Nick Drake.

BIOGRAPHIE.

 

NICK DRAKE/Royaume-Uni

 

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Né Nicholas Rodney Drake, dit Nick Drake.

Né le 19 juin 1948 à Rangoun (Birmanie).

Décédé le 25 novembre 1974 à Tanworth-In-Arden (Royaume-Uni).

Actif entre 1969 et 1972.

Label:Island Records.

Genre:folk,folk-rock.

Site officiel:brytermusic.com

 

Reconnaissance posthume.

Mort le 25 novembre 1974 d’une surdose médicamenteuse, de l’amitriptyline, un antidépresseur, pour ne pas le nommer, accidentellement ou délibérément, le saura-t-on un jour ?, Nick Drake n’a alors que 26 ans quand il s’éteint dans la maison de campagne familiale. Personne ne s’en émeut outre mesure dans la presse générale, son décès n’agitant vraiment que le microcosme de la critique musicale internationale qui voit ce guitariste autodidacte au style peu orthodoxe et en ses trois LP bénis des Muses, un auteur-compositeur exceptionnel.

La notoriété de Nick Drake, la reconnaissance de son talent se sont faites essentiellement à titre posthume quand, plus de quinze ans après être parti, des stars comme Kate Bush, Tom verlaine, Peter Buck, Morrissey ou Robert Smith reconnaîtront en avoir beaucoup pincé pour le talent de cet artiste et ses chansons visionnaires ; sans Drake, point de Cure. Son folk mélancolique, hier mésestimé de ses contemporains,  est considéré aujourd’hui comme l’un des plus influents du vingtième siècle et suscite un intérêt croissant auprès des jeunes générations.

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Introverti jusqu’à en devenir asocial.

Désappointé par un succès qui le fuit  désespérément depuis la publication de son premier album et ses premiers pas chez Island Records, réticent à se produire en public en raisons d’une timidité et d’un trac maladifs, pas plus disposé à accorder des interviews pour les mêmes raisons, Nick Drake, auteur-compositeur et interprète britannique, est un introverti notoire qui se replie souvent sur lui-même, ne sort plus sauf pour s’approvisionner en substances euphorisantes prohibées, ne parle plus, fuit tout contact et limite ses seules apparitions musicales publiques à ces concerts en comité restreint. Cet état le conduit à des déprimes à répétition dans une carrière peu fructueuse commercialement, au motif de la complexité de sa musique.

En 1972, il entre même en soins psychiatriques pour soigner une grosse dépression. Ses périodes dépressives font l’objet de témoignages pour le moins choquant.

On lui prête, dans ces moments, une tendance à se laisser aller physiquement, à avoir des comportements zarbis avec ses proches et un basculement dans la précarité. Aux autres, il ne parle déjà plus. Asocial, Nick Drake est alors très difficile à gérer pour son entourage familial et professionnel.

Signé par Chris Blackwell.

Enfant d’un père ingénieur et d’une mère qui lui refile le virus de l’écriture, Nick Drake apprend le piano, le saxophone, la clarinette et enfin la guitare. Etudiant de l’Université de Cambridge, il y poursuit des études littéraires, s’affichant comme un jeune homme sympathique, ouvert, bien loin alors des clichés qu’on lui prête le plus souvent.

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« C'était glaçant. C'était vraiment effrayant. Nick était dans un tel état qu'il ne pouvait pas chanter, ni jouer de la guitare en même temps. Nous avons enregistré les guitares et overdubbé le chant. Tout s'est fait en une journée, nous avons commencé dans l'après-midi et terminé vers minuit… juste pour quatre titres. » (Joe Boyd)

Epris des grands auteurs folk U.S. comme Phil Ochs ou Bob Dylan, Nick Drake fait ses premiers pas dans l’écriture en 67/68, période au cours de laquelle il tape dans l’œil de Ashley Hutchings de Fairport Convention qui le met en rapport avec le guitariste original John Martyn, auteur de Solid Air en hommage à Drake, et avec Joe Boyd, producteur du label Island Records hébergeant ce dernier.

Une tierce discographique d’anthologie.

Trois disques jalonnent son passage  chez Chris Blackwell, trois œuvres qui culminent dans les hautes sphères de la beauté et dont on ne comprend toujours pas aujourd’hui pourquoi cette tierce discographique magique, inventive, sophistiquée, élaborée autour de la guitare acoustique, est restée cantonnée, de son vivant s’entend, car aujourd’hui les données ne sont plus les mêmes, à un cercle famélique de 10.000 acheteurs.

