Leonard Cohen.

BIOGRAPHIE.

 

LEONARD COHEN/ Montréal (Canada)

 

Leonard cohen intro

 

Né Leonard Norman Cohen le 21 septembre 1934 à Westmount (Québec/Canada),décédé le 7 novembre 2016 à Los Angeles (californie/USA)

Actif entre 1956 et 2016.

Label:Columbia.

Genre:folk,rock,folk-rock.

Site officiel:www.leonardcohen.com

 

Le Beautiful Loser.

Leonard Cohen vient de s'éteindre depuis quelques heures seulement que déjà il nous manque, qu'aussitôt les hommages pleuvent sur l'artiste qui allait fêter des 60 ans de carrière. Oui, vous avez bien lu, 60 ans.

Génie de la langue et de l'approche littéraire qu'il en eut dans le milieu du rock et de la pop, ce fils de tailleur canadien, à l'instar d'une autre légende de la musique et de son unique concurrent, Bob Dylan, s'est tu le 7 novembre d'une année 2016 impitoyable pour la culture musicale : Bowie, Prince, Cohen, Emerson et Lake... du lourd est tombé au champ d'Honneur du rock en cette annus horribilis.

Le triomphe modeste.

Leonard Cohen eut le succès plus modeste que son alter ego américain ; le natif du Québec n'a d'ailleurs jamais cherché à se faire mousser dans les médias, se contentant discrètement de broder d'or des chansons, dont certaines ont fait le bonheur d'autres comme Judy Collins, Nina Simone, Graeme Allwright, Alain Bashung, Joe Cocker, Tim Hardin, Johnny Cash, Serge Lama, John Cale ou Jeff Buckley.

S'il ne fallait retenir que trois d'entre elles dans un répertoire chichement achalandé, Suzanne (1967), Bird On The Wire (1969) et Hallelujah (1984) s'imposent sans discussions.

Leocohen buckskin boysLes Buckskin Boys au début des 60's.

Leonard cohen 1Le Beautiful Loser.

Leonard cohen judy collinsAvec Judy Collins.

Leonard cohen en famille hydraEn famille à Hydra.

Leonard cohen suzanne verdal la femme qui a fait chanter cohenSuzanne Verdal, la femme qui l'a fait chanter.

Loenard cohen marianne ihlen sa compagneAvec Marianne Ihlen, sa compagne.

Leonard cohen suzanneSuzanne (1966).

Leonard cohen adieuParti avec infiniment de classe.

Partagé entre littérature et musique.

Leo est né au Québec, le 21 septembre 1934. De son vrai nom Leonard Norman Cohen, il est l'enfant d'une famille juive d'ascendance russo-polonaise résidant à Westmount, dans les quartiers anglophones aisés de la la banlieue de Montréal. Son père, tailleur, décède alors que Leonard n'a pas encore 10 ans.

Sa vie basculant soudainement, le jeune Leonard se plonge dans la littérature et l'écriture vouant une passion pour la poésie anglo-saxonne ainsi que pour les auteurs français comme Albert Camus et Jean-Paul Sartre ou les poètes espagnols comme Garcia Lorca. La Bible est également une de ses lectures régulières.

Un premier recueil de poésies paraît en 1956 (Let Us Compare Mythologies) à Montréal. Il est encore étudiant à l'Université McGill où il a entrepris des études d'histoire, avant de faire un an à l'Université Columbia (New York). A l'Université, il se passionne aussi pour la musique et intègre un trio de country-folk, les Buckskin Boys. Peu inspiré par les études, il revient à Montréal où il occupe divers petits jobs qui lui permettent de se concentrer essentiellement sur l'écriture de fiction et la poésie (The Spice Box Of Earth/1961).

Entre Europe et Nashville.

