Sly & The Family Stone.

BIOGRAPHIE.

 

SLY AND THE FAMILY STONE/San Francisco (Californie) – USA

 

Slystone intro

 

Actif de 1966 à 1983.

Labels:Epic,Stone Flower.

Genres:funk,soul psychédélique,rock,soul progressive.

 

Une musique qui fait tomber toutes les digues.

La musique afro-américaine, sans Sly & The Family Stone, n'aurait jamais été la même. Il y a celle avant Sly Stone, et celle après. C'est en ces termes que Joel Selvin, critique rock américain et biographe du groupe, signe la préface de For The Records : Sly And The Family Stone : An Oral History, ouvrage paru en 1998.

Depuis ses débuts dans le métier, Sly & The Family Stone a fait de sa musique un outil pour faire tomber les digues raciales, sociales, genrées et délivrer ses messages politiques.

Même si la révolution amorcée dès ses premiers disques n'est encore que coups de menton pour la critique et se solde par des échecs pour son auteur-visionnaire, ses déclarations offensives se mettent à mieux imprimer au fil du temps.

Slystone 1Une musique qui fait tomber toutes les digues.

Slysone seul 2Sly Stone : un créateur tourmenté.

Slystone there s a riotThere's A Riot Going On (1971) : séminal.

Slystone standStand, un sommet de la discographie.

Slystone portraitToujours des projets pelin la tête.

There's A Riot Going On, disque séminal.

Résultat, son chef d’œuvre incandescent et acide, There's A Riot Going On de 1971, est un succès phénoménal, au point d'être considéré aujourd'hui par beaucoup comme un disque culte.

Le précédent Stand !, sorti deux ans auparavant dans un contexte de désagrégation des droits civiques, véhicule déjà un lot conséquent de plaidoyers provocateurs et culottés, de folles convictions, de militantisme flower power et connaît une issue identique auprès du public. C'est du lourd et déjà un sommet de la carrière de Sly.

En utilisant toutes les tendances musicales et culturelles, le touche-à-tout texan, compositeur, chanteur, multi-instrumentiste, donne le jour à une furieuse et étincelante fusion de soul, de rock, de R&B, de funk et de psychédélisme.

Grosse fortune du rock.

On a tendance à l'oublier, mais Sly et les siens comptent, dans les années 60 et 70, parmi les artistes les plus importants du rock (sur les années 69 et 70, il écoule 8 millions d'albums) ; ce, à une époque où rares sont les artistes noirs engagés.

Il n'est peut-être que James Brown à avoir eu, avant Sly Stone, un engagement aussi fort.

La musique de Sly Stone, légende (toujours vivante) du funk, créateur tourmenté, gros vendeur lui aura permis d'amasser, selon People With Money (source 2021), une fortune qui, entre royalties, revenus publicitaires, placements en bourse et opérations d’investissements privées (immobilier, restauration, cosmétique, club de football, mode ado), est estimée 245 millions d'euros.

Ses revenus actuels pèsent environ 82 millions d'euros, ce qui positionne Sly parmi les musiciens les mieux payés en 2021. Ses chansons génèrent encore, bon an, mal an, un million de dollars... Malgré ça, l'artiste réside toujours dans un van.

Toujours son mot à dire.

Déchéance, avancent les uns. Après ses excès de drogue, une santé mentale défaillante, les rumeurs comme quoi il est ruiné.

Bref, on se plaît à charger une bête qui n'a plus son lustre d'antan, mais toujours prompte à d'inattendues ruades.

Choix de vie, rétorque Sly, qui semble s'amuser des commentaires déversés sur sa supposée dégringolade. Il aime bouger et le camping-car est pour lui le meilleur moyen de pouvoir le faire à sa guise. Pour le reste, il n'a jamais cessé de travailler.

L'histoire de Sly Stone continue donc. A 77 ans, a-t-il encore des résurgences de son passé de génie ? L'avenir nous le dira, car Sly estime avoir toujours son mot à dire...

Une affaire de famille...

Né Sylvester Stewart, le 15 mars 1943 au Texas (Denton), Sly Stone est élevé à Vallejo, dans la périphérie nord de l'Area Bay (San Francisco), au sein d'une famille pieuse et ouverte à l'expression musicale.

Deuxième des cinq enfants de la fratrie Stewart, Sylvester s'avère être plutôt doué pour la musique et le piano notamment, qu'il pratique dès l'âge de 7 ans.

Il maîtrise également d'autres instruments comme la batterie, la guitare et la basse.

Son frère Freddie et ses sœurs Rose et Vaetta ont également cette vocation, aussi fondent-ils tous (à l'exception de Loretta, l'aînée), alors qu'ils sont encore très jeunes (Sly a à peine 10 ans), un quatuor de type gospel, qu'ils nomment The Stewart Four.

Ce groupe enregistre deux titres, On The Battlefield et Walking In Jesus' Name (1952).

