Roy Harper.

BIOGRAPHIE.

 

ROY HARPER/Manchester (Angleterre – Royaume-Uni)

 

Roy harper intro

 

Né le 12 juin 1941 à Manchester (Angleterre).

Actif depuis 1964.

Labels:Science Fiction,Liberty,CBS,Harvest,Chrysalis,Beggars Banquet,I.R.S,Bella Union.

Genre:folk,folk baroque,folk-rock,indie folk,folk progressif.

Site officiel:www.royharper.co.uk

 

Un folkeux trop moderne pour son époque.

A l'été 1968, Ian Anderson affiche 21 ans sous sa chevelure léonienne ; il est déjà le chanteur-flûtiste d'un Jethro Tull fraîchement constitué et sur le point de sortir, en fin de cette même année, un premier LP, le dénommé This Was.

Le disque en question porte la signature jazz/blues du guitariste Mick Abrahams qui, après son enregistrement quitte le Tull, au motif de divergences artistiques avec Anderson ; le groupe de Blackpool n'a pas encore la coloration prog pour laquelle il est connu et reconnu.

Le départ d'Abrahams permet à Anderson d'installer la vision créative qui fait la marque de fabrique de Jethro Tull et qu'il commence à travailler durant cette période estivale, en même temps qu'il s'implique dans les sessions de This Was.

Dans son modeste appart' de Kentish Town, il écrit du nouveau matériel acoustique, différent, placé sous l'influence de la musique folk anglaise et notamment de Roy Harper, à l'instar du titre Reasons For Waiting.

Roy harper 1Roy Harper : un troubadour déconcertant.

Roy harper 2Une musique excentrique.

Roy harper nowUne carrière de 6 décennies.

Roy harper ian anderson shutterstockUn modèle pour Ian Anderson (Shutterstock).

Riy harper stormcockStormcock, l'oeuvre incontournable de 71.

Roy harper man mythMan & Myth (2013).

A cette époque, Anderson a déjà croisé la route de l'auteur-compositeur-interprète mancunien lors du premier concert gratuit organisé à Hyde Park (29 juin 1968) auquel l'un comme l'autre prend part.

Qui plus est, Jethro Tull, à cette époque, passe de temps en temps au club folk/blues de Soho Les Cousins, véritable pépinière folk du moment dont Roy est un des piliers.

Le chanteur du Tull est fan de ce folkeux déjà trop moderne pour son époque, il possède certains de ses disques.

Là où la majorité de ses pairs ne voit en Harper qu'un des derniers survivants de la contre-culture des 60's, Anderson craque pour sa simplicité et son authenticité.

Il est très tôt un adepte de la complexité d'une œuvre imagée qui porte en elle les germes de la folk alternative.

Un artiste influent, une véritable institution...

En s'y référant, il crée un choc stylistique majeur et fait basculer la formation dans un rock progressif teinté de folk qui, s'il entraîne le renoncement d'Abrahams, met Jethro Tull sur une voie royale.

Pendant une dizaine d'années, la musique du Tull s'établit alors comme une des références du genre...

Ian Anderson n'est pas le seul musicien de la jeune génération ambiante à avoir subi l'influence de ce guitariste autodidacte.

Pete Townshend (invité sur Man And Myth de Roy en 2013), Jimmy Page (Whatever Happened to Jugula/1984) et Led Zeppelin (Hats Off To Roy Harper/Led Zeppelin III – 1970) ou Pink Floyd (Roy chante sur Have A Guitar/1975) sont tous autant adeptes de ce songwriter original et parolier complexe qui n'a jamais véritablement trouvé sa place auprès du grand public.

...mais un troubadour déconcertant.

En dépit d'un catalogue fort de plus d'une trentaine d'albums (dont quelques perles comme Sophisticated Beggar/1966, Flat Baroque And Berserk/1970 et le culte Stormcock/1971 et son beau tir groupé discographique jusqu'en 1977) en près de 6 décennies, celui que les observateurs modernes jugent comme véritable institution britannique aujourd'hui, a pointé une dizaine de semaines dans les charts seulement.

Faut dire que le gars a toujours été déconcertant pour les labels et souvent considéré comme un zinzin forçant un peu trop sur le tarpé.

Pour ces derniers, il n'est pas très vendeur et c'est le cadet des soucis de Roy, alors comme il est un tantinet tête de lard et plutôt rentre dedans et rebelle que poète ou Boy Meet Girl dans son écriture, pour les tubes, on repassera.

Talentueux, Harper compte bien exprimer son art en toute liberté et loin de toute pression commerciale.

C'est ce à quoi ce troubadour déconcertant se résoudre pendant toute sa riche carrière.

