Phil Ochs

BIOGRAPHIE.

 

PHIL OCHS/El Paso (Texas)

 

Phil ochs featured

 

Philip David Ochs, dit Phil Ochs.

Né le 19 décembre 1940 à El Paso (Texas).

Décédé le 9 avril 1976 à New York

Auteur-compositeur-interprète.

Années actives:1962/1976.

Genre:folk,folk rock.

Labels :Elektra,A&M.

 

BIOGRAPHIE EN COURS D'ECRITURE.

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 2 -  1965

 

Phil ochs i ain t marching anymore 1965

 

PHIL OCHS

I AIN’T MARCHING ANYMORE – 1965  5/5

 

Publié en 1965.

Produit par Jac Holzman,Paul A. Rotschild.

Durée:50:54.

Label :Elektra Records.

 

L’indocile de la folk music.

 

Phil Ochs n’a jamais connu de succès commercial, la faute à un choix tôt fait et assumé de jouer les protest-singers plutôt que les jolis cœurs. On pourrait le lui objecter car il avait le talent pour l’écriture quelle qu’elle soit, et ça fait un peu désordre pour cette figure notoire des cercles folk des 60’s et valeur sûre du patrimoine musical américain d’être blanc de marqueur vendeur. Le contraire l’aurait certainement rendu populaire plus rapidement - mais semblait-il s’y intéresser seulement ? - sans qu’il faille  compter sur le temps, tabler sur sa mort, pour que le cours des choses en soit inversé, sur le passage de Dylan à l’électrique pour que  la communauté s’en aperçoive.

Par contre, et ça on ne pourra pas lui enlever, c’est qu’il n’avait besoin de personne pour régler ses comptes avec le pouvoir en place, pour défier, les yeux dans les yeux, l’autorité. Le pouvoir sous tous ses formes. En se posant  sur le registre de la contestation, il s’est cloisonné dans un répertoire difficilement compatible avec la popularité.  

En effet, le militarisme, la guerre du Vietnam, les luttes sociales, les conflits et sujets internes au pays, cibles qui lui tenaient à cœur, s’accommodent mal de passages sur les ondes, étape indispensable de promotion. Surtout à cette époque. Qu’importe, Phil Ochs a tracé sa voie malgré tout, en amassant en boutique quelques brûlots contestataires. Ce pour quoi il est aujourd’hui adulé et son travail respecté.

Dans les clubs folks de Greenwich, dans les festivals comme celui consacré au genre, de Newport, le public était tout ouï pour ces harangueurs hérités de Woodie Guthrie, tels que Bob Dylan, Joan Baez, Tom Paxton et Phil Ochs qui refaisaient le monde et l’actualité à coups de chansons minées. Tout à tour moralisateur, humoristique ou grave, le texan d’El Paso était un porte-parole fougueux et motivé de ce folk rebelle, de cette musique à messages. Peut-être le plus virulent de tous.

Ses disques sont le miroir de ses points de vue et du combat qu’il a mené. A ce titre, I Ain’t Marching Anymore (en écoute intégrale ici) paru en 1965, deuxième LP de cet autre maniaco-dépressif devenu célèbre post-mortem (avec Townes van Zandt), surveillé de près par le F.B.I., est certainement son album le plus engagé.

I Ain’t Marching Anymore, sa chanson titre écrite du point de vue d’un soldat, revient alors comme un boomerang dès que le moindre attroupement censé fédérer des antimilitaristes s’organiseau coin d’une rue. Il n’est pas un rassemblement contre l’esprit Vietnam qui ne soit pas cadencé par ce véritable hymne. Autour d’un jeu de guitare en picking et s’appuyant sur des paroles intelligentes et réalistes, Ochs refait l’histoire guerrière  américaine en se déplaçant à travers les époques et mouche la société conservatrice.

En répétant, désabusé, fatigué, un refrain facile à retenir et qui n’a pas perdu son sens au vingt et unième siècle, le texan ignorait alors que son cri de guerre serait encore mobilisateur aujourd’hui. Pilier de ses concerts, I Ain’t  Marching Anymore est sa signature depuis et Ochs l’a chanté des milliers de fois, sous des tonnerres d’applaudissements. En août 1968, à l’occasion des manifestations contre la Convention Nationale Démocratique, son interprétation a déclenché un tel tollé qu’il fut arrêté. En ces temps de crise, son ombre plane au dessus de nos têtes. Des bouleversements personnels s’ensuivirent pendant des années qui conduiront à une mort par pendaison en 1976. En fait, Ochs était déjà mort depuis longtemps.