Five Leaves Left en 1969, Bryter Layter, un an plus tard, et Pink Moon, en 1972 alimentent une carrière aussi concise, obscure et riche que son existence est courte, incomprise et maudite. Ecorché vif et sujet mal dans ses baskets toute sa vie, qui n’avait comme seule supplique que celle de vivre de sa musique, Nick Drake est, en quelque sorte et malgré lui, le symbole de cette caste des éphémères infortunés du rock, les Joplin, Hendrix, Morrison et toutim. Tous les ingrédients de son destin de damné et d’artiste à la popularité posthume, sont logés dans le parcours vinylique désormais culte de ce génial mélodiste.

1968/1972, un parcours court, mais dense.

Il met les pieds en studio dès juillet 1968 pour les sessions de Five Leaves Left,  premier LP qui sort en 1969 et qui plonge l’auditeur dans un état de complet éblouissement. Première référence majeure de l’artiste hors de son vivant, elle passe quasiment inaperçue à sa publication en dépit d’une imagerie orientée sur la nature, exceptée des critiques et des puristes qui savent qu’ils tiennent en ce génial Drake d’une vingtaine d’années, un filon.

Ce soutien et cette reconnaissance pourtant limités l’encouragent à continuer à composer ; il s’ensuit l’automnal Bryter Layter, jazzy et plus rythmé, et le court et complexe Pink Moon qui, même découverts tardivement, procurent un ravissement au moins identique, sinon amplifié. Ils n’obtiennent pas pour autant l’adhésion du public. Drake prend ce manque de gratitude à son endroit comme un échec personnel, doute, perd confiance puis pied, lâche prise et stoppe sa carrière jusqu’à ce fatal soir du 24 novembre 1974 (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1969

 

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NICK DRAKE

FIVE LEAVES LEFT – 1969  5/5

 

Publié en septembre 1969.

Produit par Joe Boyd.

Durée:41:43.

Label:Island Records.

Genre:folk,pop baroque.

 

Lumineux !

 

Ce à quoi il n’a pas pu accéder de son vivant, la reconnaissance de la profession, celle du public, Nick Drake, remarqué par Ashley Hutchings (Fairport Convention) l’a eue à titre posthume.

Ce songwriter et interprète britannique très influent depuis sa disparition, en 1974, est de la race des Buckley, Barrett et Martyn, un de ceux qui lui est resté fidèle jusqu’au bout : autrement dit un génie.

Five Leaves Left (en écoute intégrale ici) est un de ses trois albums studios. Il date de 1969. Il est le premier d’un tryptique discographique à posséder impérativement. Entièrement acoustique, ce disque produit par Joe Boyd, est sombre et mélancolique, beau à en pleurer, d’une pureté immaculée, d’un romantisme poignant.

Il dénonce le mal de vivre de son auteur, un être torturé, fragile. La voix est douce et feutrée, sur des mélodies bien cogitées, portée par de véritables poésies inspirées des auteurs britanniques étudiés à Cambridge, et , appuyée par un jeu de guitare exceptionnel appris seul.

Tout est contenu et d’une délicate beauté, d’une sensibilité exacerbée, mais tout est spleen. Les gars du Fairport sont présents pour l’enregistrement, Richard Thompson et Danny Thompson (aucun lien de parenté) en tête.

Dix titres, dix merveilles, parmi lesquelles River man, Time Has Told Me, Man In A Shed, Way To Blue, Three Hours et l’immense Cello Song. Ce disque est quasiment intouchable, il est lumineux, dépouillé et précis, sans jamais verser dans le pathos et prend aux tripes (RAZOR©)

 

1. Time Has Told Me.

2. River Man.

3. Three Hours.

4. Way to Blue.

5. Day is Done.

6. Cello Song.

7. The Thoughts of Mary Jane.

8. Man in a Shed.

9. Fruit Tree.

10. Saturday Sun.

 

Nick Drake:chant,guitare acoustique,piano.

Paul Harris:piano.

Richard Thompson:guitare électrique.

Danny Thompson:basse.

Harry Robinson:arrangements cordes.

Rocki Dzidzornu:congas.

Robert Kirby:arrangements cordes.

Clare Lowther:violoncello.

Tristram Fry:batterie,vibraphone.

LP Studio 2 - 1970

 

Nick darke bryter later

 

NICK DRAKE

BRYTER LAYTER – 1970  5/5

 

Publié en novembre 1970.

Produit par Joe Boyd.

Durée:39:09.

Label:Island Records.

Genre:folk,pop baroque,folk-rock.

 

Du grand art.

 

Deuxième LP pour Nick Drake et, bis repetita, Nick Drake nous sort de sa manche en 1970 un second chef d’œuvre d’affilée. Bryter Layter (en écoute intégrale ici) fait suite à l’exceptionnel Five Leaves Left. Même s’il est celui duquel ses fans, pour la majorité venus grossir les rangs post-mortem, se détournent le plus, il reste pour moi un endroit grisant aussi intemporel que celui qui le précède et que celui auquel il succède.  