Une bourse gouvernementale permet à Leonard Cohen de prendre la direction de l'Europe. Après un séjour à Londres, il passe le début des 60's sur l'île grecque d'Hydra où il recherche l'inspiration pour ses prochains ouvrages (The Favorite Game/1963, le controversé Flowers of Hitler/1964), articulés autour de l'amour, la spiritualité, la sexualité et la solitude.

Ses écrits se vendant mal, il fait le choix de la musique et des Etats-Unis pour gagner sa vie.

Impliqué auparavant dans une formation country-folk, Leonard Cohen opte pour Nashville où il a dans l'idée d'enregistrer un album country. Sur la route vers le Tennessee, il s'accorde une étape à Greenwich Village. Il y fait la rencontre du gratin de la place : Bob Dylan, Joan Baez, Tim Hardin, Phil Ochs, Joni Mitchell et Judy Collins. Il commence alors à se montrer dans les réunions et festivals folk. Ses morceaux collent parfaitement à l'esprit de l'époque et de l'endroit (1965).

Suzanne, sa muse.

Judy Collins fait alors de sa chanson Suzanne, un belle vitrine pour le songwriter qu'il est (1966). Suzanne comme Suzanne Verdal, épouse d'un sculpteur de Montréal, l'une des rares femmes à avoir éconduit ce séducteur invétéré au début des 60's. Pour Suzanne, sa muse, il écrit un poème (Suzanne Takes You Down/1966) que Leo traduira en chanson.

Chanson parmi les plus reprises du catalogue du canadien, elle permet, grâce à Judy Collins, à son auteur de faire sa première apparition en public le 30 avril 1967, avant de récidiver à l'occasion du festival folk de Newport 67 (10 au 16 juillet ).

Un artiste déprimant...

Par l'entremise du producteur John H. Hammond, Cohen signe chez Columbia Records, gros label s'il en est. Il a 34 ans. En août 1967, il enregistre son premier LP, Songs Of Leonard Cohen, mis dans les bacs à la fin de l'année et produit, pour cause de maladie d'Hammond, par John Simon.

Fait d'un pseudo-folk, l'album, sombre comme pas deux, est descendu en flèche par une partie de la critique qui voit en lui un des disques les plus déprimants qu'il lui ait été donné d'entendre. Elle reviendra sur son jugement rapidement quand Songs Of Leonard Cohen, déjà très mature, se fera une place dans le coeur du public.

La version de Suzanne par Cohen figure dans le présent répertoire. Elle est accueillie froidement aux USA, bien mieux en Europe mais là, encore tout rentre très vite dans l'ordre. Leonard Cohen, à défaut de débuts fracassants, se pose en sérieux candidat pour le titre de meilleur songwriter. Pour une première œuvre, elle est maîtrisée à l'image de So Long Marianne et de Sisters Of Mercy.

ou juste un poète mélancolique ?

Ce que confirme le deuxième opus, Songs From A Room (avril 1969), réalisé à Nashville, supposée être, rappelons-le, sa destination américaine initiale. Produit par Bob Johnston (Johnny Cash, Bob Dylan, Simon & Garfunkel), le disque de Cohen confirme toute la potentialité entrevue dans l'album siamois précédent.

Malgré la pression exercée par le label, l'artiste réalise un joli coup avec les mêmes ingrédients : une voix de bariton exceptionnelle, des arrangements à minima, des textes d'une grande poésie, de la sobriété et une ambiance mélancolique.

Brut de décoffrage, austère, en noir et blanc, il n'est pas l'album le plus indiqué pour découvrir son auteur. Bird On Wire, The Story Of Isaac, The Butcher, Tonight Will Be Fine, You Know Who I Am et, chanté partiellement en français, The Partisan, adaptation de La Complainte du Partisan (1943) en sont les incontournables classiques.

Après avoir participé au festival de Wight (août 1970), il publie Songs Of Love And Hate (1971), encore plus noir que les précédents, plus personnel et toujours aussi glacial, dépouillé et oppressant ; c'est son 3ème LP en 4 ans, son meilleur, incontestablement, auquel notre Jean-Louis Murat national a dü souvent se sustenter.