Celle-ci est relancée en 2013 par le brillant Man & Myth et par l'intérêt que lui porte la nouvelle génération de folkeux, Jonathan Wilson en tête.

Producteur pour l'occasion du 22ème volume de la discographie studio de Roy, le musicien et songwriter californien en vogue n'avait que 3 ans et demi à la sortie de Stormcock...

Figure majeure de la place folk londonienne.

Roy Harper est né le 12 juin 1941 dans la banlieue de Manchester. Orphelin de sa maman quelques semaines après qu'elle l'ait mis au monde, il est élevé par son père et sa belle-mère qui ne l'aime pas particulièrement.

Comme il en est de même de son côté, Roy a tendance à s'isoler et passe une partie de son enfance seul.

Il puise en l'absence de l'amour maternel et en sa solitude une grande force intérieure qui lui permettra de venir à bout des premiers obstacles qui ont jalonné son parcours artistique.

Poète dès 12 ans, musicien à 13 (skiffle), à la tête de son premier groupe un an plus tard (avec ses frères David et Harry), avant de rejoindre dans la foulée la Royal Air Force pour devenir pilote et s'en détacher au bout de deux ans au profit de la vie de bohème (Afrique du Nord, Europe, Londres), le mancunien est convaincu que son avenir se situe dans la musique et s'y consacre sérieusement au début des 60's.

Influencé par le blues de Lead Belly et le folk de Woody Guthrie (Miles Davis et le jazz plus tard), par les poètes beat, Jack Kerouac notamment, Harper devient rapidement une figure majeure de la place folklorique londonienne et de Soho où, dès le milieu des 60, il est traité d'égal à égal avec les pointures du genre, John Renbourn, Paul Simon, Alex Campbell, Bert Jansch, Alexis Korner, John Martyn...

Du folk prog baroque.

Avec la musique excentrique qu'il développe, les portes des labels ne s'ouvrent pas si facilement que ça et ses premiers pas dans le métier sont très difficiles.

Il lui faut attendre d'avoir trois albums (Sophisticated Beggar/1966 – Strike Records, Come Out Fighting Ghensis Smith/1968 – CBS et Folkjokeopus/juin 1969 - Liberty) au compteur pour que son travail paie enfin.

Les enregistrements de Flat Baroque And Berserk (Harvest/EMI – juin 1970) permettent à l'album d'entrer dans les charts britanniques (top 20).

L'artiste est alors regardé différemment dans le milieu, sa maison de disques noue avec lui un partenariat qui va durer une décennie.

Alors qu'elle s'attend à ce que Roy reproduise le même type de travail, EMI/Harvest doit déchanter et se satisfaire de ce que son auteur a décidé de leur servir, à savoir Stormcock (mai 1971), un disque d'une quarantaine de minutes, agencé en quatre titres et dans un moule folk prog baroque !

La réponse du label est immédiate et cinglante : pas de single, donc pas de promo. Si Harvest/EMI n'apprécie pas du tout (surprenant pour un label underground), le 5ème opus studio de Roy reçoit des critiques élogieuses des observateurs du rock et fédère, autour de son nom, les fans de l'artiste depuis. Il est l’œuvre majeure de Roy Harper. A noter que le S. Flavius Mercurius pointant à la guitare acoustique sur The Same Old Rock, n'est autre que Jimmy Page...

Roy harper portrait

« Je n'aime pas spécialement les tournées mais j'aime être sur scène. Pose-moi sur une scène et je suis dans mon élément. J'ai grandi avec ça depuis le début, sans être réellement attiré par cette vie. Mais le métier amène forcément à ça. » (Roy Harper)

 

Du nadir musical...

D'inquiétants problèmes de santé s'invitent alors, qui amènent les médecins à annoncer à l'anglais qu'il n'a plus que 7 ans à vivre (maladie congénitale). Ajoutés au ramdam fait autour de Stormcock et l'ombre qu'il jette sur sa carrière, le parcours de l'artiste prend une autre trajectoire.

Si son écriture s'en trouve très influencée (le testamentaire The Lord's Player), elle n'en reste pas moins de grande qualité et Roy tient encore bien le cap dans la tempête.

Contre vents et marées, il signe encore, pour Harvest/EMI, quelques très belles œuvres : Lifemask (1973), Valentine (1974), HQ (1975) que son auteur considère comme le meilleur de sa discographie, Bullinamingvase (1977).

Son partenariat avec la maison de disques prend en fin en 1980 avec The Unkown Soldier. Grosse déception, il marque le début de ce que Roy Harper qualifié comme le point de départ de son nadir musical.

...au sommet artistique de 2013.

Bien que les 80's soient considérées comme fades par rapport à ce qui précède et ce qui suit (The Dream Society/1998, The Green Man/2000), le troisième millénaire, par lequel il a été tiré de sa retraite (Man And Myth/2013) sous l’insistance de la jeune vague, nous confronte à un artiste au sommet de son art.

