Steeleye Span.

BIOGRAPHIE.

 

STEELEYE SPAN/Londres (Angleterre)

 

Steeleye 71 73

 

Actif entre 1969 et 1978,depuis 1980.

Label:Park,Shanachie,Chrysalis,Flutterby,Mooncrest,B&C.

Genre:folk-rock,folk électrique.

Site Internet:steeleyespan.org.uk

 

La branche folk électrique britannique.

Steeleye Span est comme un bus. Les gens montent et descendent. Parfois le bus va dans la direction que vous souhaitez, parfois il tombe en panne et vous en descendez. C'est Maddy Prior qui le dit et elle sait de quoi elle parle puisque depuis 1969 et la fondation du groupe, elle en est toujours l'épine dorsale en 2017.

Steeleye Span est, avec Fairport Convention et Pentangle, l'un des acteurs séminaux du folk électrique (British Folk Revival) de la fin des 60's et surtout des 70's, genre ainsi nommé pour le distinguer du folk-rock alors existant développé de l'autre côté de l'Altantique. Sur ce créneau nourri de chansons et d'airs traditionnels autochtones, le pionnier Steeleye Span est aujourd'hui une institution de la musique britannique.

Encore en activité, sa longévité est d'autant plus remarquable que les mouvements de personnel ont toujours été une constante coercitive et que l'argent et la popularité n'ont jamais été le leitmotiv de sa carrière. Depuis 1969, en carburant au plaisir et à la passion, Steeleye Span est constamment resté à l'avant-garde du genre ; c'est vraisemblablement la raison pour laquelle il trône toujours avec le même enthousiasme et une énergie identique sur les scènes internationales actuelles où il conserve une base de fans qui en surprendrait plus d'un.

Steeleye ashley hutchingsAshley Hutchings, à l'initiative de Steeleye Span.

Steeleye 70Fondé à la fin des 60's.

Steeleye 72 2Steeleye Span en 1972.

Steeleye maddy prior 2Maddy Prior, une des grandes voix féminines anglaises.

Steeleye 75En 1975.

Steeleye hark the village 70Hark ! The Village Wait (1970)

Steeleye span dodgy bastards dernier lpDodgy Bastards, N° 23 du catalogue.

Steeleye nowToujours actif en 2017.

La réponse aux ricains.

A l'initiative de Steeleye Span, il y a une figure notoire de la renaissance du folk britannique, Ashley Hutchings, déjà fondateur, en 1967, de Fairport Convention. Le bassiste, quand il quitte le Fairport après 4 superbes albums dont le légendaire Lieg & Lief, n'est plus en phase artistique avec ses partenaires.

Là où certains veulent creuser l'esprit folk-rock américain des premiers disques, Hutchings leur oppose la voie folklorique traditionnelle consacrée par Liege & Lief, le meilleur album folk british de tous les temps pour de nombreuses presses.

En fait, le mal est plus profond. Les membres du Fairport ne sont plus les mêmes depuis l'accident routier dont le groupe a été victime huit mois plus tôt (mai 69) et qui a coûté la vie à Martin Lamble, le batteur. Hutchings semble le plus touché psychologiquement.

Il rebondit alors sur une nouvelle formation, Steeleye Span, montée avec le couple Woods, des irlandais, et le duo Tim Hart et Maddy Prior, pilier de la scène londonienne du moment et réponse de la folk anglaise aux américains de Sonny & Cher lequel rejoint le groupe, un peu par défaut ; ils ne sont pas le premier choix d'Hutchings.

Enfanté dans la douleur.

L'idée de départ germe quand Hutchings, encore acteur du Fairport, rencontre Terry Woods au Keele Folk Festival ; ancien membre de Sweeney's Men (avec Johnny Moynihan et Andy Irvine), Terry a pour lui d'être pluri-instrumentiste (mandoline, cistre, guitares, mandole, banjo, accordéon), de chanter et de composer et d'avoir déjà un beau pédigrée. Le courant passe entre les deux hommes.

Le souhait d'Hutchings est alors de débaucher également les partenaires de Terry Woods dans Sweeney's Men, Irvine et Moynihan, ainsi qu'un batteur, mais ceux-ci ne veulent plus entendre parler du premier. L'unique répétition les réunissant (début novembre 1969) accouche d'une souris. Hutchings se contente du seul Terry Woods.

Alors que Bob et Carol Pegg (futurs Mr Fox), dans un premier temps, puis les frères Dransfield dans un second, sont pressentis, Maddy Prior et Tim Hart sont alors sollicités pour pallier les renoncements de Irvine et Moynihan. Gay Woods, la femme de Terry, essentiellement chanteuse, intègre aussi le projet.

Maddy Prior, la bonne pioche !

Originaire de St Albans, terre des Zombies, Hart est un musicien talentueux qui maîtrise aussi bien la guitare que le banjo, le violon, la mandoline, l'accordéon diatonique et le dulcimer, tandis que Maddy Prior, native de Blackpool mais installée à St Albans, est surtout une chanteuse, passée d'un répertoire folk américain (Joan Baez notamment) à des chansons folkloriques britanniques.

Dans ce dernier registre, elle compte parmi les grandes figures du genre avec Sandy Denny et Jacqui McShee. Ce qui allait devenir Steeleye Span s'établit alors comme suit : Ashley Hutchings, Maddy Prior, Tim Hart, Gay et Terry Woods. Le groupe évolue sans batteur. Il prend le nom d'une ballade traditionnelle du folksong du Lincolnshire, Horkstow Grange relatant l'histoire d'un certain John Steeleye Span.

Compte tenu qu'Hutchings ne réussit pas à attirer les acteurs souhaités et que les duos se regardent en chien de faïence, l'ambiance se tend rapidement au sein du groupe, d'autant qu'il vit en communauté. Gay Woods a la sensation d'être juste une faire-valoir tandis que Tim Hart et Terry Woods sont à la limte de se supporter.

Des débuts discographiques en fanfare.

