Ralph McTell.

BIOGRAPHIE.

 

RALPH MCTELL/Londres (Angleterre)

 

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Né Ralph May.

Né le 3 Décembre 1944 à Farnborough (Angleterre).

Actif de 1965 à aujourd’hui.

Labels:Transatlantic,Famous,Warner Bros.,Mays,Castle,Leola.

Genre:folk,country-blues.

Site officiel:www.ralphmctell.co.uk

 

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Un trésor national.

Ralph McTell ne dira certainement rien à la grande majorité des lecteurs. Pourtant, cet anglais du Kent, auteur-compositeur et interprète a été très influent dans les 60’s. Celui qui répond à Ralph May pour l’état civil est l’auteur du fameux Streets Of London (des millions d’exemplaires vendus), succès qui a enchanté les fêtes de noël 1974 et qui lui vaut, depuis, de compter parmi les titres les plus repris sur la planète musique de tous les temps.

Vétéran de la scène, puisqu’il la fréquente sans discontinuer depuis près de 5 décennies, Ralph McTell est reconnu comme étant l’un des plus grands guitaristes acoustiques de Grande-Bretagne. Comme John Martyn, John Renbourn ou Bert Jansch, ses pairs.

A entendre la finesse et l’émotion qui caractérisent son jeu folk et country-blues tout en fingerpicking, on comprend mieux les raisons de l’engouement que les anglais et les pointures du métier ont toujours portés cet artiste. Musicien exceptionnel, l’autodidacte McTell ne sait pas lire la musique, ne connaît pas les noms des accords, n’a jamais pris de cours. Sa réussite n’en est que plus belle.

Un as du fingerpicking.

Comme la plupart des guitaristes du mouvement folk d’alors, ce gratteux accompli, pianiste et harmoniciste de grand talent aussi, a pour modèles les bluesmen Reverend Gary Davis, Robert Johnson, Big Bill Broonzy et Blind Boy Fuller et les new yorkais de la folk revival, Woody Guthrie et Bob Dylan. Comme Jorma Kaukonen (Jefferson Airplane), comme Dave Van Ronk ou Bob Dylan, des références auprès desquelles le britannique n’a pas à rougir question style de guitare et technique du picking.

Aussi expressif que virtuose que ces mythes de la guitare sèche, McTell, pour les puristes, est une norme établie de la folk music ; plus que jamais actif à 71 ans, il est, depuis l’essor folk des 60’s, l’un des songwriters et artistes les plus vénérés et les plus prolifiques de la Vieille Angleterre. On lui attribue un répertoire de plus de 300 titres, lequel lui a valu des distinctions prestigieuses.

Ralph McTell, aujourd’hui grand-père heureux (12 petits-enfants) et mari épanoui auprès de Nanna May, née Stein, rencontré au printemps 1966 au Quartier Latin parisien, est  un véritable trésor national…

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« J’ai commencé à écrire Streets Of London à Paris. C’est d’ailleurs Streets Of Paris qu’elle était prévue de s’appeler. Je l’ai proposé à John The Fish, un chanteur local qui l’a trouvé un peu triste. Lors de l’enregistrement de Spiral Staircase, alors que je n’avais pas la moindre envie de la chanter, Gus Gudgeon a insisté et m’a persuadé de l’interpréter au moment où le reste des musiciens étaient allés se restaurer. Cette version d’origine  a été faite en une seule prise. A peine sortie, elle a été reprise dans les clubs folks où elle fut très populaire, jusqu’à ce que nous décidions de la réenregistrer pour une sortie en single à la période de Noël 74. Elle a été un énorme succès. » (Ralph McTell)

Un vrai autodidacte.

Juste retour des choses pour celui qui, alors qu’il n’a que deux ans, est privé de papa ; ce dernier quitte le domicile familial et ne donne plus aucun signe de vie. Ralph apprend sa mort une dizaine d’années plus tard. Cette nouvelle affecte le brillant élève qu’il est alors et qui, très rapidement, n’a plus le goût des études. Plus rien ne le passionne vraiment ; seule la musique, et la guitare qu’il apprend seul, vont lui redonner de nouvelles raisons d’espérer. Jusqu’alors, ses relations avec la musique se limitent à quelques notes d’harmonica apprises par le grand-père et, à l’adolescence, à quelques accords sur un ukulélé dont il fait l’apprentissage seul à partir de la méthode George Formby, connu pour sa maîtrise de l’instrument.

