Linda Perhacs.

BIOGRAPHIE.

 

LINDA PERHACS/Los Angeles (Californie)

 

Linda perhacs

 

Active en 1970, depuis 2007.

Label:Kapp Records, Wild Places,Sunbeam Records,Asthmatic Kitty Records.

Genre:folk psychédélique,folk.

 

La miraculée de l'acid folk.

S'il n'y avait pas eu la réédition de Parallelograms en 2005, qui aujourd'hui connaitrait Linda Perhacs ? Malgré la qualité et la pertinence de ce disque publié en 1970, Parallelograms est resté lettre morte, jugé de son temps par le label Kapp Records, son éditeur, très insuffisant pour qu'il aille engager des frais dans une quelconque distribution.

Le LP, ainsi repoussé, a finalement rapidement disparu des écrans radars et son auteur, Linda Perhacs, aussi soudainement évaporée, est retournée vaquer à ses occupations d'hygiéniste dentaire, du côté de Los Angeles où elle soigne les bouches des stars d'alors, les Cary Grant, Paul Newman et autres Henry Fonda.

Vue comme un symbole par la branche indie, elle peut se considérer aujourd'hui comme aussi miraculée que le sont Vashti Bunyan, Emitt Rhodes ou Bill Fay qui ont connu l'infortune de figurer sur une liste identique et le même bonheur d'être sauvés par le passage au numérique.

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Linda perhacs parallelogramsLinda Perhacs Digest.

Un talent précoce.

En 1970, la californienne a encore l'esprit hippie chevillé au corps ; quand elle s'échappe de son quotidien médical, elle se replie dans une petite maisonnette dans les collines de Topanga Canyon où son mari sculpteur et naturaliste, collectionneur d'échassiers, a installé une volière.

Quand son homme s'occupe de ses oiseaux, elle meuble ses loisirs en composant quelques chansons dans l'esprit flower power du moment.

Elle aime cette vie de bohême et sans contraintes, ces gens aux vêtements bariolés et vaporeux, leur mode d'existence, leur spititualité, leurs idées libertaires, l'amour et la paix.

Chanteuse de folk psychédélique, elle écrit et soigne ses propres textes depuis qu'elle est ado et elle montre de fort belles dispositions à le faire.

Grâce à Rosenman.

Ce talent n'échappe pas à un de ses patients, Leonard Rosenman, compositeur de musique de films dont,entre autres, les deux œuvres cinématographiques cultes avec James Dean, A l'Est d'Eden et La Fureur de Vivre de 1955.

Rosenman, après avoir écouté une cassette démo, insiste pour l'emmener à Universal studio et tente de lui décrocher un petit budget pour enregistrer ce lot de titres dont il est tombé sous le charme.

Plus particulièrement sous celui de la chanson-titre née lors du retour de son premier rendez-vous avec Rosenman quand Linda voit de magnifiques lumières auréoler le ciel étoilé califonien. Elle dessine ce qu'elle ressent pour l'immortaliser et, arrivée à la maison, y colle une mélodie et crée une structure sonore en trois dimensions restituant au plus près ce que le ciel vient de lui offrir : elle la nomme Parallelograms.

Parallelograms l'oublié.

Grâce au soutien du compositeur de films précédemment cité et à l'implication du guitariste Steve Cohn, il s'ensuit la réalisation d'un album de folk underground d'une douzaine de chansons dont Parallelograms est le morceau-phare.

Malheureusement pour elle, le disque fait chou blanc à sa publication, la faute à un mauvais pressage et à une promotion bâclée par le label Kapp Records, plus en quête d'un coup pour radios FM que d'une œuvre sophistiquée ; le temps va pourtant remettre l'église au milieu du village et la rendre culte.

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« Quand j'ai entendu mon premier vinyle, sans profondeur et dépouillé des sons qui faisaient toute la beauté du disque, je l'ai jeté à la poubelle. » (Linda Perhacs)

En attendant, Linda retourne donc à ses fraises et roulettes, à son cabinet de Beverly Hills embaumant le clou de girofle. Sa belle voie cristalline et la pureté de ses compositions brodées autour de quelques arpèges de guitare acoustique, de volutes de flûtes et de sobres lignes de synthés s'effacent dans le même mouvement.

Revenue de nulle part.

Elle ne fera pas carrière dans la chanson, d'ailleuirs elle n'en a pas l'envie, mais passera pourtant à la postérité quand, en 2003, plus de 3 décennies après la sortie de Parallelograms, elle reçoit un courrier de l'éditeur Michael Piper du label indie new-Yorkais Wild Places l'avisant de l'envie de rééditer son opus de 1970, auquel le nouveau public réagit favorablement.

En 2005, le support modernisé (CD), réenregistré à partir des bandes d'origine, sort sur une première fois le marché, il précède l'édition de 2008 pour Sunbeam Records ; comme par enchantement, Parallelograms retrouve sa richesse harmonique. Grâce à Internet, le disque reprend des couleurs ; mieux, il décolle littéralement. Cette nouvelle accentue la guérison de Linda Perhacs alors terrassée par une sale pneumonie qui faillit lui ôter la vie avant l'heure.

