Manfred Mann.

BIOGRAPHIE.

 

MANFRED MANN/Londres (Angleterre)

 

Manfred mann intro

 

Actif de 1962 à 1969.

Labels:HMV,EMI,Capitol,Ascot,Fontana,Mercury.

Genre:beat,rhythm & blues,pop psychédélique.

 

Une des belles attractions du british blues boom.

Né d'un père, David, peintre à succès et d'une mère, Alma Cohen, pianiste, le sud-africain Manfred Lubowitz (natif de Johannesburg/1940) grandit dans un environnement propice à son éclosion artistique.

Ado, il est séduit par les John Coltrane, Dave Brubeck, Bill Evans, Onette Coleman et Miles Davis ; il a le virus du jazz, au point que, dès qu'il est en mesure de pouvoir se produire dans les bals et coffehouses de Johannesburg, il ne se prive pas de le faire, faisant se hérisser les cheveux de sa grand-mère qui l'élève depuis l'âge de six ans (après le divorce de ses parents) et qui a pour son petit-fils d'autres projets d'avenir que la musique.

Ceux-ci l'amènent à déménager à Londres en 1961, où il a bien l'intention de faire carrière comme musicien de jazz et, parallèlement, de s'éloigner de l'Afrique du Sud de l'apartheid. Une fois dans la place, il prend le nom de Manfred Manne.

De Mann-Hugg Blues Brothers à Manfred Mann.

Dès 1962, il fait la rencontre d'un batteur-claviériste avec lequel il se trouve de très fortes affinités jazz-blues, Mike Hugg. Les deux jouent alors dans un groupe où figure également Graham Bond avant de fonder une formation élargie de 8 musiciens, The Mann-Hugg Blues Brothers. En font partie Mike Vickers (guitare, saxophone et flûte), Dave Richmond puis Tom McGuinness (basse), Paul Jones (chant et harmonica), alors à deux doigts de virer vers ce qui va donner les Stones et une section de cuivres (deux saxophonistes et un trompettiste).

En plein British Blues Boom, le groupe est rétréci à 5 unités et pour faire plus punchy. Il prend, bien qu'il n'y tienne pas particulièrement, le nom de Manfred Mann, le e de Manne tombant à cette occasion. Kenneth Pitt en est le manager ; c'est lui qui organise les premières auditions auprès des maisons de disques.

Pye, Decca et EMI sont impressionnées par cette musique mélangeant jazz et R & B et par la virtuosité de ses musiciens, mais l'affaire échoit au dernier nommé qui le signe via son label HMV (1963) et lui alloue John Burgess comme producteur.

Manfred mann 1Une des grandes attractions des 60's.

Manfred mann the mann hugg blues bandThe Mann-Hugg Blues Brothers, dès 1962.

Manfred mann firt single 543215,4,3,2,1 : premier single à succès.

Manfred manndo wah diddy diddy 1964Le premier N°1.

Manfred mann earth band nowManfred Mann aujourd'hui.

Boosté par un générique d'ITV.

Les deux premiers singles Why Should Be Not et Cock-A-Hoop (1963) n'entrent pas encore dans les charts malgré les grosses promesses entretenues par le second nommé. Manfred Mann se place néanmoins comme une des grandes attractions du moment, de par son originalité, son son distinct, de par le talent et le charisme de son chanteur, Paul Jones, une des plus belles voix de la British Invasion.

Il en va autrement, fin 1963, quand tombe 5-4-3-2-1. A l'origine, cette chanson répond à une demande de la chaine ITV qui a besoin d'un nouveau titre pour le générique de Ready Steady Go.

Accrocheur, ce morceau très rock and roll se classe dans le top 5 des classements britanniques et devient la vitrine de l'émission musicale télévisée (1964).

Le succès du single et l'appui du générique contribuent à populariser Manfred Mann. La même année, ses singles suivants font également des bons scores : Hubble Bubble Toil fait 11 et Sha-La-La 3. Entre les deux, Do Wah Diddy Diddy, repris aux Exciters (Do-Wah-Diddy).

N° 1 quasiment partout.

Do Wah Diddy Diddy prend la première place des hits un peu partout en Europe mais surtout sur les marchés de référence comme le Royaume-Uni et les Etats-Unis. Sorti en juillet 1964, le titre est un triomphe quasi immédiat ; il change à tout jamais le profil musical de Manfred Mann, ce dernier s'affirmant alors comme un des leaders de la bristish invasion ambiante.

Derrière, même si Come Tomorrow et Pretty Flamingo (1966), dernière apparition de Paul Jones, connaissent leur moment de gloire, le succès de Do Wah Diddy Diddy n'est jamais égalé.

Bien qu'optant pour une approche plus pop-rock commerciale dans ses singles (My Little Red Book, Just Like A Woman), Manfred Mann ne se détourne pas pour autant du R & B et de la soul ainsi que de ses incursions dans le jazz.

Les diverses faces de Manfred Mann.

