Richie Havens.

BIOGRAPHIE.

 

 

RICHIE HAVENS/Brooklyn (New York – USA)

 

Richie havens intro

 

Né Richard Pierce Havens, le 21 janvier 1941 à New York (Brooklyn), décédé le 22 avril 2013 à New Jersey (USA).

Actif entre 1965 et 2012.

Labels:Verve Forecast,MGM,A&M,Solar,Epic,SME,Rykodisc,Rhino.

Genre:folk,folk-rock,blues,soul,funk.

Site officiel:richiehavens.com

 

Son âme plane sur Woodstock.

Quand il apparaît, le 15 août 1969 aux alentours de 17h15, sur la scène montée à Bethel, en ouverture du festival Woodstock, et devant laquelle s'entassent des centaines de milliers de personnes, Richie Havens n'est pas un inconnu dans le milieu de la folk music américaine.

A l'amorce de la trentaine, le new yorkais, chanteur déjà engagé, est devenu une figure notoire des cercles folkloriques ricains, notamment des hootenanies de Greenwich Village que le natif de Brooklyn arpente en voisin depuis ses 20 ans et les années beatnik.

Richie havens 1Son âme plane sur Woodstock....

Richie havens woodstock scene...qu'il a ouvert le 15 août 1969.

Richie havens nowActif jusqu'à sa mort en 2013, Richie Havens...

Richie havens mixed bag...a signé un excellent Mixed Bag.

Richie havens here comes the sunSon single le plus populaire.

Richie havens nobody left to crown 2008Son dernier LP sorti en 2008.

Alors âgé de 28 ans quand il est projeté comme ouvreur du festival, Havens compte déjà à son crédit 5 LP (Mixed Bag, Something Else Again, Electric Havens, Richie Havens Record et Richard P. Havens), dont 4 prennent place dans le Billboard 200.

Il a en poche un contrat avec Albert Grossman, manager de Bob Dylan. Bref, Richie Havens, c'est un nom, même s'il manque quelque chose à sa carrière, pour qu'elle prenne une autre tournure ou une dimension supplémentaire.

Le coup de pouce du destin.

Ce présent 15 août, le programme de l'événement prévoit son passage sur scène en 5ème position. Le parterre, noir de monde et impatient, attend depuis trop longtemps déjà au point qu'il faut libérer au plus vite la pression qui s'est installée.

Les artistes prévus avant le new yorkais ne sont pas prêts, pour certains, pas encore arrivés en raison de l'affluence-record, pour d'autres.

Seul aux abords immédiats de la scène à être disponible et équipé, les organisateurs le chargent d'ouvrir les festivités pour faire retomber une atmosphère devenue lourde ; celui qui ne devait jouer qu'en soirée prend ses responsabilités. On lui demande de meubler, le destin va alors lui filer un sérieux coup de pouce...

Les prestations live, il connaît. C'est d'ailleurs pour ses performances publiques qu'il est alors régulièrement invité sur les festivals et programmé dans les plus grandes salles de spectacles.

Bien que stressé par ce qu'il lui arrive, Havens entre en scène avec l'intention de jouer 4 titres, puis de laisser la place à son suivant. Son face-à-face avec le public durera pas loin de 3 heures.

Après avoir épuisé son répertoire, le new yorkais improvise, à son 7ème rappel, un torride Freedom, devenu un hymne pour des générations de hippies, enchaîné à un vieux negro spiritual, Motherless Child, étiré comme jamais.

L'auditoire est transcendé, magnétisé, euphorique... Woodstock (puis le festival de Wight, deux semaines plus tard) lance enfin la carrière de Richie Havens.

Mort en avril 2013, ses cendres sont dispersées sur le lieu-même où la légende Havens est née...

Une figure de Greenwich Village.

Richie Havens à la scène, Richard Pierce Havens pour l'état civil (21 janvier 1941) est l'aîné d'une fratrie de 9 gosses. De descendance amérindienne (blackfoot) du côté paternel et britanno-antillaise du côté de sa mère, Richard grandit dans un secteur miséreux de Brooklyn où la musique réunit, à chaque détour de rue, des formations organisées autour de jeunes enfants du quartier.

Les chants de doo-wop, de rhythm and blues, de gospel façonnent sa jeunesse. Dès l'âge de 12 ans, il commence à chanter en groupe, avant, à 14/15 ans, d’intégrer les McCrea Gospel Singers où il apprend Motherless Child (chant d'abolition de l'esclavage), mais la rue, dans ce qu'elle représente de moins recommandable, aura raison de l'écolier Havens.

Bien que prometteur dans la musique, l'adolescent préfère faire les 400 coups au sein d'une bande et abandonner l'école, ce qui l’amènera, plus tard, à se former et s'instruire en autodidacte.

Il a 20 ans quand il décide de se bouger et de se rapprocher de la communauté folk culturelle en vogue à Manhattan. Il n'a alors qu'à traverser l'East River pour intégrer ce qui est alors l'épicentre du mouvement de la contre-culture des 60's et du folk, Greenwich Village, et donner, guitare en bandoulière, un sens à sa vie.