Dans ce contexte contracté, la sortie du premier LP Hark ! The Village Wait (RCA/juin 1970) tient de l'exploit. Bel album, un des plus beaux du folk british, il est très favorablement accueilli par la critique qui élève le groupe au même niveau que Fairport Convention ou Pentangle. Tout est dit.

Jusqu'à Time (1996), il n'y aura plus de disque dans cette configuration à deux voix féminines. Les Woods lâchent l'affaire peu après la publication du disque, remplacés par Martin Carthy, chanteur et guitariste très actif dans le renouveau du folk anglais et le violoniste Peter Knight qui, jusque là faisait équipe avec Bob Johnson.

La nouvelle mouture enregistre Please To See The King (mars 1971 pour B&C Records), qui, artistiquement parlant, ne diffère pas beaucoup de son prédécesseur. Si le son est plus électrique, le répertoire, peut-être un peu trop folk médiéval alimente une sorte de redondance qui, à la longue, s'avère ennuyeuse.

Le même line-up se retrouve sur Ten Men Mop Or Mr Reservoir Butler Rides Again (Pegasus/décembre 1971). L'album se déplaçant vers le folklore irlandais et s'éloignant de la musique traditionnelle anglaise, il ne plaît guère à son maître penseur, Ashley Hutchings, traditionnaliste invétéré, lequel décide de quitter Steeleye Span pour aller fonder The Albion Band. Martin Carthy en fait de même.

Le rock et le folk y trouvent leur compte.

Bob Johnson et Richard Kemp entrent alors. Le line-up, à l'appel du 4ème LP, se compose de Tim Hart et Maddy Prior, Peter Knight et des deux nouveaux entrants. Ce 4ème LP s'appelle Below The Salt et est publié en septembre 1972.

Pied de nez à Hutchings, il revient aux airs traditionnels du terroir anglais. 43ème dans les charts UK, il est l'album du sublime cantique de Noël Gaudete, chanté a cappella, un des titres les plus populaires de Steeleye Span.

La chanson fait 14 dans les classements britanniques en 1973. Dans le même genre vocal, à noter également le ravissant Rosebud In June. Steeleye Span est alors au sommet de son art. On ne peut rester de marbre face à une telle prestation. Below The Salt est un très grand album qui ouvre la voie à une période très féconde du groupe.

En effet, derrière suit Parcel Of Rogues (avril 1973) par lequel le son s'électrifie plus encore. Juste assez pour satisfaire les rockeux, pas trop pour ne pas se mettre les folkeux à dos. L'équilibre est parfait pour chacun y trouve son compte et ça fonctionne puisque Parcel Of Rogues entre dans le top 30 au Royaume-Uni.

Produit par Ian Anderson (Jethro Tull), Now We Are Six (mars 1974) annonce la couleur. Le groupe s'est enrichi d'une unité : Nigel Pegrum, ex-batteur des Small Faces. Le groupe décide en effet d'avoir un batteur à temps plein. Dans le même élan, le titre annonce que Steeleye Span en est à son sixième opus. Celui-ci s'avère encore très convaincant mais, du fait de l'inégalité de sa matière, n'a pas la classe de celui auquel il succède. Steeleye Span y dévoile beaucoup de maturité ; plus rock (la guitare de Johnson est plus lourde), il refroidit certains fans de la première heure malgré sa qualité.

Steeleye maddy prior

« Steeleye Span avait plusieurs souches musicales. Bob Johnson faisait les ballades, Pete Knight faisait les mélodies, je faisais le traditionnel. Tous les albums sont une combinaison de ces choses et chacun a ses forces et ses faiblesses. A l'époque, nous avons signé pour 10 albums chez Chrysalis. En 5 ans. Cela représente un Lp tous les 6 mois. Avec la pression nous avons parfois été un peu large avec le processus d'enregistrement, mais cela signifie que nous pouvions tenter des choses. Ce que nous avons fait d'ailleurs. Steeleye Span a été très expérimental. » (Maddy Prior)

Entre trad, modernité et sauvagerie.

En évoluant toutefois vers un son plus rock, la formation londonienne va grimper dans les charts. La preuve avec Commoners Crown (janvier 1975) qui s'installe au 21ème rang des classements britanniques. Steeleye Span réussit ici la gageure de faire sonner merveilleusement bien une étange fusion entre les chants traditionnels et la modernité et la sauvagerie du rock. Commoners Crown n'est pas à une surprise près puisque, sur cet album, l'acteur Peter Sellers fait une pige au ukulele sur New York Girls.

En terme commercial, All Around My Hat (juillet 1975) fait encore mieux. Il finit au septième rang des charts UK, tout en y restant 6 mois. Chez l'Oncle Sam, ce disque, plus folk-pop et moins rock que son précédent, se classe 143.

A ce niveau de carrière, le groupe évolue très loin de ce qu'il proposait à ses débuts. Les puristes du folk d'alors se tirent les cheveux au point de zapper cet album mais dans l'ensemble et surtout pour les auditeurs moins radicaux, il signe encore un album accrocheur et bluffant.

Rocket Cottage (septembre 1976) a contre lui de tomber à un très mauvais moment : en pleine explosion de la scène punk britannique. Le folk n'est donc plus en odeur de sainteté et le label (Chrysalis) met une drôle de pression pour que le disque rapporte. Commercialement, c'est un flop. Artistiquement, c'est autre chose.

Dix de der.

Plus rock de toute la production discographique du groupe, Rocket Cottage permet au sextet de se réunir pour la dernière fois sous la bannière Steeleye Span et d'y livrer une dernière belle performance. Après sa publication, Peter Knight et Bob Johnson se retirent.

Dix de der. Ainsi peut-on qualifier Storm Force Ten (novembre 1977), le 10ème jet de Steeleye Span, par ailleurs le dernier de la décennie et l'ultime jusqu'à 2013 et Wintersmith, à figurer dans les charts. Pour l'occasion, Martin Carthy a repris du service, emmenant John Kirkpatrick dans ses bagages.

Le contexte n'est plus au folk, mais le groupe poursuit sa route comme si de rien n'était. Il poursuit dans le registre traditionnel qui lui a réussi depuis Hark ! The Village Wait, et continue à faire preuve d'originalité et de créativité. La fin est belle musicalement.

