Robert Johnson.

BIOGRAPHIE.

 

ROBERT JOHNSON/Mississippi (USA)

 

Robert johnson 2

 

Né Robert Leroy Johnson, le 8 mai 1911 à Hazlehurst (Mississippi/USA)

Décédé le 16 août 1938 à Greenwood (Mississippi/USA).

Actif entre 1929 et 1938.

Label:Vocalion,American Record Corporation,Dol,Perfect,Conqueror,Columbia Records.

Genre:Delta Blues,blues.

 

L'énigme du mythe Robert Johnson.

Mort de façon pour le moins mystérieuse (empoisonnement ? Syphilis ? Pneumonie ?) à 27 ans, Robert Johnson est le premier des artistes maudits à avoir inauguré le funeste club des 27, âge auquel certaines légendes du rock (ou du blues) ont disparu.

Trente ans et quelques broutilles avant l'hécatombe de la fin des 60's, début des 70's, ayant couché tour à tour et en l'espace de 2 ans (entre juillet 69 et juillet 71), Brian Jones, Alan Wilson, Jimi Hendrix, Janis Joplin et Jim Morrison, le natif du Mississippi s'éteint. Il est certainement le moins connu aux yeux du grand public, d'autant que l'on sait très peu de choses sur lui et que circulent beaucoup de mythes à son sujet.

Robert johnson 1Le flou autour du mythe Johnson.

Robert johnson 4Une des rares photos disponibles.

Robert johnson le fameux crossraods 61 49Le carrefour du diable.

Robert johnson epitapheGreenwood, lieu de sa mort.

Robert johnson tombeMort en août 1938. Victime d'un mari jaloux ?

Robert johnson the complete recordingsThe Complete Recordings : un legs incomaparable.

Entre un débat toujours pas tranché aujourd'hui sur son jour de naissance, les fictions s'invitant autour de sa mort, une âme qu'il aurait vendue au diable et que beaucoup de monde s'est attaché à affubler de détails croustillants pour corroborer le fait et accréditer le mystère, Robert Johnson, dont le récit de l'existence est à prendre avec des pincettes, est une énigme. Il est difficile d'en vérifier les rares contours révélés au fil des décennies.

Si son histoire est floue, très mal et peu documentée, reste sa musique. Elle ne trompe personne, elle. En tout cas, pas les bluesmen pour lesquels il est un véritable mythe.

Le blues du Delta.

Robert Johnson, c'est le blues du Delta, le blues tel qu'à l'origine, le blues de tradition hérité de Charley Patton et de Willie Brown, ses précepteurs. Robert Johnson, c'est un des premiers et des plus influents artistes du genre, un exemple à suivre pour ses pairs du blues, Muddy Waters, John Lee Hooker, Robert Lockwood, Elmore James, comme pour les stars du rock, les Rolling Stones, Bob Dylan, Jeff Beck, Eric Clapton, Jimi Hendrix ou Led Zeppelin.

Le blues plutôt que l'école et la misère.

Robert Johnson, c'est seulement 29 chansons enregistrées seulement trois ans avant sa mort, mais autant d'enregistrements fondateurs, une existence courte rythmée par la misère, l'asservissement, les drames personnels, un talent exceptionnel, la réussite, et marquée par sa rencontre avec le Diable à un carrefour ; il lui aurait vendu son âme contre la magie du blues.

Robert Johnson serait né le 8 mai 1911, mais rien n'est moins sûr car un créneau élargi (1909/1912) est avancé pour figer sa date de naissance, la faute à des registres d'état civil alors très imprécis et au caractère illégitime de sa venue au monde. De quoi rajouter à la confusion sur le personnage. Il est le fruit d'une liaison extra-conjugal de Noah Johnson, son père, avec Julia Major Dodds. Par contre, son lieu de naissance le situe à Hazlehurst, petite ville du comté de Copiah (Mississippi). On en est certain.

Il est encore langé quand sa mère et sa sœur Carrie quittent Noah Johnson, allant de ville en ville, de maison en maison, de famille en famille, au rythme des emplois de Julia le plus souvent dans les champs de coton ; ce manège dure plusieurs années jusqu'à ce que la maman et ses enfants ne s'installent chez les Spencer à Memphis. Charles Spencer y vit avec femme, maîtresse et enfants. Julia Dodds succombant également aux avances de Spencer, tout ce joli monde vit sous le même toit.

Un drame personnel.

Cette dernière abandonne 3 ans son enfant aux soins des Spencer jusqu'à l'âge de 7 ans (1918). Le petit Robert Spencer est un enfant turbulent et têtu. Trop aux yeux de sa famille d'accueil qui remet le rejeton entre les mains de sa mère, alors remariée, depuis 1916, avec un certain Willie Willis. Robert se retrouve dans une collectivité cotonière de Robinsonville ; il y grandit et montre un intérêt plus marqué pour la musique que pour l'école qu'il quitte rapidement. Redevenu Robert Johnson s'essaie d'abord à la guimbarde, avant de passer à l'harmonica, puis d'apprendre de Charley Patton et de Willie Brown, la pratique de la guitare (fin des années 20) qu'il combine à l'harmonica.