Une technique peu orthodoxe.

Dès lors, ce militant pour les droits civiques des noirs américains se produit dans les clubs entre Bleeker Street et Washington Square. Il y fait montre d'une technique de guitare un peu particulière pour pouvoir jouer tous les accords, conventionnels comme plus complexes.

Son style, bien que peu orthodoxe, lui agrège néanmoins un public de fidèles tandis que ses apparitions en public, très appréciées, attirent l'attention des labels. Le premier à se manifester est Alan Douglas, lequel vient de fonder Douglas Records au milieu des 60's.

L'ancien cadre de Barclay et de United Artists tombe sous le charme de ce black qui, au lieu du blues, chante la folk music et n'est pas obnubilé par le succès.

Leur partenariat donne le jour à deux beaux albums, Richie Haven's Record (1965) et Electric Havens, un de ses meilleurs opus (1966).

Ceux-ci, malgré les petits moyens dont ils disposent, compilent les premiers enregistrements officiels de l'artiste, avant qu'il ne rejoigne Verve Records où il va vite franchir le cap qui en fait une des plus grandes personnalités de la place (et notamment du Cafe Wha ?) et du genre.

Mixed Bag, Handsome Johnny, Here Comes The Sun...

Fin 1966, alors qu'Albert Grossman, manager de Bob Dylan, l'a pris sous sa coupe, Havens signe un troisième LP, Mixed Bag, souvent considéré comme son meilleur avec Electric Havens, auquel il succède.

High Flyin 'Bird, Adam, Follow, Handsome Johnny, son hymne pour la Paix, et la version époustouflante de Just Like A Woman de Dylan sont les fleurons de Mixed Bag qui lui permettent de connaître enfin le succès (l'album fait 182 au Billboard pop albums, 18 dans les classements jazz du même organisme) auprès d'un public plus élargi.

En 1967, Richie Havens publie un premier single, No Opportunity Necessary, No Experience Needed (1967) que Yes s'approprie, quelques années plus tard, pour les besoins de Time And A Word (juin 70).

Ce format n'est pas la tasse de thé de Havens qui, entre ce premier titre et la fin des années 70, renouvelle l'opération une dizaine de fois. Sans véritable réussite, exception faite de la reprise des Beatles, Here Comes The Sun qui, sortie après sa mémorable prestation de Woodstock, prend une honorable 16ème place au Billboard.

Stormy Forest Records pour se relancer.

La sortie, en 1970, du film retraçant le légendaire événement musical contribue à faire de Richie Havens un artiste d'envergure internationale, ce qui lui donne plus de libertés pour conduire une carrière riche alors des albums réalisés chez Douglas et Verve, évoqués précédemment.

Richie Havens fonde alors sa propre maison de disques, Stormy Forest Records sur laquelle il va sortir 5 LP studio à savoir Stonehenge (1970/N°155 Billboard), Alarm Clock (N°29) et The Great Blind Degree (N°126) en 1971, Portfolio (N°182/1973) et Mixed Bag II (N°186/1974), ainsi qu'un live (Live Stage/1972).

Richie havens portrait

« Tout ce que j’espérais est arrivé après plus de 4 décennies sur les routes. Je n’ai jamais passé une mauvaise journée sur scène. Je pense que je ne la quitterai jamais… du moins de mon vivant... »(Richie Havens)

Cette période féconde s'accompagne de passages dans les émissions de TV les plus huppées du moment (The Ed Sullivan Show, The Tonight Show). Mais le succès lui tourne le dos rapidement et, comme il n'a jamais fait de fixation là-dessus, Richie Havens, dès 1974, prend une autre voie, celle du cinéma.

Entre musique, cinéma et écologie.

Son premier rôle d'acteur, il le réserve à Patrick McGoohan (il jouait le rôle du Prisonnier dans une série TV populaire des 60's), réalisateur de Catch My Soul (1974), une adaptation d'une adaptation d'Othello de Shakespeare.

Dans le même temps, côté musique, il passe chez A&M et signe The End Of The Beginning (1976) et Mirage (1977), puis rebondit chez Elektra au début des années 80 (Connections), avant de se rapprocher d'EMI (Common Group/1983), de RBI (Simple Things/1987), de chanter Dylan et les Beatles (Rykodisc/1987).

Rien de bien convaincant n'émerge cependant de ces passages d'un éditeur discographique à l'autre ; Richie Havens a la tête ailleurs. A l'écologie, qu'il soutient en fondant dans le Bronx, un musée océanographique, le Northwind Undersea Institute, et à laquelle il consacre beaucoup de son temps et de son énergie à éduquer la jeunesse.

Tout en continuant à enregistrer, à apparaître sur les projets de ses confrères et à tourner dans les 90's, il ne retrouve plus l'aura qui fut la sienne trois décennies plus tôt malgré la sortie d'un LP, en 1993, qui retrace son parcours (Resume : The Best Of Richie Havens). Son heure est passée.