Moins humainement, car l'orage couve en interne et entre les membres et la maison de disques, au point que la décision est prise de mettre provisoirement un terme à l'aventure. Cette rupture à l'amiable est effective après quelques jours après l'enregistrement de live At Last (7 mars 1978).

La passion et le plaisir.

Maddy Prior, Tim Hart, Bob Johnson, Rick Kemp, Peter Knight et Nigel Pegrum relancent la mécanique deux ans plus tard et abordent les 80's avec un nouveau disque, Sails Of Silver.

Back In Line (1986) et Tempted And Tried (1989) n'apportent rien à la crédibilité d'un groupe qui perd Tim Hart en 1982, lequel se retire de la musique. Tim Harries remplace Kemp, Liam Genockey supplée Pegrum, mais Steeleye Span, motivé par la passion et le plaisir, insiste malgré les mouvements de personnel.

7 ans après Tempted And Tried paraît Time (1996), qui marque le 25ème anniversaire du groupe. Il permet de revoir une figure comme Gay Woods ; Terry Woods préfère lui décliner la proposition. Celle-ci reste dans la place et devient la chanteuse de Steeleye Span, quand Maddy Prior privilégie l'option solo en 1997.

Horkstaw Grange (1998) est, de ce fait, le premier album du groupe sans sa chanteuse légendaire. Gay Woods, entourée de Bob Johnson, Peter Knight et Tim Harries, y livre une honorable performance vocale que n'aurait pas reniée la partante.

Le retour de Maddy.

Elle insuffle au groupe une nouvelle direction, plus traditionnelle iralandaise. Celà ne suffit pas à Horkstaw Grange pour obtenir les faveurs des critiques. Il faut surtout voir en ce mauvais accueil une manière de faire payer à Steeleye Span l'absence de Maddy Prior. Bis repetita pour Bedlam Born (2002), c'est le même line-up qui se colle à l'enregistrement de l'excellent volume 16.

Le retour de Maddy Prior (avec son mari Rick Kemp) se fait en 2002 mais ne se traduit sur acétate que deux ans plus tard, avec la publication de They Called Her Babylon (2004). Gay Woods sort. Steeleye Span repasse dans une structure à 5 pièces : Prior, Kemp, Knight, Liam Genockey (batteur sur le précédent Time) et Ken Nicol, chanteur et guitariste transfuge de la maison Albion Band. La réception de l'album s'avère très mitigée.

Winter (2004), album de Noël, Bloody Men (2006), Cogs Wheels & Lovers (2009) impliquent le même line-up. Le répertoire continue à puiser dans les chansons traditionnelles, même si certains originaux s'invitent de plus en plus depuis quelque temps.

Dodgy Bastards : N° 23 du catalogue.

Ken Nicol quitte alors la formation qui, pour Wintersmith (2013), son 22ème LP studio, revient à une formule à 6 : Prior, Knight, Kemp et Genockey, complétés par Pete Zorn, remplaçant de Nicol et Julian Littman (claviers).

La vieille garde de Steeleye Span, Maddy Prior et son mari Rick Kemp ainsi que Liam Genockey, constitue la base du line-up vaquant à l'enregisrement du dernier album sorti en 2016, Dodgy Bastards.

A leurs côtés, le dernier entré Julian Littman et des petits nouveaux comme Jessie May Smart, violoniste-chanteuse entrée en 2014, et le guitariste Spud Sinclair, né en 1967, à une époque où le Steeleye Span de la première génération se mettait en place. Qui a dit que l'avenir du groupe était derrière lui ? (RAZOR©)

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1970

 

Steeleye hark the village 70

 

STEELEYE SPAN

HARK ! THE VILLAGE WAIT – 1970  5/5

 

Publié en juin 1970.

Produit par Sandy Robertson,Steeleye Span.

Durée:38:55.

Label:RCA,United Artists,Mooncrest,Chrysalis.

Genre:folk électrique,folk revival.

 

Dans la pure tradition britannique.

 

Un des plus beaux albums que le folk britannique ait façonné ! Exceptionnel ! Pour un premier disque, je dis chapeau. Boxant dans la même catégorie que l’icône du folk rock british, Fairport Convention, que le grand Pentangle, qui peut se targuer d’avoir un jour entendu parler de Steeleye Span ? Qui peut citer le nom d’un seul de ses nombreux albums ? Un de ses membres ?

Steeleye Span appartient à ces petits groupes de qualité qui ont vécu dans l’ombre des deux géants du répertoire folk anglais, ci-dessus cités, un peu à la manière des Trees, quoi que, ce dernier était quand même un peu plus connu.

Toujours en activité, l’histoire de Steeleye Span est liée à Ashley Hutchings (bassiste) qui, délaissant le Fairport (qu’il avait co-fondé) après le mythique Liege & Lief, monte cette formation avec le couple Tim Hart (guitare électrique, banjo, chant…) et Maddy Prior (chant, banjo), auxquels la paire Gay (chant, accordéon) et Terry Woods (mandoline, chant…) se joint rapidement.

C’est alors la fin des sixties. Un premier projet voit alors le jour en 1970 : Hark ! The Village Wait (en écoute intégrale ici). Ce monument de folk électrique, qui a été favorablement reçu par la critique musicale, réunit, pour une occasion qui, malheureusement et au grand dam des fans, ne sera pas reconduite (ou plus tard, en 1996, sur Time), réunit donc, Maddy Prior et Gay Woods au chant (Dave Mattacks du Fairport et Gerry Conway assurent les quelques apports de batterie).

Le répertoire figurant sur cet album raffiné est emprunté au folklore traditionnel britannique, plus particulièrement puisé dans les tourments du 19ème siècle, la seule piste originale étant A Calling-On-Song.

Steeleye Span fait preuve d’une grande maîtrise de l’héritage musico-culturel britannique dans son adaptation des titres sélectionnés et leur interprétation.

