Pentangle.

BIOGRAPHIE.

 

PENTANGLE/Royaume-Uni

 

Pentangle 1

 

Actif entre 1968 et 1973,depuis 1981.

Label:Transatlantic,Warner Bros,Reprise.

Genre:folk-jazz,folk-rock,folk électrique,folk baroque,folk.

Site officiel:www.pentangle.info

 

L'initiateur du folk électrique britannique.

Quand le londonien John Renbourn et l'écossais Bert Jansch fondent Pentangle en 1967, ils ont préalablement déroulé du cable, comme on dit. Guitaristes talentueux, le premier a des dispositions vocales plus affinées que l'autre ; elles sont plus limitées chez Jansch, qui pouvait néanmoins chanter très honorablement à ses heures.

L'instinctif et créatif Jansch, légende underground du folk british, fait cependant partie de cette rare catégorie de musiciens dont l'influence est aussi déterminante sur la scène folk et rock britannique qu'auprès d'artistes américains ayant pignon sur rue. La facilité apparente de son jeu relève de l'exceptionnel.

Jimmy Page s'est cassé les ongles à tenter de restituer le jeu en picking de Bert, tandis que Neil Young disait de lui qu'il était le Hendrix de la guitare acoustique et que Dylan le tenait pour un véritable génie.

La grande décade du folk-rock british.

Son jumeau, John Renbourn, plus virtuose, formé à la guitare classique, est le complice préféré de Jansch, venu tout droit d'Edimbourg et déjà précédé d'une flatteuse réputation. Dès 1963, après que chacun ait fait ses premières gammes de son côté, un duo se constitue autour des scènes de Soho.

Pentangle 2Pentangle.

Pentangle bert janschBert Jansch.

Pentangle renbournJohn Renbourn.

Rapidement, il développe un folk baroque très original et signe un album considéré comme une grande œuvre du folk, bien qu'expérimental : Bert And John (1966). Bert et John partagent leur sympathie pour Davey Graham, le folk-blues ricain des Leadbelly, mais, plus original, leur maison de St John's Wood et leur vie de bohême entre 1964 et 1967. Ils se produisent régulièrement ensemble au club Les Cousins, co-fondent parallèlement le leur dans un hôtel de Tottenham (le Horseshoe), tout en continuant à alimenter leur catalogue respectif d'albums personnels.

Ce rapprochement et leur complicité musicale traduisent leur envie de faire un bout de chemin côte à côte ; la rencontre avec la chanteuse de folk traditionnel Jacqui McShee, laquelle partage les mêmes clubs que Renbourn et Jansch, aboutit, en 1967, à Pentangle, que complète la section rythmique composée du contrebassiste Danny Thompson et du percussioniste Terry Cox, deux anciens de la maison Alexis Korner. Une grande décade folk britannique s'annonce alors. Avec Fairport Convention, Trees, Steeleye Span et d'autres, ils vont donner ses lettres de noblesse au folk-rock britannique.

Un line-up stable jusqu'en 73.

Jusqu'en 1973, Pentangle, dont le choix du nom répond à sa structure à 5, enregistre quelques LP retentissants qui vont séduire aussi les hippies installés de l'autre côté de l'Atlantique. Le line-up reste inchangé jusqu'à la première séparation, due à des egos devenus ingérables avec le temps.

Aujourd'hui repris à son compte par Jacqui McPhee, Pentangle est orphelin de ses deux fabuleux guitaristes, décédés en octobre 2011 d'un cancer du poumon (Jansch) et en mars 2015, d'une attaque cardiaque (Renbourn).

Pentangle publie son premier album pour Transatlantic, label indépendant réputé pour avoir pris la bonne vague du folk et du blues anglais, du psychédélisme et du flower ; l'étiquette est déjà celle sur laquelle le duo Bert Jansch et John Renbourn sort Bert And John en 1966. Le partenariat entre la maison d'édition discographique de Nat Joseph et Pentangle porte sur 5 albums, autrement dit ceux de la période 1968-1971.

Eponyme, l'album en question, tombé dans les bacs de juin 1968, se positionne au 21ème rang des classements britanniques. Il révèle des musiciens déjà accomplis qui, venus d'horizons divers ou placés sous des influences différentes, dotent ce premier répertoire d'une ambiance folk, jazz, blues, et folklore traditionnel. Il se classe au 21ème rang des charts. Les débuts sont convaincants.