Le rock américain et le skiffle entrent alors dans son univers. Il a une quinzaine d’années lorsqu’il fonde son premier groupe de skiffle. Ralph n’a alors qu’une idée en tête : quitter l’école. Ce qu’il fait, mais au profit de l’armée. Il intègre le Junior Leaders Battalion of The Queen's Surrey Regiment. Ce milieu n’étant pas le sien, il reprend ses études 6 mois plus tard.

Guitare en bandoulière…

A l’instar des jeunes de sa génération, la culture beatnik des Kerouac et Ginsberg l’atteint alors et lui fait découvrir la scène américaine du moment. Guitare en bandoulière, Woody Guthrie dans la tête, Ralph fait le grand saut, tourne le dos aux clubs de jazz de Soho et roule alors sa bosse sur le continent européen : Belgique, Allemagne, Yougoslavie, Italie, Grèce et France.

La France, il y revient souvent. A Paris notamment, rive gauche où il fait deux rencontres déterminantes pour sa vie. Le guitariste américain Gary Petersen pour celle artistique et Nanna Stein pour celle amoureuse. Il épouse la belle norvégienne fin novembre 1966 ; elle lui donne un premier enfant, Sam, début 1967. Musicien de rue, Ralph, doté de nouvelles responsabilités de père de famille, décide de se lancer à fond dans la musique, d’exploiter au maximum les qualités instrumentales et vocales qu’on lui prête. D’autant qu’il est compositeur avisé.

Enfin pris au sérieux.

Les clubs folks lui ouvrent leur porte, les organisateurs de festivals l’invitent. La carrière de Ralph prend alors du volume et l’artiste le nom de McTell sur les conseils de Wizz Jones, un de ses fidèles amis du cercle artistique parisien (avec Rod Stewart, Clive Palmer, Alex Campbell). Finie la manche, Ralph McTell est désormais pris au sérieux. Ce qui lui vaut de signer, dès 1967, un contrat avec le label indépendant britannique Transatlantic Records, importateur du folk et du blues issu des States.  

Un premier LP est enregistré à la fin de cette même année. Produit pour la première fois par Gus Dudgeon et arrangé par Tony Visconti, Eight Frames A second sort début 1968. Le verdict est sans discussion : Ralph McTell a quelque chose de plus et ne passe pas inaperçu auprès de la radio alors en vogue, la B.B.C. qui en fait un peu le fil rouge de ses programmes musicaux.

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Streets Of London ou Streets Of Paris ?

Cette promotion inattendue sert les intérêts de l’artiste lequel enchaîne aussitôt avec le mélancolique Spiral Staircase, toujours pour Transatlantic Records. Fin 1968, le deuxième album tombe dans les bacs. Outre les tristes England 1974 et The Fairground, on y retrouve la première version de Streets Of London, qui, réenregistrée en 1974, fera 2 dans les charts U.K et 1 en Irlande. Elle évoque les artistes de rues et les gens vivant dans les rues de la capitale londonienne et est inspirée par le passage à Paris de McTell, à l’époque où il faisait la manche pour gagner deux sous.

Mc Tell est sur une bonne dynamique et son troisième disque de 1969 confirme ce qui précède. My Side Of Your Window regorge encore de belles et douces melodies et d’arrangements intelligents. Le magazine musical Melody Maker en fait son disque du mois à sa sortie. Le cercle de ses fans s’agrandit, sa popularité s’accroit aussi n’est-il pas surprenant de le retrouver au festival de Wight en août 1970.

Une compilation (Revisited/1970), destinée à le promouvoir de l’autre côté de l’Atlantique, précède son quatrième opus studio, le magnifique You Well - Meaning Brought Me Here, sorti en 1971.