Symbole de la branche indie.

La réédition s'accompagne de titres supplémentaires que Linda garde jalousement et de quelques apparitions en public. Ainsi élargie, elle tape dans l'oeil de la nouvelle génération d'artistes comme Sonic Youth, Prefuse 73, Devendra Banhart et même Daft Punk qui reprend à son compte If You Were My Man pour les besoins de leur film Electrona.

Plus récemment, en 2014, la mamie californienne a repiqué au truc en publiant le réussi, raffiné et anachronique The Soul Of All Natural Things qui, en 10 pièces, se positionne comme le digne successeurs de Parallelograms. Linda a largement rattrapé le temps perdu sans jamais ne rien perdre de sa grâce et de sa magie (RAZOR©).

 

LP Studio 1 - 1970

 

Linda perhacs parallelograms

 

LINDA PERHACS

PARALLELOGRAMS – 1970  5/5

 

Publié en 1970.

Produit par Leonard Rosenman.

Durée:41:02.

Label:Kapp Records.

Genre:folk psychédélique.

 

Bijou !

 

Gros bourrins s’abstenir. Amateurs de riffs de malades et de guitares tueuses, passez votre route, vous n’y êtes pas du tout ! Ce n’est pas ici que ça se passe !

Parallelograms (en écoute intégrale ici), publié sans tapage en 1970, est un disque d’esthètes, alors les éléphants dans un magasin de porcelaine, non merci… Ici, c’est cristal, dentelles et velours ; on ne pète pas, ni ne renifle comme un pourceau ; on se prend même à suspendre sa respiration pour ne pas troubler l’œuvre.

Son auteur, Linda Perhacs, californienne du nord, a malheureusement fait le choix de s’en tenir à cet unique objet discographique, vraiment un très grand disque, puis a disparu de la circulation sans autre forme de procès, sans chercher le moins du monde, dans son repli, à se conformer aux usages du métier.

Faut dire que la dame est parodentiste à ses heures pleines et qu’elle n’a pas besoin de la musique pour assurer sa bectance. D’où ce statut d’artiste éphémère qui colle à son patronyme et à son travail artistique.

Linda Perhacs est une hallucination, un spectre apparu une quarantaine de minutes dans l’industrie musicale des années 70, auquel personne parmi les critiques et l’auditoire du moment n’a prêté attention. L’apparition est alors si furtive et si désintéressée que Parallelograms rejoint la fosse commune des disques qui n’ont pas eu un sort à la hauteur de leur valeur.

A force de fouir le terrain du rock pour en exhumer les inestimables trésors et de déranger les esprits, le fantôme de Linda Perhacs est réapparu dans l’autre siècle. Je connaissais Karen Dalton, Joan Baez, Joni Mitchell, Judy Collins, Buffy Sainte-Marie, mais Linda Perhacs, femme-artiste de cette même génération, je n’ai découvert qu’à l’ère du CD, alors que les bleus-bites de la nouvelle génération de folkeux en connaissent déjà un rayon sur cette madame de l’époque de l’acétate.

L’univers auquel Perhacs nous convie est aérien, irréel, féérique, intemporel. Libre aussi. Vous comprenez pourquoi je vous demande de laisser les Doc Martins crottées au vestiaire et de chausser les patinettes, de vous acheter une muselière et faire silence. La voix (parfois doublée) est si juste, si significative, si nuancée dans un registre cristallin, les compositions sont si aériennes, les textes inspirés et judicieusement ciblés avec des mots qui touchent, qui portent ; les lignes de guitare très originales de Steve Cohn sont à tomber sur le séant, la production est affinée avec une telle délicatesse.

Parallelograms est l’œuvre d’une sirène. Linda envoûte l’auditeur par les accents magiques de son chant, par les effets sonores qui l’accompagnent, aidé en cela par un petit groupe de zikos qui ne paie pas de mine mais qui contribue pour beaucoup à cette surprenante ambiance folk-rock psychédélique avant-gardiste.

La chanson titre, Dolphin, Morning Colors, Chimacum Rain et Paper Mountain Man… comment un tel florilège a-t-il pu échapper aux oreilles fines de l’époque ? Mystère. Quoiqu’il en soit, merci aux dénicheurs de trésors du rock (RAZOR©).

 

1. Chimacum Rain.

2. Paper Mountain Man.

3. Dolphin.

4. Call of the River.

5. Sandy Toes.

6. Parallelograms.

7. Hey, Who Really Cares?

8. Moons and Cattails.

9. Morning Colors.

10. Porcelain Baked-Over Cast-Iron Wedding.

11. Delicious.

 

Linda Perhacs:chant,guitare,effets.

Leonard Rosenman:effets.

Steve Cohn:lead guitare,guitare 6 et 12 cordes.

John Neufeld:flûte,saxophone.

Milt Holland,Shelly Mann:percussions.

Rainie Press:basse électrique.

Tommy:harmonica.

Brian Ingoldsby:effets.

 

 

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