Dopé par la fusion de voix sublimes, riches, et touchantes (tant celle du binôme féminin que celles de ces messieurs), des voix convaincantes et fières de porter haut ces chansons du passé, comme on brandit l’étendard de son pays, boosté par des chants mélodiques qui sont l’expression des corporations de ces villages d’alors, ce disque est certainement celui qui reflète le plus la tradition britannique. Je n’y ai vu aucune faiblesse (RAZOR©).

 

1. A Calling-On Song.

2. The Blacksmith.

3. Fisherman's Wife.

4. Blackleg Miner.

5. Dark-Eyed Sailor.

6. Copshawholme Fair.

7. All Things Are Quite Silent.

8. The Hills Of Greenmore.

9. My Johnny Was A Shoemaker.

10. Lowlands Of Holland.

11. Twa Corbies.

12. One Night As I Lay On My Bed.

 

Maddy Prior:chant.

Tim Hart:chant,guitare électrique,dulcimer électrique,violon,banjo 5 cordes,harmonium.

Ashley Hutchings:basse.

Terry Woods:chant,guitare électrique,concertina,mandola,banjo 5 cordes,mandoline.

Gay Woods:chant,concertina,cithare.

Gerry Conway:batterie.

Dave Mattacks:batterie.

LP Studio 2 - 1971

 

Steeleye span please to see the king

 

STEELEYE SPAN

PLEASE TO SEE THE KING – 1971  4,5/5

 

Publié en mars 1971.

Produit par Sandy Robertson.

Durée:41:39.

Label:B&C (UK),Big Tree (USA).

Genre:folk-rock,folk électrique.

 

Pris d’excellence.

 

Vous avez aimé « Hark! The Village Wait » ? Vous aimerez ce Please To See The King (en écoute intégrale ici), sorti l’année suivante (1971). Peu de choses les séparent vraiment. Le charme opère toujours.

La seule différence se situe vraisemblablement dans le côté plus hermétique et moins facilement accessible du second, qui souffre légèrement de la perte de la deuxième voix féminine (celle de Gay Woods, partie après le premier album avec son mari sous le bras).

Le son (plus intense) s’en trouve quelque peu modifié par rapport à son homologue précédent, mais sans décevoir pour autant. Steeleye Span récupère, d’un autre côté, Martin Carthy, excellent guitariste de folk, à la technique très affirmée et Peter Knight au violon. Leur présence solidifie l’ensemble.

Disque bercé par une merveilleuse ambiance médiévale entretenue par des voix merveilleusement harmonisées, il confirme le talent du présent line-up (Martin Carthy, Tim Hart, Peter Knight, Ashley Hutchings et Maddy Prior) à ressortir de l’oubli des vieux airs du folklore populaire, à extirper des entrailles du Moyen-âge des ballades colorées, à les remettre au goût du jour dans des structures simples, en les valorisant par l’ajout d’instruments modernes.

Par contre, ne vous laissez pas influencer par le chant des sirènes, écoutez cet opus avec parcimonie. En effet, passer cette ritournelle en boucle, fut-elle exceptionnelle, pompe royalement l’air (à votre environnement surtout) et vous fait ne plus percevoir toute la richesse qu’il détient.

Ce genre musical ici visité par Steeleye Span peut parfois donner la sensation de traîner en longueur et ne pas se distinguer par son éclectisme. En gros, ça peut lasser même les plus fanatiques.

C’est vrai que les chansons, étant quasiment structurées de la même manière, laissent à penser que ce pourrait être des copier/coller. Ce n’est pas le cas. Chacune d’entre elles a ses atouts propres pour séduire.

Plusieurs écoutes vous familiariseront avec ce folk rock british si particulier. Il m’a fallu en passer par là pour apprécier les maîtres Pentangle et Fairport. Steeleye Span, l’élève, n’échappe pas à la règle.

Présentement, il fait parler la brillance et la délicatesse. Je vous invite à vous concentrer tout particulièrement sur la dernière piste Lovely On The Water. Ce titre traitant de l’adieu pénible d’un marin en partance pour la guerre, à sa douce dulcinée, est un frissonnement continu. Rarement chant traditionnel ne m’a aussi ému que ce dernier.

Avec un classique du groupe comme The Blacksmith, un joyau, Boys Of Bedlam, un False Knight On The Road à perdre haleine, un Female Drummer sans batterie, un sublime The Lark In The Morning, un performant The King, Please To See The King tutoie l’excellence. Mais, de grâce, ne l’écoutez pas en boucle… (RAZOR©)

 

1. The Blacksmith.

2. Cold Haily, Windy Night.

3. Jigs:Bryan O'Lynn/The Hag Withe The Money.

4. Prince Charlie Stuart.

5. Boys Of Bedlam.

6. False Knight On The Road.

7. The Lark In The Morning.

8. Female Drummer.

9. The King.

10. Lovely On The Water.

 

Maddy Prior:chant,percussion,tambourin.

Tim hart:chant,guitare,dulcimer.

Peter Knight:violon,mandoline,chant,orgue,basse.

Ashley Hutchings:basse,chant.

Martin Carthy:chant,guitares,banjo,orgue.

LP Studio 3 - 1971

 

Steeleye ten man mop

 

STEELEYE SPAN

TEN MAN MOP, OR MR. RESERVOIR BUTLER RIDES AGAIN – 1971  3,5/5

 

Publié en décembre 1971.

Produit par Sandy Robertson.

Durée:37:33.

Label:Pegasus,Chrysalis.

Genre:folk électrique.

 

Bien foutu quand même.

 

On prend les mêmes et on remet le couvert ! Fin 1971, après deux albums probants, fins, délicats, sophistiqués qui sont de vraies œuvres d’art du folk-rock britannique, Steeleye Span, (des multi-instrumentalistes de grand talent, des voix pharamineuses) repique au chant traditionnel revisité, mais s’éloigne des racines jusqu’alors anglaises pour explorer le décor irlandais.

J’en suis personnellement un peu déçu, car l’atmosphère qu’ils nous proposaient, me convenait bien. Ten Man Mop Or Mr Reservoir Butler Rides Again (en écoute intégrale ici) ne confirme pas tout à fait les promesses précédemment entrevues, il comporte cependant des moments sublimes.

