'une fratrie de 5 enfants, Judith Marjorie est née d'un père chanteur, compositeur, pianiste et animateur radio. Elle a 10 ans quand Chuck Collins, aveugle et alcoolique, et sa famille déménagent pour le Colorado, à Denver. Elle y prend ses premiers cours de piano sous l'égide d'Antonia Brico, une cheffe d'orchestre symphonique de réputation internationale.

Bien qu'elle joue de la musique classique, la jeune Judith est plutôt attirée par le folk revival et ses pionniers, Woody Guthrie et Pete Seeger. Elle apprend la guitare puis, ses études secondaires finies, elle commence à arpenter les scènes des clubs folk de Denver, Boulder et de Central City pour gagner sa vie.

A 19 ans, elle se marie avec Peter Taylor et donne naissance à Clark (1959), son seul enfant lequel, hélas, se suicidera en 1992. La famille Taylor s'installe alors plus à l'est, dans le Connecticut où Peter obtient un emploi d'enseignant universitaire. Judith continue, elle, à se produire partout où elle peut dans l'est du pays.

Elle devient une figure majeure de la scène folk et prend part à l'émergence de l'échiquier revival de Greenwich Village. C'est à New York que l'avant-gardiste Elektra Records conclut un accord de partenariat avec la jeune artiste de 21 ans. Cette collaboration durera quand même 35 années.

Valoriser le répertoire d'autrui...

Elle entame cette association avec un premier opus, A Maid Of Constant Sorrow (novembre 1961), axé essentiellement sur les chansons traditionnelles britanniques et sur les contest songs. Les deux albums suivants, Golden Apples Of The Sun (juillet 1962) et Judy Collins 3 (avril 1964) sont de la même veine.

Pour l'occasion, elle puise dans les répertoires de Bob Dylan, Pete Seeger, Ewan MacColl ou Woody Guthrie, mais en pince aussi pour les Tom Paxton, Phil Ochs, Randy Newman, Leonard Cohen, Fred Neil, Richard Farina, Eric Andersen ou Joni Mitchell... le gratin de Greenwich, quoi.

Pour ces derniers, alors stars en gestation, être couvert par Judy Collins est une véritable aubaine, eu égard aux belles adaptations qu'elle fait des chansons qu'elle reprend et qu'elle valorise généralement.

Après un premier album live, The Judy Collins Concert (juillet 1964), elle publie Fifth Album (septembre 1965) qui s'appuie sur un principe identique (folk traditionnel et reprises). Cette année 1965, dans le même temps qu'elle entre au Billboard (69), elle divorce de Peter Taylor.

Dès novembre 1966 et la sortie de In My Life, on constate que Judy Collins rompt avec quelques habitudes. Elle élargit notamment son champ artistique en s'écartant de la folk traditionnelle, en optant pour un meilleur répertoire à couvrir et en adoptant des arrangements plus alambiqués.

...avant de signer ses propres titres.

In My Life, assurément un de ses meilleurs LP, fait une percée commerciale (N°46 au Billboard) et contribue à lancer le jeune auteur Leonard Cohen dont Judy Collins fait une adaptation magnifique et profonde de son Suzanne.

Wildflowers (octobre 1967), sa septième levée discographique tous formats confondus (studio et live) la fait entrer dans la cour des grands. L'album fait N° 5 au Billboard et disque d'or, tandis que le titre emprunté à Joni Mitchell, Both Sides Now, s'installe au 8ème rang des charts (octobre 68) et reçoit un grammy award pour la meilleure performance folklorique, l'année suivante. Par ailleurs, elle signe pour la première fois ses premières chansons : Since You Asked, Sky Fell et Albatross.

Who Knows Where The Time Goes, sorti en novembre 68, produit par David Anderle (David Ackles, The Doors, Love, Delaney & Bonnie, Ozark Mountain Daredevils...) réunit une pléiade de musiciens de renom de la place de Los Angeles, lieu d'enregistrement du disque.

Buddy Emmons, James Burton, Chris Ethridge, Jim Gordon, Van Dyke Parks, Michael Melvoin, Michael Sahl et Stephen Stills donnent un côté plus rock à son travail, une fois encore articulé autour du répertoire d'autrui (Leonard Cohen, Ian Tyson, Bob Dylan, Sandy Denny). Seul l'autobiographique My Father échappe à ce constat.

29 au Billboard, le N°7 studio du catalogue, produit par Stephen Stills, est l'autre joyau de la discographie de Judy Collins. Le titre de ce disque est emprunté à un morceau de l'anglaise Sandy Denny de Fairport Convention.

Brel, Baez, Dylan et Seeger, notamment, cohabitent avec des airs traditionnels, du gospel et une chanson de baleiniers (Farewell To Tarwathie) pour les besoins de l'album suivant, Whales And Nightingales (août 1970), par lequel Judy Collins bascule dans les 70's. Son apport à l'écriture se limite cette fois à Nightingale I et II, ce qui n'empêche pas le LP de pointer à une belle 17ème place dans les charts.

Living (fin 71), deuxième opus en public, et un Best Of (Colors Of The Day/mai 1972) viennent s'intercaler entre Whales And Nightingales et True Stories And Other Dreams (janvier 1973). Celui-ci est le premier LP studio depuis deux ans. Judy Collins a pris son temps pour le réaliser.

Et pour cause puisque 5 des 9 titres de l'album sont des originaux signés de l'artiste : Fishermen Song, Secret Gardens, Holly Ann, Song For Martin et Che. Comme souvent, son écriture s'appuie sur des expériences familiales ou personnelles ainsi que sur des sujets politisés ou d'ordre social.