Une très belle discographie.

Sweet Child (décembre 1968) va encore plus loin et révèle au grand public que, s'il est un bon groupe de studio, il l'est également sur scène. Sa performance au Royal Festival Hall, enregistrée fin juin 1968, dénote également la grande aisance de tous ses acteurs face au public. Avec ce disque hybride, Pentangle se positionne comme le pionnier du folk baroque.

Grace à Light Flight, N° 5 au Royaume-Uni et support d'une série TV, Pentangle gagne encore en popularité ; Basket Light (octobre 1969) est plus qu'un succès ; il est un véritable plébiscite pour toute la fantastique scène folk britannique du moment que Pentangle draine à sa suite.

Cruel Sister (novembre 1970), plus court et décliné autour de 5 pistes plus folkloriques, ne confirme pas dans les ventes, ça peut arriver, même si la haute qualité demeure ; le numéro 4 des britanniques ne déloge pas pour autant Pentangle de son piedestal. Il a les faveurs de la critique et boxe dans la même catégorie des poids lourds du catalogue que son prestigieux devancier. Le Pentangle de fin 1970, c'est de la belle mécanique, bien rôdée, bien huilée, populaire en Europe comme aux Etats-Unis, n'en déplaise aux sempiternels grincheux.

Pentangle jacqui mcshee

«Beaucoup de choses ont changé. De plus en plus, nous en venons à parler de nos maux et de nos douleurs, plutôt que de ce que nous allons faire après le spectacle. Plus sérieusement, il est très agréable de penser que nous avons été appréciés depuis les 60's et que nous le sommes encore aujourd'hui.» (Jacqui McShee)

 Reflection (octobre 1971), inventif, convainc encore mais trahit néanmoins des tensions naissantes au sein du groupe. Malgré l'ambiance, les acteurs arrivent encore à se recentrer sur leur musique et poussent encore plus loin la créativité qui les anime. Ici le funk, la country et des influences appalachianes s'invitent dans la fusion habituelle de folk, de jazz, de rock, de blues et de traditionnel. L'effet est toujours gagnant. Reflection est le dernier grand album de Pentangle.

MCShee prolonge.

Des problèmes de droits avec Nat Joseph scellent la fin de la collaboration avec Transatlantic. De larvés, les conflits deviennent fontaux et s'étalent sur la place publique. Le Pentangle d'alors commence même à lasser son auditoire, musique comprise.

Pourtant s'il est une œuvre dont il faut avoir connaissance à ce moment précis, c'est l'adaptation exceptionnelle qui est faite de Will The Circle Be Unbroken, hymne chrétien et classique de la musique américaine (Carter Family, Nitty Gritty Dirt Band, Bob Dylan et le Band...). Rien que pour cette appropriation inventive, l'acquisition de l'album qui l'abrite, Solomon's Seal (Reprise/septembre 1972), mérite réflexion.

6 mois après la sortie de ce sixième jet, Jansch, Renbourn, McShee, Thompson et Cox, ont la sagesse de ne pas insister, évitant de faire le disque de trop. Pentangle se défait dans la difficulté pécunière et relationnelle. Quand le groupe renonce, l'histoire a depuis longtemps pointé du doigt le nom de Pentangle, un nom que les tablettes retiennent pour toujours comme celui des initiateurs du folk électrique britannique et que Jacqui McShee s'emploie à péréniser aujourd'hui (RAZOR©).  

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1968

 

Pentangle lp 68

 

PENTANGLE

PENTANGLE – 1968  4,5/5

 

Publié en juin 1968.

Produit par Shel Talmy.

Durée:30:52.

Label:Transatlantic.

Genre:folk,folk-rock.

 

Un nouveau style est né.

 

Groupe britannique de folk-rock, Pentangle est né en 1967, grâce aux deux guitaristes virtuoses que sont Bert Jansch (plus blues) et John Renbourn (musique folklorique traditionnelle britannique).

Les deux hommes ont du pédigrée, puisqu’avant de se lancer dans l’aventure Pentangle, ils ont préalablement signé quelques œuvres de qualité, dont l’album Bert & John.

Avec Jacqui McShee, chanteuse, une des grandes voix anglaises du moment, le bassiste Danny Thompson et le batteur Terry Cox, une rythmique de choc, ils constituent la configuration originelle du groupe, groupe qui va se définir par une musique essentiellement acoustique, dans le ton du folk revival des années 70.