Son étrangeté n’a d’égale que la froideur qu’il retranscrit, la complexité de son écoute et la bizarrerie de son nom. Il accroche parfois, fait preuve d’austérité souvent, de noirceur également et manque, par moments, de l’enthousiasme qu’on connait de ce groupe (la piste 2). De cette vie dont les deux phénomènes précédents regorgeaient.

Ce troisième LP n’est pas toujours facile à se farcir et tout n’est pas au top. Néanmoins, et comme il nous y a habitué, Steeleye Span, plus acoustique, reste une excellente formation, techniquement s’entend (Knight et Hart s’y mettent en valeur). Son seul défaut est de s’être un peu trop éloigné de l’univers de Hark et de celui de Please To See The King.

Dans ce travail, on relèvera cependant quelques merveilles comme l’intro, adaptée d’un chant de Noël gallois, Gower Wassail (la guitare électrique investit le folk traditionnel), Four Nights Drunk, le « métallisé » Skewball (écoutez-moi ces riffs durs…), le typique folklorique Marrowbones et surtout le psychédélique When I Was On Horseback (quel travail de Martin Carthy et quel chant de Maddy Prior !). C’est quand même, globalement, drôlement bien foutu et je conseille, si ce n’est son achat, c’est déjà au moins son écoute (RAZOR©).

 

1 Gower Wassail.

2. Jigs:Paddy Clancey's Jig/Willie Clancy's Fancy.

3. Four Nights Drunk.

4. When I Was On Horseback.

5. Marrowbones.

6. Captain Coulston.

7. Reels:Dowd's Favourite/£10 Float/The Morning Dew.

8. Wee Weaver.

9. Skewball.

 

Maddy Prior:chant,percussion.

Tim Hart:chant,dulcimer,guitares,orgue,banjo 5 cordes,mandoline.

Peter Knight:violon,banjo,mandoline,chant,timpani.

Ashley Hutchings:basse.

Martin Carthy:chant,guitare,orgue.

LP Studio 4 - 1972

 

Steeleye below the salt

 

STEELEYE SPAN

BELOW THE SALT – 1972  5/5

 

Publié en septembre 1972.

Produit par Jerry Boys,Steeleye Span.

Durée:39:42.

Label:Chrysalis.

Genre:folk,folk électrique.

 

Dans les vieux pots… les meilleures soupes.

 

Alors qu’ Ashley Hutchings et Martin Carthy (remplacés par Rick Kemp et Bob Johnson) prennent leurs distances avec le groupe, Hutchings considérant que le dernier LP s’éloigne trop du raffiné folk british des deux premiers travaux (Ten Man Mop, le 3ème disque, privilégie - crime de Lèse-majesté - le folklore de l’ennemi héréditaire irlandais ), Steeleye Span lui fait un pied de nez, en revenant aux airs traditionnels du terroir anglais, faisant, par la même occasion, la joie des fans de folk.

Ces derniers ne s’y trompent pas, qui voient en Below The Salt (en écoute intégrale ici), l’un des meilleurs que ce line-up, pourtant décimé de deux éléments importants, ait produit (il sera 43 dans les charts).

Articulé autour de 9 pistes trempées dans cette sauce folklorique, Below The Salt, sorti en septembre 1972, déroule à l’auditeur un superbe tapis rouge. Sa traversée se fait sur du velours, de l’accrocheur conte qu’est Spotted Cow et ses belles lignes électriques, à la belle mélodie finale, l’imaginatif Saucy Sailor (qui carillonne comme une boite à musique).

Ce cheminement musical ravit à chaque passage. Il n’est qu’à se laisser bercer par les incomparables et surprenants « a cappella » que sont le triste Rosebud In June et l’envoûtant Gaudete, chant de Noël, latinisé, à l’effet cathédrale (premier hit mineur du groupe), religieusement dépoussiéré, et sorti des fins fonds du Moyen-âge.

Il n’est qu’à se laisser aspirer par les belles jigs soutenues par le violon endiablé de Knight (The Bride’s Favorite/Tansey’s Fancy), qu’à se laisser griser par les puissantes et énergiques guitares électriques animant les sept minutes de la pièce maîtresse King Henry, à se laisser fougueusement saisir par le scottish Royal Forester, ou à fondre littéralement sur la version revue de John Barleycorn (Traffic), qu’aucun autre artiste n’a jamais porté à un tel niveau.

Steeleye Span surprend une fois de plus. Au sommet de sa forme, il monte en puissance, portant son chant à un degré très élevé et reculant encore plus les limites de ses géniales interprétations. Laissez-vous surprendre, c’est délicieux. On ne peut pas demeurer insensible à cette facette de l’art musical (RAZOR©).

 

1. Spotted Cow.

2. Rosebud in June.

3. Jigs: The Bride's Favourite/Tansey's Fancy.

4. Sheep-crook and Black Dog.

5. Royal Forester.

6. King Henry.

7. Gaudete.

8. John Barleycorn.

9. Saucy Sailor.

 

Maddy Prior:chant.

Tim Hart:chant,dulcimer,guitare.

Peter Knight:violon,viola,mandoline,banjo,piano,chant.

Rick kemp:basse,batterie,chant.

Bob Johnson:guitare,chant.

LP Studio 5 - 1973

 

Steeleye parcel of rogues

 

STEELEYE SPAN

PARCEL OF ROGUES – 1973  4/5

 

Publié en avril 1973.

Produit par Steeleye Span,Jerry Boys.

Durée:39:14.

Label:Chrysalis.

Genre:folk-rock.

 

Quand le rock s’invite.

 

Quand le rock et le folk partent à la rencontre du Moyen-âge, ça donne ceci : Parcel Of Rogues (en écoute intégrale ici) de Steeleye Span, publié au printemps de l'année 1973.

Le chant traditionnel folklorique, son fonds de commerce depuis quatre LP, se marie ici à des instruments électrifiés et amplifiés. C’est le premier album réellement rock (mais léger) de ces surprenants anglais qui jouent sans batteur.