Nobody Left To Crown : encore beaucoup d'espoir à partager.

Toutefois, cette même année 93, il chante pour l'investiture de Bill Clinton à la Présidence des États-Unis et, fortement impliqué dans défense de la cause tibétaine, il le fait aussi pour le Dalai Lama. L'année précédente, il pointe aux retrouvailles du concert des 30 ans de Dylan.

Il est, bien entendu, des commémorations du 30ème (1998), puis du 40ème (2009) anniversaire du festival. Les années 90 et 2000 enrichissent son catalogue d'une grosse poignée d'albums supplémentaires dont le dernier en date, Nobody Left To Crown, paru en 2008, acoustique et décontracté, porté par une voix soul douce et intemporelle.

Richie Havens avait un don particulier pour mettre en valeur les chansons des autres sans jamais commettre la moindre faute de goût. Pour la dernière fois, il joue la carte de la reprise (ici les Who et Won't Get Fooled Again, Jackson Browne ou Peter Paul & Mary) dont il s'est toujours fait une spécialité (Dylan, les Beatles, Marvin Gaye, Gary Wright, les Bee Gees ou Pink Floyd).

Nobody Left To Crown n'en aligne pas moins, parallèlement, les ultimes titres signés de sa main lesquels révèlent qu'il avait encore beaucoup de choses à dire, de la passion et de l'espoir à partager. Sa mort (22 avril 2013) nous prive du plaisir de les entendre en public, terrain sur lequel il a excellé toute sa vie (RAZOR©2020).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 3 - 1966

 

Richie havens mixed bag

 

RICHIE HAVENS

MIXED BAG – 1966  4,5/5

 

Publié fin 1966.

Produit par John Court.

Durée:37:54.

Label:Verve Forecast.

Genre:folk,jazz,folk-rock.

 

Disque le plus abouti.

 

Premier LP pour Verve et celui ouvrant alors le compteur studio de Richie Havens, Mixed Bag, publié à la fin de 1966, est une œuvre majeure du catalogue de l'artiste.

Avant cette publication, deux autres albums (infructueux mais qui méritent, si on les trouve, de leur accorder une attention particulière) ont été enregistrés pour le label Douglas Records (Richie Havens Record et l'excellent Electric Havens) lesquels seront édités après Mixed Bag (en 1967 et 68).

Le chanteur et musicien jouit alors déjà d'une certaine popularité sur l'échiquier de Greenwich Village, où il est une des figures majeures du cafe Wha ?.

En effet, à l'époque de sa sortie, ce disque est le premier à apparaître de manière officielle au crédit de l'artiste, mais il est, dans les faits, son troisième opus.

Richie Havens est alors sous la tutelle d'Albert Grossman, manager de Bob Dylan, et vient de s'engager avec le groupe Verve Records qui, quelques années plus tôt (1964), alors qu'il est ancré dans le jazz, a ouvert une filiale folk, Verve Folkways rebaptisée Verve Forecast.

Considéré comme le travail le plus abouti de Havens, Mixed Bag, mélange de folk, de blues, de jazz, de funk et de rock, permet à son auteur de franchir un cap dans sa carrière.

Le disque est essentiellement alimenté par des reprises (8) dont Havens se fera un interprète compétent au fil de son parcours et par quelques titres (3) signés de sa main (Adam, Three Day Eternity et Handsome Johnny).

Parmi les artistes ou songwriters auprès desquels le new yorkais a choisi de faire son marché, on retrouve Gordon Lightfoot (I Can't Make It Anymore), Bob Dylan (dont il fait une adaptation lumineuse de Just Like A Woman), les Beatles (Eleanor Rigby), Bill Edd Wheeler (High Flyin' Bird est une piste forte de l'album), du bluesman Jesse Fuller (San Francisco Bay Blues), les Fugs (Morning Morning)...

Richie Havens donne ici du corps, de l'authenticité et un supplément d'émotion aux adaptations qu'il en fait, grâce à son style de guitare peu orthodoxe mais unique et sa voix soul de baryton très caractéristique (le latino-jazz Sandy a mes faveurs). Jamais, durant ce répertoire il ne commet la moindre faute de goût (RAZOR©).

 

1. High Flyin' Bird.

2. I Can't Make It Anymore.

3. Morning, Morning.

4. Adam.

5. Follow.

6. Three Day Eternity.

7. Sandy.

8. Handsome Johnny.

9. San Francisco Bay Blues.

10. Just Like A Woman.

11. Eleanor Rigby.

 

Richie Havens:guitare,sitar,chant.

Harvey Brooks:basse.

Paul Harris:orgue,piano,claviers.

Bill LaVorgna:batterie.

Howard Collins:guitare.

Joe Price:tabla sur 4.

Paul Dino Williams:guitare acoustique sur 5.

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