En mai 1968, leur premier LP, Pentangle (en écoute intégrale ici), sort dans les bacs. Produit par Shel Talmy pour Transatlantic Records, il est entièrement acoustique avec des notes de folk, de blues, de jazz, de pop, de musique traditionnelle et contemporaine.

Doté d’un son à nul autre comparable, Pentangle l’album, est une bouffée d’oxygène dans la musique. C’est grand, excitant, audacieux. Ce quintet talentueux, dont Jacqui McShee et sa voix pleine d’émotion, est la pièce essentielle du puzzle, savait faire de la musique agréable, chacun complétant merveilleusement l’autre.

Je vous invite, plus que les discours, à vous projeter sur l’extraordinaire Hear My Call, sur les non-moins grandioses Pentangling, Bells, Waltz. Pentangle est à l’aise dans tous les registres. Un nouveau style est né. Jusqu’en 1972, il fera parler de lui (RAZOR©) .

 

1. Let No Man Steal Your Thyme.

2. Bells.

3. Hear My Call.

4. Pentangling.

5. Mirage.

6. Way Behind The Sun.

7. Bruton Town.

8. Waltz.

 

Terry Cox:batterie,chant.

Bert Jansch:guitare acoustique,chant.

Jacqui McShee:chant.

John Renbourn:guitare acoustique,chant.

Danny Thompson:double basse.

LP Studio 2 (Hybride) - 1969

 

Pentangle sweet child

 

PENTANGLE

SWEET CHILD – 1968  4/5


 

Publié en décembre 1968.

Live enregistré au Royal Hall Festival de Londres le 29 juin 1968.

Produit par Shel Talmy.

Durée:80:13.

Label:Transatlantic.

Genre:folk,folk-rock

 

Aussi à l'aide en studio que sur scène.

 

Peter Blake a dessiné la pochette de Sweet Child (en écoute intégrale ici), double disque de Pentangle, sorti en 1968, la même année que son excellent album éponyme précédent. Peter Blake, pour les profanes, c’est l’auteur de la couverture graphique de Sergent Pepper’s Lonely Hearts Club Band des Fab Four.

Sweet Child consiste, pour première partie, en un enregistrement d’un concert du 29 juin 1968 (Royal Festival Hall) et pour l’autre, en un travail de studio (IBC Studio à Londres en août 1968).

Cet album hybride traduit bien l’aisance du groupe de Pentangle sur la scène anglaise et sa grande faculté à surfer dans divers univers musicaux, le folk, le celte, le médiéval, le blues, la pop et le jazz, que ce soit en visitant le répertoire d’autres (comme Charlie Mingus notamment), la musique ancienne ou au travers de ses propres compos.

Beaucoup voit en ce Sweet Child la référence Pentangle. Je le trouve cependant un peu inégal, partagé entre de véritables pépites et certaines autres interventions moins savoureuses et moins accrocheuses. Mais ça reste du haut niveau.

Simple et complexe à la fois, il permet à Renbourn de monter en première ligne et de séduire par son jeu de guitare tout en douceur, et à Jacqui McShee de se servir de son organe vocal comme d’un instrument, d’y poser une voix cristalline, peut-être la plus belle que le folk de l'endroit et du moment ait connu.

Soutenu par le toucher de double basse velouté de Danny Thompson (le fidèle accompagnateur du génial et regretté John Martyn) et le travail des deux sublimes musiciens que sont Jansch et le batteur Cox, ce disque est très représentatif de ce qu’était ce Pentangle magique de la fin des années 60. Le pionnier d’un folk baroque unique. L’idée était audacieuse et novatrice certes, elle fut payante surtout.

No More My Lord, So Early In The Spring, Haitian Fight Song, Three Dances, A Woman Like You, Bruton Town (sur la partie live) sont des arrêts de rigueur. La partie studio, entièrement acoustique, vaut surtout par Three Part Thing, Moon Dog, le beau et douloureux The Trees They Do Grow High et Soway. Y’a donc largement de quoi faire… (RAZOR©)

 

Live album

1. Market Song.

2. No More My Lord.

3. Turn Your Money Green.

4. Haitian Fight Song.

5. A Woman Like You.

6. Goodbye Pork Pie Hat.

7. Three Dances (Brentzel Gay/La Rotta/The Earle Of Salisbury)

8. Watch The Stars.

9. So Early In The Spring.

10. No Exit.

11. The Time Has Come.

12. Bruton Town.

 

Studio album

1. Sweet Child.

2. I Loved A Lass.

3. Three Part Thing.

4. Sovay.

5. In Time.

6. In Your Mind.

7. I've Got A Feeling.

8. The Trees They Do Grow High.

9. Moon Dog.

10. Hole In My Coal.

 

Terry Cox:batterie,cloches,chant.