En février 1929, alors âgé de 17 ans, il prend Virginia Trevis pour épouse à Penton (Mississippi), puis s'installe avec elle dans la partie est de Robinsonville où le couple cohabite avec sa sœur Bessie et son mari. Enceinte, la jeune Virginie (16 ans) fait une fausse couche dont les cons équences font qu'elle décède en avril 1930.

Un pacte avec le diable.

Il a 18 ans quand il découvre le blues. Cette découverte, il la doit à Son House, un contemporain de Johnson, qui va avoir une grande influence sur le jeune guitariste. Pour la petite histoire, Eddie James House, dit Son House, prétendait déjà avoir été lui-même initié au blues par Mephisto. Une habitude pour les bluesmen qui ont alors une fâcheuse tendance à appuyer un peu trop sur la dive bouteille au juke local. 

Mais c'est par son biais que la légende Robert Johnson s'écrit. Son House jure alors les grands dieux que Johnson est un médiocre guitariste quand il le rencontre la première fois et qu'il s'explique mal sa fantastique évolution à son retour d'Hazlehurst, en 1931, après qu'il soit parti à la recherche de son père. On parle du diable...

Johnson, toujours selon la légende, se serait rendu au carrefour des autoroutes 49 et 61, peu avant minuit, par une nuit de pleine lune et aurait rencontré le Diable qui lui aurait mis entre les mains un deal : celui de devenir un grand guitariste de blues en échange de son âme. Johnson ne cherche à dissiper ce mythe, renforçant ainsi le mystère autour de cet homme.

En fait, à Hazlehurst, Johnson aurait rencontrer Ike Zimmerman, joueur de guitare, chez qui il emménage. Il y reste deux annnées. Zimmerman joue son instructeur et lui apprend comment bien utiliser son instrument. Jour et nuit, il suit les conseils de son mentor et travaille sa technique. Les nuits s'achèvent dans le cimetière local où le professeur et l'élève jouent des heures assis sur les tombes, histoire de ne déranger personne.

Il fait ici son véritable apprentissage et en sort, au bout de deux ans de répétitions intensives, avec un gros bagage technique. C'est ce Johnson au jeu plus assuré, que Son House retrouve à son retour. Les rumeurs font le reste à une époque où l'esprit vaudou est très ancré dans le quotidien des noirs.

La musique, la route et la liberté.

Quoi qu'il en soit, Johnson, depuis remarié avec Calleta Callie Craft, tourne le dos à sa vie de métayer auquel il est irrémédiablement voué, pour prendre la route. L'occasion est trop belle d'échapper au même destin que ses proches. A lui la musique, le voyage, la liberté.

Vers 1933/1934, il s'installe d'abord à Helena dans l'Arkansas où il vit plusieurs années avec une autre femme, Estella Coleman, la mère de celui qui allait devenir Robert Lockwood Jr., puis Robert Jr. Lockwood, en référence à Robert Johnson, son mentor.

Dans l'Arkansas, il fait la rencontre d'autres bluesmen plus ou moins de sa génération comme Howlin' Wolf, Calvin Frazier, Sonny Boy Williamson, Elmore James, Robert Nighthawk, Honeyboy Edwards, Johnny Shines, Memphis Slim, Hacksaw Harney.

Robert johnson martin scorcese

« Robert Johnson a seulement existé au travers de ses disques. Il était une pure légende. Il y a beaucoup de mythes à son sujet, entretenus par la méconnaissance que l'on a de sa vie et de son histoire. Seule sa musique reste réellement. » (Martin Scorcese)

Puis il reprend son bâton de pèlerin et sillonne le Mississippi et les états limitrophes, avec un répertoire de standards du blues et d'originaux signés de sa main. Ses textes sont alors le miroir de sa vie déracinée, de sa lutte pour survivre et de ses rencontres avec les femmes qui l'ont toujours entretenu.

Un catalogue de 28 chansons.

Ses compositions, il rêve de les enregistrer depuis des années ; ce souhait devient réalité dès le 23 novembre 1936. Entre 1936 et 1937, c'est là qu'il pose sur bandes tout ce qu'il écrit. Terraplane Blues (Vocalion/mars 1937) ouvre le bal. Enregistré à San Antonio (Texas), ce titre aux allusions sexuelles est son premier single, vendu à plus de 5000 exemplaires.

Derrière, Johnson enchaîne avec un lot de 28 chansons pour American Record Corporation (onze 78T), dont certaines vont devenir des standards du blues comme Believe I'll Dust My Broom, Sweet Home Chicago, Ramblin' On My Mind, When You Got A Friend, Come On In My Kitchen, Walking Blues, Crossroads (Cross Road Blues), Love In Vain, Stop Breaking Down Blues, Milkcow's Calf Blues.

Robert Johnson apparaît pour la dernière fois sur scène le 16 août 1938, quelques jours avant de mourir dans des circonstances floues que la rumeur attribue un jour à un mari jaloux (empoisonnement), l'autre au Diable dont le deal serait arrivé à échéance. On raconte qu'il est décédé une nuit de pleine lune, à 4 pattes et hurlant à la mort, qu'une femme l'aurait poignardé.