Pas trop rock pour les folkeux, pas trop folk pour les rockeux, il est suffisamment bien équilibré pour que chaque camp puisse y trouver son plaisir. Pour l’occasion, les tambours sont ressortis et c’est le bassiste Rick Kemp qui s’y colle. Pour le reste, le line-up demeure inchangé.

Parcel Of Rogues a fait une entrée remarquée dans le top 30 des charts, à laquelle la popularité apportée par le chant de Noël Gaudete (sur l’album précédent) n’est sans doute pas étrangère.

Constitué de titres traditionnels aromatisés à la sauce folk-rock contemporaine, il est très probant et abordable, le néophyte pouvant, il me semble, faire ses premiers pas dans le catalogue de cette formation, via Parcel Of Rogues.

Les excellentes pistes abondent : The Weaver And The Factory Maid, éclaboussé de grâce par la voix éblouissante de Maddy Prior, le gai et optimiste One Misty Moisty Morning, le rock Alison Gross, le drôle et trépidant The Ups And Downs, le morose The Bold Poachars, le suggestif Hares On The Mountain, Rogues In A Nation.

Steeleye Span ne s’est jamais approché aussi près du Maître Fairport Convention. Attention, pour Rolling Stone Magazine de 1973, Steeleye Span est le maître actuel de la formule (fusion Folk + sons modernes + techniques contemporaines + audace)…Il y a des signes qui ne trompent pas (RAZOR©).

 

1. One Misty Moisty Morning.

2. Allison Gross.

3. The Bold Poachers.

4. The Ups And Downs.

5. Robbery with Violins.

6. The Wee Wee Man.

7. The Weaver and The Factory Maid.

8. Rogues in a Nation.

9. Cam Ye O'er Frae France.

10. Hares on The Mountain.

 

Maddy Prior:chant.

Tim hart:chant,guitare,dulcimer.

Bob Johnson:chant,guitare.

Rick kemp:basse,batterie.

Peter Knight:violon,viola,mandoline,piano,marmonium,recorder.

LP Studio 6 - 1974

 

Steeleye now we are six

 

STEELEYE SPAN

NOW WE ARE SIX – 1974  3,5/5

 

Publié en mars 1974.

Produit par Ian Anderson.

Durée:42:35.

Label:Chrysalis.

Genre:folk électrique, folk-rock,folk progressive.

 

Bon, mais inégal.

 

Le titre parle de lui-même. Steeleye Span compte désormais six membres, le batteur Nigel Pegrum (ex-Small Faces, ex-Uriah Heep et ex-Gnidrolog) rejoignant la formation anglaise dès 1974. Pour la première fois depuis Hark, la batterie s’invite franchement.

Now We Are Six (en écoute intégrale ici) est aussi le sixième LP du groupe. A force de s’approcher des étoiles, il finit par les toucher du doigt. En effet, n’ayant laissé personne indifférent dans ces cinq premiers albums, Steeleye Span attise les curiosités, les sympathies.

Ian Anderson du Tull (avec lesquels ils ont partagé la même maison de disques, Chrysalis) mixe ce Now We Are Six, qui voit également la superstar du moment David Bowie y aller d’un solo de saxo.

Mélange de ballades folk traditionnelles avec un rock plus alourdi que sur Parcel Of Rogues, il s’inscrit bien dans la mouvance folk-rock progressive du début des années 70.

Enregistré à Londres (Studios Morgan), ce disque, qui réunit quelques superbes titres, n’a pas été vu d’un bon œil par les fans de folk, surpris d’y voir figurer une chanson enfantine (un curieux Twinkle Twinkle Little Star) et une reprise de Phil Spector (To Know Him To Love Him sur laquelle intervient Bowie). Rajoutez-y la chanson titre et vous saurez les faiblesses de ce disque.

Les meilleurs atouts se situent ailleurs. L’amusant Thomas The Rhymer est l’exemple type de l’orientation rock prise par Steeleye Span. Idem pour Seven Hundred Elves. La guitare de Bob Johnson se veut lourde et amplifiée comme jamais.

La matière à savourer sur un Now We Are Six un peu inégal, il faut aller la chercher du côté des deux titres précédemment signalés, du merveilleux et mélancolique Drink Down The Moon, de Long-A-Growing, du pop Two Magicians (appartenant à Martin Carthy et bonifié), d’Edwin, et de The Mooncoin Jig, une vitrine instrumentale pour exposer l’incroyable talent du violoniste Peter Knight, ici au banjo et à la mandoline.

Devenu plus mature, Steeleye Span livre un bel album, mais qui, selon moi, se situe en légèrement retrait, par rapport à sa magnifique discographie précédente. Cela ne remet pas pour autant en cause son indéniable talent et son extraordinaire potentiel (RAZOR©).

 

1. Seven Hundred Elves.

2. Edwin.

3. Drink Down The Moon.

4. Now We Are Six.

5. Thomas The Rhymer.

6. The Mooncoin Jig.

7. Long-a-Growing.

8. Two magicians.

9. Twinkle Twinkle Little Star.

10. To Know Him Is To Love Him.

 

Maddy Prior:chant.

Tim Hart:chant,guitare électrique,dulcimer électrique,banjo.

Peter Knight:chant,violon,mandoline,banjo,guitare acoustique,piano.

Bob Johnson:chant,guitare électrique,guitare acoustique,synthétiseur.

Rick Kemp:chant,basse,guitare acoustique.

Nigel Pegrum:batterie,tambourin,oboe,flûte,synthétiseur,recorder.

David Bowie:saxophone alto sur 10.

LP Studio 7 - 1975

 

Steeleye commoners crown

 

STEELEYE SPAN

COMMONER’S CROWN – 1975  3,5/5

 

Publié en janvier 1975.

Produit parRobin Black,Steeleye Span.

Durée:38:39.

Label:Chrysalis.

Genre:folk électrique.

 

Plus rock que folk.

 

Bien accueilli commercialement lors de sa sortie en 1975, Commoner's Crown (en écoute intégrale ici), septième volet discographique de Steeleye Span, se classe au 21ème rang des charts du Royaume-Uni.