Bert Jansch:guitare,chant.

Jacqui McShee:chant.

John Renbourn:guitare,chant.

Danny Thompson:double basse.

LP Studio 3 - 1969

 

Pentangle basket of light

 

PENTANGLE

BASKET OF LIGHT – 1969  5/5

 

Publié en octobre 1969.

Produit par Shel Talmy.

Durée:40:07.

Label:Transatlantic.

Genre:folk,folk-rock.

 

Une musique de laboratoire.

 

Le titre qui ouvre l’album Basket Of Light (en écoute intégrale ici), à savoir Light Flight, a fait vaciller les charts UK (5ème au Royaume-Uni) ; il devient le support d’une série TV dramatique diffusée, à l’époque, sur B.B.C. (Take Three Girls).

Pentangle en tire les bénéfices et gagne encore en popularité par rapport à ses deux excellents opus précédents. Basket Of Light, sorti au milieu de l’année 1969, profite, bien-entendu, de cet engouement et connaît un excellent accueil de la part du public.

Ce troisième LP du groupe anglais est balayé par un tourbillon d’influences musicales folk, blues et jazz. L’alchimie opère, Basket Of Light s’étire merveilleusement dans le temps. L’album est une merveille décalée, rappelant au passage que les années 60 ont été jalonnées d’étapes musicales surprenantes, novatrices, complexes, sophistiquées et particulièrement spéciales.

Les compositions sont riches, les instruments en pleine osmose (notamment les guitares), la rythmique acoustique est du pur velours (Cox et Thompson ont un rôle éminemment important dans le son du groupe), les harmonies vocales sont bien contrebalancées entre le grave de Jansch et la pureté de McShee.

Les points d’orgue de cette musique de laboratoire qu’est Basket Of Light, se situent dans le très réussi et optimiste Light Flight, dans l’interprétation du Once I Had A Sweetheart, un chant folklorique traditionnel, dans la berceuse The Cuckoo, dans Hunting Song, qui revisite le Moyen-âge, dans leur vision revue et corrigée de Sally Go Round The Roses (morceau repris des Jaynetts, une formation féminine des années 60), dans le très beau Springtime Promises ou le surprenant et hindo-médiéval House Carpenter (joué au banjo et au sitar). C’est certainement le meilleur album folk britannique qui ait jamais été enregistré (RAZOR©).

 

1. Light Flight.
2. Once I Had A Sweetheart.
3. Springtime Promises.
4. Lyke Wake Dirge.
5. Train Song.
6. Hunting Song.
7. Sally Go Round The Roses.
8. The Cuckoo.
9. House Carpenter.

 

Terry Cox:batterie,cloches,tambour à main,chant sur 4/6.

Bert Jansch:guitare,banjo,chant sur 3/5/6/9.

Jaqui McShee:chant.

John Renbourn:guitare,sitar,voix sur 3/4/6/7.

Danny Thompson:double basse.

LP Studio 4 - 1970

 

Pentangle cruel sister

 

PENTANGLE

CRUEL SISTER – 1970  5/5

 

Publié en novembre 1970.

Produit par Bill Leader.

Durée:36:51.

Label:Transatlantic.

Genre:folk,folk-rock.

 

Un conte étrange et fabuleux.

 

Cruel Sister (en écoute intégrale ici), le numéro quatre de Pentangle (octobre 1970) n’a pas eu le succès escompté… Comment cela est-il possible ?

S’appuyant sur cinq titres adaptés de chants traditionnels, Cruel Sister, produit non plus par Shel Talmy mais par Bill Leader, spécialisé dans la production dite « folklorique », sonne l’heure de gloire pour John Renbourn, dont la guitare (électrifiée cette fois-ci) émerveille.

Pentangle est au meilleur de son art, aussi permettez-moi d’écarquiller grands les yeux, face au fait que le public ait pu snober cette petite perle. Du même niveau que son alter-ego, précédemment publié (Basket Of Light), cet album est séduisant à plus d’un titre. Sa musicalité, ses voix extraordinaires, son univers, sa clarté, sa simplicité, sa touche lyrique sont fabuleuses. J’aime et je le clame. Oyez, Oyez, braves gens ! Ce disque est génial.