La vérité serait plus proche de la mort par empoisonnement. Homme à femmes, Johnson aurait été la victime de la jalousie du propriétaire du juke-joint (Three Forks près de Greenwood) où il se produit ce soir là. Présent à ses côtés, Sonny Boy Williamson lui conseille de ne pas boire la bouteille de whisky qui lui est tendue. Il en boit quelques gorgées et tombe. La légende Robert Johnson commence alors (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE COMPILÉE.

LP Compilation - 1990

 

Robert johnson the complete recordings

 

ROBERT JOHNSON

THE COMPLETE RECORDINGS (1936/1937) – 1990  5/5

 

Publié en août 1990.

Enregistré entre novembre 1936 et juin 1937.

Produit par Don Law (originaux),Frank Driggs,Lawrence Cohn,Stephen LaVere (compilation).

Durée:104:53.

Label:Columbia Records.

Genre:blues,Delta Blues.

 

Tout est là.

 

Robert Leroy Johnson est mort jeune : à 27 ans. Comme Hendrix, Morrison, Jones… Ses premiers passages en studio se situent sur la période 1936/37, autrement dit peu de temps avant de trépasser par empoisonnement comme le répand le plus souvent la légende, victime d’un mari jaloux de voir Johnson tourner un peu trop souvent autour de sa femme.

L’époque étant alors aux 78 tours, tous ses disques originaux sont dans ce format. C’est dire si ça date, cette affaire. Ce répertoire officiellement répertorié est un vivier inépuisable dans lequel tous les plus grands sont venus faire leur marché : Clapton (qui en a fait un album de reprises), Hendrix, Led Zep, Dylan, les Stones, les Blues Brothers, l’Allman Brothers Band et plus proches de nous, les Red Hot et White Stripes. En 2011, Todd Rundgren publie en hommage à ce bluesman incontournable, Todd Rundgren’s Johnson.

Ramblin’ On My Mind, Cross Road Blues, Come On In My Kitchen, Love In Vain (Stones), l’anthologique Sweet Home Chicago repris par des pointures comme Fleetwood Mac, les Blues Brothers ou plus récemment Ben Harper, sont depuis, à l’image du répertoire légendaire de Johnson, des classiques du blues.

Columbia Records les ayant réunis, en 1990, sous le titre de The Complete Recordings (en écoute intégrale ici), l'offre s'avère le biais le plus approprié pour en découdre avec ce personnage aux contours inconnus ou déformés, et avec le blues qu’il pratique, véritable ADN du genre. Tout est là.

Le seul bémol que je puisse faire à son propos est l’agencement du double disque qui fait se suivre certains titres dans leur version originale et l’autre alternative. A la longue, l’effet n’est plus dérangeant, mais il est vrai que les premières écoutes peuvent engendrer une certaine langueur qui peut rebuter le non-initié.

Ce serait, avouons-le, fort dommage du fait que ce témoignage exceptionnel de Robert Johnson figure au rang 22 des meilleurs disques pour Rolling Stone, lui-même recensé en cinquième place de tous les guitaristes par le même support, que les plages ici compilées, dans la forme la plus épurée du Delta Blues dégagent une émotion brute.

Elles appartiennent depuis au Musée du Blues. The Complete Recordings est donc une véritable collection à laquelle il est inimaginable de ne pas souscrire sous prétexte que… (RAZOR©)

 

Disque 1.

1. Kind Hearted Woman Blues.

2. Kind Hearted Woman Blues (alternate take).

3. I Believe I'll Dust My Broom.

4. Sweet Home Chicago.

5. Ramblin' on My Mind (alternate take).

6. Ramblin' on My Mind.

7. When You Got a Good Friend.

8. When You Got a Good Friend (alternate take).

9. Come On in My Kitchen (alternate take).

10. Come On in My Kitchen.

11. Terraplane Blues.

12. Phonograph Blues.

13. Phonograph Blues (alternate take).

14. 32-20 Blues.

15. They're Red Hot.

16. Dead Shrimp Blues.

17. Cross Road Blues.

18. Cross Road Blues (alternate take).

19. Walkin' Blues.

20. Last Fair Deal Gone Down.

 

Disque 2.

1. Preaching Blues (Up Jumped the Devil).

2. If I Had Possession Over Judgment Day.

3. Stones in My Passway.

4. I'm a Steady Rollin' Man.

5. From Four Till Late.

6. Hellhound on My Trail.

7. Little Queen of Spades.

8. Little Queen of Spades (alternate take).

9. Malted Milk.

10. Drunken Hearted Man.

11. Drunken Hearted Man (alternate take).

12. Me and the Devil Blues.

13. Me and the Devil Blues (alternate take).

14. Stop Breakin' Down Blues (alternate take).

15. Stop Breakin' Down Blues.

16. Traveling Riverside Blues.

17. Honeymoon Blues.

18. Love in Vain (alternate take).

19. Love in Vain.

20. Milkcow's Calf Blues (alternate take).

21. Milkcow's Calf Blues.

 

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