Un personnage énigmatique.

Un live s'invite alors au catalogue pour pallier la distance que met Cohen entre lui et la musique, pour se consacrer à son autre passion, la poésie (The Energy Of Slaves). Dans l'attente est publié Live Songs (1973) qui compile un lot de 11 morceaux en concert (70 à 72), dont 5 inédits, enregistrés entre Paris, Bruxelles, Londres, Berlin et Wight. Album de collectionneur surtout, il dévoile l'aisance en public de ce personnage énigmatique.

Live Songs précède le belliqueux New Skin for the Old Ceremony (août 1974), supposé être celui à partir duquel Leonard Cohen perd en crédibilité. Faux, mais il est toutefois vrai que le québécois, en s'éloignant, comme c'est le cas ici, de la trilogie sombre des Songs précédente, surprend son public et déçoit les fans de son début de parcours.

Moins épuré, doté de belles orchestrations (John Lissauer), New Skin for the Old Ceremony s'adresse, non plus aux seuls folkeux, mais à tout le monde. Accrocheur et captivant, New Skin for the Old Ceremony (Lover Lover Lover, Chelsea Hotel, There Is A War, Is This What You Wanted, Field Commander Cohen) a sa place dans le top 5 de l'artiste.

La face cachée de Cohen.

Preuve que Cohen a encore de la matière dans la besace, de belles offrandes viennent gonfler son catalogue dans la deuxième partie de sa décennie, même si son rythme de publication va, dès lors, se faire pépère et si Columbia n'est pas payé en retour d'avoir investi sur lui.Un Greatest Hits (novembre 1975) comble le long silence qui s'installe jusqu'à Death Of Ladies Man (novembre 1977). 

Sa collaboration avec le parano Phil Spector débouche sur un album expérimental, fou, contesté et contestable, que la critique, perplexe, ne se gêne pas de casser. Déroutant, il s'adresse plus particulièrement à ceux qui souhaitent découvrir une autre facette de l'artiste. Pas sa meilleure selon lui.

Le sixième et dernier opus de la décénnie s'appelle Recent Songs (septembre 1979) ramenant à un Cohen plus conventionnel, folk acoustique qui, présentement, se colore de notes orientales ou mexicaines. Cet album, assez méconnu du public, est réussi, chaleureux, sobre dans ses arrangements, beau dans son écriture. Hélas, tout ceci n'est pas vendeur, ce qui pousse Cohen a annoncé aux siens son retrait de la musique fin 1980.

Leonard cohen adam son fils

« Il y a tellement de choses pour lesquelles je voudrais le remercier une dernière fois. Je le remercierais pour le confort dont il m'a toujours pourvu, pour la sagesse qu'il m'a donnée, pour les conversations marathons, pour son éblouissant esprit et sens de l'humour. » (Adam Cohen)

Le profond Hallelujah.

Il refait parler de lui en 1984 en publiant un recueil de psaumes (Le Livre de Miséricordes), tourne dans la série Deux Flics à Miami, réalise un court métrage (I Am A Hotel), écrit Night Magic (comédie musicale) pour Lewis Furey. A la fin de cette même année, il revient en studio avec le spirituel Various Positions, porteur du deuxième titre le plus connu de l'artiste, Hallelujah que reprendront John Cale, Jeff Buckley et Rufus Wainwright. Various Positions est le point de départ de l'amour de Cohen pour le synthé.

Plus moderne et dans le ton des 80's, I'm Your Man, enregistré au Canada et mixé à Los Angeles où il est établi, sort en février 1988 ; il marque le énième come-back de Cohen lequel continue à voguer entre musique et poésie.

Alimenté par un lot de titres appartenant aux plus beaux qu'il ait jamais composés (Take This Waltz, Tower Of Songs, Everybody Knows, First We Take Manhattan et la chanson-titre), son passionnant huitième LP redort le blason de son auteur, après le décevant Various Positions et séduit la jeune génération.