Cantonné dans un registre plus spécifique , Cruel Sister pêche peut-être par sa durée, un peu concise. Plus abordable aussi, il se décline autour de cinq pièces empruntées au décor folklorique.

La voix cristalline de Jacqui McShee et la guitare de Renbourn, sur l’optimiste et attachant Maid That’s Deep In Love, nous installent d’entrée dans l’univers de conte propre à Cruel Sister. L’incomparable et vibrant organe de sa chanteuse fait fi du moindre soutien instrumental pour colorer d’une douce mélancolie le morceau suivant, When I Was In My Prime, et célébrer clairement l’amour retrouvé.

Lord Franklin prend le relais, avec le chant gorgé de plaisir de John Renbourn. La ballade traditionnelle est sobre, bourrée d’émotion et de douceur. Le titre qui donne le nom à l’album, Cruel Sister, s’inscrit dans la simplicité, dans la beauté, porté par une mélodie entraînante, au destin tragique, engendré par deux sœurs qui se disputent l’amour d’un preux chevalier.

Le conte se referme sur un rock progressif (le seul de l’album) de plus de 18 minutes (Jack Orion, précédemment enregistré par le duo Jansch/Renbourn). C’est le plat de résistance (qui occupait une face complète du vinyle), encore dramatique, de cet univers médiéval scindé en plusieurs parties, qui fait appel à une multitude d’instruments, judicieusement utilisés. Le jeu des voix de McShee la Princesse et de Jansch, le Page est une pure merveille. Franchement à tomber sur le cul, tant c’est inspiré et compétent !

Tandis que Cruel Sister égrène ses notes, plongeant sous la lumière le trio McShee/Renbourn/Jansch, Cox et Thompson, dans la discrétion et la sobriété, n’en finissent pas, comme ils en sont coutumiers, de faire sublimement le travail et d’entretenir l’exceptionnelle ambiance.

Cet album est magique. Ceux qui le déjugent en seront pour leurs frais. Ne vous laissez pas influencer par ces apriori malsains, mais plutôt par l’ambiance cool de la vieille tradition britannique qui vous berce durant l’écoute de cette petite merveille (RAZOR©).

 

1. Maid That's Deep In Love.

2. When I Was In My Prime.

3. Lord Franklin.

4. Cruel Sister.

5. Jack Orion.

 

Terry Cox:batterie,percussion,cloches,chant.

Bert Jansch:guitare acoustique,dulcimer appalachian,recorder,concertina,chant.

Jacqui McShee:chant.

John Renbourn:guitare acoustique,guitare électrique,sitar,recorder,chant. Danny Thompson:double basse.

LP Studio 5 - 1971

 

Pentangle reflection

 

PENTANGLE

REFLECTION – 1971  3,5/5

 

Publié en octobre 1971.

Produit par Bill Leader.

Durée:41:31.

Label:Transatlantic.

Genre:folk,folk-rock.

 

Ouvrez votre esprit…

 

Les différends entre les membres, les absences physiques des uns, les absences éthyliques d’autres, les sessions d’enregistrement boycottées, les problèmes personnels, la désaffection progressive du public n’ont en rien affecté la qualité de Reflection (son enregistrement en mars 1971 a nécessité trois semaines) qui, sur le plan purement artistique, est une réussite de fusions musicales.

Passés maîtres dans cet art de fusionner le folk, le rock, le jazz, la musique folklorique, les acteurs nous régalent encore et nous surprennent ici en invitant le funk et la country au festin. Ce quintet en a toujours sous la semelle en termes de créativité.

Reflection (en écoute intégrale ici), intime, mélancolique, ouvre avec Wedding Dress pour un mariage subtil entre la musique celte et celle country. C’est un délice très inventif contre lequel les autres pièces de l’album, plus classiques et plus proches du Pentangle connu, viennent se lover, comme pour mieux faire corps.

McShee envoûte toujours autant par son timbre clair et vibrant, par l’émotion qu’elle met dans son chant. Le jeu de guitare acoustique de Renbourn et de Jansch est une caresse sans fin, la rythmique s’installe sur son nuage le temps imparti de la réflexion.

