Marc Benno.

BIOGRAPHIE.

 

MARC BENNO/Dallas (Texas – USA)

 

Marc benno intro

 

Né le 1er juillet 1947 à Dallas.

Actif depuis 1968.

Labels:A&M Records,Shelter Discs,Blue Shunk Music.

Genre:blues,R&B,soul.

Site officiel:www.marcbenno.com

 

Un CV éloquent.

Avec une vingtaine d'albums inscrite à son compteur personnel et rehaussée de multiples collaborations avec les plus grands noms de la planète comme Lighnin' Hopkins, Leon Russell, Eric Clapton, Bill Wyman, Rita Coolidge, Stevie Ray Vaughan, le texan Marc Benno est loin d'être un inconnu dans le cénacle du rock, plus particulièrement de la filière blues pour laquelle il a beaucoup contribué.

Auteur-compositeur-interprète-guitariste-pianiste, Marc Benno, natif de Dallas, est le fils du directeur du music-hall du State Fair Of Texas. Autant dire qu'il a trempé jeune dans un univers musical.

Dans les coulisses du music-hall, il a ainsi pu croiser la route des stars de doo-wop, de R&B, de jazz, de pop, de soul, comme les Drifters, LaVern Baker, Sam Cooke, Paul Anka ou Lloyd Price. Ce privilège a de quoi renforcer son intégration dans le milieu de la musique et du spectacle, à décupler sa détermination d'être un jour parmi elles.

Marc benno 1Marc Benno, un CV éloquent.

Marc benno asylum choir lpDes débuts avec Leon Russell sous Asylum Choir.

Marc benno jim morrisonL'intérêt des Doors (L.A. Woman).

Marc benno ambush 1972Une belle discographie solo.

L'écoute de l'album Lightnin' In New York de Lightnin' Hopkins achève de le convaincre que son avenir se situe dans cette voie.

Il se convertit alors rapidement au blues qui l'a aussi spontanément bouleversé et monte son premier groupe de R&B. Même s'il n'est encore qu'un ado, sa formation a déjà un rayonnement régional.

Asylum Choir comme marchepied.

Comme de nombreux musiciens texans du milieu des 60's, Benno a conscience que son avenir artistique se situe en Californie. La scène californienne est alors très active et propice à son épanouissement d'artiste.

Il déménage donc à Los Angeles (1965) où il noue rapidement des liens avec les artistes de la cité angeline.

L.A étant la bonne place au bon moment, il fait valoir ses antécédents dans le Texas Blues pour se distinguer des guitaristes de l'endroit et se faire remarquer des producteurs et confrères. Cette spécificité lui donne le privilège de devenir un guitariste de studio très prisé.

Dans ce cadre, il fait la rencontre de l'Oklahomian Leon Russell dont il est amené à se rapprocher professionnellement au point de fonder derrière un groupe de studio, l'obscur Asylum Choir, composé de deux musiciens cités.

Quelques mois après le début du partenariat, le duo enregistre deux albums, Look Inside (Smash Records), sorti en 1968, et Asylum Choir II (1971/Shelter Records). Ces enregistrements sont considérés comme des œuvres atypiques du rock.

Le premier nommé, psychédélique et dans une ligne Zappa, a été plutôt bien accueilli par la critique, bien que s'étant mal vendu. Son suivant, enregistré en 1969 et publié tardivement (en 1971) au motif de problèmes de droits, n'est pas plus abordable et encore moins cohérent que Look Inside.

Le temps aidant, Asylum Choir va surtout s'avérer être un marchepied pour les carrières respectives de Russell et Benno.

L.A. Woman, les Nightcrawlers et Stevie Ray Vaughan...

Marc Benno publie aussitôt un premier opus personnel, éponyme, auquel participent des pointures telles que Booker T. Jones, Ry Cooder, Jerry McGee, Jerry Scheff, Jim Horn, Jimmy Karstein, Rita et Priscilla Coolidge, Sandy Konikoff (1970).

Marc Benno est le premier des 4 LP réalisés pour le label A & M Records, les autres étant Minnows (1971), l'excellent Ambush (1972) et Lost In Austin (1979).

L'année suivante, les Doors décident, pour la première fois, d'inclure un second guitariste. Ce sera sur l'album L.A. Woman, ultime album du vivant de Morrison. Marc Benno, revenu au Texas, est contacté par Bruce Botnick, l'ingénieur mythique du groupe qui a officié sur son premier LP, et prend part à l'enregistrement (avec le bassiste Jerry Scheff). Il pointe sur 4 titres à la guitare rythmique.

