Paul Siebel.

BIOGRAPHIE.

 

PAUL SIEBEL/Buffalo (New York)

 

Paul siebel

 

Né le 19 septembre 1937 à Buffalo (New York).

Auteur-compositeur-interprète.

Années actives:1968/1978.

Genre:folk,blues.

Label:Elektra.

 

Un catalogue famélique.

Avec seulement deux LP studio au compteur, on ne peut pas dire que Paul Siebel ait été un artiste prolifique. Auteur-compositeur-interprète, guitariste de surcroît, il est plus célèbre pour avoir été repris par les autres que pour son propre travail. Ce qui ne signifie pas pour autant qu’il faille mettre au rebut sa famélique discographique avant même que de l’avoir écoutée.

Un cador de Greenwich.

Ce greffon de la scène folk de Greenwich dont il était un vrai pilier à la fin des années 60, n’a pas fait réussi, ni même cherché, à faire briller une pourtant bien belle écriture personnelle là où ses confrères du moment, eux, sont parvenus à en exploiter toute la substantifique moelle. Louise, Spanish Johnny, Any Day Woman, Long Afternoons, Nashville Again, Then Came The Children, She Made Me Lose My Blues n’ont pas éclos dans son jardin, alors que les Bonnie Raitt, Jerry Jeff Walker, Ian Mathews,David Bromberg, Linda Ronstadt, Willy DeVille, Waylon Jennings ou Emmylou Harris ont rentabilisé la présente matière à leur avantage. Allez savoir pourquoi.

Paulsiebel

"A la manière de John Prine, Paul Siebel est un auteur-compositeur-interprète qui a des choses graves à partager, mais il n’oublie jamais d’écrire des mélodies mémorables pour accompagner ses mots."

Deux LP fabuleux.

D’autant que Paul Siebel, comme le révèle ses deux faits d’armes discographiques, est crédible comme chanteur et guitariste. Sur l’échiquier de Manhattan, Siebel a pignon sur rue MacDougal et est un des plus éminents acteurs des clubs de ce circuit folk ambiant. C’est d’ailleurs là qu’il se fait remarquer par Elektra qui le signe en 1969 pour détenir en magasin un lot conséquent et de qualité de chansons. Cette collection alimente pour l’essentiel Woodsmoke And Oranges, son premier jet de 1970 et son suivant Jack Knife Gypsy (1971) qui réunit un parterre de musiciens qui ferait beaucoup d’envieux : Clarence White, David Grisman, Bernie Leadon, Doug Kershaw, Buddy Emmons, Russ Kunkel. Malgré la pertinence de son travail, la popularité de Siebel en qualité de songwriter reste lettre morte, en dehors des initiés de cette scène folklorique. Pour cette caste de connaisseurs et de fidèles, ses albums sont fabuleux.

Disparu de la circulation.

Cette situation a le don de rendre l’artiste dépressif, de mettre un terme à sa carrière et de le voir plonger rapidement dans la drogue. Il ne s’en relèvera pas avant la fin des années 70 où il réapparaît avec David Bromberg et Gary White dans un LP live (At McCabes/1978). Depuis, plus rien, Siebel a mis de la distance entre lui et la musique ; il va bien, prenant du bon temps dans le Maryland, mais de là à remettre le museau dans la feuille blanche ou à le retrouver sur les planches… (RAZOR©)

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1970

 

Paul siebel woodsmoke and oranges 1970 

 

PAUL SIEBEL

WOODSMOKE AND ORANGES - 1970  5/5

 

Publié en octobre 1970.

Produit par Peter K. Siegel.

Durée:30:48.

Label:Elektra Records,Philo.

 

Paul Siebel…yeah !

 

Le hasard fait parfois bien les choses. Paul Siebel, j’ai découvert son existence à New York même, en avril 2013. En tapant la conversation sur la légendaire réputation de Greenwich, dans Washington Square, épicentre de la scène folk des 60’s, avec un vieil homme en quête d’adversaire pour une partie d’échecs sur une des nombreuses tables bétonnées et pré-peintes en échiquier,  j’étais loin d’imaginer glaner autant d’infos et d’images de cet autochtone qui a vécu cette époque en voisin.

« Golden Years » se plaisait-il à répéter. « Bob, Van Ronk, Fred Neil, Paxton, David Blue, Eric Andersen, Patrick Sky… » relança-t-il en écarquillant des yeux pétillants de souvenirs et grands comme ça. Le peu que mon anglais scolaire me permettait de comprendre était si excitant que je serai resté des heures à l’écouter.

« Paul Siebel » insistait-il en levant son pouce. « Paul Siebel, yeah ! » en me pointant, comme pour me signifier l’avoir vu ou entendu ici même,  la fontaine du parc autour de laquelle troubadours, poètes, beatniks et curieux se réunissaient.

Siebel ? Jamais entendu parler jusqu’à ce jour. Pas plus que David Blue ou Patrick Sky qui, visiblement, en approfondissant le sujet, sont régulièrement cités comme ayant été de très respectables acteurs du circuit folk du mythique quartier de Manhattan.

A l’écoute des deux LP que j’ai découverts depuis, il faut peut-être chercher les raisons de sa discrétion sur cette scène dans la liberté qu’il a prise avec la norme folk, évoluant plus dans une mouvance country-folk. D’autre part, il semblerait que cet artiste n’ait rien fait pour devenir populaire, laissant le soin à d’autres comme Linda Ronstadt, Ian Matthews, Bonnie Raitt ou encore Waylon Jennings, de  promouvoir la qualité de ses compositions.

Woodsmoke And Oranges est son premier LP, publié en 1970. Il est suivi de Jack-Knife Gipsy. L’un comme l’autre ont été réalisés pour Elektra ; l’un comme l’autre  sont impeccables et ont été accueilli très favorablement par la presse spécialisée. L’un et l’autre sont réunis dans une réédition WEA de 2004. Avis aux amateurs.

Ce que l’on retiendra de Paul Siebel au travers du premier de ses deux albums, c’est l’intelligence de son écriture, la qualité de ses mélodies accrocheuses et parfois quelques intonations vocales à la  Bob Dylan. Ce natif de Buffalo, fort bon chanteur et excellent guitariste (autodidacte), a attendu son heure, jusqu’au jour où, par le biais de démos enregistrées avec David Bromberg et un petit groupe de musiciens de la meilleure trempe dont le fameux Weldon Myrick , il parvient à convaincre Elektra de la pertinence de sa musique. L’accord fut modeste et topé pour une petite poignée d’albums mais, d’un côté comme de l’autre, personne n’y croyait vraiment.

Erreur. Woodsmoke And Oranges est un superbe disque qui en dit long sur la potentialité de cet auteur-compositeur que l’on n’a vraisemblablement pris au sérieux et certainement pas considéré à sa juste valeur. Sur les dix titres ici recensés et par lui écrits, j’ai pris du plaisir sur les dix. Dois-je en dire plus ? A découvrir et que ça saute ! (RAZOR©)

 

1. She Made Me Lose My Blues.

2. Miss Cherry Lane.

3. Nashville Again.

4. Ballad of Honest Sam.

5. Then Came the Children.

6. Louise.

7. Bride 1945.

8. My Town.

9. Any Day Woman.

10. Long Afternoons.

 

Paul Siebel:guitare acoustique,guitare 12 cordes,chant.

David Bromberg:dobro,guitare acoustique,guitare électrique.

Weldon Myrick:pedal steel guitare.

Richard Greene:violon.

Gary White:basse.

Jeff Gutcheon:orgue,piano.

Don Brooks:harmonica.

James Madison:batterie.

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