Plus rock que folk, il met en lumière le travail fantastique pour faire sonner contemporain des chants, une fois encore, puisés dans le catalogue traditionnel.

Les riffs s’alourdissent, les instruments sont utilisés plus sauvagement, la batterie se fait plus marquée, le choix des chansons est toujours aussi judicieux. Nous sommes bien dans le registre plus rock annoncé.

On accède à cette nouveauté discographique par un remarquable « médiéval réactualisé », Little Sir Hugh, martelé, vif et enjoué, qui met en évidence les énormes dispositions vocales de Maddy Prior.

Elevé au biberon du folk, Steeleye Span fait montre d’une grande aisance dans l’interprétation plus rock. C’est ce qui donne tout son équilibre à Commoner’s Crown (excellente musicalité) qui vaut aussi par l’épique Long Lankin’ (pas loin des 9 minutes), que l’on peut, toutes proportions gardées, comparer au King Henry de Below The Salt.

Commoner’s Crown se démarque également par la très belle ballade Demon Lover, tristement sous-estimée. Outre des titres qui ont leur place ici (Dogs And Ferrets, Galtee Farmer, Elf Call) mais qui sont moins accrocheurs et brillants, il surprend, par ailleurs, dans sa fusion intelligente du violon classique avec le folklore traditionnel irish.

Il en résulte un intéressant Bach Goes To Limerick. L’autre surprise vient du fait de voir Peters Sellers, le comédien, figurer sur New York Girls où il officie au ukulélé. Amusant, il permet de sortir avec le sourire aux lèvres de cette écoute, mais il (New York Girls) ne restera pas pour autant dans les annales du groupe, pas plus que la berceuse qui le précède, Werry Cutters (RAZOR©).

 

1. Little Sir Hugh.

2. Bach Goes To Limerick.

3. Long Lankin.

4. Dogs And Ferrets.

5. Galtee Farmer.

6. Demon Lover.

7. Elf Call.

8. Weary Cutters.

9. New York Girls.

 

Maddy Prior:chant.

Tim Hart :chant,guitare,dulcimer.

Bob Johnson:guitare,chant.

Rick kemp:basse,batterie.

Peter Knight:violon.

Niegl Pegrum:batterie,flûte.

Peter Sellers:ukulele sur 9.

LP Studio 8 - 1975

 

Steeleye all round my hat

 

STEELEYE SPAN

ALL AROUND MY HAT – 1975  4/5

 

Publié en octobre 1975.

Produit par Mike Batt.

Durée:38:33.

Label:Chrysalis.

Genre:folk électrique.

 

Un dansant animé.

 

Ce 8ème LP est le plus vendu de la discographie Steeleye Span. Resté six mois, en 1975, dans les charts UK, après y avoir figuré en septième position (et à la place 143 aux States), All Around My Hat (en écoute intégrale ici) est certainement celui qui aura été le plus commercial de tous les disques folk rock british de l’époque.

Enregistré à Londres, dans les studios Air, et produit par l’homme qui a fait les Wombles et a découvert Katie Melua, Mike Batt, ce best-seller musical dévie de son folk traditionnel qui faisait le bonheur des hippies britanniques, pour s’orienter vers un univers plus pop/rock.

Haute trahison ! diront les nostalgiques. On abandonne ses racines, on vous en fait grief. Vous les conservez, on vous reproche de ne pas évoluer. Taisez-vous et écoutez ! L’authentique parfum de terroir est toujours présent et l’essentiel est préservé : la qualité et le plaisir.

Les voix demeurent élégantes et justes, les harmonies flamboyantes, les mélodies présentes, la technique instrumentale précise, l’interprétation convaincante, la matière suffisamment conséquente pour passer un excellent moment.

Le single All Around My Hat (chant rebelle irlandais du 19ème siècle) a, certes, fait N° 3 dans les charts british de 1975, cependant, s’il tire commercialement l’album, il n’en est pas forcément le meilleur argument, en dépit d’une Maddy Prior impériale au chant. Je lui préfère le chant traditionnel Black Jack Davy construit autour d’une mélodie accrocheuse et agréable.

Le sombre et agité Hard Times Of Old England me procure bien plus de frissons dans la colonne vertébrale à chaque écoute. J’imagine ce titre lyrique repris en chœur dans un stade anglais… Ouaouh !!!

Il précède un autre exercice vocal d’envergure, mais cette fois, l’intermède est « a cappella », le dénommé Cadgwith Anthem. Plus rock, la ballade sentimentale The Wife Of Ushers Well se distingue par ses harmonies vocales exceptionnelles et par une jolie mélodie.

Gold Gamble/Robin Hood revient à l’acoustique, et le folk rock se réinstalle au sommet de son art (Batt montre ses aptitudes à la production). Sur les talons de l’animé et dansant morceau titre, la voix dominante de Maddy Prior, dans une version d’une ballade scandinave (Dance With Me) et sur un probant Bachelor’s Hall, clôture cet album au label incontestablement rock. Bluffant ! (RAZOR©)

 

1. Black Jack Davy.

2. Hard Times Of Old England.

3. Cadgwith Anthem.

4. Sum Waves (Tunes).

5. The Wife Of Usher's Well.

6. Gamble Gold/Robin Hood.

7. All Around My Hat.

8. Dance With Me.

9. Bachelor's Hall.

 

Maddy Prior:chant.

Tim Hart:chant,guitare,dulcimer.

Bob Johnson:chant,guitare.

Rick Kemp:basse,chant.

Peter Knight:chant,violon,mandoline.

Nigel Pegrum:batterie,flûte.

LP Studio 9 - 1976

 

Steeleye rocketcottage chr1123

 

STEELEYE SPAN

ROCKET COTTAGE – 1976  3,5/5

 

Publié en septembre 1976.

Produit par Mike Batt.

Durée:43:07.

Label:Chrysalis.

Genre:folk électrique.

 

Sous-estimé.