Révélé par un premier LP très prometteur (All The News That Fit To Sing/1964), celui qui a failli virer journaliste fait mouche ici. Son disque satirique donne à réfléchir ; il est très équilibré, mâture, professionnel, poignant et pertinent. Ochs y fait montre d’un beau sens de la mélodie et d’une technique instrumentale (guitare) assez phénoménale. Son jeu est vif, précis, expressif et sa voix pleine de confiance.

La chanson titre, That’s What I Want To Hear, Draft Dodger Rag, Iron Lady, Links On The Chain, Here’s To The State Of Mississippi, In The Heat Of The Summer, The Men Behind The Guns flirtent avec la perfection, sans que le lot restant ne faillisse le moins du monde.

C’est en entendant cette belle collection d’originaux (sauf the Ballad Of The Carpenter) que l’on en vient à regretter que Phil Ochs ne soit pas sorti de son rôle d’agitateur au profit d’autres expériences. C’est comme ça. Ainsi était Phil Ochs, l’indocile de la folk music des années 60 qui va s’enfoncer inexorablement dans la drogue, l’alcool et la dépression. Sa popularité, elle est posthume. La profession s’en charge qui continue à être influencée par son travail. On ne compte plus les artistes qui ont relayé, relaient et relaieront son répertoire, ni les hommages perpétuels qui lui sont rendus. Seuls les grands ont ce privilège (RAZOR©).

 

1. I Ain't Marching Anymore.

2. In the Heat Of The Summer.

3. Draft Dodger Rag.

4. That's What I Want To Hear.

5. That Was The President.

6. Iron Lady.

7. The Highwayman.

8. Links On The Chain.

9. Hills Of West Virginia.

10. The Men Behind The Guns.

11. Talking Birmingham Jam.

12. The Ballad Of The Carpenter.

13. Days Of Decision.

14. Here's To The State of Mississippi.

 

Phil Ochs:chant,guitare.

LP Studio 3 -  1967

 

Phil ochs pleasures

 

PHIL OCHS

PLEASURES OF THE HARBOR – 1967  5/5

 

Publié le 31 octobre 1967.

Produit par Larry Marks.

Durée:51:27.

Label :A&M Records.

 

Audace payante.

 

Après s’être fait les crocs sur la scène folk de Greenwich Village en compagnie de celui qui l’a mis à la guitare, Jim Glover, chanteur folk et militant socialiste, le texan Phil Ochs entame une carrière en solo caractérisée par trois premiers LP engagés et à l’écriture contestataire.

Il compte alors parmi les très bons élèves de cette scène folk, sans toutefois que ces disques, de véritables brûlots qui prennent position dans des faits politiques ou sociaux quotidiens, ne trouvent vraiment preneurs tandis que les radios se détournent de lui. N’est pas Dylan qui veut.

Malgré cela, il a la reconnaissance de la profession qui lui ouvre les portes du festival de Newport, la référence en la matière. En passant chez A&M, pour son quatrième album, Pleasures Of The Harbor (en écoute intégrale ici), ce songwriter majeur des années 60, lassé de jouer les chanteurs rebelles, prend le risque de sombrer définitivement dans l’oubli en amorçant un virage à 180°. Il délaisse son folk traditionnel pour s’orienter vers une musique folk-pop-rock plus ambitieuse, plus audacieuse, plus originale, parfois baroque, parfois jazzy ou expérimentale et qui en surprend plus d’un.

En pleine année psychédélique, alors que les folkeux ont depuis un moment viré au folk rock (qui est arrivé à son apogée), Phil Ochs tente de nouvelles choses, influencé qu’il est par le jazz, le rock, le classique et l’électronique. Cette audace est payante, car on retrouve sur cet album atypique quelques pièces importantes de sa discographie et différentes les unes des autres : le controversé The Crucifixion en 10 versets, chanson qui fait le parallèle entre J.F.K et le Christ, The Party, le baroque Cross My Heart, Miranda, le dixieland très connu Outside A Small Circle Of Friends, Pleasures Of The Harbor (avec Warren Zevon à la guitare), le magnifique Lady Flower de 8 minutes.

Ce passage à l’électrique et cette musique aux arrangements élaborés, accompagnée d’une belle voix à vibrato profond, est vraiment brillant. En l’abordant, sachez que vous en prenez pour une cinquantaine de minutes, durée exceptionnelle pour la période. Qu’à cela ne tienne, les bonnes chansons restent intemporelles. J’ai aimé et je tenais à vous faire passer le message (RAZOR©).

 

1. Cross My Heart.

2. Flower Lady.

3. Outside of a Small Circle of Friends.

4. I've Had Her.

5. Miranda.

6. The Party.

7. Pleasures of the Harbor.

8. The Crucifixion.

 

Phil Ochs:chant,guitare.

Lincoln Mayorga:piano

Warren Zevon:guitare sur 7.

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