Cette voie est plus marquée sur ses albums, à l'image du premier d'entre eux, l'excellent The Five Faces Of Manfred Mann (septembre 1964), qui, dans sa verssion originale britannique, comprend des reprises d'Howlin Wolf, de Bo Diddley, de Muddy Waters et des détours par le jazz, via des originaux.

Il fait 3 dans les classements UK. La sortie américaine (février 1965) est, quant à elle, plus orientée pop.

Ces variations tendent à déstabiliser les fans qui ne savent plus trop à quel saint se vouer mais perturbent également le line-up qui, pris individuellement, veut plus.

Hugg, Vickers, Jones et Mc Guinness ont des ambitions artistiques personnelles autres que celles de se contenter de faire bonne figure sous le nom de Manfred Mann et d'enfiler des hits pop.

Tous ces acteurs sont encore de Mann Made (octobre 1965), moins R & B, plus pop, au son lissé mais toujours très cohérent et de qualité. Ce registre n'est cependant plus la tasse de thé de Vickers et de Jones.

Le premier quitte Manfred Mann fin 1965, le second dans le courant de l'année 1966 qui ambitionne de poursuivre une carrière solo. Cela ne va pas sans peser radicalement sur le son du groupe et modifier en profondeur ses relations avec EMI dont le contrat s'achève en mai 1966.

Le rebond chez Fontana.

Mike d'Abo quitte A Band Of Angels pour pourvoir au remplacement de Paul Jones (août 1966). Jack Bruce entre à la basse (avant de partir en avril 66 et d'aller fonder Cream) et McGuinness glisse à la guitare. Un saxophoniste, Lynn Dobson, et un trompettiste, Henry Lowther complètent la mouture.

Pretty Flamingo (avec Jack Bruce), au printemps 1966, marque la fin d'une époque, car il scelle la fin de l'aventure Jones, récupéré par EMI. En tête des charts britanniques, le titre fait 29 aux States, malgré une tournée américaine pour le promouvoir.

Manfred mann paul jones

« En 1962, Brian Jones m'a proposé de devenir le chanteur du groupe qu'il avait en projet. J'ai refusé et c'est Mick Jagger qui a pris le poste. Le reste appartient à l'histoire. Pour être honnête, je préfère ma carrière à celle de Mick. L'offre d'après a été celle du Mann-Hugg Blues Brothers qui, sur l'insistance d'EMI, est devenu Manfred Mann quand nous avons signé avec eux. » (Paul Jones)

Cette année 66, l'allemand Klaus Voorman, celui-là même qui a conçu la pochette de Revolver pour ses potes Beatles, devient bassiste du groupe. Pour ce, il refuse des avances des Hollies et de Moody Blues.

Manfred Mann passe alors chez Fontana Records (juin 1966) et publie, fin juillet 1966, un single, Just Like A Woman (N°10/UK). Ce titre emprunté à Bob Dylan est converti en une version très réussie, certainement la meilleure adaptation qui en est faite. Le folk-singer américain reconnaît tenir en Manfred Man un des meilleurs interprètes de son répertoire avec les Byrds. Le compliment n'est pas peu flatteur, d'autant que D'Abo y fait ses débuts au chant. Honorables, ils n'égalent pas pour autant les prestations de son prédécesseur, plus puissant et plus charismatique.

Semi-Detached Suburban (octobre 1966) et Ha ! Ha ! Said The Clown (mars 1967) prolongent la dynamique commerciale du groupe en se classant aux 2ème et 4ème places des charts UK, sans toutefois entrer dans le Billboard américain.

Les singles plus que les albums.

As Is (octobre 1966) est le premier LP pour Fontana. Outre les deux titres à succès précédents et un soupçon de R & B, c'est un Manfred Mann décontenacé par la perte de Jones à l'écriture et au chant qui nous est ici proposé. Cela s'en ressent dans le son et dans une matière assez faible. Manfred Mann cherche sa nouvelle voie et cet album de transition n'apporte aucun réponse.

Si côté LP, le catalogue bat de l'aile, sur le plan singles, ça va fort et Mighty Quinn (janvier 1968), une nouvelle fois piqué à Dylan (Basement Tapes), tombe à point nommé pour rebooster les troupes.

Numéro 1 (Royaume-Uni) et 10 (USA), il est le dernier gros coup de Manfred Mann dans cette configuration. Les 60's s'achèvent avec une poignée de hits : My Name Is jack (N°8/1968), Fox On The Run (N°5/1968) et Ragamuffin Man (N°8/1969).

Après une musique de film (Up The Junction/février 1968) et un ultime opus, Mighty Garvey (juin 1968), Manfred Mann dissout cette incarnation pour rebondir sur Manfred Mann Chapter Three. Mike Hugg est le seul à suivre le sud-africain, parti désormais explorer les terres du jazz-rock et du rock progressif avant de prolonger sur Manfred Mann's Earth Band et le rock progressif (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 1 - 1964

 

Manfred mann five faces of manfred mann

 

MANFRED MANN

THE FIVE FACES OF MANFRED MANN – 1964  4,5/5

 

Publié en septembre 1964.