Au lycée, Sylvester devient, en 1961, membre des Viscaynes (Stop What You Are Doing, I'll Guess I'll Be, Yellow Moon, Heavenly Angel, Uncle Sam Needs You My Friend), formation de doo-wop à dominante blanche (deux femmes et deux hommes).

Lui et Frank Arellano, philippin, sont de couleur de peau différente. L'idée du futur Sly & The Family Stone, groupe multi-racial, naît de cette expérience.

...la Family Stone.

A la même période, Sylvester forme avec son frère Freddie, les Stewart Bros et commence à enregistrer son propre matériel (A Long Time Alone/I'm Just A Fool – 1961), sous le nom de Danny Stewart.

Après des études musicales à la Chris Borden School Of Broadcasting de San Francisco, il devient animateur-radio (fin 1964). Celui que l'on surnomme désormais Sly obtient un emploi sur la radio KSOL qu'il cumule avec un job dans un studio de Frisco, Coast Recorders, où il officie comme producteur pour le label Autumn Records.

En un peu plus de deux ans, Sylvester Stewart produit un grand nombre de singles et de LP (The Great Society, The Emergency Crew, The Beau Brummels) pour Autumn, quand, dans le même temps, son double, Sly, évolue comme musicien de sessions pour cette maison de disques.

Après la faillite d'Autumn Records (mars 1966), il forme, sous le patronyme de Sly Stone, Sly & The Stoners, dont la trompettiste est Cynthia Robinson, une amie. Cette incarnation ne dure pas longtemps, mais Cynthia reste un maillon indéfectible de la Family Stone.

Sly And The Stoners fusionne avec Freddie And The Stone Souls du frangin Fred et les musiciens se resserrent autour de Sly And The Family Stone (début 1967). Le line-up s'établit alors comme suit : Sly Stone, Fred Stewart, Larry Graham Jr, Greg Errico, Jerry Martini et Rosie Stone.

Originaux et reprises constituent alors le répertoire de cette mouture qui tape dans l’œil du directeur artistique de CBS, David Kapralik, lequel l'engage via Epic Records, filiale de Columbia, et la fait entrer en studio pour un premier LP funk/soul.

Une période bénie des Dieux...

Sorti en octobre 1967, A Whole New Thing essuie de nombreuses critiques de la presse musicale mais ne convainc pas plus commercialement. Il dessine toutefois les contours de la discographie qui va se lover derrière avec, notamment, Dance To The Music (avril 1968), son suivant immédiat.

Nommé d'après la chanson titre à succès (7 en Angleterre et 8 aux States), Dance To The Music est un disque séminal du rock en ce sens qu'il va installer les bases funk dans lesquelles le milieu de l'industrie du disque va alors s'engouffrer.

Slystone cynthia robinson portrait

« Notre musique était si excitante et si épanouissante pour moi en tant que personne. Mais je suis persuadée que les autres membres ressentaient la même chose car je croisais souvent leur regard ; le plaisir brillait dans leurs yeux. Quelque chose se passait aussi en eux. Comme pour moi. » (Cynthia Robinson)

 

Même s'il n'est pas encore un travail totalement à la hauteur du génie et du potentiel créatif de son architecte, l'énergique Dance To The Music place déjà la barre très haut dans le concert musical du moment ; il a influencé beaucoup d'artistes (les Temptations, Jackson 5, les Four Tops) d'hier et d'aujourd'hui.

Très apprécié des fans et des critiques, Life (juillet 1968) fait le lien entre Dance To The Music et Stand ! (3 mai 1969), lequel ouvre la période bénie de Sly & The Family Stone.

Outre les anthologiques et incontournables pièces du catalogue que sont Stand ! et son suivant There's A Riot Going On (novembre 1971), le groupe livre à 4 heures du matin sur la scène du festival de Woodstock (1969), une prestation exceptionnelle qui donne à Sly et sa famille un sérieux coup de pouce pour la suite de sa carrière.

...avant une fin erratique.

Mais les frasques du groupe avec les drogues et des tensions en interne (entre les Stewart et le bassiste Larry Graham) mettent à mal l'unité de la Stone Family.

Pour ne pas être en reste, le label exige plus, ce que ne peut pas donner alors un Sly devenu erratique et inconsistant. Errico, le batteur, quitte ses partenaires.

Fresh, publié en juin 1973, subit le contrecoup de cette situation mais sauve encore les meubles en se classant dans le top 10 des albums. C'est toutefois la dernière fois car Small Talk, septième levée studio (juillet 1974), marque un déclin assez net de l'artiste et des siens.

Suite à un spectacle calamiteux au Radio City Music Hall (New York), ce dernier met un terme à Sly & The Family Stone en janvier 1975, date à partir de laquelle il rebondit en solo.

Seuls son frère Fred et Cynthia Robinson restent à ses côtés et l’accompagnent sur son premier album solo (High On You/novembre 1975).