Une fin en gentleman.

Il faut encore attendre 4 ans pour qu'I'm Your Man ait un successeur. Entre l'accident routier dont est victime son fils et son jusqueboutisme dans son travail, Cohen revient en studio pour le synthétique et grave The Future (novembre 1992).

The Future est encore une de ses belles réussites qui le rapproche un peu plus de ce public plus jeune. Waiting For The Miracle, Anthem, Democracy ou The Future font de ce disque un incontournable de sa discographie. Hormis le Cohen Live de 1994, il est sa seule réalisation des 90's, années durant lesquelles il se fait ordonner moine boudhiste (1996) sous le nom de Jikan.

Durant la dernière partie de sa carrière, réactivée 9 ans après The Future, il signe encore 5 LP studio, Ten New Songs (2001), Dear Heather (2004), Old Ideas (2012), Popular Problems (2014) et est intronisé au Rock And Roll Hall Of Fame (2008).

Dernier en date, l'émouvant You Want It Darker (2016), sorti 3 semaines avant sa mort; terrassé depuis juillet 2016 par la perte de celle qui fut sa compagne dans les 60's et la muse de son parcours (Marianne Ihlen), l'élégant Beautiful Loser n'a plus le goût à rien, ni la force pour continuer. En gentleman qu'il a toujours été, il s'offre la liberté et le luxe de soigner sa sortie. Classe (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 3 - 1971

 

Coen songs of love and hate

 

LEONARD COHEN

SONGS OF LOVE AND HATE – 1971  5/5

 

Publié en mars 1971.

Produit par Bob Johnston.

Durée:44:21.

Label:Columbia Records.

Genre:folk.

 

Ici et nulle part ailleurs.

 

J’ai un faible pour le troisième jet du canadien : Songs Of Love And Hate (en écoute intégrale ici), publié en 1971, opus par lequel Leonard Cohen, le « poète de la mélancolie » s’installe alors comme le rival de Dylan.

Son travail d’écriture est finement ciselé, sa voix chaude et apaisante. Leo atteint enfin sa plénitude, même si ses deux précédents LP avaient déjà de solides arguments à faire valoir (Suzanne, Sisters Of Mercy, The Partisan, Heroes, The Old Revolution…).

Huit plages pour une durée de près de ¾ d’heure habillent cet album magnifique dont on peut avancer sans se tromper qu’il est son meilleur.

Froid et sombre, dépouillé, ce pur jus folk-rock exsude la tristesse à chaque tour de sillon, traîne sa peine sous le fardeau du saphir. Du grand Cohen, pour une fois jamais soulant, d’Avalanche à Joan Of Arc, deux des trois classiques avec Famous Blue Raincoat à figurer sur ce vinyle qui consacre sa face initiale à la haine, l’autre à l’amour, comme si les deux étaient opposés.

L’aspect lyrique est très soigné, le jeu de guitare est unique et propre à Cohen, les musiciens (Charlie Daniels, Bob Johnston, Ron Cornelius, Elkin Fowler) sont d’une sobriété et d’une discrétion intelligemment contenues qui rajoutent à l’émotion et contribuent à cette ambiance très particulière, à peine relevée par quelques beaux arrangements symphoniques et une délicate touche de chœurs, tantôt féminins, tantôt juvéniles.

Mais que dire de Joan OF Arc, un des plus beaux textes de Leo, que dis-je, un des poèmes les plus magnifiques de l’œuvre du canadien ? Ce titre est à l’image du disque : un sommet ! Immanquable.

C’est donc ici et nulle part ailleurs que s’organise le premier contact avec Cohen, si ce n’est déjà fait (RAZOR©).