Judy collins 3

« Avec Stephen, nous sommes amis depuis notre liaison datant de 1968 et qu’il a écrit ‘Suite Judy Blue Eyes’, pour que je revienne… Cela n’a pas marché mais nous sommes très liés d’amitié. Nous avons enregistré ensemble une chanson sur ‘Paradise’, sorti en 2010. J'ai récemment publié le livre, Suite Judy Blue Eyes qui sort aux États-Unis le 18 octobre. Il parle de notre vie à tous, dans les années 60. J’y parle de ma vie, de mes histoires d’amour, de mes mariages et de ma carrière. » (Judy Collins)

Grammy Award.

Les 4 autres pistes retenues par Collins pour boucler True Stories And Other Dreams sont de Valerie Carter, artiste de la nouvelle vague folk du moment (Cook With Honey), de Stephen Stills, l'ex-amant (So Begins The Task) que Stacy Keach a depuis remplacé dans le cœur de Judy, de Tom Paxton (The Hostage) et du canadien Bob Ruzicka (The Dealer – Down And Losin'). Très bon LP, True Stories And Other Dreams se classe 27 au Billboard.

12ème tome discographique studio, Judith, opus de l'artiste le plus vendu, est publié au milieu des 70's (mars 75). 17 du Billboard, il renferme le titre Send In The Clowns, repris à Stephen Sondheim qui l'a écrit pour la comédie musicale A Little Night Music (1973).

Sorti en single, le titre est devenu un succès important dans la carrière de la native de Seattle (11 semaines dans les charts 75 et classé 36, puis N°19 en 77 et 16 semaines de présence) et chanson de l'année 76 (Grammy Award). Malgré sa réussite commerciale, Judith n'est pas un travail majeur de son auteur.

Plus de 55 albums à son actif.

Moins inspirée et trop politisée, Judy ne retranscrit plus les bonnes sensations nées de sa production de la fin des 60's/début 70's. Jusqu'à la fin des 70's, les LP se suivent sans susciter de réelles surprises : Bread And Roses (novembre 1976), Hard Times For Lovers (Février 1979) amorcent la stagnation de sa carrière.

Dans les décennies qui suivent, elle est toujours restée une artiste majeure, enrichissant son catalogue de nouveaux disques généralement bien accueillis par la critique et aimés du public.

Activiste convaincue (santé mentale et suicide), conférencière, membre de l'UNICEF, peintre, cinéaste, propriétaire d'un label, auteur de livres, Judy Collins n'en poursuit pas moins une carrière musicale très riche (elle compte plus de 55 albums à son actif) et très dense, ponctuée par Winter Stories (2019), un album de collaboration avec Jonas Rjeld. Une tournée britannique est d'ores et déjà annoncée pour 2020. Tout ça à 80 ans...Respect, Madame Collins (RAZOR©2019).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 7 - 1967

 

Judy collins wildflowers

 

JUDY COLLINS

WILDFLOWERS – 1967  3,5/5

 

Publié en octobre 1967.

Produit par Mark Abramson.

Durée:35:44.

Label:Elektra.

Genre:folk.

 

Déprimés s'abstenir.

 

Ce N°7 du catalogue de Judy Collins, Wildflowers (1967) n'est pas son meilleur travail. Son suivant, Who Knows Where The Time Goes (1968), lui est bien supérieur. Ce qui précède, à l'exception de Golden Apples Of The Sun (1962), également.

Wildflowers n'est pas ce qu'elle a fait de mieux et pourtant, il est l'album qui qui a eu le plus de succès dans les charts américains en se positionnant au 5ème rang. Il est surtout une étape importante dans la carrière de l'artiste de Denver dans la mesure où, pour la première fois, elle alimente son disque de trois titres (sur 10), signés de sa propre plume : Since You Asked, Sky Fell et Albatross.

C'est un petit événement en soi pour celle qui, depuis le début de son parcours discographique, s'emploie à reprendre les chansons des autres comme Leonard Cohen, Bob Dylan Ewan MacColl, Woody Guthrie, Tom Paxton, Fred Neil, John Phillips, Richard Farina, Eric Andersen, Phil Ochs, Gordon Lightfoot, Donovan, Lennon-McCartney ou encore Brel, quand elle ne s'appuie pas sur le répertoire folk traditionnel.

Pour autant, Wildflowers demeure un bon album, gracieux, doux, apaisant, méditatif. Trop apaisant peut-être et à force de s'égrener sur un rythme lancinant, il installe progressivement l'auditeur dans une certaine léthargie, d'autant qu'ici, Collins rompt avec le folk classique au bénéfice d'une musique acoustique de chambre sur un mid tempo constant du début à la fin.

Pour s'endormir et au lieu d'essayer de compter les moutons, pour décompresser après une journée de taf, mettre Wildflowers en musique d'ambiance, c'est la certitude de tomber dans les bras de Morphée en 3 titres ou en moins de 10 minutes.

L'effet d'endormissement à son contact est aussi agréable que son contenu, à écouter à dose homéopathique seulement, pas pendant 35 minutes d'affilée. Ou alors il faut choisir son moment dans la journée...

Pour le reste, la voix est magnifique et l'interprétation l'est tout autant ; les mélodies sont déchirantes et globalement accrocheuses, les arrangements de Joshua Rifkin très raffinés. Déprimés s'abstenir (RAZOR©).

 

1. Michael From Mountains.

2. Since You Asked.

3. Sisters Of Mercy.

4. Priests.

5. A Ballata Of Francesco Landini.

6. Both Sides Now.

7. La Chanson des Vieux Amants (The Song Of Old Lovers).

8. Sky Fell.

9. Albratross.

10. Hey That's No Way To Say Goodbye.

 

Judy Collins:chant,guitare,claviers.

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