En 1971, il publie son second opus solo, le dénommé Minnows, produit encore une fois par David Anderle et avec Bruno Botnick comme ingénieur du son.

Le gratin des musiciens de studio (Clarence White, Carl Radle, Jerry Scheff, Jim Keltner...) s'invite sur cet album de country-blues, auquel la radio donne un temps d'antenne conséquent.

Doté de très bons titres (Speak Your Mind, Don't Let The Sun Go Down, Baby I Love You et Baby Like You), Minnows ne rencontre pas pour autant le succès auquel il pouvait prétendre.

Ambush, qui suit chronologiquement, est bien meilleur, de Poor Boy à Either Way It Happens. Sorti en 1972, il est articulé autour de deux faces distinctes, une première qui fait taper du pied (Poor Boy, Southern Woman, Hall Street Jive) et une seconde qui invite plus à l'écoute (Share, Donut Man, Sunshine Feelin').

Marc benno portrait

« Un jour, Jim Morrison m'a invité au restaurant à côté du studio. Il avait une bouteille de Jack Daniels à la main. Je doutais qu'il pouvait rentrer comme ça. Les serveurs se sont inclinés devant lui quand on est rentré et j'ai entendu des Monsieur Morrison de tous les côtés. De retour au studio, alors que je me laissais aller à quelques licks de Freddie King entre deux prises, il était là debout, face à moi, me regardait en souriant. » (Marc Benno)

Produit par David Anderle, Ambush réunit encore un parterre huppé qui apporte une plus-value incontestable à la qualité du disque : Carl Radle, Bobby Keys, Ray Brown, Jesse Ed. Davis, Jim Keltner, Michael Utley, Bonnie Bramlett, Booker T. Jones... c'est du lourd aussi l'album se classe au 171ème rang du Billboard. C'est son plus gros succès dans les bacs.

Après Ambush, Marc Benno revient au Texas Blues en créant pour cela Marc Benno & The Nightcrawlers (1973). Ce groupe comprend le batteur d'Austin Doyle Bramhall, le bassiste Tommy McClure (qui a fait partie de la légendaire section rythmique de Muscle Shoals), le claviériste Billy Ethridge, ancien Z.Z Top, et un certain Stevie Ray Vaughan à la guitare.

Les Nightcrawlers, qui fédèrent autour du seul nom un panel élargi de supporters, deviennent très populaires sur Austin. Marc Benno et Doyle Bramhall, qui en sont les instigateurs, entrent en studio (Sunset Sound à Hollywood) pour enregistrer un LP, Crawlin, avant d'engager cette mouture dans une tournée destinée à promouvoir l'album.

Après être partis sur la route où ils ouvrent pour J.Geils Band et Humble Pie, la formation texane, managée par Dee Anthony, doit se résoudre à abandonner ce projet, au motif que le label A&M, inondé de groupes de blues-rock, décide de ne plus soutenir ce disque.

Crawlin, qui comprend les premiers enregistrements de Stevie Ray Vaughan, sera finalement auto-publié en 2006 par Marc Benno, puis par Blue Skunk Music (2007).

Marc Benno consacre les années 74 et 75 à un petit plaisir personnel. Fan de Lightnin Hopkins depuis les premières heures de sa jeunesse, il rejoint le groupe de son idole en qualité de second guitariste. Dans son esprit, cette démarche est essentielle pour pouvoir franchir un cap supplémentaire dans sa formation de joueur de blues invétéré.

Retour gagnant.

A la fin de la décennie, Marc Benno revient chez A&M Records pour y signer un quatrième album personnel, l'excellent Lost In Austin (juin 1979), auréolé de la présence d'Eric Clapton et d'Albert Lee.

Durant les 80's, Benno continue à faire de la musique mais sans ajouter de nouvelle pièce discographique à son catalogue. Sa carrière prend cependant une trajectoire inattendue dans la mesure où la version de son Rock And Roll Me Again passe à la postérité grâce au groupe The System (1984). Le titre (grammy) est popularisé par la comédie avec Eddie Murphy, Le Flic de Beverly Hills, dans lequel il apparaît.

Les 90's sont à peine plus productive (2 LPS). Fatigué et privilégiant le bon temps à la musique, Marc Benno revient en forme et plus motivé au début du 21ème siècle. Sa carrière s'enrichit alors d'une douzaine de disques. Dernier en date : Nearly Famous en 2012 (RAZOR©2020).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 3 - 1972

 

Marc benno ambush 1973

 

MARC BENNO

AMBUSH – 1972  4/5

Publié en 1972.

Produit par David Anderle,Marc Benno.

Durée:34:33.