Il est publié chez Famous (Universal Music Group), année de naissance de  son deuxième enfant, Leah (février) et de sa première tournée américaine.

Le succès au rendez-vous.

Not Til Tomorrow (Reprise) paraît en novembre 1972. Le numéro 5 du catalogue  marque le retour aux affaires du frère de Ralph, Bruce, en lieu et place de Jo Lustig. Ralph en profite pour s’installer dans les Cornouailles avec sa petite famille. Il en est délogé par une grande tournée britannique au printemps 73, suivie d’une autre en hiver. Les deux tours sont une véritable réussite pour lui.

Pour Easy (Reprise/mars 1974), c’est tout le gratin de la place anglaise qui fait le déplacement : Wizz Jones, Bert Jansch, Danny Thompson, Steve Bonnett, Mike Piggott, Lynsey Scott, Dave Mattacks, Gerry Conway, John Kongos. L’album, le premier à figurer dans les charts, est un des meilleurs de sa discographie.

Les charts, il y culmine fin 1974, quand est réédité en single Streets Of London. De quoi justifier l’Ivor Novello Award décerné par l’Académie britannique des auteurs-compositeurs. Son nom trône fièrement parmi les David Bowie, Ray Davies, David Gilmour, Roger Hodgson, Jon Lennon, Paul McCartney, Brian May, Freddie Mercury, Sting ou Roger Whittaker.

Warner Bros réalise le septième LP, l’excellent Streets (1975) qui réfère à Streets Of London par lequel il ouvre. Réussite artistique, il connaît également le bonheur de rester 12 semaines dans les classements d’albums.

Ralph, Albert & Sydney… incontournable.

La fatigante tournée de promotion suivant Streets amène à un constat à ce stade de sa carrière. Ralph McTell a besoin de souffler. Il s’octroie une pause qu’il met à profit en allant se ressourcer en famille aux Etats-Unis. Bien lui en prend, car Ralph McTell repart de plus belle. Il fait le plein au Royall Albert Hall, en 1976, participe au Festival de Montreux puis se produit en Australie et en Extrême-Orient. Un troisième enfant vient grossir sa petite tribu : Tom voit le jour en septembre 1976, quelques mois seulement avant son huitième jet, Right Side Up, lequel maintient encore son auteur à un haut niveau.

Il manque un live à Ralph pour traduire la chaleur de ses prestations et la popularité qui est alors la sienne en Angleterre comme dans le reste du monde, où l’artiste fait l’objet de standing ovations régulières et de concerts overbookés. Ralph, Albert & Sydney (1977) vient combler ce vide. Ralph pour son auteur, Albert pour référer à son passage au Royal Albert Hall londonien et Sydney, comme l’Opéra de Sydney où est captée l’autre soirée du live. Ralph, Albert & Sydney est un album incontournable de son catalogue, Ralph McTell un artiste épanoui.

Aussi épanoui que l’homme Ralph May père pour la quatrième fois d’un petit Bill (avril 1978). La raison est suffisante pour qu’il accorde un peu de bon temps à sa famille en cette fin de décennie, rompant cette trêve pour publier en 1979 un très convivial neuvième LP studio, le rock californien Slide Away the Screen. Il est le dernier pour Warner Bros.

Une discographie conséquente.

Depuis le début des années 80, la discographie de McTell s’est enrichi de plus d’une trentaine d’albums (studio, live et compils) dont une majeure partie réalisée sous son propre label Mays, créé avec son frère Bruce (1981) et sous Leola Music, derrière lequel il est depuis 1988. Plus que jamais actif et toujours aussi populaire 50 ans après ses débuts, Ralph McTell vient de célébrer son 70ème anniversaire sur la scène londonienne  du Théâtre Royal Drury Lane, le 7 décembre 2014. Ce fut génial, dit-on (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 4 - 1971

 

Ralph mctell you well meaning brought me here

 

RALPH MCTELL

YOU WELL-MEANING BROUGHT ME HERE – 1971  5/5

 

Publié en 1971.

Produit par Gus Dudgeon.

Durée:44:13.

Label:Famous.

Genre:folk,folk-rock.