Album convaincant, Reflection n’est pas le déclin annoncé de Pentangle, comme j’ai pu le lire ça-et-là. Omie Wise, Will The Circle Be Unbroken (autre grand moment de création), Rain And Snow et ses notes de sitar, le superbe So Clear (on n’est pas très loin de ce que James Taylor maîtrisait parfaitement), le funky Helping Hand (à consommer sans modération) ainsi que l’atmosphérique et long Reflection (11 minutes et des) ont tous les arguments pour inciter à la flânerie, au rêve.

Doux et frais, cet album indispensable ne se zappe pas, eu égard à son côté novateur et pour tout ce que Pentangle a apporté au British Folk et au Rock. Alors, réfractaires à Pentangle, ouvrez vos esprits et essayez. Une fois, au moins… (RAZOR©)

 

1. Wedding Dress.

2. Omie Wise.

3. Will The Circle Be Unbroken ? "

4. When I Get Home.

5. Rain and Snow.

6. Helping Hand.

7. So Clear.

8. Reflection.

 

Terry Cox:batterie,percussion,chant.

Bert Jansch:guitare acoustique,banjo,chant.

Jaqui McShee:chant.

John Renbourn:guitare acoustique,guitare électrique,chant.

Dannu Thompson:double basse.

LP Studio 6 - 1972

 

Pentangle solomon s seal

 

PENTANGLE

SOLOMON’S SEAL – 1972  3/5


 

Publié en septembre 1972.

Produit par Pentangle,John Wood.

Durée:35:28.

Label:Reprise.

Genre:folk,folk-rock.


 

Dernière incarnation du grand Pentangle.


 

Dernier LP avec le même line-up, celui d’origine de Pentangle, tous des musiciens d’exception (Cox, Thompson, Jansch et Renbourn, auxquels il convient d’associer la voix cristalline de Jacqui McShee), Solomon’s Seal (en écoute intégrale ici), publié en septembre 1972, même s’il n’a pas l’étoffe des trois derniers disques précédents, jugés hors norme (Basket Of Light, Cruel Sister et Reflection), n’en demeure pas moins un bon album, avec des titres suffisamment bien construits pour ne pas sombrer dans le désintérêt ou l’ennui.

Il faut dire qu’en 1972, Pentangle, maître es British Folk, n’a plus la côte et commence à lasser l’auditoire en mal d’autres horizons. Pourtant, comme je l’ai dit, leur sixième album (c’est celui que McShee préfère), qui en réfère aux pouvoirs magiques du Sceau de Salomon, n’est pas mauvais.

Ce dernier effort collectif est un peu moins inspiré, un peu moins audacieux et se partage entre des originaux et des reprises de chansons du folklore traditionnel britannique. On ne leur apprend rien dans ce dernier domaine, c’est pourquoi l’album s’en sort honorablement.

Mais il faut raison garder et avoir en mémoire ce qu’ils ont fait préalablement pour ne pas craindre d’affirmer qu’aucun des titres ici présents n’aurait pu briguer une place dans leur trilogie d’or.

Alors, on va se contenter d’écouter avec respect ce disque agréable, qui n’apporte rien de neuf que l’on ne connaisse déjà, un disque bien vite difficile à dénicher (tirage limité), un disque qui clôt la discographie 70's de Pentangle.

Il se distingue par l’étrange version de Sally Free And Easy, The Cherry Tree Carol, The Snows (avec utilisation du tambour et du sitar) et No Love Is Sorrow.

6 mois plus tard, Jansch et Renbourn baisse le rideau sur cette aventure, avec humilité et en évitant de faire l’album de trop. L’histoire dit que les ventes furent tellement piteuses que le groupe dut y aller de ses deniers personnels pour éponger les dettes alors accumulées. Qu’à cela ne tienne, l’Histoire a déjà retenu le nom de Pentangle depuis longtemps (RAZOR©).
 

1. Sally Free And Easy.

2. The Cherry Tree Carol.

3. The Snows.

4. High Germany.

5. People On The Highway.

6. Willy O' Winsbury.

7. No Love Is Sorrow.

8. Jump Baby Jump.

9. Lady Of Carlisle.

 

Terry Cox:batterie,percussions,chant.

Bert Jansch:guitare acoustique,dulcimer,harmonica,banjo,chant.

Jaqui McShee:chant.

John Renbourn:guitare acoustique,guitare électrique,sitar,banjo,recorder,chant.

Danny Thompson:double basse.

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