1. Avalanche.
2. Last Year's Man.
3. Dress Rehearsal Rag.
4. Diamonds In The Mine.

5. Love Calls You By Your Name.
6. Famous Blue Raincoat.
7. Sing Another Song, Boys.
8. Joan Of Arc.

 

Leonard Cohen:guitare acoustique.

Ron Cornelius:guitare acoustique,guitare électrique.

Bubba Fowler:banjo,basse,guitare acoustique.

Charlie Daniels:basse,guitare acoustique,violon.

Corlynn Hanney,Susan Mussmano:chœurs.

Bob Johnson:piano.

The Corona Academy:choeurs enfants.

DISCOGRAPHIE MODERNE.

LP Studio 12 - 2012

 

Leonard cohen old ideas

 

LEONARD COHEN

OLD IDEAS – 2012  5/5

 

Publié en janvier 2012.

Produit par Ed Sanders,Patrick Leonard.

Durée:41:44.

Label:Columbia Records.

Genre:folk.

 

La force tranquille.

 

La vieillesse suffit à disqualifier un homme. Pour Leonard Cohen, elle ne constitue en aucun cas une charge. A 77 carats, le Dandy a encore des arguments pour séduire.

Plus lucide que jamais, plus serein et passionné qu’il ne l’a jamais été, huit ans après un séduisant Heather (2004), il revient avec un douzième album studio, Old Ideas (en écoute intégrale ici), fort d’une dizaine de titres inédits qui évoquent les grandes contrariétés de la vie : la spiritualité, l’amour, la mort, le temps qui s’écoule.

Ceux qui pensent qu’à cet âge avancé, Leo est bon à sucrer les fraises en seront pour leurs frais. Le canadien, Jikan (silence) pour l’ordre monastique bouddhiste qu’il a intégré durant les années 90, manie ici, sur le train de sénateur et avec la classe qu’on lui connaît, tant la poésie que la chanson et fait encore preuve de beaucoup d’inventivité, d’intelligence.

Son talent est loin d’être émoussé et il en apporte une concluante démonstration. Faussement nonchalant, Leo, hypnotique, caverneux, élégant, envoûte dès les premières notes de la très jolie ballade qu’est Going Home, et atteint une quasi perfection avec ce blues fantastique nommé Amen, d’un tel niveau qu’il m’inciterait à aller plus volontiers à la messe dominicale qu’au café en face de l’église.

Le jazzy Anyhow, le serein Crazy To Love You, Show Me The Place, The Darkness… Old Ideas (blues/folk dépouillé) regorge de belles pièces lyriquement ténébreuses, autant d’écrins pour une poésie qu’il est un des seuls à continuer à promouvoir au vingt et unième siècle.

A ce stade de sa carrière, cette force tranquille enfile une époustouflante et émouvante suite de dix titres. Ses mots sont toujours empreints d’une grande précision et enchanteurs, la voix a une texture de plus en plus grave.

C’est du Cohen, mais du Cohen spirituel comme il ne l’a jamais été, grave, sage et très autodérisoire. Dépouillé dans son expression la plus noble, Old Ideas prend son temps, sans jamais ennuyer. Il déroule tout en retenue et en finesse. C’est assurément un grand moment de pure grâce musicale et d’expression littéraire. Une rareté, un des meilleurs albums de 2012… Sûr que ça valait la peine de patienter (RAZOR©).

 

1. Going Home.

2. Amen.

3. Show Me The Place.

4. The Darkness.

5. Anyhow.

6. Crazy To Love You.

7. Come Healing.

8. Banjo.

9. Lullaby.

10. Different Sides.

 

The Webb Sisters:chœurs.

Roscoe Beck:guitare,choeurs.

Alexandru Bublitchi:violon.

Leonard Cohen:chant,guitare,claviers.

Rafael Gayol:batterie,percussions.

Neil Larsen:claviers,accordéon.

Javier Mas:guitare acoustique.

Mitch Watkins:guitare,steel guitare.

Sharon Robinson,Jennifer Warnes:choeurs.

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