 

Avec la Dudgeon Touch en prime.

 

Paru au Royaume-Uni chez Famous et aux Etats-Unis pour le compte de Paramount, You Well-Meaning Brought Me Here est publié en 1971 sous deux formes différentes. Oh, à peine. Une seule petite retouche a été faite entre la version britannique et celle américaine, en ce sens que Streets Of London, dans sa version réenregistrée figure dans l’offre outre-Atlantique en lieu et place de Chalkdust. Et c’est tout.

Je m’en tiendrai personnellement à l’édition anglaise, celle qui m’est arrivée entre les pattes à cette époque et qui m’a fait découvrir un artiste dont j’avais alors entendu parler dans les revues spécialisées mais sans réellement en tâter. Et ce que j’ai entendu présentement m’a troué le cul comme disent les djeunes.

Je savais la scène folk du moment débordante de talents, mais cet oiseau nichant dans les Cornouailles, j’ignorais tout. Depuis, séduit par le disque faisant l’objet de ma chronique du jour, vous pensez bien que j’ai corrigé le tir et que je me suis intéressé de près à ce gaillard encore en activité et qui ne parle pas de passer la main. Entre nous, qu’il le fasse le plus tard possible car, même atteint par l’avancée dans l’âge (il a 71 ans), il continue à émouvoir.

You Well-Meaning Brought Me Here apparaît chronologiquement au quatrième rang de son catalogue studio. Il est pour moi ce qu’il a fait de mieux, même si dans la discographie (60/70) de haute volée qu’il affiche, il peut y avoir photo avec des LP comme Not Til Tomorrow et Easy, ses suivants de 1972 et 1974 ou avec son prédécesseur Spiral Staircase de 1969. Personnellement, You Well-Meaning Brought Me est celui qui me sensibilise le plus, le plus profond. Donc, comme c’est moi qui porte la culotte…

A son écoute, on comprend pourquoi Ralph McTell est considéré comme un des auteurs-compositeurs britanniques les plus influents de sa génération. Tous les titres qui alimentent ce disque accrochent l’oreille, bénéficiant en cela de la touche habile, sobre et discrète de la production placée entre les mains de Gus Dudgeon.

Considéré également comme un virtuose de la gratte acoustique, domaine où son jeu en picking est souvent cité en référence, Ralph McTell n’en use pas ici, mais délivre en contrepartie un folk soutenu par l’Orchestre Philarmonique de Londres et par une poignée de musiciens fidèles parmi lesquels Rick Wakeman aux claviers, Danny Thompson à la basse ou encore Caleb Quaye à la guitare électrique. Il y ajoute avec bonheur la douceur de sa voix.

Genesis I Verset 20 donne le ton des belles mélodies pointant ici, au sein d’un lot qui a beaucoup de corps à l’image de plages comme First And Last Man, In Some Way I Loved You, le ripailleur Lay Your Money Down, Old Brown Dog, l’amer anti-guerre Pick Up A Gun ou encore The Ferryman. Les américains, vous disais-je précédemment, ont la chance de pouvoir disposer de la version remodelée de Streets Of London, le titre par excellence de McTell. Qu’à cela ne tienne, ça vole déjà très très haut (RAZOR©).

 

1. Genesis I Verset 20.

2. First and Last Man.

3. In Some Way I Loved You.

4. Lay Your Money Down.

5. Old Brown Dog.

6. Pick Up a Gun.

7. You Well-Meaning Brought Me Here.

8. Chalkdust.

9. The Ballad of Dancing Doreen.

10. Claudia.

11. The Ferryman.

 

Ralph McTell:guitare acoustique,piano,harmonica,harmonium,flûte,synthétiseur Moog,chant.

Rick Wakeman:orgue,piano.

Davey Johnstone:mandoline.

Johnny Van Derek:violon.

Caleb Quaye:guitare électrique.

Danny Thompson:double basse.

Steve Bonnett:basse électrique.

Roger Pope:batterie.

Mike Vickers:synthétiseur Moog.

Gus Dudgeon:choeurs.

Sheila Dudgeon:choeurs.

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