Le nom de Sly & The Family Stone est cependant réactivé dès décembre 1976, date à laquelle sort Heard Ya Missed Me Well I'm Back. Sly annonce son retour à l'idée de Sly & The Family Stone mais celui-ci ne répond pas aux attentes des supporters du groupe.

Pas plus que son suivant, Back On The Right Track (novembre 1979), réalisé chez Warner Bros et tout aussi insignifiant que son prédécesseur. Malgré ce que le titre de l'opus annonce, Sly & The Family Stone n'est pas de retour sur la bonne voie. Sa résurgence ne paie pas et rares sont les titres qui rappellent les jours heureux.

Toujours là, avec des projets plein la tête.

Pour retrouver des couleurs après une absence de la scène au début des 80's, Sly revient avec un deuxième disque personnel. Marqué par la lassitude et le manque d'inspiration, le natif de Denton tente un come-back, en 2011, avec un lot de remix et de reprises de son ancien répertoire.

Le Sly de I'm Back ! Family & Friends (Cleopatra) n'a que très peu de points communs avec le génie du funk qu'il a été, mais il n'est pas mort, comme il le prétend. Il a encore plein de projets et de nouveautés en tête. S'il le dit, acceptons l'idée d'un énième retour (RAZOR©2021).

DISCOGRAPHIE STUDIO 60'S/70'S.

LP Studio 4 - 1969

 

Slystone stand

 

SLY & THE FAMILY STONE

STAND ! - 1969  5/5

 

Publié en mai 1969.

Produit par Sly Stone.

Durée:41:27.

Label:Epic Records.

Genre:soul psychédélique,rock psychédélique,funk.

 

Grandiose !


Il est des albums qui ont marqué l'histoire de la musique : Stand ! fait incontestablement partie de cette caste discographique majeure, pour ne pas dire royale.

Sortie en 1969, cette 4ème levée discographique studio consacre, pour l'occasion, son auteur, Sly & The Family Stone. C'est vers ce disque du catalogue, couvert de platine en moins d'un an, que les fans de funk psychédélique convergent généralement, confortés par la prestation délirante du groupe quelques semaines plus tard, à l'occasion de leur passage sur la scène mythique de Woodstock.

On est là dans la période bénie des san-franciscains, ponctuée de deux opus exceptionnels et incontournables : Stand et son suivant, There's A Riot Goin' On (1971/Epic). Sly Stone et sa famille sont un groupe séminal de la fin des 60's/début 70's, rappelons-le.

Entre 1967 et 1975, le groupe américain qui a fait tomber les barrières raciales, a changé la face de la musique. Sly, sa frangine Rose, son frérot Freddie, entourés de musiciens venus de tous horizons, ont trusté les charts de la planète (dont 5 top ten) et pondu 4 LP de niveau exceptionnel, les deux autres étant Life (1968) et Fresh (1973).

Avant cet intermède glorieux, on n'écartera pas les deux albums qui ont installé la Famille (A Whole New Thing/1967 et Dance To The Music/1968) et par lesquels le groupe s'est construit une fameuse réputation de jammer; par contre, après Fresh, plus rien de crédible n'attire vraiment l'attention, même si Small Talk (1974) a encore du grain à moudre.

Sylvester Stewart, alias Sly Stone, le moteur de cette entreprise, perd progressivement le contrôle de ses écarts et sombre lentement mais sûrement dans les affres de la drogue. Sa créativité se délite, son enthousiasme et sa légendaire énergie disparaissent, son comportement change, devenant erratique au fil du temps. La paranoïa l'habite alors, qui ne le quittera jamais plus jusqu'à ce jour.

Sly & The Family Stone perd du même coup de sa crédibilité et il est alors mis fin à ce qui est devenu un cirque qui unifie dans la déchéance tous les membres.

Reste l'œuvre et notamment ce fameux Stand !, mix abouti de soul, de gospel, de funk et de rock psyché, optimiste, prônant l'amour, l'unité, l'harmonie et l'égalité sur terre, fort de ses pépites soul/funk-rock, à l'instar du morceau-titre, de l'audacieux Don't Call Me Nigger, Whitey, d'Everyday People (N°1 du Billboard), de Sing A Simple Song, You Can Make It If You Try, de l'acide et groovy Sex Machine (pas celui de James Brown) ou du titre qui a fait bouger son cul au parterre avachi et sous influences de Woodstock, I Want To Take You Higher. Bref, grandiose ! (RAZOR©).

 

1. Stand!

2. Don't Call Me Nigger, Whitey.

3. I Want to Take You Higher.

4. Somebody's Watching You.

5. Sing a Simple Song.

6. Everyday People.

7. Sex Machine.

8. You Can Make It If You Try.

 

Sly Stone:chant,orgue,guitare,piano,harmonica,vocoder,basse.

Freddie Stone:chant,guitare.

Larry Graham:chant,basse.

Rose Stone:chant,piano,claviers.

Cynthia Robinson:trompette,chœurs.

Jerry Martini:saxophone,chœurs.

Greg Errico:batterie,chœurs.

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