 

L’heure n’est plus à ce style musical populaire. En dépit d’un effort acceptable, alors que le punk tisse sa toile, le neuvième LP du nom de Rocket Cottage (en écoute intégrale ici), toujours avec Mike Batt à la production, est un bon Steeleye Span, peut-être le plus rock jusqu’ici.

La basse est densifiée, la batterie plus présente, la guitare rythmique plus mordante. L’écriture revisite et réadapte les chants et danses traditionnels, un art dans lequel le groupe excelle depuis toujours et auquel il a donné ses lettres de noblesse.

Passé inaperçu dans le contexte que l’on connaît, sous-estimé même, Rocket Cottage porte le folk électrique à un bon niveau et réussit habilement le mariage du folk et du rock & roll.

The Brown Girl, The Twelve Witches et Sligo Maid sont les arguments convaincants en faveur du caractère plus musclé de leur musique sur ce disque.

Inégal dans sa qualité, en raison, peut-être, de la pression mise par la maison de disques Chrysalis Records pour sortir très rapidement un disque qu’elle voulait avant tout commercial (ce à quoi les membres étaient farouchement opposés), Rocket Cottage (1976) se distingue essentiellement par les London, Fighting For Strangers, Sir James The Rose, Orfeo, The Brown Girl et The Twelve Witches.

Rocket Cottage est énergique et intéressant, appuyé par une rythmique solide. Même s’il ne génère aucun morceau vraiment mémorable, il n'en est pas moins à découvrir en insistant sur les écoutes. La première fois, je n’ai pas adhéré spontanément. A force d’insistance… (RAZOR©)

 

1. London.

2. The Bosnian Hornpipes.

3. Orfeo/Nathan's Reel.

4. The Twelve Witches.

5. The Brown Girl.

6. Fighting For Strangers.

7. Sligo Maid.

8. Sir James The Rose.

9. The Drunkard.

 

Maddy Prior:chant.

Tim Hart:chant,guitare.

Bob Johnson:chant,guitare.

Rick kemp:basse,chant.

Peter Knight:violon,mandoline.

Nigel Pegrum:batterie.

LP Studio 10 - 1977

 

Steeleye storm force ten

 

STEELEYE SPAN

STORM FORCE TEN – 1977  4/5

 

Publié en novembre 1977.

Produit par Mike Thompson,Steeleye Span.

Durée:41:55.

Label:Chrysalis.

Genre:folk électrique.

 

Dix de der.

 

Entre 1970 et 1977, depuis Hark! The Village, 9 albums ont été publiés. Storm Force Ten (1977) est le dixième. 10 comme dixième opus ? Ou Force 10 pour situer l’orage qui couve entre les membres.

Steeleye Span se sépare après cet album et Maddy Prior en profite pour sortir son premier travail solo ; l'orage gronde aussi entre les membres et la maison de disques... mais l’étendard folk british des seventies, c’est désormais Steeleye Span qui le brandit fièrement. Personne ne peut le lui contester.

Hélas, la musique punk a mis en place son opération terre brûlée et le public se désintéresse de plus en plus de ce genre musical cher à la bande à Prior. A tort, Steeleye Span a, malgré ce contexte défavorable, encore des choses à dire et à faire dans son répertoire de prédilection : le folk électrique.

Pour pourvoir au départ de Bob Johnson et de Peter Knight, les cadres de la formation font de l’œil à un ex, le guitariste Martin Carthy et engage John Kirkpatrick (chant et accordéon), venu dans les bagages du précédent revenant.

Avec le départ de Knight, le violon disparaît quasiment de la circulation, relayé par l’accordéon, ce qui en fait une des spécificités de Storm Force Ten lequel apporte la démonstration d’une musique toujours très agréable, d’une grande originalité et du souci du groupe d’expérimenter encore et toujours.

Moins puissant que les All Around My Hat et Rocket Cottage, dans lesquels le groupe avait durci sa musique par un mariage avec le rock, ce disque demande réhabilitation, submergé qu’il fut, en cette année, par le raz-de-marée punk et les Sex Pistols notamment.

Sur les 8 morceaux que compte Storm Force Ten, six d’entre eux s’appuient sur un répertoire de chants traditionnels British, Irish et Scottish. Seuls deux titres échappent à ce registre, les surprenants et intéressants The Wife Of The Soldier et The Black Freighter (des textes signés Bertold Brecht, respectivement mis en musique par Patrick John Scott et Kurt Weill).

L’album brille surtout par le long et merveilleux The Victory, caractérisé par sa complexité (changements de tempo), par une superbe instrumentation et par un évident talent dans les harmonies vocales.

Les deux Brecht, surtout The Black Freighter m’ont séduit. C’est original et créatif. Placé dans le sillage des deux excellents Victory et de The Black Freighter, Some Rival nous ramène les pieds sur terre. Sur la terre des ancêtres de Steeleye Span plus précisément, en douceur, mélodieusement bercée par la voix lumineuse et pure de Maddy Prior. Merveilleuse performance vocale !

C’est dans la joie et la bonne humeur, et sur un rythme enjoué, que Seventeen Come Sunday, chanson qui reprend un poème de l’écossais Robert Burns et qui laisse carte blanche à l’accordéon un peu fou de Kirkpatrick, referme les pages de ce Storm Force Ten.

Le choix de cet instrument donne à ce disque un parfum particulièrement agréable et apporte la preuve qu’il peut s’adapter à la modernité. C’est effectivement une belle vitrine pour lui, en dépit de sa mauvaise réputation dans le concert rock d’alors.

Après 10 albums, Steeleye Span continue à expérimenter et à séduire (RAZOR©).

 

1. Awake,Awake.

2. Sweep, Chimney Sweep.

3. The Wife of The Soldier.

4. The Victory.

5. The Black Freighter.

6. Some Rival.

7. Treadmill Song.

8. Seventeen Come Sunday.

 

Maddy Prior:chant.

Tim Hart:guitare,chant.

Martin Carthy:chant,guitare.

Rick Kemp:basse,chant.

John Kirkpatrick:chant,accordéon.

Nigel Pegrum:batterie.

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