A 81 ans, Roy n'a pas fini de nous étonner. On attend maintenant impatiemment la suite (RAZOR©2022).

MON CHOIX DISCOGRAPHIQUE.

LP Studio N° 5 - 1971

 

Riy harper stormcock

 

ROY HARPER

STORMCOCK – 1971  5/5

 

Publié en mai 1971.

Produit par Peter Jenner.

Durée:41:26.

Label:Harvest.

Genre:folk progressive,folk psychédélique,folk-rock,folk.

 

Une légende naît ici.

 

Roy Harper est un des plus grands songwriters de la planète et de tous les temps. J'invite les non-initiés et les sceptiques à regarder la hauteur à laquelle son catalogue des 70's est évalué. Les albums de qualité s'enchaînent et la qualité reste quasi constante durant toute la décennie.

Ils comprendront alors la difficulté qu'il y a à sélectionner un album plus qu'un autre sur ce créneau spatio-temporel de très haut niveau.

De ce fait, l'artiste de Manchester compte des partisans de par le monde entier, qui plus est dans son milieu professionnel où son influence sur des générations entières de musiciens est toujours très prégnante.

Parmi les anciens, les plus notoires sont Jimmy Page et Robert Plant, Peter Townshend, Pink Floyd, Ian Anderson et Kate Bush pour lesquels le mancunien a été une inspiration pour leur carrière.

De Roy Harper, ils apprécient aussi bien l'expertise du joueur de guitare acoustique émérite que le talent mélodique et l'éloquence textuelle et acide du songwriter-poète.

Ce respect mutuel amènent leurs routes à se croiser à l'occasion du Festival de Bath 70 et à se lier d'amitié, au point que Led Zeppelin lui offre l'opportunité d'ouvrir certaines de ses tournées et lui rend parallèlement hommage en signant Hats Off To (Roy) Harper (voir sur Led Zeppelin III).

La proximité entre eux conduit Jimmy Page à jouer sur l'album Stormcock d'Harper où il évolue sous le pseudo de S. Flavius Mercurius, puis à enregistrer, une quinzaine d'années plus tard, un LP avec celui qu'il admire : Whatever Happened To Jugula (1985).

Pink Floyd a des affinités du même ordre avec Roy Harper qui le sollicite pour assurer le chant sur Have A Cigar (Wish You Were Here/1975) quand, dans le même temps, le guitariste du groupe psychédélique vient poser sa guitare sur la chanson The Game (HQ/1975) que Roy enregistre dans le studio voisin (Abbey Road).

La discographie de Roy Harper, s'il elle est largement sous-estimée, voire complètement ignorée du grand public, est vénérée des affidés du prolifique Roy, figure folk majeure de l'échiquier underground grand-breton.

Personnellement, j'ai jeté mon dévolu sur ce qui est sa première pièce d'orfèvrerie musicale, l'acoustique Stormcock (1971), agencée autour de quatre titres (Hors d'Oeuvres, The Same Old Rock, One Man Rock And Roll Band et Me And My Woman) seulement, mais quels titres !

Œuvre culte et référence incontournable du genre parue en mai 1971, elle est née dans l'esprit de son auteur suite à un séjour en Californie (Big Sur) ; c'est dans ce contexte qu'il écrit quatre pièces à couper le souffle.

Celle, poignante, introduisant l'album, Hors d’œuvres, s'appuie sur l'histoire de Caryl Chessman, condamné à mort pour divers crimes commis dans la région de Los Angeles (1948) et mort dans la chambre à gaz de Californie après 12 longues années de prison.

L'album enchaîne avec le sublime The Same Old Rock qui bénéficie du soutien de Jimmy Page (Sir Flavius Mercurius) par lequel Harper livre, en plus de 12 minutes, une vision sans compromis du gouvernement, de la guerre et de la religion, puis avec une critique virulente sur la futilité de la violence (One Man Rock And Roll Band), avant de conclure sur un Me And My Woman qui, organisé en plusieurs parties, donne la sensation de fusionner plusieurs chansons. Du grand art.

Après un début de carrière jusque là un peu compliqué, l'incontournable Stormcock lance véritablement l'artiste. Il faut accompagner son entrée dans la cour des légendes et être de ce disque coûte que coûte (RAZOR©2022).
 

1. Hors d’œuvres.

2. The Same Old Rock.

3. One Man Rock And Roll Band.

4. Me And My Woman.

 

Roy Harper:guitare,chant.

David Bedford:orgue Hammond,arrangements orchestraux.

Jimmy Page (Sir Flavius Mercurius):guitare acoustique sur 2.

 

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