Produit par John Burgess.

Durée:41:50.

Label:HMV Records.

Genre:beat,R & B,jazz.

 

Un bastion de la British Invasion.

 

Elles avaient quand même du chien, ces sixties anglaises dont la richesse, l’inspiration et le talent ont botté le cul au rock et sans lesquelles le rock U.S aurait eu du mal à sortir de sa léthargie d’alors. Muddy Waters ne pensait pas autrement en reconnaissant que les Stones, s’ils n’étaient rien sans lui, lui-même ne serait peut-être pas devenu ce qu’il fut, si les Stones n’avaient pas existé.

L’inspiration qui sied à cette époque, et notamment à la première moitié des sixties, a pris forme sur les quais quais brumeux liverpudiens, avant de contaminer une multitude de formations. Par manque de moyens ou de personnalité, beaucoup n’ont malheureusement pas percé ou sont restées sans lendemain.

Souvenez-vous des Searchers, du Dave Clark Five, très populaire aux States, des Kinks, de Gerry & The Pacemakers, des Animals, de Dave Dee Dozy Beaky Mick & Tich, groupe de l’année 66, des Hollies, d’Herman’s Hermit, des Them, des Small Faces… et j’en passe.

Les anglais de Manfred Mann, né sur les cendres du groupe de blues-jazz The Mann Hugg Blues Brothers, appartiennent à cette scène musicale londonienne du début des années 60.

Créé par le claviériste sud-africain Michael Lubowitz, dit Manfred Mann, avec Paul Jones au chant et à l’harmonica, Mike Vickers à la guitare, Tom McGuiness relayant Dave Richmond à la basse et Mike Hugg à la batterie, Manfred Mann est ancré dans un registre pop-rock ; il alimente rapidement les hits avec des titres plutôt simplets comme 5-4-3-2-1, le générique de l’émission populaire Ready Steady Go, Do Wah Diddy Diddy (que Sheila transforme en Vous Les Copains), le Sha La La des Shirelles, avant de reprendre parallèlement des standards du R&B, de prendre une orientation plus jazzy vers la fin de cette décennie et de changer de nom au début des seventies (Manfred Mann’s Earth Band).

Propres sur eux, tronches de premiers de la classe, les Manfreds de Five Faces Of Manfred Mann ne sont pas les plus rebelles du moment, n’ont pas le look et l’arrogance des Stones ; leur musique, posée, fraîche, mélange de blues, de jazz et de soul, unique dans le concert British Blues ambiant, n’a rien de sauvage, ce qui n’empêche pas leur premier jet (produit par John Burgess) d’être un des meilleurs de son année de sortie, à savoir 1964.

Enregistré dans les studios d’Abbey Road, entre concerts, prestations télévisées, radiophoniques et shootings, The Five Faces se positionne au troisième rang des charts du Royaume-Uni. Pas mal dans le contexte concurrentiel du moment.

Quelques excellents originaux de Jones (Without You, You’ve Got To Take It, What You Gonna Do) et instrumentaux jazzy comme Sack ‘O Woe, de solides reprises de R&B américain, il n’en faut pas plus pour que ce répertoire, ici superbement maîtrisé, ne contribue à la réussite de ce disque.

Celui-ci est, en effet, un beau couronnement pour Manfred Mann, qui peut être opposé sans rougir aux autres productions de cette même année. C’est même leur seule œuvre des sixties à fédérer des avis aussi favorables.

Normal, les classiques qu’ils s’approprient et revisitent avec bonheur (Hoochie Coochie Man, I’ve Got My Mojo Working de Muddy Waters et Smokestack Lightning d’Howlin’ Wolf notamment), sont, à l’image du Diddley de service (Bring It To Jerome) et du sublime Untie Me de Joe South, de belles pièces qui dament sans conteste le pion aux versions de la concurrence en place, Stones compris.

Côté musiciens, Paul Jones, le chanteur du moment, se surpasse à son poste, Manfred Mann appuie l’ensemble de délicieux claviers (sans se montrer trop démonstratif), la section rythmique groove comme rarement entendu alors dans le genre. Ce disque, c’est d’la bombe, bébé. Grave ! (RAZOR©)

 

1. Smokestack Lightning.

2. Don't Ask Me What I Say.

3. Sack O' Woe.

4. What You Gonna Do?

5. (I'm Your) Hoochie Coochie Man.

6. I'm Your Kingpin.

7. Down the Road Apiece.

8. I'Ve Got My Mojo Working.

9. It's Gonna Work Out Fine.

10. Mr. Anello.

11. Untie Me.

12. Bring It to Jerome.

13. Without You.

14. You've Got to Take It.

 

Manfred Mann:piano,orgue.

Michael Vickers:guitare,flûte,saxophone.

Mike Hugg:batterie,effets.

Paul Jones:chant,harmonica,maracas.

Tom McGuinness:basse.

2 votes. Moyenne 3.00 sur 5.