Label:A&M Records.

Genre:rock,funk,soul,blues.

Agréablement flemmard.

Le nom de Marc Benno n'est pas familier à bon nombre de fans des 60's/70's. Qu'ils se rassurent, dans le milieu musical, quand on l'évoque, on sait que l'on réfère à un artiste reconnu, apprécié et prisé des plus grands, dès lors que ces derniers ont un projet de disque ou de collaboration.

Eric Clapton, Leon Russell, Carl Radle, Stevie Ray Vaughan, le saxophoniste ami de Keith Richards Bobby Keys, Booker T. Bones, Rita Coolidge ont travaillé avec lui et ainsi pu juger du talent et du professionnalisme de Marc.

Mieux, les Doors en personne, insisté pour avoir à leurs côtés, fin 1970, et pour les besoins de L.A. Woman, ce musicien formidable. Il pointe sur 4 titres du 6ème album du groupe, dernier du vivant de Jim Morrison.

Leon Russell, loin d'être un lapin de six semaines dans le milieu du rock, pressent déjà en 1967 que Benno, musicien de session comme lui, a ce petit truc en plus que les autres n'ont pas. Il franchit le pas de leur amitié naissante pour s'engager dans une collaboration avec ce dernier.

Ce sera Asylum Choir, ponctuée par deux albums, le psychédélique Look Inside (1968) et Asylum Choir II, réalisé en 1969 mais publié alors que leurs auteurs sont déjà passés à autre chose (1971). Ce dernier, compte tenu que Leon Russell est déjà une figure connue de la place, marquera plus les esprits auprès du public. Il pointe au 70ème rang du Billboard 72.

Asylum Choir s'avère être un tremplin idéal pour leurs carrières individuelles respectives. Celles-ci s'engagent immédiatement après la présente expérience. Marc Benno ouvre son compteur perso avec un très agréable album éponyme (1970), d'humeur soul et légère.

Un excellent Minnows (1971), d'obédience country-blues, suit derrière. Il est tout aussi apprécié, dévoilant au grand jour le jeu de guitare solide, très maîtrisé et passionné que l'on prête alors à Benno.

Ambush apparaît en N° 3 dans sa chronologie discographique solo en 1972. Il est l'album le plus commercial du catalogue de Benno, de par sa matière accrocheuse, d'une part, de par la présence d'un parterre prestigieux pour l'épauler ici et qui apporte au projet de son auteur une incontestable plus-value : le bassiste Carl Radle, 8 ans de Clapton (dont Derek & The Dominos), après une implication auprès de Delaney & Bonnie & Friends ; Jim Keltner, batteur qui a collaboré aux disques des plus grands (les Beatles pris individuellement, les Stones, Bob Dylan, Joni Mitchell, Pink Floyd, J.J. Cale, les Traveling Wildburys, le All-Starr Band...) ; le claviériste Michael Utley (Jerry Jeff Walker, Jimmy Buffett, Rita Coolidge, Kris Kristofferson...) ; Bobby Keys, le regretté saxophoniste (mort en décembre 2014) de Brown Sugar, Rolling Stones entre 69 et 73, mais aussi accompagnateur sur les projets d'artistes comme Graham Nash, les Who, John Lennon, Humble Pie, B.B. King, Joe Ely...

La présence de ces requins de la place angeline est tout aussi révélatrice du crédit que l'on porte à Marc Benno, très bien considéré par ses pairs. Il résulte donc de cette assistance experte un album de grande qualité, hélas méconnu du fait que Benno n'est pas le plus médiatique des musiciens de l'endroit et de l'époque. Il prend plaisir à faire le job et le fait de la meilleure des manières, dans un esprit décontracté, ce qui ne gâche rien.

Ambush traduit bien cette coolitude que le saxo léger de Keys et le jeu de gratte fluide de Benno renforcent un peu plus (Southern Woman, Jive Jade Jive). Excellent sur toute la ligne, ce LP flemmard offre un plaisir infini à passer du temps en sa compagnie, plus particulièrement à l'écoute de pièces comme Poor Boy, Hall Street Jive, Share, l'acoustique Donut Man et les trois blues qui bouclent le disque (RAZOR©).

1. Poor Boy.

2. Southern Woman.

3. Jive Fade Jive.

4. Hall Street Jive.

5. Share.

6. Donut Man.

7. Sunshine Feelin'.

8. Here To Stay Blues.

9. Either Way It Happens.

 

 

Carl Radle:basse.

Jim Keltner:batterie,percussions.

Marc Benno:guitare,chant.

Michael Utley:claviers.

Bobby Keys:saxophone.

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