Ses dix titres parlent mieux que quiconque de ce disque. Avec le Fairport pour l’appuyer, avec l’ex-Velvet John Cale, Nick Drake propose ici un excellent choix de titres, un son plus pop, des arrangements élégants. Il entérine définitivement ce grand talent que la critique et le cercle restreint de ses admirateurs d’alors lui prêtent et révélé par Five Leaves Left.

Ce dernier ne relevait donc en rien du hasard, pas plus qu’il n’était qu’un one-shot album. L’anglais est doué, l’enjoué Bryter Layter marqué du sceau de l’excellence.

Plus ludique, moins sombre, moins désespéré, plus ensoleillé, on sent le Drake qui va mieux que ce qu’il laisse paraître et qui le montre. A moins qu’il n’en joue. Toujours aussi discret et contenu, l’artiste n’est pas à côté de ses pompes comme pourrait le supposer sa pochette le montrant assis sur une chaise, ses chaussures devant  lui. Il diffère de celui qui le précède et de son suivant Pink Moon. On entre dans son intimité par une autre porte, c’est tout.

Bryter Layter est plus éthéré et plus jazzy, Nick Drake plus apaisé. Sa voix fragile s’efface presque derrière les instruments. Mettre en évidence un titre plus qu’un autre est un véritable déchirement tant l’œuvre est géniale et sa qualité omniprésente. La trilogie Drake est absolument indispensable et cet album ne dépare en rien ce brelan magique (RAZOR©).

 

1. Introduction.

2. Hazey Jane II.

3. At the Chime of a City Clock.

4. One of These Things First.

5. Hazey Jane I.

6. Bryter Layter.

7. Fly.

8. Poor Boy.

9. Northern Sky.

10. Sunday.

 

Nick Drake:guitare,chant.

Dave Pegg:basse.

Ed Carter:basse.

Dave Mattacks:batterie.

Mike Kowalski:batterie.

Richard Thompson:guitare.

Ray Warleigh:saxophone alto,flute.

Paul Harris:piano.

Chris McGregor:piano.

Lyn Dobson:flute.

John Cale:alto,clavecin,célesta,piano,orgue.

P. P. Arnold,Doris Troy:chœurs.

LP Studio 3 - 1972

 

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NICK DRAKE

PINK MOON – 1972  5/5

 

Publié en février 1972.

Produit par John Wood.

Durée:28:22.

Label:Island Records.

Genre:folk.

 

Le dernier de la trilogie.

 

S’il fallait renâcler sur Pink Moon (en écoute intégrale ici), troisième levée de la tierce royale laissée en héritage par Nick Drake, c’est sur sa durée que les remarques défavorables porteraient. Songez qu’entre Bryter Layter et Pink Moon, nous perdons 11 minutes et priver un fan de Drake de 11 minutes est un crève-cœur. Au regard des titres de cet album, essentiellement cantonnés autour des 2/3 minutes, cela revient à amputer le répertoire potentiel de trois, voire quatre morceaux supplémentaires.  

Mais Nick Drake va mal, meurtri par l’échec de Bryter Layter, sombre dans la dép’ et se défonce pour échapper à ses vieux démons. Pink Moon retranscrit parfaitement ce mal-être, cette chute dans le vide et la concision de sa durée comme le format de ses chansons expliquent certainement ce mal-être.

Pink Moon colle complètement au personnage : sombre, sans tricherie, sans prétention, discret, effacé. Drake sent que ce disque est son dernier et  donne une vision très mélancolique de ce qu’il est à ce moment précis de sa vie. Pas plus, pas moins. Personne ne lui en demande plus d’ailleurs.

Tout se fait dans la plus grande indifférence extérieure. Mais Drake, seul dans cette galère, pond un album qui a de la classe, comme Drake a de la classe. Il nous invite à le suivre sur ses terres étranges, sa Lune Rose, sa dernière.

Pour ce faire, sa musique est dépouillée, uniquement acoustique (et piano sur Pink Moon), sa voix poignante, précise, ses chansons infiniment tristes, comme jamais, ses mélodies presque trop parfaites, sa poésie encore plus saisissante et sujette à encore plus d’émotion. Il n’y a rien de trop.

Pour Drake, une voix et une guitare, un ingénieur du son et deux nuits suffisent à inscrire le délicat, feutré et intense Pink Moon parmi les chefs d’œuvre, non seulement du folk, mais de l’histoire du rock. Evitons d’en faire des tonnes. Ce disque est tout simplement grandiose. Attention toutefois, son écoute réveille généralement de vieilles morsures… (RAZOR©).

 

1. Pink Moon.

2. Place to Be.

3. Road.

4. Which Will.

5. Horn.

6. Things Behind the Sun.

7. Know.

8. Parasite.

9. Free Ride.

10. Harvest Breed.

11. From the Morning.

 

Nick Drake:chant,guitare acoustique,piano sur 1.

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